Alexeï Navalny aurait eu 50 ans. Le prix du courage et de la liberté en Russie

Le 4 juin 2026, Alexeï Navalny aurait eu 50 ans. Il a été assassiné le 16 février 2024, dans l’une des prisons les plus sévères de Russie. Pourtant, la stature de cet homme et la profondeur de son impact sur la politique russe demeurent une référence absolue pour tous ceux qui croient en une Russie libre et démocratique. 

Son parcours est l’histoire d’un combat personnel et d’un harcèlement judiciaire sans précédent sur plusieurs années, dont le point culminant fut son retour en Russie après avoir survécu à un empoisonnement organisé par les agents du Kremlin, un retour qui s’est soldé par son arrestation dès l’aéroport. 

L’objectif était évident : paralyser son action, lui retirer son éligibilité, le ruiner par des amendes et transformer sa vie en une succession interminable d’interrogatoires et de procès. Chaque affaire pénale était forgée de toutes pièces afin d’être activée au moment voulu et de commuer ses peines de sursis en prison ferme.

  • L’affaire « Kirovles » (2013)

Ce fut la première tentative d’envergure pour isoler Navalny. Il est accusé d’avoir détourné des fonds en servant d’intermédiaire commercial pour une exploitation forestière publique. Il a été condamné à cinq ans de prison, mais à la suite de manifestations à Moscou, la peine est commuée en sursis (ce qui lui permet de se présenter à l’élection municipale de Moscou, où il remporta le score record de 27 % malgré les falsifications). La CEDH a jugé ce procès politique et inéquitable.

  • L’affaire « Yves Rocher »

L’affaire « Yves Rocher », lancée en 2012, occupe une place centrale : c’est elle qui servira de prétexte formel, neuf ans plus tard, à son incarcération définitive.

Le dossier visait l’activité logistique commerciale de son frère, Oleg Navalny. Selon l’accusation, les deux frères auraient créé une société pour transporter des marchandises à des tarifs « surélevés », causant un prétendu préjudice. Puis, les représentants d’Yves Rocher déclarent au tribunal qu’aucun préjudice n’avait été causé.

Bien qu’il n’y ait eu aucune victime réelle, le tribunal a prononcé un verdict en décembre 2014 : Oleg Navalny a été condamné à 3,5 ans de prison, et Alexei à une peine avec sursis. La CEDH a jugé ce verdict arbitraire et infondé. La Russie a versé les indemnités requises, mais a refusé d’annuler la sentence.

Yves Rocher n’a jamais retiré sa plainte.

  • Des arrestations administratives incessantes. Navalny a passé au total des centaines de jours en centre de détention provisoire. Il était arrêté à la sortie de son domicile, lors de rassemblements pacifiques ou sur la base de procès-verbaux fabriqués de toutes pièces. Le seul but est d’isoler au moment des campagnes politiques clés.
  • Un blocus économique. Des perquisitions systématiques ont été menées dans les bureaux du FBK (la Fondation anti-corruption créée par Navalny) et de ses quartiers généraux régionaux. Les comptes bancaires de toute sa famille, y compris ceux de ses parents âgés et de ses enfants, ont été gelés, et son matériel informatique a été saisi. Le Kremlin tentait ainsi de l’asphyxier financièrement.

17 janvier 2021 : Le retour qui a tout changé

En août 2020, Alexei Navalny est victime d’une tentative d’assassinat à l’aide de l’agent toxique militaire « Novitchok ». Ayant survécu et suivi une réhabilitation en Allemagne, il annonce son retour en Russie. Pendant son séjour à l’étranger, les autorités russes atteignent le paroxysme de l’absurde et le placent sur la liste des personnes recherchées : selon leur version, alors qu’il se trouvait dans un coma, il aurait violé les conditions de sa condamnation avec sursis dans la fameuse affaire “Yves Rocher”.

Malgré la menace évidente d’une arrestation, Alexeï Navalny rentre de Berlin à Moscou le 17 janvier 2021, accompagné de son épouse Yulia.

Au contrôle des passeports, avant même qu’il ne franchisse la frontière d’État, il est interpellé par la police. Son avocate n’est pas autorisée à l’accompagner. À partir de cet instant, Alexeï Navalny ne recouvrera plus jamais la liberté.

Emprisonné, il fait face à une série de procès : en mars 2022, Navalny est condamné à 9 ans de prison pour « escroquerie », puis, en août 2023, à 19 ans de régime spécial pour « création d’une communauté extrémiste » visant le FBK.

Alexeï Navalny meurt en détention le 16 février 2024 dans l’une des colonies pénitentiaires les plus dures de l’Arctique. Alors que la propagande russe invoque des «causes naturelles» (un caillot de sang), une enquête internationale indépendante menée par le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Suède et le Pays-Bas révèle en février 2026 un empoisonnement.

Des traces d’épibatidine (un toxique rare et mortel issu de grenouilles équatoriales) ont été trouvées dans son organisme. Les experts ont conclu que la substance avait été synthétisée en laboratoire. Il s’agit d’un assassinat politique ciblé au moyen d’une arme chimique, que seul l’État russe avait la capacité technique de mettre en œuvre.

L’extension de la répression

La répression ne s’est pas arrêtée à la figure de Navalny : sa structure, le FBK, a été classée comme « organisation terroriste » par les autorités russes. Les poursuites contre les citoyens ordinaires se poursuivent aujourd’hui :

Des dizaines de citoyens ayant envoyé des donations à l’époque où l’organisation était légale écopent de peines de prison (jusqu’à 10 à 15 ans) pour « financement du terrorisme ». 

