Marche pour l’Ukraine – 21 février 2026

📍21 février 2026 | 🕐14h00
📌 Place de la République – Place de la Bastille

Le 24 février, l’Ukraine entrera dans la cinquième année de la guerre d’agression déclenchée par la Russie. Des années de bombardements systématiques contre les civils, de déportations d’enfants, de tortures commises par l’armée russe. Plus de 20 000 enfants kidnappés et illégalement envoyés en Russie, la russification de centaines de milliers d’autres. Au moins 16 000 civils ukrainiens détenus, torturés ou portés disparus.

En résistant, l’Ukraine protège l’Europe toute entière.


❌ Pas de paix sans le retour des enfants déportés et la libération de tous les prisonniers ! 
❌ Pas de paix sans l’Ukraine, pas de paix contre l’Ukraine !

Russie-Libertés, co-organisateur de la Marche, appelle tous nos sympathisants à se joindre.

Rapport d’activité 2025

Le présent rapport rend compte des principales activités, réalisations et impacts de l’association Russie-Libertés au cours de l’année 2025.

Fondée en 2012, Russie-Libertés est une association loi 1901 basée à Paris, engagée dans le soutien à la société civile russe et à celles et ceux qui défendent les droits humains, la liberté d’expression et les valeurs démocratiques, en Russie comme en exil.

Depuis sa création, l’association agit comme un acteur de médiation et de facilitation internationale, en établissant des passerelles durables entre la société civile russe, les institutions européennes, les organisations internationales, les décideurs publics et les acteurs de la société civile en Europe. Russie-Libertés œuvre à renforcer la compréhension mutuelle, à structurer le dialogue et à favoriser l’intégration des voix de la société civile russe dans les débats européens sur les droits humains, la paix, la sécurité et la démocratie.

L’action de Russie-Libertés repose sur une approche globale et complémentaire, combinant:

  • le soutien direct aux activistes, journalistes, artistes, défenseurs des droits humains et personnes persécutées ;
  • le renforcement des capacités professionnelles et organisationnelles des initiatives de la société civile en exil ;
  • la coordination et la structuration de réseaux transnationaux d’acteurs engagés contre la guerre, la répression et l’autoritarisme ;
  • un travail continu de plaidoyer auprès des institutions européennes et nationales afin de promouvoir la protection des populations vulnérables, la défense des libertés fondamentales et la reconnaissance du rôle de la société civile russe indépendante.

À travers ses projets, ses campagnes et ses espaces de dialogue, Russie-Libertés contribue à faire émerger une plateforme de coopération européenne autour des enjeux liés à la Russie contemporaine, en particulier dans le contexte de la guerre contre l’Ukraine, de l’intensification de la répression politique et de la fragmentation des acteurs civiques.

En 2025, l’association a poursuivi et renforcé son rôle de référence européenne pour la société civile russe en exil, en articulant action communautaire, plaidoyer international, mobilisation culturelle et production de connaissances, tout en affirmant sa mission de long terme : soutenir une société civile libre, résiliente et capable de contribuer à un avenir démocratique.

Les activités de l’association ont permis de contribuer à la place majeure de la France dans le processus de paix, au renforcement de sanctions efficaces, au soutien de la France à la société civile russe (la France étant le seul pays aujourd’hui à poursuivre la délivrance de divers visas à un grand panel de demandeurs russes, ainsi qu’à octroyer l’asile).

Projets phares de 2025

1. Forum Russie-Libertés 2025

  • Objectif : dialogue entre société civile russe et acteurs européens
  • Activités : panels, ateliers, concerts, keynotes (Monetochka, Yulia Navalnaya)
  • Chiffres : 300+ participants, 25+ intervenants, collecte de 1 400 € pour Energy for Life
  • Impact : visibilité médiatique, renforcement réseaux, échanges avec les institutions françaises et européennes

​​Le Forum Russie-Libertés 2025, événement phare de l’association, s’est tenu le 11 octobre 2025 à Paris. Il a réuni des responsables politiques français et européens, des représentants de la société civile russe, ainsi que des figures de l’opposition démocratique, afin de réfléchir collectivement à la guerre en Ukraine, à l’intensification de la répression en Russie et aux perspectives démocratiques.

L’édition 2025 a rassemblé plus de 300 participants et plus de 25 intervenants lors de tables rondes et d’ateliers. Parmi eux figuraient notamment Elena Kostyuchenko, Oleksandra Romantsova (Center for Civil Liberties), Sergey Parkhomenko, Ksenia Fadeeva, ainsi que de nombreux experts, journalistes et militants. Les échanges ont porté sur les effets sociaux de la militarisation de la société russe, les enjeux de justice pour l’Ukraine, les défis auxquels fait face la société civile russe et l’impact de la répression sur la population.

Une attention particulière a été accordée aux campagnes de désinformation russes en Europe, à la propagande intérieure, ainsi qu’à la présentation de nouveaux projets médiatiques russes en exil, désormais accessibles en langue française, portés notamment par Novaya Gazeta Europe et The Bell Pro.

L’un des moments forts du Forum a été la participation de l’artiste pop russe Monetochka, dont l’intervention, mêlant échange public et performance musicale, a incarné une forme de résistance culturelle contemporaine. La journée s’est conclue par une allocution de Yulia Navalnaya, adressée à la communauté russe anti-guerre, marquant une nouvelle étape dans le dialogue et la coopération entre activistes russes et partenaires internationaux.

Au-delà des échanges publics, le Forum a également été un espace d’action concrète. Il a permis de collecter 1 400 € au profit de la campagne Energy for Life, destinée à soutenir les populations ukrainiennes touchées par les coupures d’électricité liées à la guerre. Par ailleurs, 25 activistes venus de différents pays européens et de Russie ont participé à des sessions de travail à huis clos, organisées en collaboration avec des collectifs iraniens, afghans et ouïghours basés à Paris. Ces rencontres ont été complétées par une réunion au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, favorisant un dialogue direct entre acteurs de la société civile et institutions européennes.

