Nouvelles voix de résistance face à l’isolement numérique en Russie

En avril 2026, la Russie a définitivement achevé sa transition vers un modèle d’Internet totalement isolé en imposant à ses citoyens un « shutdown » sans précédent. Cette situation a provoqué une profonde crise sociale et l’émergence de nouvelles formes de résistance. Les autorités sont passées des blocages ciblés à la destruction des protocoles de transmission de données eux-mêmes, rendant l’utilisation des services VPN pratiquement impossible pour 95 % de la population.

Cette situation est l’aboutissement d’une année 2025 dévastatrice, durant laquelle plus de 1,2 million de ressources Internet ont été bloquées, anéantissant l’espace numérique indépendant. Les réseaux sociaux mondiaux tels que YouTube, Facebook, Instagram et X sont désormais totalement inaccessibles. Le contrôle s’étend jusqu’aux plateformes comme Apple, contrainte de supprimer les contenus des médias indépendants et les œuvres d’artistes désignés comme « extrémistes ».

Alors qu’à la fin de l’année 2024, 30 % de la population utilisait régulièrement un VPN (réseau privé virtuel qui est devenu depuis le début de la guerre le seul moyen d’accéder à des ressources internet et applications bloquées en Russie), et que les prévisions annonçaient 50 % pour fin 2025, la répression a cassé cette dynamique. L’arsenal législatif s’est durci : une loi de juillet 2025 criminalise désormais les recherches en ligne de contenus dits « extrémistes », tandis que l’usage de VPN ou de proxys peut être retenu comme circonstance aggravante lors de poursuites judiciaires. Pour des millions de Russes, cela signifie une perte totale d’accès à l’information ; les outils habituels de contournement ont cessé de fonctionner, imposant une autocensure généralisée parmi les artistes, blogueurs et écrivains. 

Le Kremlin a commencé à tester le système de « listes blanches », où seule la consultation de quelques milliers de ressources approuvées est autorisée — comme les services publics et les médias d’État. Internet commence à être un droit pour devenir un privilège élitiste réservé aux fonctionnaires — suivant les modèles de l’Iran et du Turkménistan — tandis que la société s’est retrouvée enfermée dans un intranet national, coupée du savoir mondial, de la science et de l’information indépendante.

Parallèlement, le Kremlin impose agressivement la messagerie Max. Ce n’est pas une simple application, mais un instrument de surveillance directe. Par un chantage administratif féroce — menaces d’expulsion des universités, licenciements et suspension des aides sociales — la population a été contrainte d’installer cette « messagerie nationale ». Contrairement aux services sécurisés, Max est totalement ouvert aux renseignements : il transmet en temps réel la géolocalisation et analyse les correspondances via des réseaux neuronaux. 

Les blocages sont devenus un point de rupture pour les citoyens autrefois apolitiques. Pour la jeunesse, cette déconnexion est une insulte personnelle. Le mouvement Le Cygne Écarlate a lancé des appels actifs via Telegram et Tiktok à manifester le 29 mars, trouvant un écho important chez ceux qui refusent l’isolement numérique. Dans plus de 30 villes de Russie des demandes de manifester ont été déclinées par les autorités qui ont systématiquement utilisé des prétextes administratifs (comme des restrictions sanitaires ou des travaux de nettoyage.

Pour briser le silence imposé par les coupures d’Internet mobile, les militants ont tenté de maintenir le lien via des outils de communication alternatifs. La réponse du pouvoir a été immédiate : des arrestations préventives d’organisateurs et l’utilisation de la reconnaissance faciale pour identifier les contestataires. Plusieurs jeunes, parfois mineurs, ont été visés par la répression. Le cofondateur du mouvement Le Cygne Écarlate a dû être évacué d’urgence du pays avec l’aide d’ONG russes aidant dans l’exil des plus menacés.

Les Z-bloggueurs, autrefois piliers de la propagande pro-Kremlin, ou des entrepreneurs apolitiques, sont désormais aussi victimes du shutdown numérique imposé par Moscou. Leur réaction est sans précédent : certains publient des vidéos désespérées, appelant directement Poutine à lever les restrictions. Ce revirement montre la fragilité du système qui peinera sans doute à simuler un soutien populaire lors des prochaines pseudo-élections législatives de septembre 2026.