Toute mention publique du nom de Navalny, un simple « like » sur les réseaux sociaux, la possession de matériel promotionnel ou la participation à des rassemblements pacifiques à sa mémoire peuvent être qualifiés par le pouvoir de « participation aux activités d’une organisation interdite ».

– Même les avocats de Navalny (Vadim Kobzev, Igor Sergounine, Alexei Liptser) ont été incarcérés dans le cadre de leur activité professionnelle, accusés de « participation à une communauté extrémiste ».

L’anniversaire d’Alexei Navalny n’est pas seulement un jour de commémoration. C’est un rappel du sort de milliers de prisonniers politiques en Russie, qui purgent actuellement de lourdes peines de prison pour leur solidarité, leur liberté d’expression et leur soutien à ses idées.

Pour des millions de Russes qui croient en une Russie démocratique, le nom de Navalny est devenu le principal symbole de dignité et d’espoir. Malgré son assassinat, le Kremlin n’a pas réussi à détruire ses idées. La lutte pour la paix, la liberté et le changement se poursuit, tant en Russie qu’à l’étranger. Alexeï Navalny a prouvé que la peur pouvait être vaincue, et son héritage continue de vivre en chaque personne qui refuse de se résigner à la dictature poutinienne.

Free The Youth : rassemblement du 1 juin

Le 1er juin, nous étions rassemblés place du Louvre pour une nouvelle action de notre campagne Free the Youth, en soutien aux adolescents et jeunes prisonniers politiques en Russie. Merci d’avoir été si nombreux à nos côtés! 

Ensemble, nous avons mis en lumière leurs visages, raconté leurs destins brisés et rappelé l’urgence de leur combat pour la liberté.

Un immense merci à toutes les personnes présentes pour votre soutien, ainsi qu’à nos bénévoles qui ont aidé à organiser cet événement. On continue de se mobiliser ! ✊

Photos par Islam Berov

HALTE À LA PROPAGANDE DE GUERRE DU KREMLIN DANS NOS MÉDIAS. Manifestation — mercredi 3 juin 2026, 18 h

Alors que la France entre en campagne présidentielle, la Russie pratique de plus belle la manipulation de l’information comme  arme de guerre. La propagandiste en chef  Margarita Simonian le proclamait encore le 26 mai : «nous combattons contre l’ensemble de l’Europe». Ce combat-là ne se livre pas sur le front d’Ukraine, mais dans nos rédactions, sur nos plateaux, dans nos esprits.

La démonstration vient d’en être faite. Tandis qu’Édouard Philippe et Bruno Retailleau, deux candidats à la présidentielle, se rendaient à Kyiv pour y affirmer le soutien de la France à l’Ukraine, une propagandiste russe, Xenia Fedorova, leur répondait depuis le plateau de CNews.  La visite de Philippe et Retailleau enverrait, selon elle, «un message bizarre, puisqu’il faudrait dialoguer avec la Russie». Qu’une porte-voix du Kremlin prenne ainsi à partie des candidats français, en pleine campagne, en strict écho de la ligne de Moscou, n’est plus une opinion sur la guerre : c’est une ingérence dans notre débat électoral et une menace pour notre démocratie.

Xenia Fedorova est l’ancienne présidente de RT France, chaîne interdite dans l’Union européenne, une interdiction validée, quoi qu’en dise Mme Fedorova, par la Cour européenne de Justice. Elle intervient aujourd’hui sans contradiction sérieuse, et avec un pouvoir croissant, sur CNews, Europe 1 et dans le JDD, les médias du groupe Bolloré. Elle n’est pas journaliste : dépourvue de carte de presse, elle dirige, sous son ancien nom de Ksenya Borchik, une société de «conseil médias». Elle se dérobe à tout débat contradictoire. Et son emprise s’étend : éviction du général Clermont, mise à l’écart d’experts, propos de Pascal Praud imputant à l’OTAN la responsabilité de la guerre. Formée par Simonian, qui l’a fait venir en France, elle est l’instrument assumé de la guerre cognitive d’un État agresseur.

L’interview complaisante et navrante de Sergueï Lavrov par Léa Salamé sur France-Télévisions — aussitôt exploitée par l’appareil de propagande du Kremlin, en France, en Russie et à l’échelle internationale — a montré, jusque sur le service public, à quel point la propagande de Poutine vise la France.

Les autorités françaises ne peuvent rester inertes. Nous demandons :

  1. à l’Arcom, d’examiner sans délai les signalements et témoignages visant Mme Fedorova et de contrôler le respect, par CNews et Europe 1, de l’honnêteté de l’information et du pluralisme sur l’agression russe ;
  2. au gouvernement, d’examiner, dans le cadre des instruments juridiques disponibles au niveau national et européen, les mesures susceptibles d’être appliquées à Mme Fedorova, à raison de son rôle dans la diffusion de récits alignés sur les positions du Kremlin et des questions légitimes que soulèvent ses activités au regard de l’ordre public. 

En particulier, le gouvernement doit examiner la possibilité

  • de proposer l’inscription de Mme Fedorova sur la liste des personnes sanctionnées au titre du règlement (UE) 2024/2642 concernant les activités déstabilisatrices menées par la Russie ;
  • de réexaminer sa situation au regard du droit au séjour, dans le respect des garanties applicables.