Le Forum a bénéficié du soutien de nombreux partenaires institutionnels et associatifs, parmi lesquels la Ville de Paris, la Mairie du 11ᵉ arrondissement, l’Institut français, Amnesty International France, le gouvernement du Canada, Reporters sans frontières, l’association Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !, la Plateforme des initiatives civiques et anti-guerre, ainsi qu’Espace Libertés | Reforum Space Paris.

Parmi les intervenants figuraient également François Vauglin, maire du 11ᵉ arrondissement de Paris, Brice Roquefeuil, directeur pour l’Europe continentale au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et Geneviève Garrigos, conseillère de Paris. Leurs prises de parole, combinées à une programmation médiatique de haut niveau, ont créé un espace de dialogue particulièrement riche et mobilisateur.

Le Forum a donné lieu à de nombreuses interviews, contribuant à renforcer la visibilité de la société civile russe auprès du grand public.

Fort de cette dynamique, Russie-Libertés prépare d’ores et déjà l’édition 2026, avec l’ambition d’élargir encore la participation et d’approfondir les coopérations transnationales. De nouveaux axes de travail — notamment autour des droits numériques, de la liberté des médias et du soutien aux prisonniers politiques — viendront renforcer un réseau démocratique transnational fondé sur la solidarité, la résilience et la défense des droits humains.

Photos par Nikita Mouraviev et Ilya Zavialov


2. Campagne Free Them All

  • Objectif : soutien aux prisonnier·es politiques russes
  • Activités : une campagne omnicanal pour renforcer le plaidoyer et le soutien directe : collecte de fonds (2 273 €), campagnes médiatiques, plaidoyer auprès des décideurs européens, reels sur les réseaux sociaux et publications
  • Partenaires : MEPs, Ville de Paris, Amnesty, médias
  • Résultats : soutien direct aux familles et bénéficiaires, visibilité européenne accrue

La campagne Free Them All constitue une action globale de soutien aux prisonniers politiques en Russie et de mobilisation internationale autour de leur situation. Lancée en 2024 et présentée pour la première fois lors de la Conférence du Comité russe contre la guerre en novembre 2024, la campagne a rapidement trouvé un écho auprès des acteurs de la société civile européenne, soulignant à la fois l’urgence de la question et la nécessité d’une action coordonnée.

La campagne repose sur trois piliers complémentaires. Le premier est un dispositif de soutien matériel et juridique, visant à apporter une aide concrète aux prisonniers politiques et à leurs familles : assistance juridique, correspondance, soutien logistique et ressources essentielles pour les personnes détenues en raison de leur opposition au Kremlin ou à la guerre menée contre l’Ukraine. À ce jour, des fonds ont été alloués à cinq bénéficiaires originaires de la République des Komis, à un mineur, ainsi qu’aux jursites du projet Avtozak live, pour un montant total de 2 273 €. La difficulté a consisté à reverser ses fonds pour couvrir directement les frais des familles sans les mettre en danger. 

Le deuxième pilier est une campagne médiatique stratégique, fondée sur la diffusion de témoignages, de récits individuels et de mises à jour régulières, afin de sensibiliser les publics internationaux et de mobiliser l’opinion publique autour du sort des prisonnier·es politiques.

Enfin, le troisième pilier repose sur un travail de plaidoyer direct auprès des décideurs politiques français et européens, des élus et de personnalités publiques. L’objectif est de défendre la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers politiques et d’inscrire durablement cette question dans les agendas européens des droits humains.

La campagne a bénéficié d’un soutien politique et institutionnel fort, notamment de la part de plusieurs députés au Parlement européen — parmi lesquels Raphaël Glucksmann, Nathalie Loiseau, Chloé Ridel et Andrey Kovatchev — ainsi que de personnalités publiques et politiques telles que Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, le groupe Les Indépendants – Sénat, des membres du Parti socialiste français, et du Conseil de Paris. Ce large soutien a considérablement renforcé la visibilité et l’impact de la campagne à l’échelle européenne.

En combinant aide matérielle, visibilité publique et action politique, Free Them All soutient concrètement les personnes détenues tout en s’inscrivant dans un mouvement global pour la démocratie et la responsabilité en Russie.

Voir toutes les photos de soutien à la campagne

3. People First / Sauver les enfants du poutinisme

  • Objectif : inclusion des prisonniers politiques russes, civils et enfants ukrainiens dans les négociations de paix
  • Activités : plaidoyer transnational, conférences
  • Résultats : renforcement du réseau européen de défense des droits humains, plateforme unifiée pour le plaidoyer

Dans le cadre de l’initiative, Russie-Libertés a mené en 2025 une action transversale en faveur de la protection des populations les plus vulnérables affectées par la guerre, en particulier les enfants, les prisonniers civils et les prisonniers politiques.

Un axe central de ce travail a été la campagne People First, qui plaide pour l’inclusion, dans toute perspective de négociation de paix, des prisonniers politiques russes, des civils ukrainiens détenus en Russie, des prisonniers de guerre, ainsi que des enfants ukrainiens déportés de force. Cette campagne est portée conjointement par des défenseurs des droits humains ukrainiens et russes et se déploie à l’échelle intertnationale, en étroite collaboration avec des organisations de la société civile dans plusieurs pays. 

Grâce à des actions de plaidoyer coordonnées, des lettres ouvertes et des initiatives communes, cette dynamique a permis de renforcer une plateforme collective en faveur de la justice, de la responsabilité et de la protection humanitaire dans les débats internationaux.

Dans ce cadre, la directrice de Russie-Libertés, Olga Prokopieva, est intervenue à La Fabrique de la Diplomatie à Paris, un événement de référence consacré aux enjeux diplomatiques contemporains. La table ronde « Médiation et paix : le rôle des acteurs non étatiques dans la libération des enfants ukrainiens » a réuni des représentant·es de la société civile française, ukrainienne et russe, ainsi que des experts internationaux, afin de réfléchir aux stratégies de protection et de libération des enfants déportés. Cette participation a souligné la dimension transnationale de la campagne et renforcé le rôle des acteurs de la société civile dans le plaidoyer humanitaire à l’échelle européenne.

