17 mai : Journée internationale de lutte contre l’homophobie

Dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre les LGBTphobies, Olga Kokorina, cofondatrice de Russie-Libertés, est intervenue au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. À l’occasion de cette journée mondiale de solidarité, nous avons uni nos voix pour rappeler une vérité fondamentale : les droits humains ne peuvent pas être «traditionnels» ou «non traditionnels».

Aujourd’hui, en Russie, les personnes LGBTQIA+ ne sont plus simplement confrontées à des discriminations : elles sont progressivement transformées en « menace intérieure ». Après la décision de la Cour suprême russe de 2023 qualifiant le prétendu « mouvement international LGBT » d’ « organisation extrémiste », l’État a mis en place un système répressif : descentes de police, poursuites pénales, amendes, fermeture d’organisations, censure de livres, de films, de plateformes, et criminalisation des formes les plus ordinaires de communication et de vie sociale. Selon ILGA-Europe, cette logique a permis, dès 2025, de transformer ce qui relevait auparavant de la « propagande » administrative en accusations pénales d’ « extrémisme », passibles de peines pouvant aller jusqu’à 12 ans de prison.

Les organisations LGBTQIA+ russes elles-mêmes décrivent une situation où la peur envahie désormais la vie quotidienne. Elles reçoivent régulièrement des témoignages de personnes menacées de poursuites pour « extrémisme LGBT » ou « propagande LGBT », ainsi que des demandes d’aide de personnes qui ne savent plus si leur simple existence dans l’espace public, leur travail dans une organisation LGBTQIA+, leur participation à des discussions, à des rencontres ou leur recours à une aide psychologique ou juridique peuvent être interprétés comme des activités extrémistes.

Aujourd’hui, les répressions ne touchent plus uniquement les personnalités publiques et les militant·es. Elles pénètrent dans les clubs, les appartements, les groupes Telegram, les bibliothèques, les maisons d’édition, les plateformes culturelles, ainsi que dans les groupes de soutien psychologique et juridique.

Amnesty International souligne qu’à la fin de l’année 2025, au moins 23 affaires pénales liées à des accusations « d’extrémisme » visant des activités LGBTQIA+ avaient déjà été ouvertes.

Au printemps 2026, la répression est entrée dans une nouvelle phase : les tribunaux russes ont commencé à interdire systématiquement les organisations LGBTQIA+. Toutes les principales structures de défense des droits LGBTQIA+ ont été déclarées « extrémistes » par décision de justice.

Il est particulièrement inquiétant de constater que l’État utilise aujourd’hui l’argument de la « sécurité nationale » pour détruire les réseaux d’entraide. Sont visés : l’accompagnement juridique, le soutien psychologique, la prévention du VIH, la culture queer, les livres, les projections, les soirées, les discussions, les groupes de soutien et les liens entre personnes isolées.

Sous couvert de défendre les « valeurs traditionnelles » et de lutter contre « l’extrémisme », les autorités russes criminalisent la vulnérabilité, la solidarité et jusqu’à la possibilité même, pour les personnes LGBTQIA+, de se rencontrer et de se soutenir mutuellement.

Il est également impossible de ne pas mentionner le climat social créé par cette propagande homophobe d’État, qui transforme les personnes LGBTQIA+ en cibles pour toutes les formes de violence au sein de la société.

Et pourtant, malgré les interdictions, les organisations continuent d’aider, de documenter et d’informer — souvent depuis l’exil et sous menace directe.

Les droits des personnes LGBTQIA+ ne sont ni une « question privée » ni une « idéologie ». Il s’agit de savoir si une personne peut vivre sans peur. Si elle peut parler, aimer, chercher du soutien et ne pas être punie pour cela.

Lorsqu’un État intervient agressivement dans la vie privée des individus, cela ne concerne plus seulement les personnes LGBTQIA+ : cela remet en cause les principes fondamentaux de liberté et d’expression de chacun d’entre nous.

La reconnaissance des droits des personnes LGBTQIA+, comme celle des droits des autres minorités, constitue une étape essentielle vers une société véritablement démocratique en Russie, où chaque personne, indépendamment de son origine, de son orientation sexuelle ou de son identité de genre, pourra se sentir protégée et égale devant la loi.

Aujourd’hui, nous ne parlons pas seulement de justice sociale, mais aussi de la manière dont nous imaginons l’avenir de notre pays.

Il est important d’appeler les choses par leur nom.
Il est important de ne pas détourner le regard.
Il est important de rester du côté de l’humain.

CONTRE LA NOMINATION DU MÉTROPOLITE PRO-GUERRE MARC (GOLOVKOV) COMME EXARQUE D’EUROPE OCCIDENTALE

Nous, les associations «Russie-Libertés» (France), «Rusos Libres» (Espagne) et «Friede Allen e.V.)» (Allemagne), exprimons notre profonde préoccupation à la suite de la nomination du métropolite Marc (Golovkov) à un ministère en France.

Conformément à la décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe du 12 mars 2026, le métropolite Marc a été nommé à la tête de l’Exarchat patriarcal d’Europe occidentale, qui regroupe les diocèses et paroisses du Patriarcat de Moscou sur les territoires de l’Andorre, de la Belgique, du Royaume-Uni, de l’Irlande, de l’Espagne, de l’Italie, du Liechtenstein, du Luxembourg, de Monaco, des Pays-Bas, du Portugal, de la France, et de la Suisse.

