Ukraine 2026 entre occupation et résistance : 12 ans après l’annexion de la Crimée

Mardi 17 mars 2026 de 18h00 à 21h00 
Espace Libertés I Reforum Space Paris – 16 rue Oberkampf, Paris 11

Le 18 mars 2014, à la suite d’un pseudo-référendum illégal, la Russie annonçait l’annexion de la Crimée. Début avril, l’intervention armée russe s’étendait à l’est de l’Ukraine, marquant le début de la guerre du Donbass. Huit ans plus tard, en février 2022, la Russie lançait une invasion à grande échelle.

À la 5ᵉ année de la guerre à grande échelle, comment évoluent les sociétés ukrainiennes sous occupation et en territoire libre ? Quelles sont les perspectives pour l’avenir et les tabous de la guerre ?

Programme

1 partie – 18h00 à 19h30 : Projection du film Retour à la maison (2015) d’Inna Denissova

En version originale sous-titrée français

En 2015, Inna Denissova, née à Simferopol, retourne dans sa Crimée natale pour comprendre comment la vie a changé depuis l’annexion russe. Entre euphorie pro-russe et nostalgie, entre attractions foraines et rassemblements anti-Maïdan, le film plonge dans une société profondément divisée, où la mer de drapeaux rouges, blancs et bleus scande : « La Crimée est à nous ».

2 partie – 19h30 : Table ronde – Ukraine 2026 : sociétés en guerre, sociétés en résistance

  • ​Inna Denissova, réalisatrice du film « Retour à la maison »
  • Anna Colin-Lebedev, chercheuse et autrice de « Jamais frères ? Ukraine et Russie : une tragédie postsoviétique »
  • Paul Gogo, journaliste et auteur de « Moscou Parano »
  • Patrick Wack, photographe et auteur du livre « Azov Horizons »

Modération : Olga Prokopieva, directrice de Russie-Libertés

Mardi 17 mars 2026 de 18h00 à 21h00 
Espace Libertés I Reforum Space Paris – 16 rue Oberkampf, Paris 11
Langues : film en russe, sous-titré en français. La 2ème partie de la soirée sera en langue française.

Événement organisé par Russie-Libertés, avec le soutien de lEspace Libertés I Reforum Space Paris.

L’écho des exilés : Aleksei et Nadezhda Ishimov, militants russes en exil, enfin réunis en France grâce à une mobilisation collective !

Chaque jour, de nouveaux visages de la répression frappent à notre porte. Derrière les dossiers administratifs, il y a des vies en danger que nous tentons d’arracher à l’arbitraire.

Aujourd’hui, nous lançons L’écho des exilés : une rubrique pour partager les parcours de celles et ceux que Russie-Libertés accompagne vers la liberté.

Depuis 2021, Nadezhda Ishimova et son mari Aleksei risquent leur liberté pour défendre la démocratie et les droits humains en Russie. Bénévoles au sein de l’équipe d’Alexeï Navalny, ils ont participé à des manifestations, distribué des tracts, et soutenu la Fondation anti-corruption (FBK) malgré les arrestations, les menaces et la répression croissante du régime russe.


En 2022, face à la guerre en Ukraine et à l’intensification des persécutions, ils ont dû fuir la Russie. Leur exil les a menés à travers différents pays et ils ont décidé de tenter leur chance aux États-Unis.

L’enfer des centres de détention américains

En cherchant asile aux États-Unis, Aleksei et Nadezhda ont été placés dans des centres de détention pour migrants, aux côtés de centaines d’autres étrangers fuyant les persécutions politiques, religieuses ou liées à leur orientation sexuelle. Les conditions y étaient inhumaines : menottes, combinaisons de détenus, transferts sous escorte, et même l’interdiction d’utiliser les deux mains pour aller aux toilettes.

Pire encore : après des mois de détention, les autorités américaines les ont séparés, les envoyant dans des camps différents. Malgré tout, ils ont organisé des manifestations au sein même des centres pour réclamer leur libération.

« En Russie, on savait à quoi s’attendre en cas d’arrestation. On imprimait les mémos d’OVD-Info. Mais aux États-Unis, on croyait en la protection des droits humains… Il s’est avéré que sous Trump, le système migratoire est devenu totalement arbitraire.»

La France, leur unique espoir

Après des mois d’errance et de refus, Aleksei a multiplié les demandes d’aide auprès de consulats et d’organisations de défense des droits humains à travers le monde. Seule la France a répondu. Leur dossier est parvenu à Russie-Libertés en octobre 2025, marquant le début d’une course contre la montre pour les sortir des griffes du système migratoire américain.

« Pendant cinq mois, nous avons tout tenté pour leur ouvrir une porte de sortie, explique Olga Prokopieva, directrice exécutive de Russie-Libertés. Quand les visas humanitaires français ont enfin été accordés, l’incertitude persistait : jusqu’à la dernière minute, nous ignorions si l’ICE — les services migratoires américains — les autoriserait à quitter le territoire pour la France. Leur accord final tient presque du miracle. Mais l’épreuve n’était pas terminée… »

La bataille pour la France : un combat de chaque instant

Le jour J, Aleksei et Nadezhda partaient de villes différentes et devaient se retrouver à l’aéroport de Paris après 21 mois de séparation. Aleksei était là, désespéré : Nadezhda n’était pas dans l’avion. Les officiers de l’ICE avaient décidé de la renvoyer… en Russie.

Russie-Libertés est intervenue en urgence. Grâce à nos réseaux, l’aide de la Fondation anti-corruption (FBK) et des militants de l’organisation Russian America for Democracy in Russia (RADR), et à notre détermination, nous avons contacté directement l’officier de l’ICE en charge de son dossier. Après des négociations intenses, il a compris l’urgence de la situation et a autorisé Nadezhda à prendre enfin un vol pour la France.

Trois jours plus tard, elle atterrissait enfin à Paris. Le moment où Aleksei et Nadezhda se sont retrouvés, après des mois d’angoisse et de séparation, a été l’un des plus émouvants de leur vie.

Pourquoi leur combat nous concerne tous

Aleksei et Nadezhda représentent des milliers de Russes persécutés pour leurs opinions, leur engagement ou simplement leur refus de se soumettre à la dictature. Leur histoire montre à quel point la solidarité internationale est cruciale pour sauver des vies.

Russie-Libertés continue de se battre pour protéger les militants exposés au danger du régime russe.

2 700 € récoltés : Merci pour votre solidarité exemplaire !

Nous sommes fiers de vous annoncer que, grâce à votre générosité, nous avons atteint la somme de 2 700 € dans le cadre de notre mobilisation internationale « Apportons de la chaleur ».

Face aux bombardements qui visent les infrastructures civiles, l’électricité est devenue une question de survie. Votre don, c’est bien plus que de l’énergie : c’est la sécurité pour un enfant et la possibilité pour un médecin de continuer à sauver des vies.

  • Les 2 700 € ont été transférés à nos partenaires sur place.
  • Ces fonds servent à l’achat de générateurs destinés à des écoles, des établissements médicaux et des centres d’accueil (enfants et personnes âgées).

Comme illustré sur ces images, les lycées de Charivka et Oleksandr Maselskyi (région de Kharkiv) ont déjà pu être équipés. Vos dons nous permettent de poursuivre ces livraisons dans d’autres zones critiques.

Merci encore pour votre confiance. Votre soutien est le pilier qui nous permet de poursuivre notre combat pour la dignité et la liberté !

Marche pour l’Ukraine, le 21 février 2026 : 4 ans de résistance, une solidarité inébranlable

Le 21 février 2026, à l’approche du quatrième anniversaire de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, des milliers de personnes se sont à nouveau rassemblées à Paris pour affirmer leur soutien indéfectible au peuple ukrainien. Nous, Russes engagés contre la guerre, étions là pour dire NON à cette guerre et NON au régime criminel du Kremlin.

  • Nous dénonçons les bombardements systématiques, la déportation de plus de 20 000 enfants et la détention de milliers de civils ukrainiens.
  • L’Ukraine protège l’Europe, car en résistant, le peuple ukrainien défend les valeurs de liberté que le Kremlin tente de briser.
  • Nous exigeons le retour des enfants déportés, la libération de tous les prisonniers de guerre et le retrait total des troupes d’occupation.