Et Sasha Romantsova, directrice exécutive du Centre pour les Libertés Civiles, est intervenue au nom de la campagne lors du Forum de l’association. Une réunion a également été organisée avec Sasha et des députées français à l’Assemblée Nationale.

4. Coalition LGBTQ+ / Festival Queer russe

  • Objectif : soutenir la communauté LGBTQ+ russe en exil et promouvoir la solidarité internationale
  • Activités : festival (200+ participants), panels thématiques, ateliers, projections de films, soutien psychologique et juridique
  • Résultats : mise en réseau des acteurs européens et russes, visibilité médiatique, campagnes de solidarité

En 2025, Russie-Libertés a engagé un processus structurant visant à la création d’une coalition européenne LGBTQ+, destinée à coordonner les efforts d’organisations russes et européennes soutenant les personnes queer confrontées à des régimes autoritaires ou vivant en exil.

Une étape clé de cette dynamique a été le Festival queer russe, organisé à Paris du 25 au 27 juin 2025. L’événement a rassemblé plus de 200 participants — artistes, militants, personnes exilées et alliés — autour de trois jours de spectacles, expositions, projections, ateliers et tables rondes. Le festival a été organisé par Russie-Libertés, Espace Libertés | Reforum Space Paris et Centre T, avec le soutien de la Ville de Paris, de la Mairie du 11ᵉ arrondissement et d’Inter-LGBT. Le festival a constitué un espace de convergence inédit pour les acteurs de la société civile, favorisant la coordination des initiatives, le partage d’expériences et le renforcement des réseaux. Plus de 120 œuvres artistiques — arts visuels, photographie, vidéo, musique et performance — ont été présentées par plus de 70 artistes et activistes, illustrant le rôle central de la création artistique comme forme de résistance. Quatre tables rondes thématiques ont abordé des enjeux majeurs : les réalités de la vie queer en Russie, les formes de résistance en contexte autoritaire, l’expérience de l’exil et les solidarités internationales, avec des perspectives venues notamment d’Iran, de Turquie et de la communauté ouïghoure.

Le festival a également mis en lumière des initiatives concrètes de soutien aux personnes LGBTQ+ en exil. Quatre initatives— CaVa, Centre T, EQUAL PostOst et Espace Libertés — ont présenté leurs programmes d’aide juridique, de soutien psychosocial, d’hébergement d’urgence, d’accompagnement à l’intégration et de soutien à la création artistique. 

Dans ce cadre, Russie-Libertés poursuit également un accompagnement psychologique régulier des personnes LGBTQ+, tandis que les évacuations d’urgence sont coordonnées avec des organisations partenaires de défense des droits humains, en lien avec le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères.

L’action phare de fin d’année de la coalition a été une campagne de solidarité conjointe avec Amnesty International France, organisée le 30 novembre 2025, à l’occasion des deux ans de la désignation officielle des organisations LGBTQ+ en Russie comme « extrémistes ». Cette mobilisation, combinant rassemblement public et campagne médiatique, a permis de renforcer le soutien international à la communauté LGBTQ+ russe et de rappeler la persistance de la répression.

5. Espace Libertés

  • Objectif : Soutenir et structurer la société civile russophone en exil en France.
  • Activités : Accueil de 450+ résidents; 785+ consultations juridiques; 404+ consultations psychologiques et 20+ sessions de groupe; 150+ événements publics et communautaires.
  • Résultats : Hub central de la société civile russe en exil, renforcement des capacités individuelles et collectives, pérennisation du centre jusqu’en 2026.

En 2025, Espace Libertés a poursuivi son développement en tant que principal espace de référence pour la communauté russophone anti-guerre et en exil en France. Le Centre a rassemblé plus de 500 résidents réguliers — militants, journalistes, artistes, chercheurs et défenseurs des droits humains — et s’est imposé comme un lieu clé de soutien civique, juridique, psychosocial, culturel et communautaire.

Le Centre a accueilli de nombreuses rencontres avec des figures majeures de la société civile russe, parmi lesquelles Vladimir Kara-Murza, Lev Ponomarev, Lana Pylaeva, Ilya Yashin, Vadim Prokhorov et Sergey Parkhomenko. Ces échanges ont porté sur les droits humains, la résistance politique, le rôle des médias indépendants et les stratégies de survie civique sous régime autoritaire.

Des ateliers sur des questions administratives et juridiques clés pour des émigrés ont également enrichi le programme.

Enfin, l’Espace Libertés fonctionne comme un véritable espace communautaire vivant, accueillant 2 à 5 événements par semaine, initiés par les résident·es, leaders communautaires et organisations partenaires, favorisant l’entraide, la coopération et la résilience collective.

6. Platforma – Support to Anti-War Initiatives

  • Objectif : renforcer et unifier le mouvement anti-guerre russe
  • Activités :
    • Congrès annuel à Bruxelles (8–9 avril)
    • Groupes de travail thématiques et policy papers : déserteurs, désinformation, rhétorique anti-genre, normalisation de l’autoritarisme, etc
    • Création d’une stratégie pour le mouvement civique démocratique russe
    • Plaidoyer international (États-Unis et Europe)
    • Renforcement du dialogue au sein de la société civile : série de rencontres en-ligne intitulées “Discussions importantes”
  • Résultats : réseau européen renforcé, dialogue international, renforcement capacités organisationnelles des initiatives

En 2025, Russie-Libertés a joué un rôle actif au sein de la Plateforme des initiatives civiques et anti-guerre une alliance internationale réunissant plus de 100 organisations de la société civile russe et russophone engagées contre la guerre. Dans ce cadre, l’association a contribué à l’initiative “Soutien aux initiatives anti-guerre”, visant à renforcer les capacités collectives du mouvement anti-guerre russe, à promouvoir les droits humains et à répondre aux conséquences humaines, sociales et politiques de la guerre menée contre l’Ukraine.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de forte fragmentation du mouvement anti-guerre russe, marqué par la répression, l’exil forcé et la dispersion géographique. L’action de Platforma vise à recréer des espaces de coordination, de réflexion stratégique et de solidarité internationale, indispensables à la survie et à la visibilité de ces initiatives.