Cette nomination suscite chez nous non seulement une indignation morale, mais également une vive inquiétude publique.

Alors qu’il se trouvait en Russie, le métropolite Marc a, à plusieurs reprises, manifesté publiquement son soutien à la guerre déclenchée par la Fédération de Russie contre l’Ukraine. Il est établi de manière fiable qu’il a participé à des cérémonies de bénédiction de matériel militaire avant son envoi au front. En particulier, en bénissant des armements destinés à être utilisés dans des opérations de combat, le métropolite Marc a déclaré :

«Aujourd’hui, nous avons célébré la Divine Liturgie, nous avons prié à genoux pour notre armée et, enfin, nous avons béni le matériel rassemblé et préparé pour nos soldats… L’Église est toujours là où se trouve le peuple, là où un soutien est nécessaire, là où il est important de renforcer l’unité du peuple.»

Ces propos ne laissent place à aucune ambiguïté d’interprétation. Il ne s’agit pas d’un simple soutien pastoral à des personnes confrontées à la guerre, mais d’une justification religieuse directe de la violence armée, d’une sacralisation de la guerre et d’une bénédiction d’armes qui apportent mort, destruction et souffrance dans le cadre d’une agression militaire.

En outre, le métropolite Marc a envoyé du clergé pour assurer l’accompagnement spirituel des militaires russes combattant sur les territoires occupés de l’Ukraine, ainsi que pour apporter un soutien aux citoyens russes mobilisés de force pour le front. Dans le diocèse de Riazan qu’il dirigeait, comme dans d’autres diocèses de l’Église orthodoxe russe en Russie, les membres du clergé sont de facto contraints de participer à la légitimation religieuse publique de la guerre, notamment à travers des prières pour la victoire de l’armée russe.

Une telle pratique ne constitue pas une simple position politique privée, mais un usage systématique de l’autorité religieuse pour justifier l’agression et promouvoir une propagande militariste.

Une inquiétude particulière suscite également la rhétorique publique du métropolite Marc à l’égard des Russes opposés à la guerre. Après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, il a qualifié de manière méprisante les personnes ayant quitté la Russie de «génération d’assistés». Or, ce sont précisément ces personnes — journalistes, défenseurs des droits humains, membres du clergé, militants ayant refusé de soutenir la guerre — qui constituent une part importante de ceux qui ont été contraints de chercher refuge dans les pays européens, y compris en France, pour échapper aux répressions, aux poursuites pénales et aux pressions politiques.

La nomination d’une personne ayant publiquement soutenu l’invasion de l’Ukraine et manifesté du mépris envers les Russes aux opinions divergentes à un ministère ecclésiastique en France soulève inévitablement la question suivante : dans quelle mesure la présence d’une telle figure est-elle acceptable dans l’espace public et religieux européen ?

Nous rappelons également les conclusions figurant dans le document de la Commission européenne «Orientations stratégiques de l’UE pour la prévention de la radicalisation 2024–2026», préparé par la Direction générale de la migration et des affaires intérieures.

Ce document souligne explicitement que, parmi d’autres formes d’extrémisme, la diffusion de la propagande et de la désinformation russes suscite une vive préoccupation parmi les États membres de l’Union européenne, notamment dans le contexte de la guerre contre l’Ukraine.

Dans ce contexte, l’activité de responsables religieux soutenant ouvertement une guerre d’agression et la justifiant par le langage d’une mission spirituelle ne peut être examinée indépendamment de la question plus large de la diffusion d’une idéologie qui mine les fondements de la sécurité européenne, de la solidarité et de l’État de droit.

En conséquence, nous appelons les autorités françaises à :

— évaluer sur le plan juridique les motifs du séjour du métropolite Mark en France, en mettant particulièrement l’accent sur les risques potentiels que sa présence pourrait représenter pour l’ordre public.

— prendre en compte son rôle dans la diffusion d’une idéologie justifiant la guerre et conférant une légitimation religieuse à la violence, lors de l’examen de la possibilité d’appliquer les mesures restrictives en vigueur.

Nous appelons également les chrétiens de toutes confessions, ainsi que les représentants des communautés religieuses et de la société civile en Europe, à prêter attention à cette nomination.

L’Église orthodoxe russe en Europe occidentale est désormais représentée par une personne qui non seulement ne s’est pas distanciée de la guerre, mais a publiquement contribué à sa justification en utilisant le langage de l’Église, l’autorité religieuse et le pouvoir spirituel.

Nous sommes convaincus que le témoignage chrétien ne peut servir de couverture à la propagande de guerre, et que le ministère ecclésiastique ne peut être un instrument de justification de la violence.

C’est pourquoi cette nomination ne doit pas rester sans une évaluation publique, morale et juridique.


РУССКАЯ ВЕРСИЯ

Мы, ассоциации Russie-Libertés (Франция), Rusos Libres (Испания), и Мир Всем (Friede Allen e.V.) (Германия), выражаем глубокую обеспокоенность в связи с назначением митрополита Марка (Головкова) на служение во Францию.