Notre combat continue. Nous restons mobilisés pour une paix durable en Ukraine et une Russie libérée de la dictature poutinienne.

Nous vous invitons à soutenir le peuple ukrainien en faisant un don pour des générateurs électriques portatifs « Energy for life ».

Victoire à l’Ukraine ! Liberté pour la Russie !

Photo par Denis Galitsyn

Jeunesse russe : Entre endoctrinement et résistance

« Les guerres ne sont pas gagnées par les généraux, mais par les enseignants. » Cette phrase de Poutine en décembre 2023 résume l’offensive actuelle du Kremlin : transformer l’éducation en un véritable outil de propagande militariste.

Pourtant, derrière le discours officiel, la réalité est plus complexe. La jeunesse russe n’est pas un monolithe.

Ce qu’il faut retenir de la situation actuelle :

  • Une éducation sous uniforme. Le système scolaire est détourné pour étouffer toute pensée critique. Entre la réécriture des manuels d’histoire pour glorifier l’invasion de l’Ukraine et l’introduction de cours de maniement d’armes, l’État cherche à normaliser la violence et le sacrifice patriotique dès le plus jeune âge.
  • Le prix de la dissidence. Malgré une répression féroce, des voix s’élèvent. Des jeunes refusent les « leçons de patriotisme ». Ce courage a un prix : exil forcé pour des artistes comme la musicienne Naoko, ou des peines de prison allant jusqu’à 6 ans pour des adolescents comme Iegor Balazeïkine. Aujourd’hui, plus de 350 mineurs sont condamnés pour « terrorisme » ou « extrémisme ».
  • L’isolement académique. L’isolement des étudiants s’intensifie sous une double pression : alors que des pays comme la Pologne ou les États baltes refusent les visas, le Kremlin qualifie d’« indésirables » des piliers mondiaux comme IELTS ou Fulbright. Privée de ces passerelles, la recherche russe se tourne désormais vers des régimes autoritaires (Iran, Chine, BRICS), créant une génération coupée du dialogue global et vulnérable à la propagande d’État.

Notre rôle : de soutenir leur résilience par la culture, de maintenir des opportunités de mobilité académique et de protéger les réseaux de pensée libre. Investir dans ces liens, c’est préserver les fondations d’une future Russie démocratique et européenne.

Pour approfondir cette réflexion, découvrez notre note analytique complète publiée par le prestigieux Think Tank CEPA : https://cepa.org/…/militarization-or-resistance-the…/

C’est en soutenant les voix dissidentes aujourd’hui que nous préparons le terrain pour une Russie démocratique future.

L’Ukraine a besoin de lumière ! Collect de fonds pour des générateurs pour l’Ukraine

En raison des bombardements constants, de nombreuses régions de l’Ukraine sont plongées dans le noir et le froid. Pour un enfant, c’est la peur. Pour une personne âgée, c’est un risque vital. Pour un hôpital, c’est l’impossibilité d’opérer ou de soigner.

Nous lançons une collecte pour envoyer des générateurs là où ils sont indispensables : dans les établissements médicaux, les centres d’aide, les lieux accueillant des enfants et des personnes âgées.

Chaque don, même petit, c’est de la chaleur pour un enfant et la possibilité pour les médecins de continuer à sauver des vies. Si vous ne pouvez pas aider financièrement, merci de partager ce message. Ensemble, nous n’apportons pas seulement de l’électricité — nous apportons de l’espoir. 

Marche pour l’Ukraine – 21 février 2026

📍21 février 2026 | 🕐14h00
📌 Place de la République – Place de la Bastille

Le 24 février, l’Ukraine entrera dans la cinquième année de la guerre d’agression déclenchée par la Russie. Des années de bombardements systématiques contre les civils, de déportations d’enfants, de tortures commises par l’armée russe. Plus de 20 000 enfants kidnappés et illégalement envoyés en Russie, la russification de centaines de milliers d’autres. Au moins 16 000 civils ukrainiens détenus, torturés ou portés disparus.

En résistant, l’Ukraine protège l’Europe toute entière.


❌ Pas de paix sans le retour des enfants déportés et la libération de tous les prisonniers ! 
❌ Pas de paix sans l’Ukraine, pas de paix contre l’Ukraine !

Russie-Libertés, co-organisateur de la Marche, appelle tous nos sympathisants à se joindre.

Rapport d’activité 2025

Le présent rapport rend compte des principales activités, réalisations et impacts de l’association Russie-Libertés au cours de l’année 2025.

Fondée en 2012, Russie-Libertés est une association loi 1901 basée à Paris, engagée dans le soutien à la société civile russe et à celles et ceux qui défendent les droits humains, la liberté d’expression et les valeurs démocratiques, en Russie comme en exil.

Depuis sa création, l’association agit comme un acteur de médiation et de facilitation internationale, en établissant des passerelles durables entre la société civile russe, les institutions européennes, les organisations internationales, les décideurs publics et les acteurs de la société civile en Europe. Russie-Libertés œuvre à renforcer la compréhension mutuelle, à structurer le dialogue et à favoriser l’intégration des voix de la société civile russe dans les débats européens sur les droits humains, la paix, la sécurité et la démocratie.

L’action de Russie-Libertés repose sur une approche globale et complémentaire, combinant:

  • le soutien direct aux activistes, journalistes, artistes, défenseurs des droits humains et personnes persécutées ;
  • le renforcement des capacités professionnelles et organisationnelles des initiatives de la société civile en exil ;
  • la coordination et la structuration de réseaux transnationaux d’acteurs engagés contre la guerre, la répression et l’autoritarisme ;
  • un travail continu de plaidoyer auprès des institutions européennes et nationales afin de promouvoir la protection des populations vulnérables, la défense des libertés fondamentales et la reconnaissance du rôle de la société civile russe indépendante.

À travers ses projets, ses campagnes et ses espaces de dialogue, Russie-Libertés contribue à faire émerger une plateforme de coopération européenne autour des enjeux liés à la Russie contemporaine, en particulier dans le contexte de la guerre contre l’Ukraine, de l’intensification de la répression politique et de la fragmentation des acteurs civiques.

En 2025, l’association a poursuivi et renforcé son rôle de référence européenne pour la société civile russe en exil, en articulant action communautaire, plaidoyer international, mobilisation culturelle et production de connaissances, tout en affirmant sa mission de long terme : soutenir une société civile libre, résiliente et capable de contribuer à un avenir démocratique.

Les activités de l’association ont permis de contribuer à la place majeure de la France dans le processus de paix, au renforcement de sanctions efficaces, au soutien de la France à la société civile russe (la France étant le seul pays aujourd’hui à poursuivre la délivrance de divers visas à un grand panel de demandeurs russes, ainsi qu’à octroyer l’asile).

Projets phares de 2025

1. Forum Russie-Libertés 2025

  • Objectif : dialogue entre société civile russe et acteurs européens
  • Activités : panels, ateliers, concerts, keynotes (Monetochka, Yulia Navalnaya)
  • Chiffres : 300+ participants, 25+ intervenants, collecte de 1 400 € pour Energy for Life
  • Impact : visibilité médiatique, renforcement réseaux, échanges avec les institutions françaises et européennes

​​Le Forum Russie-Libertés 2025, événement phare de l’association, s’est tenu le 11 octobre 2025 à Paris. Il a réuni des responsables politiques français et européens, des représentants de la société civile russe, ainsi que des figures de l’opposition démocratique, afin de réfléchir collectivement à la guerre en Ukraine, à l’intensification de la répression en Russie et aux perspectives démocratiques.

L’édition 2025 a rassemblé plus de 300 participants et plus de 25 intervenants lors de tables rondes et d’ateliers. Parmi eux figuraient notamment Elena Kostyuchenko, Oleksandra Romantsova (Center for Civil Liberties), Sergey Parkhomenko, Ksenia Fadeeva, ainsi que de nombreux experts, journalistes et militants. Les échanges ont porté sur les effets sociaux de la militarisation de la société russe, les enjeux de justice pour l’Ukraine, les défis auxquels fait face la société civile russe et l’impact de la répression sur la population.