7. Congrès des initiatives civiques et anti-guerre – Bruxelles

Les 8 et 9 avril 2025, Russie-Libertés a coorganisé à Bruxelles le Congrès des initiatives civiques, anti-guerre et humanitaires russes, aux côtés d’autres organisations membres de Platforma, avec le soutien de l’Union européenne et du ministère allemand des Affaires étrangères.

Cet événement majeur a réuni plus de 300 participants venus de Russie, de l’Union européenne, d’Ukraine, du Caucase du Sud, d’Asie centrale et des États-Unis : militants, défenseurs des droits humains, représentants d’initiatives citoyennes, personnalités publiques et politiques russes et européennes, ainsi que des représentants d’institutions européennes.

Le congrès a permis d’évaluer les avancées des initiatives anti-guerre et humanitaires, d’élaborer des stratégies communes, de renforcer les capacités de plaidoyer et d’accroître la visibilité internationale du mouvement anti-guerre russe. Des tables rondes, groupes de travail et expositions ont favorisé le partage de bonnes pratiques, le développement de projets conjoints et la mise en lumière d’initiatives de terrain.

Dans ce cadre, Russie-Libertés a également accueilli 15 jeunes militants venus de France et d’autres pays européens, bénéficiant d’un programme spécifique de cinq jours consacré à la découverte des institutions européennes, aux rencontres avec des acteurs clés de la société civile et au renforcement des liens transnationaux autour des valeurs de paix, de solidarité et de démocratie.

8. Mobilisation citoyenne et engagement communautaire

Tout au long de l’année 2025, Russie-Libertés a organisé et soutenu de nombreuses actions d’engagement civique visant à mobiliser les citoyens, sensibiliser aux enjeux politiques et sociaux liés à la guerre, et soutenir les défenseurs des droits humains.

En février 2025, en partenariat avec le Comité anti-guerre de Russie, l’association a organisé à l’Hôtel de Ville de Paris la conférence « Libération des prisonniers ukrainiens en Russie : coopération, plaidoyer et soutien ». Cet événement a mis en lumière la situation des civils ukrainiens détenus en Russie et des enfants déportés de force, ainsi que la coopération entre défenseurs des droits humains ukrainiens et russes pour leur venir en aide. Parmi les intervenants figuraient Evguenia Tchirikova (Activatica), Anastasia Shevchenko (Through the Wall), Mikhail Savva (Center for Civil Liberties) et Stas Doutov (ancien prisonnier de guerre ukrainien), qui ont partagé leurs analyses des conditions de détention et des stratégies de plaidoyer. La conférence a également mis en exergue la campagne People First et a contribué à renforcer les coopérations européennes entre organisations de la société civile, avec le soutien de la Ville de Paris. Des rencontres ont pu être organisées entre les intervenants et des représentants des institutions françaises.

Le 23 février 2025, Russie-Libertés a été partenaire officiel de la manifestation Marche pour l’Ukraine à Paris, organisée à l’occasion du troisième anniversaire de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. Plus de 10 000 personnes se sont rassemblées place de la République avant de défiler jusqu’à la place de la Bastille pour exprimer leur solidarité avec l’Ukraine et appeler à un renforcement du soutien international. 

Au cours de l’année, l’association a également organisé à Paris, place du Louvre, l’exposition internationale « Faces of Russian Resistance ». Cette exposition a donné à voir les parcours de celles et ceux qui s’opposent au régime de Vladimir Poutine et à la guerre, en rappelant notamment la situation de plus de 1 500 prisonniers politiques en Russie. L’inauguration s’est tenue en présence de Vladimir Kara-Murza, de députés français, de l’ambassadrice du Canada en Russie et de défenseurs des droits humains. L’exposition a été suivie d’une installation dédiée à Alexeï Navalny et accompagnée d’une collecte de dons dans le cadre de la campagne Free Them All, destinée à soutenir les prisonniers politiques et leurs familles.

9. Plaidoyer et action politique

Parallèlement, Russie-Libertés a mené un travail soutenu de plaidoyer à l’échelle internationale. Parmi les principales actions de plaidoyer menées en 2025 figurent : des rencontres entre des figures de la société civile russe et des responsables politiques, des institutions publiques et des réseaux de défense des droits humains français et européens: Vladimir Kara-Murza, Vladimir Milov, Zhanna Nemtsova, Ilya Yashin, des membres du Comité anti-guerre de Russie. Ces rencontres ont contribué à une meilleure compréhension de la situation en Russie et ont mené à des décisions pour une meilleure résilience de la société civile russe, pour l’amélioration de l’efficacité des sanctions, et pour le soutien à la jeunesse de Russie.

Le 3 juin 2025, la directrice exécutive de Russie-Libertés est intervenue à une Table ronde au Parlement européen : « No Return to Repression: Protecting Russian Anti-War and LGBTQI Activists in Europe », organisée par les eurodéputés Sergey Lagodinsky et Andrey Kovatchev, en présence de l’ancien prisonnier politique Ilya Yashin. Olga Prokopieva a exposé les difficultés rencontrées par les militant·es anti-guerre et LGBTQI russes dans leur recherche de protection au sein de l’Union européenne, appelant à une volonté politique renforcée pour garantir leur sécurité et leur intégration. Parallèlement, des rencontres individuelles ont été organisées avec plusieurs eurodéputés et responsables politiques : Nathalie Loiseau, Raphaël Glucksmann, Chloé Ridel, Sergey Lagodinsky, Sebastian Tynkkynen, Andrey Kovatchev et Bernard Guetta.

Russie-Libertés demeure un acteur clé et un interlocuteur privilégié entre la société civile russe et les responsables politiques français et européens, facilitant le dialogue, le plaidoyer et la coordination des actions. 

10. Soutien juridique et administratif / assistance humanitaire

Assuré par une équipe experte : une avocate, une juriste et deux bénévoles. 