Согласно решению Священного Синода Русской Православной Церкви от 12 марта 2026 года, митрополит Марк назначен главой Патриаршего экзархата Западной Европы, объединяющего епархии и приходы Московского патриархата на территории Андорры, Бельгии, Великобритании, Ирландии, Испании, Италии, Лихтенштейна, Люксембурга, Монако, Нидерландов, Португалии, Франции, и Швейцарии.

Это назначение вызывает у нас не только нравственное возмущение, но и серьезную общественную тревогу.

Находясь в России, митрополит Марк неоднократно публично демонстрировал поддержку войны, развязанной Российской Федерацией против Украины. Достоверно известно, что он участвовал в церемониях освящения военной техники перед ее отправкой на фронт. В частности, благословляя вооружение, предназначенное для участия в боевых действиях, митрополит Марк заявил:

«Мы сегодня совершили Божественную Литургию, на коленях молились за наше воинство и, наконец, благословили собранную и подготовленную для наших воинов технику… Церковь всегда там, где народ, там, где нужна поддержка, там, где важно укреплять народное единство».

Эти слова не оставляют пространства для двусмысленного толкования. Речь идет не о пастырской поддержке людей, оказавшихся на войне, а о прямом религиозном оправдании вооруженного насилия, о сакрализации войны и благословении оружия, которое приносит смерть, разрушение и страдание в ходе военной агрессии.

Кроме того, митрополит Марк направлял духовенство для окормления российских военнослужащих, воюющих на оккупированных территориях Украины, а также для напутствия граждан России, принудительно мобилизованных на фронт. В возглавляемой им Рязанской епархии, как и в других епархиях Русской Православной Церкви в России, священнослужители фактически вынуждены участвовать в публичной религиозной легитимации войны, через молитвы о победе российской армии.

Подобная практика представляет собой не частную политическую позицию, а систематическое использование религиозного авторитета для оправдания агрессии и милитаристской пропаганды.

Особую тревогу вызывает и публичная риторика митрополита Марка в отношении антивоенных россиян. После начала полномасштабного вторжения в Украину он уничижительно назвал покинувших Россию людей «поколением иждивенцев». Между тем именно эти люди — журналисты, правозащитники, священнослужители, активисты, отказавшиеся поддерживать войну, — составляют значительную часть тех, кто был вынужден искать убежище в странах Европы, в том числе во Франции, спасаясь от репрессий, уголовного преследования и политического давления.

Назначение человека, публично поддержавшего вторжение в Украину и продемонстрировавшего презрение к иноакомыслящим россиянам, на церковное служение во Франции неизбежно вызывает вопрос: насколько допустимо присутствие подобной фигуры в европейском общественном и религиозном пространстве?

Мы также напоминаем о выводах, содержащихся в документе Европейской комиссии «Стратегические ориентиры ЕС по предотвращению радикализации на 2024–2026 годы», подготовленном Генеральным директоратом по миграции и внутренним делам. В документе прямо указывается, что, помимо иных форм экстремизма, серьезную обеспокоенность государств — членов ЕС вызывает распространение российской пропаганды и дезинформации, в том числе в контексте войны против Украины.

В этом контексте деятельность религиозных деятелей, открыто поддерживающих агрессивную войну и оправдывающих ее языком духовной миссии, не может рассматриваться вне более широкого вопроса о распространении идеологии, подрывающей основы европейской безопасности, солидарности и правопорядка.

В связи с этим мы призываем французские власти:

— провести правовую оценку оснований пребывания митрополита Марка во Франции, с особым акцентом на возможные риски, которые его присутствие может представлять для общественного порядка. 

— учесть его роль в распространении идеологии, оправдывающей войну и придающей насилию религиозное обоснование, при рассмотрении вопроса о возможности применения действующих ограничительных мер. 

Мы также обращаемся к христианам всех конфессий, к представителям религиозных общин и гражданского общества Европы с призывом обратить внимание на это назначение.

Русскую Православную Церковь в Западной Европе отныне представляет человек, который не просто не дистанцировался от войны, но публично содействовал ее оправданию, используя для этого язык Церкви, религиозный авторитет и духовную власть.

Мы убеждены, что христианское свидетельство не может служить прикрытием для пропаганды войны, а церковное служение не может быть инструментом оправдания насилия.

Именно поэтому это назначение не должно остаться без общественной, нравственной и правовой оценки.

Free The Youth – Soutenez des jeunes prisonniers politiques !

Les organisations de la diaspora, anti-guerre et de défense des droits de l’homme, en collaboration avec la fondation « À travers le mur » (Through the Wall), lancent une campagne de soutien aux adolescents prisonniers politiques !

Aujourd’hui, en Russie, des centaines d’adolescents sont des prisonniers politiques. Des jeunes qui devraient commencer à vivre, à étudier, à tomber amoureux et à faire des projets. Au lieu de cela, ils connaissent les cellules, l’isolement et la séparation d’avec leurs proches. Le bal de promo se passe en centre de détention provisoire. La majorité, en colonie pénitentiaire.

Derrière les termes juridiques froids ne se cachent pas des « dossiers » criminels, mais des vies brisées. Une peur qu’on ne peut pas montrer. Une solitude qui s’étire jour et nuit. Une incertitude qui empêche de respirer. Les lettres deviennent l’unique lien avec le monde, la preuve qu’on n’a pas disparu, que l’on ne nous oublie pas. Au lieu des cours, les interrogatoires. Au lieu des promenades, la cellule. Pendant que leurs camarades choisissent leurs universités, ces adolescents apprennent à survivre en prison.