Une attention particulière a été accordée aux campagnes de désinformation russes en Europe, à la propagande intérieure, ainsi qu’à la présentation de nouveaux projets médiatiques russes en exil, désormais accessibles en langue française, portés notamment par Novaya Gazeta Europe et The Bell Pro.

L’un des moments forts du Forum a été la participation de l’artiste pop russe Monetochka, dont l’intervention, mêlant échange public et performance musicale, a incarné une forme de résistance culturelle contemporaine. La journée s’est conclue par une allocution de Yulia Navalnaya, adressée à la communauté russe anti-guerre, marquant une nouvelle étape dans le dialogue et la coopération entre activistes russes et partenaires internationaux.

Au-delà des échanges publics, le Forum a également été un espace d’action concrète. Il a permis de collecter 1 400 € au profit de la campagne Energy for Life, destinée à soutenir les populations ukrainiennes touchées par les coupures d’électricité liées à la guerre. Par ailleurs, 25 activistes venus de différents pays européens et de Russie ont participé à des sessions de travail à huis clos, organisées en collaboration avec des collectifs iraniens, afghans et ouïghours basés à Paris. Ces rencontres ont été complétées par une réunion au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, favorisant un dialogue direct entre acteurs de la société civile et institutions européennes.

Le Forum a bénéficié du soutien de nombreux partenaires institutionnels et associatifs, parmi lesquels la Ville de Paris, la Mairie du 11ᵉ arrondissement, l’Institut français, Amnesty International France, le gouvernement du Canada, Reporters sans frontières, l’association Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !, la Plateforme des initiatives civiques et anti-guerre, ainsi qu’Espace Libertés | Reforum Space Paris.

Parmi les intervenants figuraient également François Vauglin, maire du 11ᵉ arrondissement de Paris, Brice Roquefeuil, directeur pour l’Europe continentale au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et Geneviève Garrigos, conseillère de Paris. Leurs prises de parole, combinées à une programmation médiatique de haut niveau, ont créé un espace de dialogue particulièrement riche et mobilisateur.

Le Forum a donné lieu à de nombreuses interviews, contribuant à renforcer la visibilité de la société civile russe auprès du grand public.

Fort de cette dynamique, Russie-Libertés prépare d’ores et déjà l’édition 2026, avec l’ambition d’élargir encore la participation et d’approfondir les coopérations transnationales. De nouveaux axes de travail — notamment autour des droits numériques, de la liberté des médias et du soutien aux prisonniers politiques — viendront renforcer un réseau démocratique transnational fondé sur la solidarité, la résilience et la défense des droits humains.

Photos par Nikita Mouraviev et Ilya Zavialov


2. Campagne Free Them All

  • Objectif : soutien aux prisonnier·es politiques russes
  • Activités : une campagne omnicanal pour renforcer le plaidoyer et le soutien directe : collecte de fonds (2 273 €), campagnes médiatiques, plaidoyer auprès des décideurs européens, reels sur les réseaux sociaux et publications
  • Partenaires : MEPs, Ville de Paris, Amnesty, médias
  • Résultats : soutien direct aux familles et bénéficiaires, visibilité européenne accrue

La campagne Free Them All constitue une action globale de soutien aux prisonniers politiques en Russie et de mobilisation internationale autour de leur situation. Lancée en 2024 et présentée pour la première fois lors de la Conférence du Comité russe contre la guerre en novembre 2024, la campagne a rapidement trouvé un écho auprès des acteurs de la société civile européenne, soulignant à la fois l’urgence de la question et la nécessité d’une action coordonnée.

La campagne repose sur trois piliers complémentaires. Le premier est un dispositif de soutien matériel et juridique, visant à apporter une aide concrète aux prisonniers politiques et à leurs familles : assistance juridique, correspondance, soutien logistique et ressources essentielles pour les personnes détenues en raison de leur opposition au Kremlin ou à la guerre menée contre l’Ukraine. À ce jour, des fonds ont été alloués à cinq bénéficiaires originaires de la République des Komis, à un mineur, ainsi qu’aux jursites du projet Avtozak live, pour un montant total de 2 273 €. La difficulté a consisté à reverser ses fonds pour couvrir directement les frais des familles sans les mettre en danger. 

Le deuxième pilier est une campagne médiatique stratégique, fondée sur la diffusion de témoignages, de récits individuels et de mises à jour régulières, afin de sensibiliser les publics internationaux et de mobiliser l’opinion publique autour du sort des prisonnier·es politiques.

Enfin, le troisième pilier repose sur un travail de plaidoyer direct auprès des décideurs politiques français et européens, des élus et de personnalités publiques. L’objectif est de défendre la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers politiques et d’inscrire durablement cette question dans les agendas européens des droits humains.

La campagne a bénéficié d’un soutien politique et institutionnel fort, notamment de la part de plusieurs députés au Parlement européen — parmi lesquels Raphaël Glucksmann, Nathalie Loiseau, Chloé Ridel et Andrey Kovatchev — ainsi que de personnalités publiques et politiques telles que Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, le groupe Les Indépendants – Sénat, des membres du Parti socialiste français, et du Conseil de Paris. Ce large soutien a considérablement renforcé la visibilité et l’impact de la campagne à l’échelle européenne.

En combinant aide matérielle, visibilité publique et action politique, Free Them All soutient concrètement les personnes détenues tout en s’inscrivant dans un mouvement global pour la démocratie et la responsabilité en Russie.

Voir toutes les photos de soutien à la campagne

3. People First / Sauver les enfants du poutinisme

  • Objectif : inclusion des prisonniers politiques russes, civils et enfants ukrainiens dans les négociations de paix
  • Activités : plaidoyer transnational, conférences
  • Résultats : renforcement du réseau européen de défense des droits humains, plateforme unifiée pour le plaidoyer

Dans le cadre de l’initiative, Russie-Libertés a mené en 2025 une action transversale en faveur de la protection des populations les plus vulnérables affectées par la guerre, en particulier les enfants, les prisonniers civils et les prisonniers politiques.

Un axe central de ce travail a été la campagne People First, qui plaide pour l’inclusion, dans toute perspective de négociation de paix, des prisonniers politiques russes, des civils ukrainiens détenus en Russie, des prisonniers de guerre, ainsi que des enfants ukrainiens déportés de force. Cette campagne est portée conjointement par des défenseurs des droits humains ukrainiens et russes et se déploie à l’échelle intertnationale, en étroite collaboration avec des organisations de la société civile dans plusieurs pays. 

Grâce à des actions de plaidoyer coordonnées, des lettres ouvertes et des initiatives communes, cette dynamique a permis de renforcer une plateforme collective en faveur de la justice, de la responsabilité et de la protection humanitaire dans les débats internationaux.

Dans ce cadre, la directrice de Russie-Libertés, Olga Prokopieva, est intervenue à La Fabrique de la Diplomatie à Paris, un événement de référence consacré aux enjeux diplomatiques contemporains. La table ronde « Médiation et paix : le rôle des acteurs non étatiques dans la libération des enfants ukrainiens » a réuni des représentant·es de la société civile française, ukrainienne et russe, ainsi que des experts internationaux, afin de réfléchir aux stratégies de protection et de libération des enfants déportés. Cette participation a souligné la dimension transnationale de la campagne et renforcé le rôle des acteurs de la société civile dans le plaidoyer humanitaire à l’échelle européenne.

Et Sasha Romantsova, directrice exécutive du Centre pour les Libertés Civiles, est intervenue au nom de la campagne lors du Forum de l’association. Une réunion a également été organisée avec Sasha et des députées français à l’Assemblée Nationale.

4. Coalition LGBTQ+ / Festival Queer russe

  • Objectif : soutenir la communauté LGBTQ+ russe en exil et promouvoir la solidarité internationale
  • Activités : festival (200+ participants), panels thématiques, ateliers, projections de films, soutien psychologique et juridique
  • Résultats : mise en réseau des acteurs européens et russes, visibilité médiatique, campagnes de solidarité

En 2025, Russie-Libertés a engagé un processus structurant visant à la création d’une coalition européenne LGBTQ+, destinée à coordonner les efforts d’organisations russes et européennes soutenant les personnes queer confrontées à des régimes autoritaires ou vivant en exil.