Objectif : sécuriser visas, asile et intégration des exilé·es

  • Activités : consultations juridiques, renouvellements APS, accompagnement des déserteurs
  • Résultats : 290 dossiers traités (visas humanitaires, visas talents et autres types de visas, APS, asile et autres consultations juridiques et administratives).

Russie-Libertés joue un rôle central dans l’accueil et l’intégration de ressortissants russes menacés en raison de la répression politique consécutive à l’invasion de l’Ukraine. En étroite collaboration avec les autorités françaises et un réseau d’associations partenaires, l’association assure un accompagnement juridique et administratif personnalisé, de la mise en sécurité d’urgence jusqu’au suivi à long terme. Des situations particulièrement complexes sont débloquées grâce à l’intervention de Russie-Libertés.

Parmi les situations accompagnées figurent notamment :

  • des artistes, écrivains, chercheurs poursuivis pour leurs activités publiques, culturelles ou académiques ;
  • des familles de réfugiés politiques confrontées à des procédures de regroupement familial longues et complexes ;
  • des militants anti-guerre et défenseurs des droits humains en situation de rétention ou menacés d’expulsion vers la Russie (États-Unis, Caucase, Asie centrale) ;
  • des déserteurs de l’armée russe poursuivis pénalement pour leur refus de participer à la guerre.

11. Soutien aux médias indépendants / lutte contre la propagande

  • Objectif : soutenir l’information indépendante russe et francophone
  • Activités : studio Espace Libertés (150+ projets), collaborations Novaya Gazeta Europe, lancement Info Most
  • Résultats : renforcement de l’accès à l’information pour publics russophones et francophones

En 2025, Russie-Libertés poursuit activement son engagement contre la propagande du Kremlin en soutenant les médias russes indépendants en exil et en contribuant à la circulation d’une information fiable et vérifiée.

Le studio d’Espace Libertés a accompagné plus de 150 projets médiatiques, permettant à des rédactions russophones de produire et de diffuser des contenus à destination du public en Russie, malgré la censure et la répression. Ces actions ont renforcé la capacité des médias indépendants à maintenir un lien avec leurs audiences et à documenter la réalité politique, sociale et humanitaire.

Russie-Libertés collabore notamment avec des médias reconnus tels que Novaya Gazeta Europe et prépare le lancement d’une nouvelle initiative conjointe, Info Most, destinée aux publics francophones en Europe — en particulier en France, en Belgique et en Suisse — ainsi qu’au Canada. Il s’agit d’une newsletter et d’une plateforme d’information proposant des analyses d’experts et de journalistes en exil, des décryptages contextuels de l’actualité russe et régionale, ainsi que des contenus permettant de lutter contre la désinformation. 

Parallèlement, l’association entretient une coordination régulière avec des médias russes et français, soutenant les journalistes en exil et amplifiant les enquêtes indépendantes sur la répression politique, les violations des droits humains et la guerre contre l’Ukraine.

12. Projet Culture et Résistance Anti-Guerre

En 2025, Russie-Libertés a développé une activité culturelle active pour soutenir la résistance anti-guerre et donner une visibilité aux voix dissidentes de la société civile russe. Parmi les actions principales:

  • Forum Russie-Libertés : l’artiste Monetоchка a été invitée à se produire lors du Forum, combinant panel et performance, afin de montrer comment l’art peut être un vecteur d’expression civique et de solidarité.
  • Expositions artistiques :
  • Artists Against Kremlin : présentée dans le cadre du Congrès de Platforma à Bruxelles, cette exposition a permis de valoriser le travail d’artistes russes opposés à la guerre et de sensibiliser un public européen aux enjeux de répression et de liberté d’expression. 
  • La Russie contestataire de Nikita Mouraviev : exposition photographique documentant la résistance civile et les manifestations anti-guerre en Russie.

13. Soutien à la société civile en Russie

  • Organisation de sessions fermées et études sur la société civile russe 
  • Suivi des initiatives locales et maintien de la visibilité internationale

En complément de l’accompagnement des personnes persécutées cherchant protection à l’étranger, Russie-Libertés mène des actions ciblées en soutien à la société civile restée en Russie : présentations et rencontres confidentielles à destination de chercheurs, décideurs politiques et défenseurs des droits humains français. Ces initiatives ont permis d’alimenter la réflexion européenne sur les dynamiques internes de résistance et les formes d’engagement civique sous autoritarisme.

Ces actions garantissent que, malgré l’intensification de la répression, la société civile russe conserve une visibilité internationale, un appui stratégique et des opportunités de coopération.

2025 en chiffres

  • 4 manifestations organisées ou coorganisées en France et en Europe
  • 450+ résidents réguliers d’Espace Libertés | Reforum Space Paris
  • 40+ événements organisés 
  • 15+ participations à des conférences et événements internationaux
  • 300+ participants au Forum annuel Russie-Libertés
  • 400+ lettres envoyées à des prisonniers politiques
  • 3 conférences internationales organisées
  • 101 000 vues mensuelles sur les réseaux sociaux
  • 4 campagnes de collecte de fonds
  • 290 demandes d’aides traitées (visas humanitaires, asile, titres de séjour etc) 
  • 1 100+ participants uniques aux événements
  • 15+ apparitions médiatiques dans la presse française et internationale
  • 12 000+ abonnés sur les réseaux sociaux
  • 13 notes, lettres ouvertes et tribunes publiées sur le site internet et sur les réseaux sociaux

Notes et lettres ouvertes écrites ou co-écrites par Russie-Libertés en français

Résultats et impact

À la fin de l’année 2025, Russie-Libertés a atteint des résultats concrets, mesurables et durables dans l’ensemble de ses axes stratégiques : soutien communautaire, plaidoyer, action médiatique et renforcement institutionnel.

Plaidoyer et sensibilisation

Russie-Libertés s’est imposée comme une voix européenne de référence du mouvement démocratique russe, en organisant ou coorganisant trois grandes conférences internationales et en participant à 15+ événements institutionnels, notamment à l’Assemblée nationale française et au Parlement européen. Les campagnes Free Them All et People First ont obtenu le soutien d’élu·es européens, d’institutions françaises et de collectivités locales.