Les libertés numériques, l’accès à l’information et la protection de la vie privée sont ainsi systématiquement étouffés en Russie. Le régime de Poutine, en verrouillant internet et en criminalisant toute dissidence en ligne, cherche à plonger 140 millions de citoyens dans une bulle d’isolement et de désinformation. Nous lançons un appel urgent à la communauté internationale pour :

  • Renforcer les sanctions ciblées contre les entreprises et acteurs complices de la censure (fournisseurs de technologies de surveillance, opérateurs télécoms collaborant avec le Roskomnadzor).
  • Soutenir financièrement et techniquement les médias indépendants russes et les outils de contournement des blocages.
  • Exiger des plateformes technologiques (Google, Apple, Meta, etc.) qu’elles résistent aux pressions du Kremlin, maintiennent l’accès à des informations libres pour les Russes et développent des solutions adaptées pour contourner les blocages.

Ensemble, brisons le mur numérique que Poutine construit autour de son peuple.

Six jeunes militants condamnés à des peines lourdes pour leur opposition à la guerre

Un verdict glaçant : six jeunes membres du mouvement démocratique russe Vesna (« Printemps ») viennent d’être condamnés à des peines de prison allant de 6 à 12 ans. Leur « crime » ? Avoir organisé des performances artistiques et des manifestations pacifiques contre la guerre. Pour le régime russe, ces actes de résistance relèvent désormais de « l’extrémisme ».

Fondé en 2013 à Saint-Pétersbourg, ce mouvement de jeunesse est devenu un symbole de l’engagement démocratique en Russie. Sa mission : éveiller les consciences politiques et promouvoir la démocratie à travers des actions créatives et non violentes. Depuis 2014, Vesna dénonce sans relâche la guerre. En 2022, ses militants ont organisé une manifestation massive contre la mobilisation militaire, malgré les risques croissants. Résultat : le mouvement a été qualifié d’« organisation extrémiste », ses membres présumés ont subi des perquisitions, et six d’entre eux ont été arrêtés.
Le prix de la liberté en Russie :

  • Anna Arkhipova : 12 ans de prison.
  • Yan Ksenzhepolsky : 11 ans.
  • Vasily Neustroev : 10 ans.
  • Pavel Sinelnikov : 7 ans et 6 mois.
  • Valentin Khoroshenin : 6 ans et 2 mois.
  • Evgueniy Zateev : 6 ans et 2 mois. Pour tenter de réduire sa peine et retrouver sa famille, Evgueniy avait reconnu sa culpabilité. Mais sa grand-mère et sa mère sont décédées sans qu’il puisse les revoir libres. Après ces drames, il a retiré ses aveux.

Ces condamnations s’inscrivent dans une vague de répression sans précédent : plus de 5 000 personnes croupissent actuellement dans les geôles russes pour des motifs politiques. Les arrestations se poursuivent chaque semaine.

Malgré la répression, Vesna survit en exil. Il fédère une jeunesse russe contrainte à l’exil, mais déterminée à poursuivre son combat : s’opposer à la guerre du Kremlin et œuvrer pour un avenir démocratique en Russie.

Comment les soutenir ?

  • Partagez leur histoire pour briser le silence.
  • Écrivez-leur en prison : un geste simple, mais vital pour leur moral. Rejoignez-nous pour notre prochaine soirée d’écriture aux prisonniers politiques, le 23 avril à 18h30 à l’Espace Libertés Reforum Space (16 rue Oberkampf, Paris). Entrée libre.

La solidarité est notre seule arme. Ne les laissons pas tomber.

Une nouvelle vie en France pour le couple russe qui a osé dire non à la guerre. Histoire d’Anna et Alexandre

Anna est une jeune femme russe de 22 ans. Elle s’intéressait à la politique depuis l’adolescence : elle participait à l’observation des élections, soutenait Alexeï Navalny et suivait ses enquêtes anti-corruption. Après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, Anna s’est ouvertement opposée à la guerre. Elle publiait des stories anti-guerre sur Instagram et tentait de convaincre ses proches que la guerre en Ukraine est un crime.