Une étape clé de cette dynamique a été le Festival queer russe, organisé à Paris du 25 au 27 juin 2025. L’événement a rassemblé plus de 200 participants — artistes, militants, personnes exilées et alliés — autour de trois jours de spectacles, expositions, projections, ateliers et tables rondes. Le festival a été organisé par Russie-Libertés, Espace Libertés | Reforum Space Paris et Centre T, avec le soutien de la Ville de Paris, de la Mairie du 11ᵉ arrondissement et d’Inter-LGBT. Le festival a constitué un espace de convergence inédit pour les acteurs de la société civile, favorisant la coordination des initiatives, le partage d’expériences et le renforcement des réseaux. Plus de 120 œuvres artistiques — arts visuels, photographie, vidéo, musique et performance — ont été présentées par plus de 70 artistes et activistes, illustrant le rôle central de la création artistique comme forme de résistance. Quatre tables rondes thématiques ont abordé des enjeux majeurs : les réalités de la vie queer en Russie, les formes de résistance en contexte autoritaire, l’expérience de l’exil et les solidarités internationales, avec des perspectives venues notamment d’Iran, de Turquie et de la communauté ouïghoure.

Le festival a également mis en lumière des initiatives concrètes de soutien aux personnes LGBTQ+ en exil. Quatre initatives— CaVa, Centre T, EQUAL PostOst et Espace Libertés — ont présenté leurs programmes d’aide juridique, de soutien psychosocial, d’hébergement d’urgence, d’accompagnement à l’intégration et de soutien à la création artistique. 

Dans ce cadre, Russie-Libertés poursuit également un accompagnement psychologique régulier des personnes LGBTQ+, tandis que les évacuations d’urgence sont coordonnées avec des organisations partenaires de défense des droits humains, en lien avec le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères.

L’action phare de fin d’année de la coalition a été une campagne de solidarité conjointe avec Amnesty International France, organisée le 30 novembre 2025, à l’occasion des deux ans de la désignation officielle des organisations LGBTQ+ en Russie comme « extrémistes ». Cette mobilisation, combinant rassemblement public et campagne médiatique, a permis de renforcer le soutien international à la communauté LGBTQ+ russe et de rappeler la persistance de la répression.

5. Espace Libertés

  • Objectif : Soutenir et structurer la société civile russophone en exil en France.
  • Activités : Accueil de 450+ résidents; 785+ consultations juridiques; 404+ consultations psychologiques et 20+ sessions de groupe; 150+ événements publics et communautaires.
  • Résultats : Hub central de la société civile russe en exil, renforcement des capacités individuelles et collectives, pérennisation du centre jusqu’en 2026.

En 2025, Espace Libertés a poursuivi son développement en tant que principal espace de référence pour la communauté russophone anti-guerre et en exil en France. Le Centre a rassemblé plus de 500 résidents réguliers — militants, journalistes, artistes, chercheurs et défenseurs des droits humains — et s’est imposé comme un lieu clé de soutien civique, juridique, psychosocial, culturel et communautaire.

Le Centre a accueilli de nombreuses rencontres avec des figures majeures de la société civile russe, parmi lesquelles Vladimir Kara-Murza, Lev Ponomarev, Lana Pylaeva, Ilya Yashin, Vadim Prokhorov et Sergey Parkhomenko. Ces échanges ont porté sur les droits humains, la résistance politique, le rôle des médias indépendants et les stratégies de survie civique sous régime autoritaire.

Des ateliers sur des questions administratives et juridiques clés pour des émigrés ont également enrichi le programme.

Enfin, l’Espace Libertés fonctionne comme un véritable espace communautaire vivant, accueillant 2 à 5 événements par semaine, initiés par les résident·es, leaders communautaires et organisations partenaires, favorisant l’entraide, la coopération et la résilience collective.

6. Platforma – Support to Anti-War Initiatives

  • Objectif : renforcer et unifier le mouvement anti-guerre russe
  • Activités :
    • Congrès annuel à Bruxelles (8–9 avril)
    • Groupes de travail thématiques et policy papers : déserteurs, désinformation, rhétorique anti-genre, normalisation de l’autoritarisme, etc
    • Création d’une stratégie pour le mouvement civique démocratique russe
    • Plaidoyer international (États-Unis et Europe)
    • Renforcement du dialogue au sein de la société civile : série de rencontres en-ligne intitulées “Discussions importantes”
  • Résultats : réseau européen renforcé, dialogue international, renforcement capacités organisationnelles des initiatives

En 2025, Russie-Libertés a joué un rôle actif au sein de la Plateforme des initiatives civiques et anti-guerre une alliance internationale réunissant plus de 100 organisations de la société civile russe et russophone engagées contre la guerre. Dans ce cadre, l’association a contribué à l’initiative “Soutien aux initiatives anti-guerre”, visant à renforcer les capacités collectives du mouvement anti-guerre russe, à promouvoir les droits humains et à répondre aux conséquences humaines, sociales et politiques de la guerre menée contre l’Ukraine.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de forte fragmentation du mouvement anti-guerre russe, marqué par la répression, l’exil forcé et la dispersion géographique. L’action de Platforma vise à recréer des espaces de coordination, de réflexion stratégique et de solidarité internationale, indispensables à la survie et à la visibilité de ces initiatives.

7. Congrès des initiatives civiques et anti-guerre – Bruxelles

Les 8 et 9 avril 2025, Russie-Libertés a coorganisé à Bruxelles le Congrès des initiatives civiques, anti-guerre et humanitaires russes, aux côtés d’autres organisations membres de Platforma, avec le soutien de l’Union européenne et du ministère allemand des Affaires étrangères.

Cet événement majeur a réuni plus de 300 participants venus de Russie, de l’Union européenne, d’Ukraine, du Caucase du Sud, d’Asie centrale et des États-Unis : militants, défenseurs des droits humains, représentants d’initiatives citoyennes, personnalités publiques et politiques russes et européennes, ainsi que des représentants d’institutions européennes.

Le congrès a permis d’évaluer les avancées des initiatives anti-guerre et humanitaires, d’élaborer des stratégies communes, de renforcer les capacités de plaidoyer et d’accroître la visibilité internationale du mouvement anti-guerre russe. Des tables rondes, groupes de travail et expositions ont favorisé le partage de bonnes pratiques, le développement de projets conjoints et la mise en lumière d’initiatives de terrain.

Dans ce cadre, Russie-Libertés a également accueilli 15 jeunes militants venus de France et d’autres pays européens, bénéficiant d’un programme spécifique de cinq jours consacré à la découverte des institutions européennes, aux rencontres avec des acteurs clés de la société civile et au renforcement des liens transnationaux autour des valeurs de paix, de solidarité et de démocratie.

8. Mobilisation citoyenne et engagement communautaire

Tout au long de l’année 2025, Russie-Libertés a organisé et soutenu de nombreuses actions d’engagement civique visant à mobiliser les citoyens, sensibiliser aux enjeux politiques et sociaux liés à la guerre, et soutenir les défenseurs des droits humains.

En février 2025, en partenariat avec le Comité anti-guerre de Russie, l’association a organisé à l’Hôtel de Ville de Paris la conférence « Libération des prisonniers ukrainiens en Russie : coopération, plaidoyer et soutien ». Cet événement a mis en lumière la situation des civils ukrainiens détenus en Russie et des enfants déportés de force, ainsi que la coopération entre défenseurs des droits humains ukrainiens et russes pour leur venir en aide. Parmi les intervenants figuraient Evguenia Tchirikova (Activatica), Anastasia Shevchenko (Through the Wall), Mikhail Savva (Center for Civil Liberties) et Stas Doutov (ancien prisonnier de guerre ukrainien), qui ont partagé leurs analyses des conditions de détention et des stratégies de plaidoyer. La conférence a également mis en exergue la campagne People First et a contribué à renforcer les coopérations européennes entre organisations de la société civile, avec le soutien de la Ville de Paris. Des rencontres ont pu être organisées entre les intervenants et des représentants des institutions françaises.