En 2025, Russie-Libertés a publié et présenté six rapports et notes de synthèse. L’association a également diffusé trois lettres ouvertes : la première concernait les négociations entre Trump et Poutine en Alaska, la deuxième soutenait la campagne People First, et la troisième appelait la communauté internationale à réagir lors de la visite en Suisse de la délégation du Kremlin.

De plus, nous avons pu obtenir 2 votes du Conseil de Paris : un vote pour une plaque commémorative en l’honneur de Boris Nemtsov et un autre, en soutien à la communauté LGBTQ+ de Russie.

Présence médiatique

En 2025, l’association a été citée dans plus de 15 médias français et internationaux, touchant plus de 10 millions de personnes. L’audience sur les réseaux sociaux a fortement progressé (Instagram +35 %, Facebook +27 %, plus de 100 000 vues mensuelles). Expositions, campagnes et le documentaire Politzek ont renforcé la visibilité internationale des prisonniers politiques, des activistes, journalistes et artistes en exil.

Mobilisation culturelle et civique

Russie-Libertés a mobilisé l’art et la culture comme outils de résistance et de reconstruction collective. Le Festival Queer russe, les performances d’artistes engagés et le Forum Russie-Libertés ont favorisé le dialogue entre sociétés civiles russe et européenne et renforcé l’engagement citoyen.

Pérennité institutionnelle

Malgré un contexte de baisse des financements internationaux, l’association a consolidé sa résilience opérationnelle, obtenant des subventions diverses, publiques et privées, et ainsi assurant la continuité de nos projets jusqu’en 2026. 

La diversification des ressources, la structuration du bénévolat et l’implication active de membres du Conseil d’Administration ont contribué à la durabilité et à l’impact de notre action.

Perspectives 2026

Forte des acquis de 2025, Russie-Libertés engage une nouvelle phase stratégique, marquée par le passage de la réponse d’urgence à un renforcement structurel de ses activités.

En 2026, Russie-Libertés intensifiera son cœur de mission qui est la sensibilisation du public et des autorités françaises et européennes sur la situation en Russie, le plaidoyer pour une paix juste et durable pour l’Ukraine, pour la libération des prisonniers politiques et de tous les otages de la guerre. 

De plus, l’association poursuivra le développement de l’aide aux membres de la société civile exilée par le biais de l’activité de son Espace Libertés | Reforum Space Paris : espaces de coworking, studio d’enregistrement et pôle juridique renforcés. Les services psychologiques seront étendus grâce à de nouveaux partenariats et programmes de formation, avec l’ambition de faire du centre un modèle européen de résilience civique en exil. L’accompagnement vers l’intégration professionnelle sera une des priorités de l’Espace en 2026.

L’association renforcera également sa diplomatie culturelle avec des événements qui mettront en valeur la culture russe engagée.

Le soutien aux populations vulnérables se traduira notamment par des événements thématiques et des publications sur la situation des personnes LGBTQI+, des enfants, des femmes.

La lutte contre la désinformation et la propagande sera développée avec le lancement d’Info Most, plateforme médiatique coproduite avec des journalistes en exil, ainsi que de projets de coopération avec des journalistes européens.

Enfin, Russie-Libertés poursuivra la diversification de ses financements à travers des partenariats pluriannuels avec des fondations européennes et des ONG internationales, garantissant stabilité et impact à long terme.

La répression en Russie en 2025 : un système de gouvernance par la peur

The English version follows below

Criminalisation systématique de la dissidence

En 2025, la répression politique en Russie s’est institutionnalisée comme un outil central de gouvernance. Toute opposition est criminalisée, et les autorités utilisent des poursuites pénales, des peines de prison prolongées, l’intimidation, la torture et les mauvais traitements pour réduire au silence toute critique de la guerre ou du régime.

  • 4 686 personnes incarcérées pour des motifs politiques, dont 1 465 en 2025.
  • Des peines de 8 ans en moyenne pour des actes, des mots, des likes sur les réseaux sociaux anti-guerre ou anti-régime.
  • Les “appels au terrorisme” sont devenus l’accusation politique la plus fréquente.
  • 5 500 affaires administratives pour l’usage de symboles interdits (dont les symboles liés au Fond anti-corruption de Navalny, symboles LGBT, et ukrainiens).
  • 1 123 personnes/entités désignées « agents étrangers ».
  • 291 ONG classées « indésirables », toute collaboration avec elles est passible de 6 ans de prison.

Exemple concret : En décembre 2025, trois défenseurs des droits humains d’Ekaterinbourg (Aleksei Sokolov, Larissa Zakharova, Roman Kachanov) ont été arrêtés pour « organisation d’activités d’une organisation indésirable ». Larissa Zakharova et Roman Kachanov risquent jusqu’à 6 ans de prison pour leur coopération avec le Comité Helsinki de Norvège et la National Endowment for Democracy, tous deux désignés « indésirables » en Russie. Aleksei Sokolov, lui, est également poursuivi pour trahison d’Etat, un chef d’accusation passible de 12 à 20 ans de prison.

Utilisation abusive des lois anti-terroristes et anti-espionnage

Les articles du Code pénal sur la trahison, l’espionnage, et la collaboration avec un État étranger sont devenus des outils de répression massive. Selon Parubets Analytics (décembre 2025) :

  • 468 condamnations en 2025 (record absolu), avec une médiane de 15 ans de prison (contre 12 ans en 2024). Dans 35% des cas, les condamnations portent sur des ukrainiens souvent accusés de « collaboration » avec Kiev sur les territoires occupés.
  • 4 peines de prison à perpétuité en 2025, et des peines allant jusqu’à 27 ans pour des civils ukrainiens.
  • Enfants ciblés : Plus de 350 mineurs inscrits sur les listes d’ »extrémistes » ou « terroristes ».

Cas emblématiques :

  • Nadine Gueisler, condamnée à 22 ans de prison en juin 2025 pour « trahison » et « terrorisme » après avoir fourni une aide humanitaire à des civils ukrainiens.
  • Arina Ivanova (Novokouznetsk), condamnée à 5 ans de prison pour un post sur VKontakte dénonçant les crimes russes à Boutcha.