La campagne Free the Youth est une action internationale visant à soutenir les jeunes prisonniers du régime de Poutine. Nous racontons leurs destins au monde entier et nous vous appelons à les soutenir par la diffusion d’informations ou par un don ! Avocats, colis alimentaires, maintien du lien avec les familles, soutien psychologique : tout cela est ce qui leur permet de tenir le coup.

Dans la majorité des cas, ces jeunes sont condamnés sous l’étiquette de « terrorisme » et sont détenus dans des conditions particulièrement difficiles, tant morales que physiques, dans la solitude et le froid. Selon les estimations de Parubets Analytics d’avril 2026, au moins 348 jeunes sont privés de liberté ou persécutés en Russie.

Vous pouvez les aider ! Même une petite contribution est un signal : « Tu n’es pas seul ». C’est une chaleur humaine là où il n’en reste presque plus. C’est de ces petits pas que naît la force qui les aide à ne pas s’effondrer.

Soutenez les jeunes prisonniers du régime de Poutine ! Partagez l’information et faites un don : 

Ensemble, nous sommes une force !

#FreeTheYouth #FreeRussianPoliticalPrisoners

Une semaine d’échanges et de mobilisation au Conseil de l’Europe

Une semaine d’échanges et de mobilisation au Conseil de l’Europe 🇪🇺

Cette semaine, à Strasbourg, nous avons enchaîné les rencontres avec des diplomates, des parlementaires et des représentants européens.

Aux côtés de plusieurs membres de la Plateforme des forces démocratiques russes à l’APCE, ainsi que de Russie-Libertés, Russie du Futur – Suisse et de Free Russia Foundation, nous avons notamment échangé avec Pap Ndiaye, ambassadeur, représentant permanent de la France auprès du Conseil de l’Europe, Bertrand Bouyx, député et président de la délégation française à l’APCE, ainsi qu’avec Mme Marianne Binder-Keller, députée et présidente de la délégation suisse, et M. Damien Cottier, que nous remercions chaleureusement pour leur soutien et leur écoute.

Au cœur de nos échanges :

  • Les prisonniers et prisonnières politiques en Russie ainsi que les otages ukrainiens : comment renforcer leur protection et œuvrer à leur libération.
  • La situation en Russie : l’impact de la guerre sur la société, les dynamiques économiques, la répression croissante, la censure totale et le contrôle d’Internet.
  • La solidarité internationale : l’importance de ne pas stigmatiser tous les Russes et de ne pas les laisser seuls face à la machine répressive du régime.

D’autres événements ont également marqué cette semaine au Conseil de l’Europe :

  • Une exposition sur la résistance féministe anti-guerre, consacrée notamment aux femmes prisonnières politiques en Russie.
  • Une table ronde sur la justice et la lutte contre l’impunité pour les crimes commis par le régime de Poutine en Russie et en Ukraine.
  • Un side-event consacré aux peuples autochtones de Russie, qui subissent une politique coloniale et répressive encore aggravée depuis le début de la guerre à grande échelle.

💡 Notre appel : renforcer la coopération internationale pour documenter les crimes, soutenir les victimes et sanctionner les complices de la guerre. La justice et la paix passent par une solidarité active avec les peuples opprimés.

Merci à tous nos partenaires pour leur engagement. Ensemble, continuons à faire entendre la voix de celles et ceux qui luttent pour la liberté, la dignité et la démocratie !

Participants russes : Vladimir Kara-Murza, Natalia Arno, Lyubov Sobol, Oleg Orlov, Vladimir Milov, Batlaï Matenov, Oleg Mikhajlov, Gregory Frolov, Olga Prokopieva.

Résistances russes : de dépit en espoir

Résistances russes : de dépit en espoir

Résistances russes : de dépit en espoir
Cycle événementiel en hommage à Alexeï Navalny et à tous les Russes qui s’opposent à la dictature et à la guerre

Montpellier, du 18 mai au 7 juin 2026 

À l’occasion du 50e anniversaire d’Alexeï Navalny, figure emblématique de la résistance russe assassinée en 2024, les collectifs Les Russes Avec l’Ukraine et l’Équipe Navalny France, l’association Russie-Libertés et le collectif d’art Prometheus, avec le soutien du Club de la Presse Occitanie et de la ville de Montpellier, s’unissent pour organiser un cycle événementiel inédit : Résistances russes : de dépit en espoir. Ce projet, qui se déroule à la Maison des Relations Internationales et à la salle Rabelais, vise à sensibiliser le public montpelliérain aux luttes menées par la société civile russe anti-guerre et aux œuvres d’artistes engagés contre le régime de Vladimir Poutine.

Alexeï Navalny était bien plus qu’une figure de l’opposition russe : il incarnait l’espoir d’une Russie libre. Symbole de courage face à la corruption et à l’arbitraire, il a inspiré des millions de Russes à refuser de se résigner, malgré les risques immenses. Son combat, mené au prix de sa vie, reste un phare pour celles et ceux qui, en Russie comme en exil, continuent de résister à la dictature, à la censure et à la répression. Aujourd’hui, la Russie compte plus de 5 000 prisonniers politiques, tandis que l’État renforce chaque jour son étau sur les libertés fondamentales. Dans ce contexte, Russie-Libertés, association de défense des droits humains, et les initiatives partenaires agissent comme les porte-voix de la société civile russe en exil. 