Le 23 février 2025, Russie-Libertés a été partenaire officiel de la manifestation Marche pour l’Ukraine à Paris, organisée à l’occasion du troisième anniversaire de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. Plus de 10 000 personnes se sont rassemblées place de la République avant de défiler jusqu’à la place de la Bastille pour exprimer leur solidarité avec l’Ukraine et appeler à un renforcement du soutien international. 

Au cours de l’année, l’association a également organisé à Paris, place du Louvre, l’exposition internationale « Faces of Russian Resistance ». Cette exposition a donné à voir les parcours de celles et ceux qui s’opposent au régime de Vladimir Poutine et à la guerre, en rappelant notamment la situation de plus de 1 500 prisonniers politiques en Russie. L’inauguration s’est tenue en présence de Vladimir Kara-Murza, de députés français, de l’ambassadrice du Canada en Russie et de défenseurs des droits humains. L’exposition a été suivie d’une installation dédiée à Alexeï Navalny et accompagnée d’une collecte de dons dans le cadre de la campagne Free Them All, destinée à soutenir les prisonniers politiques et leurs familles.

9. Plaidoyer et action politique

Parallèlement, Russie-Libertés a mené un travail soutenu de plaidoyer à l’échelle internationale. Parmi les principales actions de plaidoyer menées en 2025 figurent : des rencontres entre des figures de la société civile russe et des responsables politiques, des institutions publiques et des réseaux de défense des droits humains français et européens: Vladimir Kara-Murza, Vladimir Milov, Zhanna Nemtsova, Ilya Yashin, des membres du Comité anti-guerre de Russie. Ces rencontres ont contribué à une meilleure compréhension de la situation en Russie et ont mené à des décisions pour une meilleure résilience de la société civile russe, pour l’amélioration de l’efficacité des sanctions, et pour le soutien à la jeunesse de Russie.

Le 3 juin 2025, la directrice exécutive de Russie-Libertés est intervenue à une Table ronde au Parlement européen : « No Return to Repression: Protecting Russian Anti-War and LGBTQI Activists in Europe », organisée par les eurodéputés Sergey Lagodinsky et Andrey Kovatchev, en présence de l’ancien prisonnier politique Ilya Yashin. Olga Prokopieva a exposé les difficultés rencontrées par les militant·es anti-guerre et LGBTQI russes dans leur recherche de protection au sein de l’Union européenne, appelant à une volonté politique renforcée pour garantir leur sécurité et leur intégration. Parallèlement, des rencontres individuelles ont été organisées avec plusieurs eurodéputés et responsables politiques : Nathalie Loiseau, Raphaël Glucksmann, Chloé Ridel, Sergey Lagodinsky, Sebastian Tynkkynen, Andrey Kovatchev et Bernard Guetta.

Russie-Libertés demeure un acteur clé et un interlocuteur privilégié entre la société civile russe et les responsables politiques français et européens, facilitant le dialogue, le plaidoyer et la coordination des actions. 

10. Soutien juridique et administratif / assistance humanitaire

Assuré par une équipe experte : une avocate, une juriste et deux bénévoles. 

Objectif : sécuriser visas, asile et intégration des exilé·es

  • Activités : consultations juridiques, renouvellements APS, accompagnement des déserteurs
  • Résultats : 290 dossiers traités (visas humanitaires, visas talents et autres types de visas, APS, asile et autres consultations juridiques et administratives).

Russie-Libertés joue un rôle central dans l’accueil et l’intégration de ressortissants russes menacés en raison de la répression politique consécutive à l’invasion de l’Ukraine. En étroite collaboration avec les autorités françaises et un réseau d’associations partenaires, l’association assure un accompagnement juridique et administratif personnalisé, de la mise en sécurité d’urgence jusqu’au suivi à long terme. Des situations particulièrement complexes sont débloquées grâce à l’intervention de Russie-Libertés.

Parmi les situations accompagnées figurent notamment :

  • des artistes, écrivains, chercheurs poursuivis pour leurs activités publiques, culturelles ou académiques ;
  • des familles de réfugiés politiques confrontées à des procédures de regroupement familial longues et complexes ;
  • des militants anti-guerre et défenseurs des droits humains en situation de rétention ou menacés d’expulsion vers la Russie (États-Unis, Caucase, Asie centrale) ;
  • des déserteurs de l’armée russe poursuivis pénalement pour leur refus de participer à la guerre.

11. Soutien aux médias indépendants / lutte contre la propagande

  • Objectif : soutenir l’information indépendante russe et francophone
  • Activités : studio Espace Libertés (150+ projets), collaborations Novaya Gazeta Europe, lancement Info Most
  • Résultats : renforcement de l’accès à l’information pour publics russophones et francophones

En 2025, Russie-Libertés poursuit activement son engagement contre la propagande du Kremlin en soutenant les médias russes indépendants en exil et en contribuant à la circulation d’une information fiable et vérifiée.

Le studio d’Espace Libertés a accompagné plus de 150 projets médiatiques, permettant à des rédactions russophones de produire et de diffuser des contenus à destination du public en Russie, malgré la censure et la répression. Ces actions ont renforcé la capacité des médias indépendants à maintenir un lien avec leurs audiences et à documenter la réalité politique, sociale et humanitaire.

Russie-Libertés collabore notamment avec des médias reconnus tels que Novaya Gazeta Europe et prépare le lancement d’une nouvelle initiative conjointe, Info Most, destinée aux publics francophones en Europe — en particulier en France, en Belgique et en Suisse — ainsi qu’au Canada. Il s’agit d’une newsletter et d’une plateforme d’information proposant des analyses d’experts et de journalistes en exil, des décryptages contextuels de l’actualité russe et régionale, ainsi que des contenus permettant de lutter contre la désinformation. 

Parallèlement, l’association entretient une coordination régulière avec des médias russes et français, soutenant les journalistes en exil et amplifiant les enquêtes indépendantes sur la répression politique, les violations des droits humains et la guerre contre l’Ukraine.

12. Projet Culture et Résistance Anti-Guerre

En 2025, Russie-Libertés a développé une activité culturelle active pour soutenir la résistance anti-guerre et donner une visibilité aux voix dissidentes de la société civile russe. Parmi les actions principales:

  • Forum Russie-Libertés : l’artiste Monetоchка a été invitée à se produire lors du Forum, combinant panel et performance, afin de montrer comment l’art peut être un vecteur d’expression civique et de solidarité.
  • Expositions artistiques :
  • Artists Against Kremlin : présentée dans le cadre du Congrès de Platforma à Bruxelles, cette exposition a permis de valoriser le travail d’artistes russes opposés à la guerre et de sensibiliser un public européen aux enjeux de répression et de liberté d’expression. 
  • La Russie contestataire de Nikita Mouraviev : exposition photographique documentant la résistance civile et les manifestations anti-guerre en Russie.

13. Soutien à la société civile en Russie

  • Organisation de sessions fermées et études sur la société civile russe 
  • Suivi des initiatives locales et maintien de la visibilité internationale

En complément de l’accompagnement des personnes persécutées cherchant protection à l’étranger, Russie-Libertés mène des actions ciblées en soutien à la société civile restée en Russie : présentations et rencontres confidentielles à destination de chercheurs, décideurs politiques et défenseurs des droits humains français. Ces initiatives ont permis d’alimenter la réflexion européenne sur les dynamiques internes de résistance et les formes d’engagement civique sous autoritarisme.

Ces actions garantissent que, malgré l’intensification de la répression, la société civile russe conserve une visibilité internationale, un appui stratégique et des opportunités de coopération.