Que nul ne s’y trompe : ces demandes ne portent aucune atteinte à la liberté d’expression. Chacun demeure libre de ses opinions ; mais personne n’a le droit de mettre un média national au service de la propagande de guerre d’un État étranger. La France a d’ailleurs souscrit, par l’article 20 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, au principe selon lequel «toute propagande en faveur de la guerre est interdite par la loi». Il est temps qu’elle en tire les conséquences.

MANIFESTATION LE MERCREDI 3 JUIN À 18 HEURES

Angle rue des Cévennes/Balard

VENEZ NOMBREUX !

Organisateurs (par ordre alphabétique) : Agir Ensemble Pour l’Ukraine · Alliance des femmes pour la démocratie · Association des Femmes ukrainiennes de France · Comité Diderot · Cyrille Amoursky · Géorgie vue de France · Kalyna · Mémorial 98 · Nos étudiants en France · Perspectives ukrainiennes · Pour l’Ukraine, pour leur Liberté et la Nôtre ! · Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine (RESU) · Russie-Libertés · Ukraine Comb’Art · Union des Ukrainiens de France.

Russie-Libertés à la Conférence antiguerre russe à Strasbourg

Les 21 et 22 avril 2026, Russie-Libertés a participé à la Conférence du comité antiguerre russe à Strasbourg, un rassemblement régulier pour la résistance russe et la solidarité européenne.

L’événement a été ouvert par des discours inspirants de Petra Bayr (présidente de l’APCE), Ville Niinistö (Président de la Délégation du Parlement européen pour les relations avec la Russie) et Sergey Lagodinskiy (Eurodéputé). Ce dernier a lancé aux participants russes : « Vous êtes les restes de la conscience de l’empire du mal. »

Pendant deux jours, nous avons abordé des enjeux vitaux : briser le monopole de Poutine sur l’image de la Russie, comme l’a souligné Mikhail Khodorkovski : « Notre tâche est d’empêcher Poutine de monopoliser l’image de notre pays. » Il a également été question de construire des institutions démocratiques pour une Russie post-autoritaire et de soutenir l’Ukraine sans concession. Mikhail Kasyanov a plaidé avec force : « Les négociations de paix ne doivent porter que sur la cessation des hostilités. Ne cédons pas à la tentation de relier les relations économiques avec le Kremlin. L’Europe a tout pour arrêter la guerre : il manque la volonté politique. » Il a en outre insisté sur la nécessité de regrouper l’armée européenne aux frontières de l’Ukraine comme force de dissuasion immédiate face au Kremlin. Enfin, la protection de l’émigration russe et des déserteurs, voix essentielles de l’opposition, a été au cœur des débats, tandis que le témoignage d’Igor Schetko, déserteur, a marqué les esprits : « Le vrai ennemi du soldat russe, c’est son commandement. La peur des siens dépasse celle des Ukrainiens. »

17 mai : Journée internationale de lutte contre l’homophobie

Dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre les LGBTphobies, Olga Kokorina, cofondatrice de Russie-Libertés, est intervenue au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. À l’occasion de cette journée mondiale de solidarité, nous avons uni nos voix pour rappeler une vérité fondamentale : les droits humains ne peuvent pas être «traditionnels» ou «non traditionnels».

Aujourd’hui, en Russie, les personnes LGBTQIA+ ne sont plus simplement confrontées à des discriminations : elles sont progressivement transformées en « menace intérieure ». Après la décision de la Cour suprême russe de 2023 qualifiant le prétendu « mouvement international LGBT » d’ « organisation extrémiste », l’État a mis en place un système répressif : descentes de police, poursuites pénales, amendes, fermeture d’organisations, censure de livres, de films, de plateformes, et criminalisation des formes les plus ordinaires de communication et de vie sociale. Selon ILGA-Europe, cette logique a permis, dès 2025, de transformer ce qui relevait auparavant de la « propagande » administrative en accusations pénales d’ « extrémisme », passibles de peines pouvant aller jusqu’à 12 ans de prison.

Les organisations LGBTQIA+ russes elles-mêmes décrivent une situation où la peur envahie désormais la vie quotidienne. Elles reçoivent régulièrement des témoignages de personnes menacées de poursuites pour « extrémisme LGBT » ou « propagande LGBT », ainsi que des demandes d’aide de personnes qui ne savent plus si leur simple existence dans l’espace public, leur travail dans une organisation LGBTQIA+, leur participation à des discussions, à des rencontres ou leur recours à une aide psychologique ou juridique peuvent être interprétés comme des activités extrémistes.

Aujourd’hui, les répressions ne touchent plus uniquement les personnalités publiques et les militant·es. Elles pénètrent dans les clubs, les appartements, les groupes Telegram, les bibliothèques, les maisons d’édition, les plateformes culturelles, ainsi que dans les groupes de soutien psychologique et juridique.

Amnesty International souligne qu’à la fin de l’année 2025, au moins 23 affaires pénales liées à des accusations « d’extrémisme » visant des activités LGBTQIA+ avaient déjà été ouvertes.

Au printemps 2026, la répression est entrée dans une nouvelle phase : les tribunaux russes ont commencé à interdire systématiquement les organisations LGBTQIA+. Toutes les principales structures de défense des droits LGBTQIA+ ont été déclarées « extrémistes » par décision de justice.