Notre mission : soutenir l’Ukraine et celles et ceux qui, malgré l’isolement et la peur, perpétuent la lutte pour une Russie démocratique et pacifique.

Un programme riche et varié : Du 18 mai au 7 juin 2026, expositions, projections, rencontres et hommages ponctuent ce cycle, avec pour fil conducteur la résistance russe sous toutes ses formes.

EXPOSITIONS, PROJECTIONS ET RENCONTRES-DEBATS

  • Résistances russes : de dépit en espoir : du 18 au 28 mai, grande salle de la Maison des Relations Internationales, 14 Descente en Barrat, 34000 Montpellier, horaires : 9h-12h et 14h-17h, entrée libre. Cette exposition s’organise en deux parties :
    • Russians Against War, chronique photographique des rassemblements publics organisés par les diasporas russes depuis le 24 février 2022, en soutien à l’Ukraine et contre le régime Poutine.
    • Artists against the Kremlin, sélection d’œuvres du collectif Prometheus.

  • #RememberNavalny du 18 mai au 7 juin, jardin de la MRI, adresse 14 Descente en Barrat, 34000, Montpellier.
    Une exposition en plein air de photographies d’Evgeny Feldman, retraçant le parcours politique d’Alexeï Navalny.

  • Soirée d’ouverture : lundi 18 mai, de 18h à 22h, inscription
    • 18h00 – Projection du documentaire We Are Russia (La Russie, c’est nous) d’Alexandra Dalsbaek (journaliste-réalisatrice franco-russe)
    • 19h30 – Rencontre débat avec Alexandra Dalsbaek, Paul Gogo (auteur de Moscou Parano et correspondant français en Russie), Evgeny Karpov (équipe Navalny) et les équipes organisatrices.
    • 20h30 – Présentation des expositions par Aysha Demina (artiste et curatrice) et visite libre.
  • Projection du film NAVALNY
    mercredi 27 mai à 18h30, salle Rabelais, 27 boulevard Sarrail, Montpellier.
    Diffusion du long-métrage oscarisé de Daniel Roher (2022), suivi d’un échange avec Olga Prokopieva (directrice de Russie-Libertés) et Olga Mikhailova (avocate d’Alexeï Navalny).

UN ENGAGEMENT COLLECTIF

Ce cycle événementiel est l’occasion de mettre en lumière les actions de la société civile russe qui, malgré la répression, continue de dénoncer la guerre et la dictature. Nous vous invitons à découvrir leur action, à écouter les témoignages de journalistes, d’avocats et d’experts qui, sur le terrain, documentent et dénoncent les abus du régime. 
Résistances russes : de dépit en espoir s’inscrit dans une démarche de mémoire, de solidarité et d’espoir pour un avenir démocratique en Russie.

Informations pratiques :

  • Lieux : Maison des Relations Internationales – 14 Descente en Barrat, et Centre Rabelais – 27 Boulevard Sarrail, Montpellier.
  • Dates : Du 18 mai au 7 juin 2026.
  • Accès : Entrée libre et gratuite. Inscriptions pour le 18 mai : INSCRIPTION SOIRÉE D’OUVERTURE et pour la projection du film Navalny du 27 mai : INSCRIPTION FILM

Contact presse : presse@russie-libertes.org

Nouvelles voix de résistance face à l’isolement numérique en Russie

En avril 2026, la Russie a définitivement achevé sa transition vers un modèle d’Internet totalement isolé en imposant à ses citoyens un « shutdown » sans précédent. Cette situation a provoqué une profonde crise sociale et l’émergence de nouvelles formes de résistance. Les autorités sont passées des blocages ciblés à la destruction des protocoles de transmission de données eux-mêmes, rendant l’utilisation des services VPN pratiquement impossible pour 95 % de la population.

Cette situation est l’aboutissement d’une année 2025 dévastatrice, durant laquelle plus de 1,2 million de ressources Internet ont été bloquées, anéantissant l’espace numérique indépendant. Les réseaux sociaux mondiaux tels que YouTube, Facebook, Instagram et X sont désormais totalement inaccessibles. Le contrôle s’étend jusqu’aux plateformes comme Apple, contrainte de supprimer les contenus des médias indépendants et les œuvres d’artistes désignés comme « extrémistes ».

Alors qu’à la fin de l’année 2024, 30 % de la population utilisait régulièrement un VPN (réseau privé virtuel qui est devenu depuis le début de la guerre le seul moyen d’accéder à des ressources internet et applications bloquées en Russie), et que les prévisions annonçaient 50 % pour fin 2025, la répression a cassé cette dynamique. L’arsenal législatif s’est durci : une loi de juillet 2025 criminalise désormais les recherches en ligne de contenus dits « extrémistes », tandis que l’usage de VPN ou de proxys peut être retenu comme circonstance aggravante lors de poursuites judiciaires. Pour des millions de Russes, cela signifie une perte totale d’accès à l’information ; les outils habituels de contournement ont cessé de fonctionner, imposant une autocensure généralisée parmi les artistes, blogueurs et écrivains. 