2025 en chiffres

  • 4 manifestations organisées ou coorganisées en France et en Europe
  • 450+ résidents réguliers d’Espace Libertés | Reforum Space Paris
  • 40+ événements organisés 
  • 15+ participations à des conférences et événements internationaux
  • 300+ participants au Forum annuel Russie-Libertés
  • 400+ lettres envoyées à des prisonniers politiques
  • 3 conférences internationales organisées
  • 101 000 vues mensuelles sur les réseaux sociaux
  • 4 campagnes de collecte de fonds
  • 290 demandes d’aides traitées (visas humanitaires, asile, titres de séjour etc) 
  • 1 100+ participants uniques aux événements
  • 15+ apparitions médiatiques dans la presse française et internationale
  • 12 000+ abonnés sur les réseaux sociaux
  • 13 notes, lettres ouvertes et tribunes publiées sur le site internet et sur les réseaux sociaux

Notes et lettres ouvertes écrites ou co-écrites par Russie-Libertés en français

Résultats et impact

À la fin de l’année 2025, Russie-Libertés a atteint des résultats concrets, mesurables et durables dans l’ensemble de ses axes stratégiques : soutien communautaire, plaidoyer, action médiatique et renforcement institutionnel.

Plaidoyer et sensibilisation

Russie-Libertés s’est imposée comme une voix européenne de référence du mouvement démocratique russe, en organisant ou coorganisant trois grandes conférences internationales et en participant à 15+ événements institutionnels, notamment à l’Assemblée nationale française et au Parlement européen. Les campagnes Free Them All et People First ont obtenu le soutien d’élu·es européens, d’institutions françaises et de collectivités locales.

En 2025, Russie-Libertés a publié et présenté six rapports et notes de synthèse. L’association a également diffusé trois lettres ouvertes : la première concernait les négociations entre Trump et Poutine en Alaska, la deuxième soutenait la campagne People First, et la troisième appelait la communauté internationale à réagir lors de la visite en Suisse de la délégation du Kremlin.

De plus, nous avons pu obtenir 2 votes du Conseil de Paris : un vote pour une plaque commémorative en l’honneur de Boris Nemtsov et un autre, en soutien à la communauté LGBTQ+ de Russie.

Présence médiatique

En 2025, l’association a été citée dans plus de 15 médias français et internationaux, touchant plus de 10 millions de personnes. L’audience sur les réseaux sociaux a fortement progressé (Instagram +35 %, Facebook +27 %, plus de 100 000 vues mensuelles). Expositions, campagnes et le documentaire Politzek ont renforcé la visibilité internationale des prisonniers politiques, des activistes, journalistes et artistes en exil.

Mobilisation culturelle et civique

Russie-Libertés a mobilisé l’art et la culture comme outils de résistance et de reconstruction collective. Le Festival Queer russe, les performances d’artistes engagés et le Forum Russie-Libertés ont favorisé le dialogue entre sociétés civiles russe et européenne et renforcé l’engagement citoyen.

Pérennité institutionnelle

Malgré un contexte de baisse des financements internationaux, l’association a consolidé sa résilience opérationnelle, obtenant des subventions diverses, publiques et privées, et ainsi assurant la continuité de nos projets jusqu’en 2026. 

La diversification des ressources, la structuration du bénévolat et l’implication active de membres du Conseil d’Administration ont contribué à la durabilité et à l’impact de notre action.

Perspectives 2026

Forte des acquis de 2025, Russie-Libertés engage une nouvelle phase stratégique, marquée par le passage de la réponse d’urgence à un renforcement structurel de ses activités.

En 2026, Russie-Libertés intensifiera son cœur de mission qui est la sensibilisation du public et des autorités françaises et européennes sur la situation en Russie, le plaidoyer pour une paix juste et durable pour l’Ukraine, pour la libération des prisonniers politiques et de tous les otages de la guerre. 

De plus, l’association poursuivra le développement de l’aide aux membres de la société civile exilée par le biais de l’activité de son Espace Libertés | Reforum Space Paris : espaces de coworking, studio d’enregistrement et pôle juridique renforcés. Les services psychologiques seront étendus grâce à de nouveaux partenariats et programmes de formation, avec l’ambition de faire du centre un modèle européen de résilience civique en exil. L’accompagnement vers l’intégration professionnelle sera une des priorités de l’Espace en 2026.

L’association renforcera également sa diplomatie culturelle avec des événements qui mettront en valeur la culture russe engagée.

Le soutien aux populations vulnérables se traduira notamment par des événements thématiques et des publications sur la situation des personnes LGBTQI+, des enfants, des femmes.

La lutte contre la désinformation et la propagande sera développée avec le lancement d’Info Most, plateforme médiatique coproduite avec des journalistes en exil, ainsi que de projets de coopération avec des journalistes européens.

Enfin, Russie-Libertés poursuivra la diversification de ses financements à travers des partenariats pluriannuels avec des fondations européennes et des ONG internationales, garantissant stabilité et impact à long terme.

La répression en Russie en 2025 : un système de gouvernance par la peur

The English version follows below

Criminalisation systématique de la dissidence

En 2025, la répression politique en Russie s’est institutionnalisée comme un outil central de gouvernance. Toute opposition est criminalisée, et les autorités utilisent des poursuites pénales, des peines de prison prolongées, l’intimidation, la torture et les mauvais traitements pour réduire au silence toute critique de la guerre ou du régime.

  • 4 686 personnes incarcérées pour des motifs politiques, dont 1 465 en 2025.
  • Des peines de 8 ans en moyenne pour des actes, des mots, des likes sur les réseaux sociaux anti-guerre ou anti-régime.
  • Les “appels au terrorisme” sont devenus l’accusation politique la plus fréquente.
  • 5 500 affaires administratives pour l’usage de symboles interdits (dont les symboles liés au Fond anti-corruption de Navalny, symboles LGBT, et ukrainiens).
  • 1 123 personnes/entités désignées « agents étrangers ».
  • 291 ONG classées « indésirables », toute collaboration avec elles est passible de 6 ans de prison.

Exemple concret : En décembre 2025, trois défenseurs des droits humains d’Ekaterinbourg (Aleksei Sokolov, Larissa Zakharova, Roman Kachanov) ont été arrêtés pour « organisation d’activités d’une organisation indésirable ». Larissa Zakharova et Roman Kachanov risquent jusqu’à 6 ans de prison pour leur coopération avec le Comité Helsinki de Norvège et la National Endowment for Democracy, tous deux désignés « indésirables » en Russie. Aleksei Sokolov, lui, est également poursuivi pour trahison d’Etat, un chef d’accusation passible de 12 à 20 ans de prison.

Utilisation abusive des lois anti-terroristes et anti-espionnage

Les articles du Code pénal sur la trahison, l’espionnage, et la collaboration avec un État étranger sont devenus des outils de répression massive. Selon Parubets Analytics (décembre 2025) :

  • 468 condamnations en 2025 (record absolu), avec une médiane de 15 ans de prison (contre 12 ans en 2024). Dans 35% des cas, les condamnations portent sur des ukrainiens souvent accusés de « collaboration » avec Kiev sur les territoires occupés.
  • 4 peines de prison à perpétuité en 2025, et des peines allant jusqu’à 27 ans pour des civils ukrainiens.
  • Enfants ciblés : Plus de 350 mineurs inscrits sur les listes d’ »extrémistes » ou « terroristes ».

Cas emblématiques :

  • Nadine Gueisler, condamnée à 22 ans de prison en juin 2025 pour « trahison » et « terrorisme » après avoir fourni une aide humanitaire à des civils ukrainiens.
  • Arina Ivanova (Novokouznetsk), condamnée à 5 ans de prison pour un post sur VKontakte dénonçant les crimes russes à Boutcha.

Torture systématique – Impunité quasi totale.

  • Prison SIZO-2 de Taganrog : Un des centres les plus violents, où les détenus subissent famine, passages à tabac, noyades simulées, décharges électriques (y compris sur les parties génitales), viols et humiliations sexualisées.
  • Prisonniers ukrainiens : les prisonniers de guerre et civils ukrainiens subissent des violences généralisées. On compte pas moins de 16 000 civils disparus ou détenus illégalement par la Russie (ONU).