Torture systématique – Impunité quasi totale.

  • Prison SIZO-2 de Taganrog : Un des centres les plus violents, où les détenus subissent famine, passages à tabac, noyades simulées, décharges électriques (y compris sur les parties génitales), viols et humiliations sexualisées.
  • Prisonniers ukrainiens : les prisonniers de guerre et civils ukrainiens subissent des violences généralisées. On compte pas moins de 16 000 civils disparus ou détenus illégalement par la Russie (ONU).

Censure numérique et contrôle de l’information

  • Blocage massif : Plus de 1,2 million de ressources Internet bloquées en 2025, détruisant l’espace numérique indépendant.
    • YouTube, Facebook, Instagram, X : Totalement bloqués.
    • Restrictions sur Apple : Suppression de contenus de médias indépendants et de musiques d’artistes désignés « extrémistes ».
    • Blocage des appels via Google Meet, FaceTime, WhatsApp, remplacé par la messagerie d’État Max.
    • Censure normalisée : Autocensure généralisée parmi les artistes, écrivains, blogueurs, et metteurs en scène.
  • Loi de juillet 2025 : Criminalisation des recherches en ligne de contenus « extrémistes ».
  • Et criminalisation indirecte de l’usage des VPN : l’utilisation d’un VPN/proxy peut être retenue comme circonstance aggravante.

Répression transnationale et pression sur les exilés

Les opposants en exil sont ciblés, et leurs familles en Russie sont harcelées.

  • Poursuites contre les opposants en exil : Alexeï Nesterenko, président de Rusos Libres (Espagne), condamné par contumace à 24 ans de prison pour « soutien au terrorisme » après avoir organisé des manifestations anti-guerre et collecté des dons pour l’Ukraine. Sa famille en Russie est harcelée (perquisitions, convocations au tribunal).
  • Des pays comme la Turquie extradient des exilés russes vers la Russie sur demande du Kremlin

Torture et « Assauts de viande » dans l’armée russe

Les « Assauts de viande » : Assauts frontaux suicidaires où des soldats (conscrits, prisonniers, contractuels) sont envoyés sans soutien pour épuiser les défenses ukrainiennes. Témoignage :
« On nous a dit : ‘Courez vers les tranchées ukrainiennes. Ceux qui reculeront seront abattus.’ Sur 200, 12 sont revenus. » (source : Verstka).

Les « Trous » : Torture et élimination

  • Pratique de l’« obnoulenie » (« annulation »), où des soldats sont torturés ou tués par leurs supérieurs pour punir, intimider ou éliminer. Des fosses de 2 mètres de profondeur (« trous ») sont utilisées pour noyer ou affamer les victimes.
    • 12 sites identifiés, avec des dizaines à centaines de victimes par site. À Taganrog, une fosse contenait 47 corps (dont des soldats encore en vie au moment de l’ensevelissement) — témoignage d’un médecin militaire (Rapport « Les Annulateurs » de Verstka).
    • 1 000+ cas de tortures avérées (rapport ONU).
      « On jetait les déserteurs dans des fosses avec de la chaux vive. Certains étaient encore en vie. » (Médecin militaire anonyme – Rapport « Les Annulateurs »).

Autres tortures systématiques

  • Passages à tabac, électrocutions (fil sur les parties génitales), noyades, viols collectifs, castrations.
  • Exécutions sommaires (balle dans la nuque).

Les prisonniers de guerre ukrainiens sont les premières cibles et subissent des tortures généralisées.

Groupes vulnérables et idéologie d’État

  • Violences domestiques : Doublées depuis 2022, souvent commises par des militaires revenus du front. Exemple : En octobre 2025, un soldat russe revenu d’Ukraine a tué sa femme et ses deux enfants à Rostov-sur-le-Don.
  • Répression anti-LGBT : Le « mouvement LGBT international » déclaré « extrémiste ». 221 affaires ouvertes pour « propagande LGBT », y compris pour l’affichage de drapeaux arc-en-ciel.
  • Fermeture du Musée du Goulag, retrait des livres de Svetlana Alexievitch des programmes scolaires.
  • Loi contre la « propagande childfree » : Interdiction des discussions publiques sur la contraception et l’avortement.
  • Idéologie patriarcale : Promue par l’État et l’Église orthodoxe, qui justifie la domination masculine et la soumission des femmes.
  • Militarisation de la société : Les valeurs de « virilité » et de « sacrifice » sont exaltées, légitimant les violences contre les femmes et les minorités.

Un climat de terreur généralisée

  • Contrôle social total : La surveillance de masse, la censure, et l’autocensure ont créé un climat de peur généralisée.
  • Culture et éducation : Condamnations d’artistes (ex. : Evgenia Berkovich et Svetlana Petriichuk, 7 ans de prison pour une pièce de théâtre) et d’enseignants (ex. : Natalia Taranushenko, 7 ans pour avoir évoqué Boutcha en classe).
  • Tchétchénie : Climat de peur extrême, marqué par la torture et les exécutions extrajudiciaires.
  • Torture et impunité : La torture est généralisée dans les prisons et l’armée, avec une impunité quasi totale pour les auteurs.

Sources :

English version :

Repression in Russia in 2025: a system of governance through fear

Systematic criminalization of dissent

In 2025, political repression in Russia has become fully institutionalized as a central tool of governance. Any form of opposition is criminalized, and the authorities use criminal prosecutions, long prison sentences, intimidation, torture, and ill-treatment to silence any criticism of the war or the regime.

  • 4,686 people imprisoned for political reasons (Memorial), including 1,465 in 2025 alone.
  • Average sentences of 8 years for actions, words, or even likes on social media expressing anti-war or anti-regime views.
  • “Calls to terrorism” have become the most common political charge.
  • 5,500 administrative cases for the use of prohibited symbols (including symbols linked to Navalny’s Anti-Corruption Foundation, LGBT symbols, and Ukrainian symbols).
  • 1,123 individuals/entities designated as “foreign agents.”
  • 291 NGOs classified as “undesirable”; any cooperation with them is punishable by up to 6 years in prison.