En 2024, après la mort d’Alexeï Navalny, Anna a vécu ce deuil douloureusement et s’est rendue à Moscou pour ses obsèques. En déposant des fleurs à sa mémoire, elle a été interpellée par la police. Après vérification de ses réseaux sociaux et la découverte de ses positions anti-guerre, Anna a été emmenée au commissariat, où des procès-verbaux ont été dressés pour ses déclarations d’opposition. Elle a passé la nuit en garde à vue avant son procès, subissant une forte pression psychologique.

Après ces événements, Anna a compris qu’il n’était plus sûr de rester en Russie. Avec son mari, ils ont commencé à chercher un moyen de partir. Anna a contacté notre association Russie-Libertés, et nous l’avons aidée à déposer une demande de visa humanitaire pour la France. La réponse des autorités françaises est arrivée rapidement et, dès le mois d’octobre, le couple s’est envolé pour son nouveau pays.

À leur arrivée, ils ont décidé de déposer une demande d’asile. Ils ont d’abord été orientés vers un hébergement temporaire à Orléans. Anna et son mari ayant été logés dans des appartements séparés, ils marchaient énormément en ville pour passer du temps ensemble — parcourant parfois 30 à 35 000 pas par jour, explorant Orléans de fond en comble. Plus tard, ils ont été transférés sur la Côte d’Azur, dans un petit village à la frontière italienne.

Le 16 février 2026, Anna et son mari ont passé leur entretien à l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides). L’entretien s’est bien déroulé et, le 25 février, ils ont reçu une décision positive : ils sont désormais officiellement réfugiés en France.

Aujourd’hui, Anna et son mari étudient le français et se préparent à commencer à travailler. Depuis leur arrivée en France, ils ont rencontré de nombreuses personnes bienveillantes : médecins, travailleurs sociaux et membres de diverses organisations les ont soutenus à chaque étape. “Nous sommes sincèrement reconnaissants envers la France pour cette opportunité de commencer une nouvelle vie en sécurité, et envers l’association Russie-Libertés pour son soutien inestimable”.

Pourquoi est-il important de soutenir les Russes opposés au régime?

Anna et son mari représentent des milliers de Russes persécutés pour leurs opinions. Les arrestations arbitraires et les gardes à vues pour un dépôt de fleurs ou des messages anti-guerre sur les réseaux sociaux ne sont que le début d’une spirale de pression psychologique et de surveillance continue de la part du FSB.

Selon les données d’OVD-info* 4 580personnes sont poursuivies actuellement pour des motifs politiques. Ce sont de simples citoyens qui ont osé s’exprimer, agir, penser différemment. 

Russie-Libertés continue de se battre pour protéger ceux qui ont pris le risque de s’exprimer contre la guerre et contre le régime poutinien.

* Organisation qui recense les persécutions politiques et fournit une aide juridique aux personnes poursuivies.

Ukraine 2026 entre occupation et résistance : 12 ans après l’annexion de la Crimée

Mardi 17 mars 2026 de 18h00 à 21h00 
Espace Libertés I Reforum Space Paris – 16 rue Oberkampf, Paris 11

Le 18 mars 2014, à la suite d’un pseudo-référendum illégal, la Russie annonçait l’annexion de la Crimée. Début avril, l’intervention armée russe s’étendait à l’est de l’Ukraine, marquant le début de la guerre du Donbass. Huit ans plus tard, en février 2022, la Russie lançait une invasion à grande échelle.

À la 5ᵉ année de la guerre à grande échelle, comment évoluent les sociétés ukrainiennes sous occupation et en territoire libre ? Quelles sont les perspectives pour l’avenir et les tabous de la guerre ?

Programme

1 partie – 18h00 à 19h30 : Projection du film Retour à la maison (2015) d’Inna Denissova

En version originale sous-titrée français

En 2015, Inna Denissova, née à Simferopol, retourne dans sa Crimée natale pour comprendre comment la vie a changé depuis l’annexion russe. Entre euphorie pro-russe et nostalgie, entre attractions foraines et rassemblements anti-Maïdan, le film plonge dans une société profondément divisée, où la mer de drapeaux rouges, blancs et bleus scande : « La Crimée est à nous ».