Censure numérique et contrôle de l’information

  • Blocage massif : Plus de 1,2 million de ressources Internet bloquées en 2025, détruisant l’espace numérique indépendant.
    • YouTube, Facebook, Instagram, X : Totalement bloqués.
    • Restrictions sur Apple : Suppression de contenus de médias indépendants et de musiques d’artistes désignés « extrémistes ».
    • Blocage des appels via Google Meet, FaceTime, WhatsApp, remplacé par la messagerie d’État Max.
    • Censure normalisée : Autocensure généralisée parmi les artistes, écrivains, blogueurs, et metteurs en scène.
  • Loi de juillet 2025 : Criminalisation des recherches en ligne de contenus « extrémistes ».
  • Et criminalisation indirecte de l’usage des VPN : l’utilisation d’un VPN/proxy peut être retenue comme circonstance aggravante.

Répression transnationale et pression sur les exilés

Les opposants en exil sont ciblés, et leurs familles en Russie sont harcelées.

  • Poursuites contre les opposants en exil : Alexeï Nesterenko, président de Rusos Libres (Espagne), condamné par contumace à 24 ans de prison pour « soutien au terrorisme » après avoir organisé des manifestations anti-guerre et collecté des dons pour l’Ukraine. Sa famille en Russie est harcelée (perquisitions, convocations au tribunal).
  • Des pays comme la Turquie extradient des exilés russes vers la Russie sur demande du Kremlin

Torture et « Assauts de viande » dans l’armée russe

Les « Assauts de viande » : Assauts frontaux suicidaires où des soldats (conscrits, prisonniers, contractuels) sont envoyés sans soutien pour épuiser les défenses ukrainiennes. Témoignage :
« On nous a dit : ‘Courez vers les tranchées ukrainiennes. Ceux qui reculeront seront abattus.’ Sur 200, 12 sont revenus. » (source : Verstka).

Les « Trous » : Torture et élimination

  • Pratique de l’« obnoulenie » (« annulation »), où des soldats sont torturés ou tués par leurs supérieurs pour punir, intimider ou éliminer. Des fosses de 2 mètres de profondeur (« trous ») sont utilisées pour noyer ou affamer les victimes.
    • 12 sites identifiés, avec des dizaines à centaines de victimes par site. À Taganrog, une fosse contenait 47 corps (dont des soldats encore en vie au moment de l’ensevelissement) — témoignage d’un médecin militaire (Rapport « Les Annulateurs » de Verstka).
    • 1 000+ cas de tortures avérées (rapport ONU).
      « On jetait les déserteurs dans des fosses avec de la chaux vive. Certains étaient encore en vie. » (Médecin militaire anonyme – Rapport « Les Annulateurs »).

Autres tortures systématiques

  • Passages à tabac, électrocutions (fil sur les parties génitales), noyades, viols collectifs, castrations.
  • Exécutions sommaires (balle dans la nuque).

Les prisonniers de guerre ukrainiens sont les premières cibles et subissent des tortures généralisées.

Groupes vulnérables et idéologie d’État

  • Violences domestiques : Doublées depuis 2022, souvent commises par des militaires revenus du front. Exemple : En octobre 2025, un soldat russe revenu d’Ukraine a tué sa femme et ses deux enfants à Rostov-sur-le-Don.
  • Répression anti-LGBT : Le « mouvement LGBT international » déclaré « extrémiste ». 221 affaires ouvertes pour « propagande LGBT », y compris pour l’affichage de drapeaux arc-en-ciel.
  • Fermeture du Musée du Goulag, retrait des livres de Svetlana Alexievitch des programmes scolaires.
  • Loi contre la « propagande childfree » : Interdiction des discussions publiques sur la contraception et l’avortement.
  • Idéologie patriarcale : Promue par l’État et l’Église orthodoxe, qui justifie la domination masculine et la soumission des femmes.
  • Militarisation de la société : Les valeurs de « virilité » et de « sacrifice » sont exaltées, légitimant les violences contre les femmes et les minorités.

Un climat de terreur généralisée

  • Contrôle social total : La surveillance de masse, la censure, et l’autocensure ont créé un climat de peur généralisée.
  • Culture et éducation : Condamnations d’artistes (ex. : Evgenia Berkovich et Svetlana Petriichuk, 7 ans de prison pour une pièce de théâtre) et d’enseignants (ex. : Natalia Taranushenko, 7 ans pour avoir évoqué Boutcha en classe).
  • Tchétchénie : Climat de peur extrême, marqué par la torture et les exécutions extrajudiciaires.
  • Torture et impunité : La torture est généralisée dans les prisons et l’armée, avec une impunité quasi totale pour les auteurs.

Sources :

English version :

Repression in Russia in 2025: a system of governance through fear

Systematic criminalization of dissent

In 2025, political repression in Russia has become fully institutionalized as a central tool of governance. Any form of opposition is criminalized, and the authorities use criminal prosecutions, long prison sentences, intimidation, torture, and ill-treatment to silence any criticism of the war or the regime.

  • 4,686 people imprisoned for political reasons (Memorial), including 1,465 in 2025 alone.
  • Average sentences of 8 years for actions, words, or even likes on social media expressing anti-war or anti-regime views.
  • “Calls to terrorism” have become the most common political charge.
  • 5,500 administrative cases for the use of prohibited symbols (including symbols linked to Navalny’s Anti-Corruption Foundation, LGBT symbols, and Ukrainian symbols).
  • 1,123 individuals/entities designated as “foreign agents.”
  • 291 NGOs classified as “undesirable”; any cooperation with them is punishable by up to 6 years in prison.

Concrete example:
In December 2025, three human rights defenders from Yekaterinburg (Aleksei Sokolov, Larissa Zakharova, Roman Kachanov) were arrested for “organizing the activities of an undesirable organization.” Larissa Zakharova and Roman Kachanov face up to 6 years in prison for cooperating with the Norwegian Helsinki Committee and the National Endowment for Democracy, both designated “undesirable” in Russia. Aleksei Sokolov is also charged with high treason, an offense punishable by 12 to 20 years in prison.

Abuse of anti-terrorism and anti-espionage laws

Articles of the Criminal Code on treason, espionage, and cooperation with a foreign state have become tools of mass repression. According to Parubets Analytics (December 2025):

  • 468 convictions in 2025 (an all-time record), with a median sentence of 15 years (up from 12 years in 2024).
  • In 35% of cases, those convicted are Ukrainians, often accused of “collaboration” with Kyiv in occupied territories.
  • 4 life sentences in 2025, and prison terms of up to 27 years for Ukrainian civilians.

Children targeted:
More than 350 minors have been placed on lists of “extremists” or “terrorists.”

Emblematic cases:

  • Nadine Gueisler, sentenced to 22 years in prison in June 2025 for “treason” and “terrorism” after providing humanitarian aid to Ukrainian civilians.
  • Arina Ivanova (Novokuznetsk), sentenced to 5 years in prison for a VKontakte post denouncing Russian crimes in Bucha.

Systematic torture – near-total impunity

SIZO-2 prison in Taganrog:
One of the most violent detention centers, where prisoners are subjected to starvation, beatings, simulated drowning, electric shocks (including to the genitals), rape, and sexualized humiliation.

Ukrainian prisoners:
Prisoners of war and Ukrainian civilians are subjected to widespread violence. At least 16,000 civilians are reported missing or illegally detained by Russia (UN).

Digital censorship and control of information

  • Mass blocking: Over 1.2 million online resources blocked in 2025, destroying the independent digital space.
  • YouTube, Facebook, Instagram, X: Completely blocked.
  • Restrictions on Apple: Removal of content from independent media and music by artists designated as “extremists.”
  • Blocking of calls via Google Meet, FaceTime, WhatsApp, replaced by the state messaging service Max.
  • Normalized censorship: Widespread self-censorship among artists, writers, bloggers, and theater directors.
  • July 2025 law: Criminalization of online searches for “extremist” content.
  • Indirect criminalization of VPN use: The use of a VPN/proxy can be treated as an aggravating circumstance.

Transnational repression and pressure on exiles

Opponents in exile are targeted, and their families in Russia are harassed.

  • Prosecutions in absentia:
    Alexei Nesterenko, president of Rusos Libres (Spain), was sentenced in absentia to 24 years in prison for “supporting terrorism” after organizing anti-war demonstrations and collecting donations for Ukraine. His family in Russia is harassed (searches, court summons).
  • Extraditions:
    Countries such as Turkey extradite Russian exiles to Russia at the Kremlin’s request.