Il est particulièrement inquiétant de constater que l’État utilise aujourd’hui l’argument de la « sécurité nationale » pour détruire les réseaux d’entraide. Sont visés : l’accompagnement juridique, le soutien psychologique, la prévention du VIH, la culture queer, les livres, les projections, les soirées, les discussions, les groupes de soutien et les liens entre personnes isolées.

Sous couvert de défendre les « valeurs traditionnelles » et de lutter contre « l’extrémisme », les autorités russes criminalisent la vulnérabilité, la solidarité et jusqu’à la possibilité même, pour les personnes LGBTQIA+, de se rencontrer et de se soutenir mutuellement.

Il est également impossible de ne pas mentionner le climat social créé par cette propagande homophobe d’État, qui transforme les personnes LGBTQIA+ en cibles pour toutes les formes de violence au sein de la société.

Et pourtant, malgré les interdictions, les organisations continuent d’aider, de documenter et d’informer — souvent depuis l’exil et sous menace directe.

Les droits des personnes LGBTQIA+ ne sont ni une « question privée » ni une « idéologie ». Il s’agit de savoir si une personne peut vivre sans peur. Si elle peut parler, aimer, chercher du soutien et ne pas être punie pour cela.

Lorsqu’un État intervient agressivement dans la vie privée des individus, cela ne concerne plus seulement les personnes LGBTQIA+ : cela remet en cause les principes fondamentaux de liberté et d’expression de chacun d’entre nous.

La reconnaissance des droits des personnes LGBTQIA+, comme celle des droits des autres minorités, constitue une étape essentielle vers une société véritablement démocratique en Russie, où chaque personne, indépendamment de son origine, de son orientation sexuelle ou de son identité de genre, pourra se sentir protégée et égale devant la loi.

Aujourd’hui, nous ne parlons pas seulement de justice sociale, mais aussi de la manière dont nous imaginons l’avenir de notre pays.

Il est important d’appeler les choses par leur nom.
Il est important de ne pas détourner le regard.
Il est important de rester du côté de l’humain.

CONTRE LA NOMINATION DU MÉTROPOLITE PRO-GUERRE MARC (GOLOVKOV) COMME EXARQUE D’EUROPE OCCIDENTALE

Nous, les associations «Russie-Libertés» (France), «Rusos Libres» (Espagne) et «Friede Allen e.V.)» (Allemagne), exprimons notre profonde préoccupation à la suite de la nomination du métropolite Marc (Golovkov) à un ministère en France.

Conformément à la décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe du 12 mars 2026, le métropolite Marc a été nommé à la tête de l’Exarchat patriarcal d’Europe occidentale, qui regroupe les diocèses et paroisses du Patriarcat de Moscou sur les territoires de l’Andorre, de la Belgique, du Royaume-Uni, de l’Irlande, de l’Espagne, de l’Italie, du Liechtenstein, du Luxembourg, de Monaco, des Pays-Bas, du Portugal, de la France, et de la Suisse.

Cette nomination suscite chez nous non seulement une indignation morale, mais également une vive inquiétude publique.

Alors qu’il se trouvait en Russie, le métropolite Marc a, à plusieurs reprises, manifesté publiquement son soutien à la guerre déclenchée par la Fédération de Russie contre l’Ukraine. Il est établi de manière fiable qu’il a participé à des cérémonies de bénédiction de matériel militaire avant son envoi au front. En particulier, en bénissant des armements destinés à être utilisés dans des opérations de combat, le métropolite Marc a déclaré :

«Aujourd’hui, nous avons célébré la Divine Liturgie, nous avons prié à genoux pour notre armée et, enfin, nous avons béni le matériel rassemblé et préparé pour nos soldats… L’Église est toujours là où se trouve le peuple, là où un soutien est nécessaire, là où il est important de renforcer l’unité du peuple.»

Ces propos ne laissent place à aucune ambiguïté d’interprétation. Il ne s’agit pas d’un simple soutien pastoral à des personnes confrontées à la guerre, mais d’une justification religieuse directe de la violence armée, d’une sacralisation de la guerre et d’une bénédiction d’armes qui apportent mort, destruction et souffrance dans le cadre d’une agression militaire.

En outre, le métropolite Marc a envoyé du clergé pour assurer l’accompagnement spirituel des militaires russes combattant sur les territoires occupés de l’Ukraine, ainsi que pour apporter un soutien aux citoyens russes mobilisés de force pour le front. Dans le diocèse de Riazan qu’il dirigeait, comme dans d’autres diocèses de l’Église orthodoxe russe en Russie, les membres du clergé sont de facto contraints de participer à la légitimation religieuse publique de la guerre, notamment à travers des prières pour la victoire de l’armée russe.

Une telle pratique ne constitue pas une simple position politique privée, mais un usage systématique de l’autorité religieuse pour justifier l’agression et promouvoir une propagande militariste.

Une inquiétude particulière suscite également la rhétorique publique du métropolite Marc à l’égard des Russes opposés à la guerre. Après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, il a qualifié de manière méprisante les personnes ayant quitté la Russie de «génération d’assistés». Or, ce sont précisément ces personnes — journalistes, défenseurs des droits humains, membres du clergé, militants ayant refusé de soutenir la guerre — qui constituent une part importante de ceux qui ont été contraints de chercher refuge dans les pays européens, y compris en France, pour échapper aux répressions, aux poursuites pénales et aux pressions politiques.

La nomination d’une personne ayant publiquement soutenu l’invasion de l’Ukraine et manifesté du mépris envers les Russes aux opinions divergentes à un ministère ecclésiastique en France soulève inévitablement la question suivante : dans quelle mesure la présence d’une telle figure est-elle acceptable dans l’espace public et religieux européen ?