2 partie – 19h30 : Table ronde – Ukraine 2026 : sociétés en guerre, sociétés en résistance

  • ​Inna Denissova, réalisatrice du film « Retour à la maison »
  • Anna Colin-Lebedev, chercheuse et autrice de « Jamais frères ? Ukraine et Russie : une tragédie postsoviétique »
  • Paul Gogo, journaliste et auteur de « Moscou Parano »
  • Patrick Wack, photographe et auteur du livre « Azov Horizons »

Modération : Olga Prokopieva, directrice de Russie-Libertés

Mardi 17 mars 2026 de 18h00 à 21h00 
Espace Libertés I Reforum Space Paris – 16 rue Oberkampf, Paris 11
Langues : film en russe, sous-titré en français. La 2ème partie de la soirée sera en langue française.

Événement organisé par Russie-Libertés, avec le soutien de lEspace Libertés I Reforum Space Paris.

L’écho des exilés : Aleksei et Nadezhda Ishimov, militants russes en exil, enfin réunis en France grâce à une mobilisation collective !

Chaque jour, de nouveaux visages de la répression frappent à notre porte. Derrière les dossiers administratifs, il y a des vies en danger que nous tentons d’arracher à l’arbitraire.

Aujourd’hui, nous lançons L’écho des exilés : une rubrique pour partager les parcours de celles et ceux que Russie-Libertés accompagne vers la liberté.

Depuis 2021, Nadezhda Ishimova et son mari Aleksei risquent leur liberté pour défendre la démocratie et les droits humains en Russie. Bénévoles au sein de l’équipe d’Alexeï Navalny, ils ont participé à des manifestations, distribué des tracts, et soutenu la Fondation anti-corruption (FBK) malgré les arrestations, les menaces et la répression croissante du régime russe.


En 2022, face à la guerre en Ukraine et à l’intensification des persécutions, ils ont dû fuir la Russie. Leur exil les a menés à travers différents pays et ils ont décidé de tenter leur chance aux États-Unis.

L’enfer des centres de détention américains

En cherchant asile aux États-Unis, Aleksei et Nadezhda ont été placés dans des centres de détention pour migrants, aux côtés de centaines d’autres étrangers fuyant les persécutions politiques, religieuses ou liées à leur orientation sexuelle. Les conditions y étaient inhumaines : menottes, combinaisons de détenus, transferts sous escorte, et même l’interdiction d’utiliser les deux mains pour aller aux toilettes.

Pire encore : après des mois de détention, les autorités américaines les ont séparés, les envoyant dans des camps différents. Malgré tout, ils ont organisé des manifestations au sein même des centres pour réclamer leur libération.

« En Russie, on savait à quoi s’attendre en cas d’arrestation. On imprimait les mémos d’OVD-Info. Mais aux États-Unis, on croyait en la protection des droits humains… Il s’est avéré que sous Trump, le système migratoire est devenu totalement arbitraire.»

La France, leur unique espoir

Après des mois d’errance et de refus, Aleksei a multiplié les demandes d’aide auprès de consulats et d’organisations de défense des droits humains à travers le monde. Seule la France a répondu. Leur dossier est parvenu à Russie-Libertés en octobre 2025, marquant le début d’une course contre la montre pour les sortir des griffes du système migratoire américain.

« Pendant cinq mois, nous avons tout tenté pour leur ouvrir une porte de sortie, explique Olga Prokopieva, directrice exécutive de Russie-Libertés. Quand les visas humanitaires français ont enfin été accordés, l’incertitude persistait : jusqu’à la dernière minute, nous ignorions si l’ICE — les services migratoires américains — les autoriserait à quitter le territoire pour la France. Leur accord final tient presque du miracle. Mais l’épreuve n’était pas terminée… »

La bataille pour la France : un combat de chaque instant

Le jour J, Aleksei et Nadezhda partaient de villes différentes et devaient se retrouver à l’aéroport de Paris après 21 mois de séparation. Aleksei était là, désespéré : Nadezhda n’était pas dans l’avion. Les officiers de l’ICE avaient décidé de la renvoyer… en Russie.

Russie-Libertés est intervenue en urgence. Grâce à nos réseaux, l’aide de la Fondation anti-corruption (FBK) et des militants de l’organisation Russian America for Democracy in Russia (RADR), et à notre détermination, nous avons contacté directement l’officier de l’ICE en charge de son dossier. Après des négociations intenses, il a compris l’urgence de la situation et a autorisé Nadezhda à prendre enfin un vol pour la France.