Le Kremlin a commencé à tester le système de « listes blanches », où seule la consultation de quelques milliers de ressources approuvées est autorisée — comme les services publics et les médias d’État. Internet commence à être un droit pour devenir un privilège élitiste réservé aux fonctionnaires — suivant les modèles de l’Iran et du Turkménistan — tandis que la société s’est retrouvée enfermée dans un intranet national, coupée du savoir mondial, de la science et de l’information indépendante.

Parallèlement, le Kremlin impose agressivement la messagerie Max. Ce n’est pas une simple application, mais un instrument de surveillance directe. Par un chantage administratif féroce — menaces d’expulsion des universités, licenciements et suspension des aides sociales — la population a été contrainte d’installer cette « messagerie nationale ». Contrairement aux services sécurisés, Max est totalement ouvert aux renseignements : il transmet en temps réel la géolocalisation et analyse les correspondances via des réseaux neuronaux. 

Les blocages sont devenus un point de rupture pour les citoyens autrefois apolitiques. Pour la jeunesse, cette déconnexion est une insulte personnelle. Le mouvement Le Cygne Écarlate a lancé des appels actifs via Telegram et Tiktok à manifester le 29 mars, trouvant un écho important chez ceux qui refusent l’isolement numérique. Dans plus de 30 villes de Russie des demandes de manifester ont été déclinées par les autorités qui ont systématiquement utilisé des prétextes administratifs (comme des restrictions sanitaires ou des travaux de nettoyage.

Pour briser le silence imposé par les coupures d’Internet mobile, les militants ont tenté de maintenir le lien via des outils de communication alternatifs. La réponse du pouvoir a été immédiate : des arrestations préventives d’organisateurs et l’utilisation de la reconnaissance faciale pour identifier les contestataires. Plusieurs jeunes, parfois mineurs, ont été visés par la répression. Le cofondateur du mouvement Le Cygne Écarlate a dû être évacué d’urgence du pays avec l’aide d’ONG russes aidant dans l’exil des plus menacés.

Les Z-bloggueurs, autrefois piliers de la propagande pro-Kremlin, ou des entrepreneurs apolitiques, sont désormais aussi victimes du shutdown numérique imposé par Moscou. Leur réaction est sans précédent : certains publient des vidéos désespérées, appelant directement Poutine à lever les restrictions. Ce revirement montre la fragilité du système qui peinera sans doute à simuler un soutien populaire lors des prochaines pseudo-élections législatives de septembre 2026.

Les libertés numériques, l’accès à l’information et la protection de la vie privée sont ainsi systématiquement étouffés en Russie. Le régime de Poutine, en verrouillant internet et en criminalisant toute dissidence en ligne, cherche à plonger 140 millions de citoyens dans une bulle d’isolement et de désinformation. Nous lançons un appel urgent à la communauté internationale pour :

  • Renforcer les sanctions ciblées contre les entreprises et acteurs complices de la censure (fournisseurs de technologies de surveillance, opérateurs télécoms collaborant avec le Roskomnadzor).
  • Soutenir financièrement et techniquement les médias indépendants russes et les outils de contournement des blocages.
  • Exiger des plateformes technologiques (Google, Apple, Meta, etc.) qu’elles résistent aux pressions du Kremlin, maintiennent l’accès à des informations libres pour les Russes et développent des solutions adaptées pour contourner les blocages.

Ensemble, brisons le mur numérique que Poutine construit autour de son peuple.

Six jeunes militants condamnés à des peines lourdes pour leur opposition à la guerre

Un verdict glaçant : six jeunes membres du mouvement démocratique russe Vesna (« Printemps ») viennent d’être condamnés à des peines de prison allant de 6 à 12 ans. Leur « crime » ? Avoir organisé des performances artistiques et des manifestations pacifiques contre la guerre. Pour le régime russe, ces actes de résistance relèvent désormais de « l’extrémisme ».

Fondé en 2013 à Saint-Pétersbourg, ce mouvement de jeunesse est devenu un symbole de l’engagement démocratique en Russie. Sa mission : éveiller les consciences politiques et promouvoir la démocratie à travers des actions créatives et non violentes. Depuis 2014, Vesna dénonce sans relâche la guerre. En 2022, ses militants ont organisé une manifestation massive contre la mobilisation militaire, malgré les risques croissants. Résultat : le mouvement a été qualifié d’« organisation extrémiste », ses membres présumés ont subi des perquisitions, et six d’entre eux ont été arrêtés.
Le prix de la liberté en Russie :

  • Anna Arkhipova : 12 ans de prison.
  • Yan Ksenzhepolsky : 11 ans.
  • Vasily Neustroev : 10 ans.
  • Pavel Sinelnikov : 7 ans et 6 mois.
  • Valentin Khoroshenin : 6 ans et 2 mois.
  • Evgueniy Zateev : 6 ans et 2 mois. Pour tenter de réduire sa peine et retrouver sa famille, Evgueniy avait reconnu sa culpabilité. Mais sa grand-mère et sa mère sont décédées sans qu’il puisse les revoir libres. Après ces drames, il a retiré ses aveux.

Ces condamnations s’inscrivent dans une vague de répression sans précédent : plus de 5 000 personnes croupissent actuellement dans les geôles russes pour des motifs politiques. Les arrestations se poursuivent chaque semaine.