Nous rappelons également les conclusions figurant dans le document de la Commission européenne «Orientations stratégiques de l’UE pour la prévention de la radicalisation 2024–2026», préparé par la Direction générale de la migration et des affaires intérieures.

Ce document souligne explicitement que, parmi d’autres formes d’extrémisme, la diffusion de la propagande et de la désinformation russes suscite une vive préoccupation parmi les États membres de l’Union européenne, notamment dans le contexte de la guerre contre l’Ukraine.

Dans ce contexte, l’activité de responsables religieux soutenant ouvertement une guerre d’agression et la justifiant par le langage d’une mission spirituelle ne peut être examinée indépendamment de la question plus large de la diffusion d’une idéologie qui mine les fondements de la sécurité européenne, de la solidarité et de l’État de droit.

En conséquence, nous appelons les autorités françaises à :

— évaluer sur le plan juridique les motifs du séjour du métropolite Mark en France, en mettant particulièrement l’accent sur les risques potentiels que sa présence pourrait représenter pour l’ordre public.

— prendre en compte son rôle dans la diffusion d’une idéologie justifiant la guerre et conférant une légitimation religieuse à la violence, lors de l’examen de la possibilité d’appliquer les mesures restrictives en vigueur.

Nous appelons également les chrétiens de toutes confessions, ainsi que les représentants des communautés religieuses et de la société civile en Europe, à prêter attention à cette nomination.

L’Église orthodoxe russe en Europe occidentale est désormais représentée par une personne qui non seulement ne s’est pas distanciée de la guerre, mais a publiquement contribué à sa justification en utilisant le langage de l’Église, l’autorité religieuse et le pouvoir spirituel.

Nous sommes convaincus que le témoignage chrétien ne peut servir de couverture à la propagande de guerre, et que le ministère ecclésiastique ne peut être un instrument de justification de la violence.

C’est pourquoi cette nomination ne doit pas rester sans une évaluation publique, morale et juridique.


РУССКАЯ ВЕРСИЯ

Мы, ассоциации Russie-Libertés (Франция), Rusos Libres (Испания), и Мир Всем (Friede Allen e.V.) (Германия), выражаем глубокую обеспокоенность в связи с назначением митрополита Марка (Головкова) на служение во Францию.

Согласно решению Священного Синода Русской Православной Церкви от 12 марта 2026 года, митрополит Марк назначен главой Патриаршего экзархата Западной Европы, объединяющего епархии и приходы Московского патриархата на территории Андорры, Бельгии, Великобритании, Ирландии, Испании, Италии, Лихтенштейна, Люксембурга, Монако, Нидерландов, Португалии, Франции, и Швейцарии.

Это назначение вызывает у нас не только нравственное возмущение, но и серьезную общественную тревогу.

Находясь в России, митрополит Марк неоднократно публично демонстрировал поддержку войны, развязанной Российской Федерацией против Украины. Достоверно известно, что он участвовал в церемониях освящения военной техники перед ее отправкой на фронт. В частности, благословляя вооружение, предназначенное для участия в боевых действиях, митрополит Марк заявил:

«Мы сегодня совершили Божественную Литургию, на коленях молились за наше воинство и, наконец, благословили собранную и подготовленную для наших воинов технику… Церковь всегда там, где народ, там, где нужна поддержка, там, где важно укреплять народное единство».

Эти слова не оставляют пространства для двусмысленного толкования. Речь идет не о пастырской поддержке людей, оказавшихся на войне, а о прямом религиозном оправдании вооруженного насилия, о сакрализации войны и благословении оружия, которое приносит смерть, разрушение и страдание в ходе военной агрессии.

Кроме того, митрополит Марк направлял духовенство для окормления российских военнослужащих, воюющих на оккупированных территориях Украины, а также для напутствия граждан России, принудительно мобилизованных на фронт. В возглавляемой им Рязанской епархии, как и в других епархиях Русской Православной Церкви в России, священнослужители фактически вынуждены участвовать в публичной религиозной легитимации войны, через молитвы о победе российской армии.

Подобная практика представляет собой не частную политическую позицию, а систематическое использование религиозного авторитета для оправдания агрессии и милитаристской пропаганды.

Особую тревогу вызывает и публичная риторика митрополита Марка в отношении антивоенных россиян. После начала полномасштабного вторжения в Украину он уничижительно назвал покинувших Россию людей «поколением иждивенцев». Между тем именно эти люди — журналисты, правозащитники, священнослужители, активисты, отказавшиеся поддерживать войну, — составляют значительную часть тех, кто был вынужден искать убежище в странах Европы, в том числе во Франции, спасаясь от репрессий, уголовного преследования и политического давления.

Назначение человека, публично поддержавшего вторжение в Украину и продемонстрировавшего презрение к иноакомыслящим россиянам, на церковное служение во Франции неизбежно вызывает вопрос: насколько допустимо присутствие подобной фигуры в европейском общественном и религиозном пространстве?

Мы также напоминаем о выводах, содержащихся в документе Европейской комиссии «Стратегические ориентиры ЕС по предотвращению радикализации на 2024–2026 годы», подготовленном Генеральным директоратом по миграции и внутренним делам. В документе прямо указывается, что, помимо иных форм экстремизма, серьезную обеспокоенность государств — членов ЕС вызывает распространение российской пропаганды и дезинформации, в том числе в контексте войны против Украины.