Trois jours plus tard, elle atterrissait enfin à Paris. Le moment où Aleksei et Nadezhda se sont retrouvés, après des mois d’angoisse et de séparation, a été l’un des plus émouvants de leur vie.

Pourquoi leur combat nous concerne tous

Aleksei et Nadezhda représentent des milliers de Russes persécutés pour leurs opinions, leur engagement ou simplement leur refus de se soumettre à la dictature. Leur histoire montre à quel point la solidarité internationale est cruciale pour sauver des vies.

Russie-Libertés continue de se battre pour protéger les militants exposés au danger du régime russe.

2 700 € récoltés : Merci pour votre solidarité exemplaire !

Nous sommes fiers de vous annoncer que, grâce à votre générosité, nous avons atteint la somme de 2 700 € dans le cadre de notre mobilisation internationale « Apportons de la chaleur ».

Face aux bombardements qui visent les infrastructures civiles, l’électricité est devenue une question de survie. Votre don, c’est bien plus que de l’énergie : c’est la sécurité pour un enfant et la possibilité pour un médecin de continuer à sauver des vies.

  • Les 2 700 € ont été transférés à nos partenaires sur place.
  • Ces fonds servent à l’achat de générateurs destinés à des écoles, des établissements médicaux et des centres d’accueil (enfants et personnes âgées).

Comme illustré sur ces images, les lycées de Charivka et Oleksandr Maselskyi (région de Kharkiv) ont déjà pu être équipés. Vos dons nous permettent de poursuivre ces livraisons dans d’autres zones critiques.

Merci encore pour votre confiance. Votre soutien est le pilier qui nous permet de poursuivre notre combat pour la dignité et la liberté !

Marche pour l’Ukraine, le 21 février 2026 : 4 ans de résistance, une solidarité inébranlable

Le 21 février 2026, à l’approche du quatrième anniversaire de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, des milliers de personnes se sont à nouveau rassemblées à Paris pour affirmer leur soutien indéfectible au peuple ukrainien. Nous, Russes engagés contre la guerre, étions là pour dire NON à cette guerre et NON au régime criminel du Kremlin.

  • Nous dénonçons les bombardements systématiques, la déportation de plus de 20 000 enfants et la détention de milliers de civils ukrainiens.
  • L’Ukraine protège l’Europe, car en résistant, le peuple ukrainien défend les valeurs de liberté que le Kremlin tente de briser.
  • Nous exigeons le retour des enfants déportés, la libération de tous les prisonniers de guerre et le retrait total des troupes d’occupation.

Notre combat continue. Nous restons mobilisés pour une paix durable en Ukraine et une Russie libérée de la dictature poutinienne.

Nous vous invitons à soutenir le peuple ukrainien en faisant un don pour des générateurs électriques portatifs « Energy for life ».

Victoire à l’Ukraine ! Liberté pour la Russie !

Photo par Denis Galitsyn

Jeunesse russe : Entre endoctrinement et résistance

Certains jeunes résistent aux pressions du Kremlin visant à créer une génération de nationalistes pro-Poutine. L’Occident doit les reconnaître et les soutenir.

« Les guerres ne sont pas gagnées par les généraux, mais par les enseignants. » Cette phrase de Poutine en décembre 2023 résume l’offensive actuelle du Kremlin : transformer l’éducation en un véritable outil de propagande militariste.

Le régime est déterminé à remodeler les esprits des jeunes Russes en substituant à l’esprit critique un patriotisme militarisé, le culte de l’État et la glorification du sacrifice. De la maternelle à l’université, les enfants apprennent à assembler des fusils, participent à des concours de lancer de grenades et célèbrent les « héros » de la guerre en Ukraine.

L’exceptionnel documentaire Mr. Nobody Against Putin, récemment primé, offre un aperçu glaçant de l’abîme vers lequel l’État russe pousse sa jeunesse : un monde où le militarisme éclipse l’individualité et où la dissidence est criminalisée.

Les manuels d’histoire, réécrits, présentent une version déformée de la réalité, tandis que la semaine scolaire s’ouvre désormais par la levée du drapeau, l’hymne national et des parades paramilitaires. Ce récit exalte le passé et le présent de la Russie en occultant systématiquement les vérités dérangeantes. 