Malgré la répression, Vesna survit en exil. Il fédère une jeunesse russe contrainte à l’exil, mais déterminée à poursuivre son combat : s’opposer à la guerre du Kremlin et œuvrer pour un avenir démocratique en Russie.

Comment les soutenir ?

  • Partagez leur histoire pour briser le silence.
  • Écrivez-leur en prison : un geste simple, mais vital pour leur moral. Rejoignez-nous pour notre prochaine soirée d’écriture aux prisonniers politiques, le 23 avril à 18h30 à l’Espace Libertés Reforum Space (16 rue Oberkampf, Paris). Entrée libre.

La solidarité est notre seule arme. Ne les laissons pas tomber.

Une nouvelle vie en France pour le couple russe qui a osé dire non à la guerre. Histoire d’Anna et Alexandre

Anna est une jeune femme russe de 22 ans. Elle s’intéressait à la politique depuis l’adolescence : elle participait à l’observation des élections, soutenait Alexeï Navalny et suivait ses enquêtes anti-corruption. Après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, Anna s’est ouvertement opposée à la guerre. Elle publiait des stories anti-guerre sur Instagram et tentait de convaincre ses proches que la guerre en Ukraine est un crime.

En 2024, après la mort d’Alexeï Navalny, Anna a vécu ce deuil douloureusement et s’est rendue à Moscou pour ses obsèques. En déposant des fleurs à sa mémoire, elle a été interpellée par la police. Après vérification de ses réseaux sociaux et la découverte de ses positions anti-guerre, Anna a été emmenée au commissariat, où des procès-verbaux ont été dressés pour ses déclarations d’opposition. Elle a passé la nuit en garde à vue avant son procès, subissant une forte pression psychologique.

Après ces événements, Anna a compris qu’il n’était plus sûr de rester en Russie. Avec son mari, ils ont commencé à chercher un moyen de partir. Anna a contacté notre association Russie-Libertés, et nous l’avons aidée à déposer une demande de visa humanitaire pour la France. La réponse des autorités françaises est arrivée rapidement et, dès le mois d’octobre, le couple s’est envolé pour son nouveau pays.

À leur arrivée, ils ont décidé de déposer une demande d’asile. Ils ont d’abord été orientés vers un hébergement temporaire à Orléans. Anna et son mari ayant été logés dans des appartements séparés, ils marchaient énormément en ville pour passer du temps ensemble — parcourant parfois 30 à 35 000 pas par jour, explorant Orléans de fond en comble. Plus tard, ils ont été transférés sur la Côte d’Azur, dans un petit village à la frontière italienne.

Le 16 février 2026, Anna et son mari ont passé leur entretien à l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides). L’entretien s’est bien déroulé et, le 25 février, ils ont reçu une décision positive : ils sont désormais officiellement réfugiés en France.

Aujourd’hui, Anna et son mari étudient le français et se préparent à commencer à travailler. Depuis leur arrivée en France, ils ont rencontré de nombreuses personnes bienveillantes : médecins, travailleurs sociaux et membres de diverses organisations les ont soutenus à chaque étape. “Nous sommes sincèrement reconnaissants envers la France pour cette opportunité de commencer une nouvelle vie en sécurité, et envers l’association Russie-Libertés pour son soutien inestimable”.

Pourquoi est-il important de soutenir les Russes opposés au régime?

Anna et son mari représentent des milliers de Russes persécutés pour leurs opinions. Les arrestations arbitraires et les gardes à vues pour un dépôt de fleurs ou des messages anti-guerre sur les réseaux sociaux ne sont que le début d’une spirale de pression psychologique et de surveillance continue de la part du FSB.

Selon les données d’OVD-info* 4 580personnes sont poursuivies actuellement pour des motifs politiques. Ce sont de simples citoyens qui ont osé s’exprimer, agir, penser différemment. 

Russie-Libertés continue de se battre pour protéger ceux qui ont pris le risque de s’exprimer contre la guerre et contre le régime poutinien.

* Organisation qui recense les persécutions politiques et fournit une aide juridique aux personnes poursuivies.

Ukraine 2026 entre occupation et résistance : 12 ans après l’annexion de la Crimée

Mardi 17 mars 2026 de 18h00 à 21h00 
Espace Libertés I Reforum Space Paris – 16 rue Oberkampf, Paris 11

Le 18 mars 2014, à la suite d’un pseudo-référendum illégal, la Russie annonçait l’annexion de la Crimée. Début avril, l’intervention armée russe s’étendait à l’est de l’Ukraine, marquant le début de la guerre du Donbass. Huit ans plus tard, en février 2022, la Russie lançait une invasion à grande échelle.

À la 5ᵉ année de la guerre à grande échelle, comment évoluent les sociétés ukrainiennes sous occupation et en territoire libre ? Quelles sont les perspectives pour l’avenir et les tabous de la guerre ?

Programme

1 partie – 18h00 à 19h30 : Projection du film Retour à la maison (2015) d’Inna Denissova

En version originale sous-titrée français

En 2015, Inna Denissova, née à Simferopol, retourne dans sa Crimée natale pour comprendre comment la vie a changé depuis l’annexion russe. Entre euphorie pro-russe et nostalgie, entre attractions foraines et rassemblements anti-Maïdan, le film plonge dans une société profondément divisée, où la mer de drapeaux rouges, blancs et bleus scande : « La Crimée est à nous ».