В этом контексте деятельность религиозных деятелей, открыто поддерживающих агрессивную войну и оправдывающих ее языком духовной миссии, не может рассматриваться вне более широкого вопроса о распространении идеологии, подрывающей основы европейской безопасности, солидарности и правопорядка.

В связи с этим мы призываем французские власти:

— провести правовую оценку оснований пребывания митрополита Марка во Франции, с особым акцентом на возможные риски, которые его присутствие может представлять для общественного порядка. 

— учесть его роль в распространении идеологии, оправдывающей войну и придающей насилию религиозное обоснование, при рассмотрении вопроса о возможности применения действующих ограничительных мер. 

Мы также обращаемся к христианам всех конфессий, к представителям религиозных общин и гражданского общества Европы с призывом обратить внимание на это назначение.

Русскую Православную Церковь в Западной Европе отныне представляет человек, который не просто не дистанцировался от войны, но публично содействовал ее оправданию, используя для этого язык Церкви, религиозный авторитет и духовную власть.

Мы убеждены, что христианское свидетельство не может служить прикрытием для пропаганды войны, а церковное служение не может быть инструментом оправдания насилия.

Именно поэтому это назначение не должно остаться без общественной, нравственной и правовой оценки.

Free The Youth – Soutenez des jeunes prisonniers politiques !

Les organisations de la diaspora, anti-guerre et de défense des droits de l’homme, en collaboration avec la fondation « À travers le mur » (Through the Wall), lancent une campagne de soutien aux adolescents prisonniers politiques !

Aujourd’hui, en Russie, des centaines d’adolescents sont des prisonniers politiques. Des jeunes qui devraient commencer à vivre, à étudier, à tomber amoureux et à faire des projets. Au lieu de cela, ils connaissent les cellules, l’isolement et la séparation d’avec leurs proches. Le bal de promo se passe en centre de détention provisoire. La majorité, en colonie pénitentiaire.

Derrière les termes juridiques froids ne se cachent pas des « dossiers » criminels, mais des vies brisées. Une peur qu’on ne peut pas montrer. Une solitude qui s’étire jour et nuit. Une incertitude qui empêche de respirer. Les lettres deviennent l’unique lien avec le monde, la preuve qu’on n’a pas disparu, que l’on ne nous oublie pas. Au lieu des cours, les interrogatoires. Au lieu des promenades, la cellule. Pendant que leurs camarades choisissent leurs universités, ces adolescents apprennent à survivre en prison.

La campagne Free the Youth est une action internationale visant à soutenir les jeunes prisonniers du régime de Poutine. Nous racontons leurs destins au monde entier et nous vous appelons à les soutenir par la diffusion d’informations ou par un don ! Avocats, colis alimentaires, maintien du lien avec les familles, soutien psychologique : tout cela est ce qui leur permet de tenir le coup.

Dans la majorité des cas, ces jeunes sont condamnés sous l’étiquette de « terrorisme » et sont détenus dans des conditions particulièrement difficiles, tant morales que physiques, dans la solitude et le froid. Selon les estimations de Parubets Analytics d’avril 2026, sur plus de 5400 personnes emprisonnées pour des motifs politiques, au moins 348 jeunes sont privés de liberté ou persécutés en Russie.

Vous pouvez les aider ! Même une petite contribution est un signal : « Tu n’es pas seul ». C’est une chaleur humaine là où il n’en reste presque plus. C’est de ces petits pas que naît la force qui les aide à ne pas s’effondrer.

Soutenez les jeunes prisonniers du régime de Poutine ! Partagez l’information et faites un don : 

Ensemble, nous sommes une force !

#FreeTheYouth #FreeRussianPoliticalPrisoners

Une semaine d’échanges et de mobilisation au Conseil de l’Europe

Une semaine d’échanges et de mobilisation au Conseil de l’Europe 🇪🇺

Cette semaine, à Strasbourg, nous avons enchaîné les rencontres avec des diplomates, des parlementaires et des représentants européens.

Aux côtés de plusieurs membres de la Plateforme des forces démocratiques russes à l’APCE, ainsi que de Russie-Libertés, Russie du Futur – Suisse et de Free Russia Foundation, nous avons notamment échangé avec Pap Ndiaye, ambassadeur, représentant permanent de la France auprès du Conseil de l’Europe, Bertrand Bouyx, député et président de la délégation française à l’APCE, ainsi qu’avec Mme Marianne Binder-Keller, députée et présidente de la délégation suisse, et M. Damien Cottier, que nous remercions chaleureusement pour leur soutien et leur écoute.

Au cœur de nos échanges :

  • Les prisonniers et prisonnières politiques en Russie ainsi que les otages ukrainiens : comment renforcer leur protection et œuvrer à leur libération.
  • La situation en Russie : l’impact de la guerre sur la société, les dynamiques économiques, la répression croissante, la censure totale et le contrôle d’Internet.
  • La solidarité internationale : l’importance de ne pas stigmatiser tous les Russes et de ne pas les laisser seuls face à la machine répressive du régime.

D’autres événements ont également marqué cette semaine au Conseil de l’Europe :

  • Une exposition sur la résistance féministe anti-guerre, consacrée notamment aux femmes prisonnières politiques en Russie.
  • Une table ronde sur la justice et la lutte contre l’impunité pour les crimes commis par le régime de Poutine en Russie et en Ukraine.
  • Un side-event consacré aux peuples autochtones de Russie, qui subissent une politique coloniale et répressive encore aggravée depuis le début de la guerre à grande échelle.