Les établissements scolaires et les institutions culturelles sont devenus des instruments de contrôle idéologique, où la créativité et la pensée indépendante sont réprimées au profit du conformisme.

Le Iunarmiya (Armée des Jeunes), mouvement militaro-patriotique de jeunesse parrainé par l’État, revendique désormais plus de 1,8 million de membres et affirme que 120 000 de ses anciens membres servent dans les forces armées russes ou d’autres organisations de sécurité.

Depuis février 2022, le Kremlin développe également le Mouvement des Premiers, une organisation de jeunesse conçue pour insuffler aux enfants et adolescents l’esprit patriotique. En substance, elle fait revivre le modèle des Pionniers soviétiques en l’adaptant aux objectifs de la Russie moderne.

Malgré tous ces efforts, de nombreux enseignants et étudiants continuent de résister. Des recherches (non encore publiées) montrent que la « socialisation secondaire » à l’université peut jouer un rôle crucial dans la formation des convictions politiques des jeunes, favorisant souvent l’esprit critique même dans des environnements répressifs.

Les jeunes Russes ne sont pas les récepteurs passifs de la propagande d’État que Poutine aimerait qu’ils soient. Leur résistance prend des formes diverses, allant de la non-conformité à petite échelle aux concerts de rue spontanés et aux actes de défi ouverts contre le régime.

L’exemple de Naoko, musicienne de rue à Saint-Pétersbourg, est à cet égard emblématique. Ses performances, attirant des centaines de jeunes, incluaient des morceaux d’artistes proscrits par le régime. 

Son exil forcé, après plusieurs arrestations, témoigne de la crainte du Kremlin face à une contestation culturelle portée par la jeunesse. 

D’autres, comme Yegor Balazeykin, 17 ans, ont basculé dans des actes plus désespérés : il a été condamné à six ans de prison pour avoir lancé un cocktail Molotov contre un centre d’enrôlement militaire.

Les organisations de défense des droits humains signalent que plus de 350 mineurs ont été condamnés pour “terrorisme” ou “extrémisme”. Ils sont souvent accusés de sabotage et d’attaques contre l’infrastructure militaire russe, ce qui permet à l’État de justifier de longues peines.

Le potentiel des jeunes à remettre en question le statu quo explique précisément pourquoi le Kremlin cherche à contrôler les esprits jeunes dans l’éducation et d’autres contextes où il peut les saturer de propagande.

Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, la coopération académique et culturelle entre les institutions russes et occidentales s’est effondrée, réduisant considérablement la mobilité des étudiants russes. La collaboration académique a été réorientée vers l’Iran, les nations BRICS et la Chine — des régimes qui tendent à renforcer l’autoritarisme plutôt qu’à le remettre en question.

Si l’Institut Français demeure l’un des rares vecteurs d’initiatives culturelles indépendantes, ces exceptions restent trop limitées, isolant une génération entière du dialogue mondial.

Les jeunes Russes ne constituent pas un groupe homogène. Beaucoup recherchent du sens, des connexions et des alternatives au discours du régime. Pour nourrir leur résilience, la communauté internationale a besoin d’une stratégie multidimensionnelle d’engagement culturel, d’initiatives éducatives, de mobilité académique et de soutien juridique.

Pour contrer le monopole idéologique du Kremlin, il est essentiel de soutenir les artistes de base, les musiciens et les créateurs numériques qui favorisent la pensée critique et la solidarité parmi les jeunes. Les initiatives culturelles indépendantes offrent un contre-récit puissant à la propagande d’État.

Les plateformes en ligne peuvent être utilisées pour contourner la censure, garantissant que le contenu interdit atteigne le jeune public. Amplifier les voix alternatives préserve non seulement la liberté artistique, mais crée également un espace pour les perspectives alternatives et l’expression de la dissidence de manière créative et non conflictuelle.