2 partie – 19h30 : Table ronde – Ukraine 2026 : sociétés en guerre, sociétés en résistance

  • ​Inna Denissova, réalisatrice du film « Retour à la maison »
  • Anna Colin-Lebedev, chercheuse et autrice de « Jamais frères ? Ukraine et Russie : une tragédie postsoviétique »
  • Paul Gogo, journaliste et auteur de « Moscou Parano »
  • Patrick Wack, photographe et auteur du livre « Azov Horizons »

Modération : Olga Prokopieva, directrice de Russie-Libertés

Mardi 17 mars 2026 de 18h00 à 21h00 
Espace Libertés I Reforum Space Paris – 16 rue Oberkampf, Paris 11
Langues : film en russe, sous-titré en français. La 2ème partie de la soirée sera en langue française.

Événement organisé par Russie-Libertés, avec le soutien de lEspace Libertés I Reforum Space Paris.

L’écho des exilés : Aleksei et Nadezhda Ishimov, militants russes en exil, enfin réunis en France grâce à une mobilisation collective !

Chaque jour, de nouveaux visages de la répression frappent à notre porte. Derrière les dossiers administratifs, il y a des vies en danger que nous tentons d’arracher à l’arbitraire.

Aujourd’hui, nous lançons L’écho des exilés : une rubrique pour partager les parcours de celles et ceux que Russie-Libertés accompagne vers la liberté.

Depuis 2021, Nadezhda Ishimova et son mari Aleksei risquent leur liberté pour défendre la démocratie et les droits humains en Russie. Bénévoles au sein de l’équipe d’Alexeï Navalny, ils ont participé à des manifestations, distribué des tracts, et soutenu la Fondation anti-corruption (FBK) malgré les arrestations, les menaces et la répression croissante du régime russe.


En 2022, face à la guerre en Ukraine et à l’intensification des persécutions, ils ont dû fuir la Russie. Leur exil les a menés à travers différents pays et ils ont décidé de tenter leur chance aux États-Unis.

L’enfer des centres de détention américains

En cherchant asile aux États-Unis, Aleksei et Nadezhda ont été placés dans des centres de détention pour migrants, aux côtés de centaines d’autres étrangers fuyant les persécutions politiques, religieuses ou liées à leur orientation sexuelle. Les conditions y étaient inhumaines : menottes, combinaisons de détenus, transferts sous escorte, et même l’interdiction d’utiliser les deux mains pour aller aux toilettes.

Pire encore : après des mois de détention, les autorités américaines les ont séparés, les envoyant dans des camps différents. Malgré tout, ils ont organisé des manifestations au sein même des centres pour réclamer leur libération.

« En Russie, on savait à quoi s’attendre en cas d’arrestation. On imprimait les mémos d’OVD-Info. Mais aux États-Unis, on croyait en la protection des droits humains… Il s’est avéré que sous Trump, le système migratoire est devenu totalement arbitraire.»

La France, leur unique espoir

Après des mois d’errance et de refus, Aleksei a multiplié les demandes d’aide auprès de consulats et d’organisations de défense des droits humains à travers le monde. Seule la France a répondu. Leur dossier est parvenu à Russie-Libertés en octobre 2025, marquant le début d’une course contre la montre pour les sortir des griffes du système migratoire américain.

« Pendant cinq mois, nous avons tout tenté pour leur ouvrir une porte de sortie, explique Olga Prokopieva, directrice exécutive de Russie-Libertés. Quand les visas humanitaires français ont enfin été accordés, l’incertitude persistait : jusqu’à la dernière minute, nous ignorions si l’ICE — les services migratoires américains — les autoriserait à quitter le territoire pour la France. Leur accord final tient presque du miracle. Mais l’épreuve n’était pas terminée… »

La bataille pour la France : un combat de chaque instant

Le jour J, Aleksei et Nadezhda partaient de villes différentes et devaient se retrouver à l’aéroport de Paris après 21 mois de séparation. Aleksei était là, désespéré : Nadezhda n’était pas dans l’avion. Les officiers de l’ICE avaient décidé de la renvoyer… en Russie.

Russie-Libertés est intervenue en urgence. Grâce à nos réseaux, l’aide de la Fondation anti-corruption (FBK) et des militants de l’organisation Russian America for Democracy in Russia (RADR), et à notre détermination, nous avons contacté directement l’officier de l’ICE en charge de son dossier. Après des négociations intenses, il a compris l’urgence de la situation et a autorisé Nadezhda à prendre enfin un vol pour la France.

Trois jours plus tard, elle atterrissait enfin à Paris. Le moment où Aleksei et Nadezhda se sont retrouvés, après des mois d’angoisse et de séparation, a été l’un des plus émouvants de leur vie.

Pourquoi leur combat nous concerne tous

Aleksei et Nadezhda représentent des milliers de Russes persécutés pour leurs opinions, leur engagement ou simplement leur refus de se soumettre à la dictature. Leur histoire montre à quel point la solidarité internationale est cruciale pour sauver des vies.

Russie-Libertés continue de se battre pour protéger les militants exposés au danger du régime russe.

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