💡 Notre appel : renforcer la coopération internationale pour documenter les crimes, soutenir les victimes et sanctionner les complices de la guerre. La justice et la paix passent par une solidarité active avec les peuples opprimés.

Merci à tous nos partenaires pour leur engagement. Ensemble, continuons à faire entendre la voix de celles et ceux qui luttent pour la liberté, la dignité et la démocratie !

Participants russes : Vladimir Kara-Murza, Natalia Arno, Lyubov Sobol, Oleg Orlov, Vladimir Milov, Batlaï Matenov, Oleg Mikhajlov, Gregory Frolov, Olga Prokopieva.

Résistances russes : de dépit en espoir

Résistances russes : de dépit en espoir

Résistances russes : de dépit en espoir
Cycle événementiel en hommage à Alexeï Navalny et à tous les Russes qui s’opposent à la dictature et à la guerre

Montpellier, du 18 mai au 7 juin 2026 

À l’occasion du 50e anniversaire d’Alexeï Navalny, figure emblématique de la résistance russe assassinée en 2024, les collectifs Les Russes Avec l’Ukraine et l’Équipe Navalny France, l’association Russie-Libertés et le collectif d’art Prometheus, avec le soutien du Club de la Presse Occitanie et de la ville de Montpellier, s’unissent pour organiser un cycle événementiel inédit : Résistances russes : de dépit en espoir. Ce projet, qui se déroule à la Maison des Relations Internationales et à la salle Rabelais, vise à sensibiliser le public montpelliérain aux luttes menées par la société civile russe anti-guerre et aux œuvres d’artistes engagés contre le régime de Vladimir Poutine.

Alexeï Navalny était bien plus qu’une figure de l’opposition russe : il incarnait l’espoir d’une Russie libre. Symbole de courage face à la corruption et à l’arbitraire, il a inspiré des millions de Russes à refuser de se résigner, malgré les risques immenses. Son combat, mené au prix de sa vie, reste un phare pour celles et ceux qui, en Russie comme en exil, continuent de résister à la dictature, à la censure et à la répression. Aujourd’hui, la Russie compte plus de 5 000 prisonniers politiques, tandis que l’État renforce chaque jour son étau sur les libertés fondamentales. Dans ce contexte, Russie-Libertés, association de défense des droits humains, et les initiatives partenaires agissent comme les porte-voix de la société civile russe en exil. 

Notre mission : soutenir l’Ukraine et celles et ceux qui, malgré l’isolement et la peur, perpétuent la lutte pour une Russie démocratique et pacifique.

Un programme riche et varié : Du 18 mai au 7 juin 2026, expositions, projections, rencontres et hommages ponctuent ce cycle, avec pour fil conducteur la résistance russe sous toutes ses formes.

EXPOSITIONS, PROJECTIONS ET RENCONTRES-DEBATS

  • Résistances russes : de dépit en espoir : du 18 au 28 mai, grande salle de la Maison des Relations Internationales, 14 Descente en Barrat, 34000 Montpellier, horaires : 9h-12h et 14h-17h, entrée libre. Cette exposition s’organise en deux parties :
    • Russians Against War, chronique photographique des rassemblements publics organisés par les diasporas russes depuis le 24 février 2022, en soutien à l’Ukraine et contre le régime Poutine.
    • Artists against the Kremlin, sélection d’œuvres du collectif Prometheus.

  • #RememberNavalny du 18 mai au 7 juin, jardin de la MRI, adresse 14 Descente en Barrat, 34000, Montpellier.
    Une exposition en plein air de photographies d’Evgeny Feldman, retraçant le parcours politique d’Alexeï Navalny.

  • Soirée d’ouverture : lundi 18 mai, de 18h à 22h, inscription
    • 18h00 – Projection du documentaire We Are Russia (La Russie, c’est nous) d’Alexandra Dalsbaek (journaliste-réalisatrice franco-russe)
    • 19h30 – Rencontre débat avec Alexandra Dalsbaek, Paul Gogo (auteur de Moscou Parano et correspondant français en Russie), Evgeny Karpov (équipe Navalny) et les équipes organisatrices.
    • 20h30 – Présentation des expositions par Aysha Demina (artiste et curatrice) et visite libre.
  • Projection du film NAVALNY
    mercredi 27 mai à 18h30, salle Rabelais, 27 boulevard Sarrail, Montpellier.
    Diffusion du long-métrage oscarisé de Daniel Roher (2022), suivi d’un échange avec Olga Prokopieva (directrice de Russie-Libertés) et Olga Mikhailova (avocate d’Alexeï Navalny).

UN ENGAGEMENT COLLECTIF

Ce cycle événementiel est l’occasion de mettre en lumière les actions de la société civile russe qui, malgré la répression, continue de dénoncer la guerre et la dictature. Nous vous invitons à découvrir leur action, à écouter les témoignages de journalistes, d’avocats et d’experts qui, sur le terrain, documentent et dénoncent les abus du régime. 
Résistances russes : de dépit en espoir s’inscrit dans une démarche de mémoire, de solidarité et d’espoir pour un avenir démocratique en Russie.