Des cours en ligne accessibles sur la littératie médiatique, la défense des droits humains et l’engagement civique sont également cruciaux pour doter les jeunes Russes des outils nécessaires pour questionner les récits officiels et penser de manière indépendante. Ces programmes éducatifs doivent être adaptés aux réalités auxquelles ils sont confrontés et aborder des sujets tels que la désinformation, la sécurité numérique et les principes de participation démocratique. La plupart des cours en ligne occidentaux sont d’un coût prohibitif pour les étudiants russes. En réponse, un nombre limité de programmes gratuits en langue russe ont émergé, tels que l’Université libre de Moscou, la Nouvelle École de science politique et Smolny Beyond Borders, pour fournir une éducation accessible. Il existe également des programmes d’éducation civique à plus petite échelle, mais comme leurs homologues plus importants, ces programmes font face à des défis de financement importants, rendant le soutien externe essentiel.

Parallèlement, la collaboration avec les universités pour établir des échanges virtuels, des programmes de mentorat et des projets de recherche conjoints pourrait aider à maintenir un lien avec le discours académique mondial, atténuant l’isolement causé par les actions du Kremlin.

Les restrictions sévères à la mobilité académique — notamment les interdictions de visa et le gel des partenariats internationaux — ont coupé les étudiants russes des opportunités éducatives mondiales. Des exceptions en matière de visas et des bourses ciblées pourraient constituer une bouée de sauvetage, contribuer à préserver la liberté académique et garantir que les jeunes Russes puissent rester connectés au monde.

Pour ceux qui osent défier le régime, les risques sont réels et souvent graves. Fournir des outils de communication sécurisés, une assistance juridique et un soutien psychologique est essentiel pour protéger ceux qui font face à la persécution.

La documentation des violations des droits humains et des restrictions à la liberté contribue à exposer la répression du régime et à mobiliser la pression internationale. En mettant en lumière l’injustice, nous soutenons non seulement les individus concernés, mais envoyons également un message clair indiquant que le monde observe — une approche duale qui est essentielle pour maintenir la résistance.

La résilience des jeunes Russes offre de l’espoir. En investissant dans la culture, l’éducation et la mobilité, nous pouvons les aider à résister à l’endoctrinement et à envisager un avenir démocratique plutôt que de céder l’avenir à l’autoritarisme.

L’objectif ne devrait pas être de politiser les jeunes Russes, mais de préserver leur ouverture et leur potentiel pour le moment où les conditions permettront un changement politique. La communauté internationale doit reconnaître la jeunesse russe comme une priorité stratégique, non pas comme une génération perdue, mais comme le socle d’une future Russie démocratique.

Source : Olga Prokopieva pour CEPA https://cepa.org/…/militarization-or-resistance-the…/

L’Ukraine a besoin de lumière ! Collect de fonds pour des générateurs pour l’Ukraine

En raison des bombardements constants, de nombreuses régions de l’Ukraine sont plongées dans le noir et le froid. Pour un enfant, c’est la peur. Pour une personne âgée, c’est un risque vital. Pour un hôpital, c’est l’impossibilité d’opérer ou de soigner.

Nous lançons une collecte pour envoyer des générateurs là où ils sont indispensables : dans les établissements médicaux, les centres d’aide, les lieux accueillant des enfants et des personnes âgées.

Chaque don, même petit, c’est de la chaleur pour un enfant et la possibilité pour les médecins de continuer à sauver des vies. Si vous ne pouvez pas aider financièrement, merci de partager ce message. Ensemble, nous n’apportons pas seulement de l’électricité — nous apportons de l’espoir. 

Marche pour l’Ukraine – 21 février 2026

📍21 février 2026 | 🕐14h00
📌 Place de la République – Place de la Bastille

Le 24 février, l’Ukraine entrera dans la cinquième année de la guerre d’agression déclenchée par la Russie. Des années de bombardements systématiques contre les civils, de déportations d’enfants, de tortures commises par l’armée russe. Plus de 20 000 enfants kidnappés et illégalement envoyés en Russie, la russification de centaines de milliers d’autres. Au moins 16 000 civils ukrainiens détenus, torturés ou portés disparus.

En résistant, l’Ukraine protège l’Europe toute entière.


❌ Pas de paix sans le retour des enfants déportés et la libération de tous les prisonniers ! 
❌ Pas de paix sans l’Ukraine, pas de paix contre l’Ukraine !

Russie-Libertés, co-organisateur de la Marche, appelle tous nos sympathisants à se joindre.

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