Torture and “meat assaults” in the Russian army

“Meat assaults”:
Suicidal frontal attacks in which soldiers (conscripts, prisoners, contract soldiers) are sent without support to exhaust Ukrainian defenses. Testimony:

“We were told: ‘Run toward the Ukrainian trenches. Those who retreat will be shot.’ Out of 200, 12 returned.” (source: Verstka)

“The pits”: torture and elimination
The practice of “obnulenie” (“nullification”), where soldiers are tortured or killed by their superiors to punish, intimidate, or eliminate them. Two-meter-deep pits (“holes”) are used to drown or starve victims.

  • 12 identified sites, with dozens to hundreds of victims per site.
  • In Taganrog, one pit contained 47 bodies (some soldiers were still alive when buried) — testimony of a military doctor (Verstka report “The Nullifiers”).
  • 1,000+ documented cases of torture (UN report).

“They threw deserters into pits with quicklime. Some were still alive.”
(Anonymous military doctor – Verstka report “The Nullifiers”)

Other systematic abuses:
Beatings, electrocution (wires on genitals), drowning, gang rape, castration.
Summary executions (shot in the back of the head).
Ukrainian prisoners of war suffer torture systematically.

Vulnerable groups and state ideology

  • Domestic violence: Doubled since 2022, often committed by soldiers returning from the front.
    Example: In October 2025, a Russian soldier back from Ukraine killed his wife and two children in Rostov-on-Don.
  • Anti-LGBT repression: The “international LGBT movement” declared “extremist.” 221 cases opened for “LGBT propaganda,” including for displaying rainbow flags.
  • Closure of the Gulag Museum, removal of Svetlana Alexievich’s books from school curricula.
  • Law against “childfree propaganda”: Ban on public discussions of contraception and abortion.
  • Patriarchal ideology: Promoted by the state and the Orthodox Church, justifying male dominance and women’s submission.
  • Militarization of society: Values of “virility” and “sacrifice” are glorified, legitimizing violence against women and minorities.

A climate of generalized terror

  • Total social control: Mass surveillance, censorship, and self-censorship have created a pervasive climate of fear.
  • Culture and education: Convictions of artists (e.g. Evgenia Berkovich and Svetlana Petriichuk, 7 years in prison for a theater play) and teachers (e.g. Natalia Taranushenko, 7 years for mentioning Bucha in class).
  • Chechnya: An extreme climate of fear marked by torture and extrajudicial executions.
  • Torture and impunity: Torture is widespread in prisons and the army, with near-total impunity for perpetrators.

Sources

Обнулители  (Les Annulateurs) : quand l’armée russe torture et tue ses propres soldats

10 décembre 2025 — Journée des droits humains

En cette journée des droits de l’homme, nous souhaitons mettre en lumière un fait peu connu du public : les tortures dans l’armée russe. 

En Russie, un mot terrible résume l’horreur qui règne au sein de l’armée : « обнуление » — l’«annulation». Il désigne l’assassinat, la torture ou l’envoi délibéré à une mort certaine de soldats russes… par leurs propres camarades ou supérieurs. Ce n’est pas une exception, mais une pratique systématique, documentée par le média indépendant Verstka dans sa récente enquête « Обнулители » (« Les Annulateurs »). Plus de 100 militaires y sont identifiés comme bourreaux, transformant leurs unités en machines à broyer des vies.


L’enfer des « obnulitel » : tuer pour punir, pour l’exemple, ou par sadisme

Les méthodes sont d’une brutalité inouïe :

  • « On a cogné la tête d’un gars contre le sol jusqu’à ce qu’il meure. » Un soldat raconte comment un jeune conscrit a été battu à mort pour avoir bu de la vodka après des semaines de combat sans ravitaillement, dormant dans la boue et l’eau croupie. « Il agonisait, de la mousse lui sortait de la bouche, il avait des convulsions. On nous a ordonné de l’achever. »
  • Les « trous » : des fosses de deux mètres de profondeur, recouvertes d’une grille. Les victimes y sont jetées, puis noyées à l’eau glacée pendant des heures. « Tu finis par attraper une pneumonie, tes reins lâchent… et tu meurs. » Certains y sont laissés sans nourriture ni eau, battus quotidiennement. « Si tu veux sortir, bats-toi à mort contre les autres. »
  • Les « appâts » : des soldats envoyés en première ligne sans arme ni gilet pare-balles, servant d’appâts. « Tu cours vers une mort certaine. Derrière toi, un détachement t’empêche de reculer. Ton seul espoir : être blessé et fait prisonnier. » Ceux qui refusent sont exécutés sur place.

Un système de terreur institutionnalisé

Ces crimes ne sont pas l’œuvre de soldats isolés, mais d’une chaîne de commandement complice :

  • Les commandants vendent la vie de leurs hommes : ils exigent des pots-de-vin pour éviter les missions suicidaires, volent les salaires des contractuels, et éliminent ceux qui résistent.
  • Les corps des victimes sont cachés : enterrés en forêt, abandonnés sur le champ de bataille, ou même détruits à la grenade pour effacer les traces de torture. « On l’a habillé avec un vieux gilet pare-balles, on a posé deux grenades sous lui, et on a tout fait sauter. Ensuite, on a laissé son corps pourrir au soleil pendant des jours. »

Un piège légal : l’enrôlement forcé et l’impossibilité de fuir

Depuis septembre 2022, le décret sur la mobilisation, toujours en vigueur, a plongé des centaines de milliers de Russes dans un cauchemar sans issue :

  • Tous les contrats militaires ont été prolongés indéfiniment jusqu’à la fin de la « période de mobilisation » — une formule floue qui permet à l’État de maintenir les soldats sous les drapeaux jusqu’à 65 ans, sauf en cas d’invalidité totale ou d’emprisonnement.
  • Aucune démission n’est possible : même les contractuels, engagés pour une durée déterminée, se retrouvent piégés. Ceux qui refusent de combattre ou tentent de quitter leur unité risquent jusqu’à 10 ans de prison, selon la loi n° 365-ФЗ (2023), qui a durci le Code pénal, l’envoi dans les unités d’assaut les plus dangereuses et la torture.
  • La reddition est devenue un crime durement puni : depuis mai 2023, un soldat capturé doit prouver qu’il a résisté physiquement pour éviter d’être condamné à son retour. Sinon, il encourt 10 ans de prison pour « trahison ». 

Des chiffres qui accusent

  • Plus de 150 000 morts dans l’armée russe et 70 000 déserteurs — des chiffres des médias d’investigation et des défenseurs des droits humains qui révèlent l’ampleur de la répression interne.
  • 6 000 soldats aidés à déserter par des ONG comme « Идите Лесом » (« Fuir par la forêt »).
  • Plus de 100 000 demandes d’aide enregistrées par les défenseurs des droits humains depuis 2022 pour éviter l’enrôlement militaire, déserter ou se rendre.

Pourquoi en parler le 10 décembre ?

Parce que ces crimes sont une attaque frontale contre l’humanité elle-même. L’armée russe ne se contente pas de tuer en Ukraine : elle détruit ses propres soldats, les réduisant à l’état de chair à canon et la valeur de leurs vies à néant. Les « обнулители » sont le visage d’un régime qui a fait de la violence son seul langage.

Aujourd’hui, Journée des droits humains, nous refusons de détourner les yeux. Nous exigeons que ces crimes soient documentés, que leurs auteurs soient jugés, et que les victimes — celles qui ont survécu — trouvent refuge et justice.

Une collecte de dons est organisée en faveur des déserteurs et objecteurs de conscience, qui ont une position anti-guerre publique et ouverte, que nous soutenons. Vous pouvez lire leurs histoires sur notre site: https://russie-libertes.org/2024-04-24-il-faut-sauver-le-deserteur-ryan/ et aussi les aider par un don :  https://www.helloasso.com/associations/russie-libertes/collectes/il-faut-sauver-le-deserteur-ryan 

#StopTorture #Nonàlatorture #DroitsHumains #HumanRights

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