Informations pratiques :

  • Lieux : Maison des Relations Internationales – 14 Descente en Barrat, et Centre Rabelais – 27 Boulevard Sarrail, Montpellier.
  • Dates : Du 18 mai au 7 juin 2026.
  • Accès : Entrée libre et gratuite. Inscriptions pour le 18 mai : INSCRIPTION SOIRÉE D’OUVERTURE et pour la projection du film Navalny du 27 mai : INSCRIPTION FILM

Contact presse : presse@russie-libertes.org

Nouvelles voix de résistance face à l’isolement numérique en Russie

En avril 2026, la Russie a définitivement achevé sa transition vers un modèle d’Internet totalement isolé en imposant à ses citoyens un « shutdown » sans précédent. Cette situation a provoqué une profonde crise sociale et l’émergence de nouvelles formes de résistance. Les autorités sont passées des blocages ciblés à la destruction des protocoles de transmission de données eux-mêmes, rendant l’utilisation des services VPN pratiquement impossible pour 95 % de la population.

Cette situation est l’aboutissement d’une année 2025 dévastatrice, durant laquelle plus de 1,2 million de ressources Internet ont été bloquées, anéantissant l’espace numérique indépendant. Les réseaux sociaux mondiaux tels que YouTube, Facebook, Instagram et X sont désormais totalement inaccessibles. Le contrôle s’étend jusqu’aux plateformes comme Apple, contrainte de supprimer les contenus des médias indépendants et les œuvres d’artistes désignés comme « extrémistes ».

Alors qu’à la fin de l’année 2024, 30 % de la population utilisait régulièrement un VPN (réseau privé virtuel qui est devenu depuis le début de la guerre le seul moyen d’accéder à des ressources internet et applications bloquées en Russie), et que les prévisions annonçaient 50 % pour fin 2025, la répression a cassé cette dynamique. L’arsenal législatif s’est durci : une loi de juillet 2025 criminalise désormais les recherches en ligne de contenus dits « extrémistes », tandis que l’usage de VPN ou de proxys peut être retenu comme circonstance aggravante lors de poursuites judiciaires. Pour des millions de Russes, cela signifie une perte totale d’accès à l’information ; les outils habituels de contournement ont cessé de fonctionner, imposant une autocensure généralisée parmi les artistes, blogueurs et écrivains. 

Le Kremlin a commencé à tester le système de « listes blanches », où seule la consultation de quelques milliers de ressources approuvées est autorisée — comme les services publics et les médias d’État. Internet commence à être un droit pour devenir un privilège élitiste réservé aux fonctionnaires — suivant les modèles de l’Iran et du Turkménistan — tandis que la société s’est retrouvée enfermée dans un intranet national, coupée du savoir mondial, de la science et de l’information indépendante.

Parallèlement, le Kremlin impose agressivement la messagerie Max. Ce n’est pas une simple application, mais un instrument de surveillance directe. Par un chantage administratif féroce — menaces d’expulsion des universités, licenciements et suspension des aides sociales — la population a été contrainte d’installer cette « messagerie nationale ». Contrairement aux services sécurisés, Max est totalement ouvert aux renseignements : il transmet en temps réel la géolocalisation et analyse les correspondances via des réseaux neuronaux. 

Les blocages sont devenus un point de rupture pour les citoyens autrefois apolitiques. Pour la jeunesse, cette déconnexion est une insulte personnelle. Le mouvement Le Cygne Écarlate a lancé des appels actifs via Telegram et Tiktok à manifester le 29 mars, trouvant un écho important chez ceux qui refusent l’isolement numérique. Dans plus de 30 villes de Russie des demandes de manifester ont été déclinées par les autorités qui ont systématiquement utilisé des prétextes administratifs (comme des restrictions sanitaires ou des travaux de nettoyage.

Pour briser le silence imposé par les coupures d’Internet mobile, les militants ont tenté de maintenir le lien via des outils de communication alternatifs. La réponse du pouvoir a été immédiate : des arrestations préventives d’organisateurs et l’utilisation de la reconnaissance faciale pour identifier les contestataires. Plusieurs jeunes, parfois mineurs, ont été visés par la répression. Le cofondateur du mouvement Le Cygne Écarlate a dû être évacué d’urgence du pays avec l’aide d’ONG russes aidant dans l’exil des plus menacés.

Les Z-bloggueurs, autrefois piliers de la propagande pro-Kremlin, ou des entrepreneurs apolitiques, sont désormais aussi victimes du shutdown numérique imposé par Moscou. Leur réaction est sans précédent : certains publient des vidéos désespérées, appelant directement Poutine à lever les restrictions. Ce revirement montre la fragilité du système qui peinera sans doute à simuler un soutien populaire lors des prochaines pseudo-élections législatives de septembre 2026.

Les libertés numériques, l’accès à l’information et la protection de la vie privée sont ainsi systématiquement étouffés en Russie. Le régime de Poutine, en verrouillant internet et en criminalisant toute dissidence en ligne, cherche à plonger 140 millions de citoyens dans une bulle d’isolement et de désinformation. Nous lançons un appel urgent à la communauté internationale pour :

  • Renforcer les sanctions ciblées contre les entreprises et acteurs complices de la censure (fournisseurs de technologies de surveillance, opérateurs télécoms collaborant avec le Roskomnadzor).
  • Soutenir financièrement et techniquement les médias indépendants russes et les outils de contournement des blocages.
  • Exiger des plateformes technologiques (Google, Apple, Meta, etc.) qu’elles résistent aux pressions du Kremlin, maintiennent l’accès à des informations libres pour les Russes et développent des solutions adaptées pour contourner les blocages.

Ensemble, brisons le mur numérique que Poutine construit autour de son peuple.

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