Concrete example:
In December 2025, three human rights defenders from Yekaterinburg (Aleksei Sokolov, Larissa Zakharova, Roman Kachanov) were arrested for “organizing the activities of an undesirable organization.” Larissa Zakharova and Roman Kachanov face up to 6 years in prison for cooperating with the Norwegian Helsinki Committee and the National Endowment for Democracy, both designated “undesirable” in Russia. Aleksei Sokolov is also charged with high treason, an offense punishable by 12 to 20 years in prison.

Abuse of anti-terrorism and anti-espionage laws

Articles of the Criminal Code on treason, espionage, and cooperation with a foreign state have become tools of mass repression. According to Parubets Analytics (December 2025):

  • 468 convictions in 2025 (an all-time record), with a median sentence of 15 years (up from 12 years in 2024).
  • In 35% of cases, those convicted are Ukrainians, often accused of “collaboration” with Kyiv in occupied territories.
  • 4 life sentences in 2025, and prison terms of up to 27 years for Ukrainian civilians.

Children targeted:
More than 350 minors have been placed on lists of “extremists” or “terrorists.”

Emblematic cases:

  • Nadine Gueisler, sentenced to 22 years in prison in June 2025 for “treason” and “terrorism” after providing humanitarian aid to Ukrainian civilians.
  • Arina Ivanova (Novokuznetsk), sentenced to 5 years in prison for a VKontakte post denouncing Russian crimes in Bucha.

Systematic torture – near-total impunity

SIZO-2 prison in Taganrog:
One of the most violent detention centers, where prisoners are subjected to starvation, beatings, simulated drowning, electric shocks (including to the genitals), rape, and sexualized humiliation.

Ukrainian prisoners:
Prisoners of war and Ukrainian civilians are subjected to widespread violence. At least 16,000 civilians are reported missing or illegally detained by Russia (UN).

Digital censorship and control of information

  • Mass blocking: Over 1.2 million online resources blocked in 2025, destroying the independent digital space.
  • YouTube, Facebook, Instagram, X: Completely blocked.
  • Restrictions on Apple: Removal of content from independent media and music by artists designated as “extremists.”
  • Blocking of calls via Google Meet, FaceTime, WhatsApp, replaced by the state messaging service Max.
  • Normalized censorship: Widespread self-censorship among artists, writers, bloggers, and theater directors.
  • July 2025 law: Criminalization of online searches for “extremist” content.
  • Indirect criminalization of VPN use: The use of a VPN/proxy can be treated as an aggravating circumstance.

Transnational repression and pressure on exiles

Opponents in exile are targeted, and their families in Russia are harassed.

  • Prosecutions in absentia:
    Alexei Nesterenko, president of Rusos Libres (Spain), was sentenced in absentia to 24 years in prison for “supporting terrorism” after organizing anti-war demonstrations and collecting donations for Ukraine. His family in Russia is harassed (searches, court summons).
  • Extraditions:
    Countries such as Turkey extradite Russian exiles to Russia at the Kremlin’s request.

Torture and “meat assaults” in the Russian army

“Meat assaults”:
Suicidal frontal attacks in which soldiers (conscripts, prisoners, contract soldiers) are sent without support to exhaust Ukrainian defenses. Testimony:

“We were told: ‘Run toward the Ukrainian trenches. Those who retreat will be shot.’ Out of 200, 12 returned.” (source: Verstka)

“The pits”: torture and elimination
The practice of “obnulenie” (“nullification”), where soldiers are tortured or killed by their superiors to punish, intimidate, or eliminate them. Two-meter-deep pits (“holes”) are used to drown or starve victims.

  • 12 identified sites, with dozens to hundreds of victims per site.
  • In Taganrog, one pit contained 47 bodies (some soldiers were still alive when buried) — testimony of a military doctor (Verstka report “The Nullifiers”).
  • 1,000+ documented cases of torture (UN report).

“They threw deserters into pits with quicklime. Some were still alive.”
(Anonymous military doctor – Verstka report “The Nullifiers”)

Other systematic abuses:
Beatings, electrocution (wires on genitals), drowning, gang rape, castration.
Summary executions (shot in the back of the head).
Ukrainian prisoners of war suffer torture systematically.

Vulnerable groups and state ideology

  • Domestic violence: Doubled since 2022, often committed by soldiers returning from the front.
    Example: In October 2025, a Russian soldier back from Ukraine killed his wife and two children in Rostov-on-Don.
  • Anti-LGBT repression: The “international LGBT movement” declared “extremist.” 221 cases opened for “LGBT propaganda,” including for displaying rainbow flags.
  • Closure of the Gulag Museum, removal of Svetlana Alexievich’s books from school curricula.
  • Law against “childfree propaganda”: Ban on public discussions of contraception and abortion.
  • Patriarchal ideology: Promoted by the state and the Orthodox Church, justifying male dominance and women’s submission.
  • Militarization of society: Values of “virility” and “sacrifice” are glorified, legitimizing violence against women and minorities.

A climate of generalized terror

  • Total social control: Mass surveillance, censorship, and self-censorship have created a pervasive climate of fear.
  • Culture and education: Convictions of artists (e.g. Evgenia Berkovich and Svetlana Petriichuk, 7 years in prison for a theater play) and teachers (e.g. Natalia Taranushenko, 7 years for mentioning Bucha in class).
  • Chechnya: An extreme climate of fear marked by torture and extrajudicial executions.
  • Torture and impunity: Torture is widespread in prisons and the army, with near-total impunity for perpetrators.

Sources

Обнулители  (Les Annulateurs) : quand l’armée russe torture et tue ses propres soldats

10 décembre 2025 — Journée des droits humains

En cette journée des droits de l’homme, nous souhaitons mettre en lumière un fait peu connu du public : les tortures dans l’armée russe. 

En Russie, un mot terrible résume l’horreur qui règne au sein de l’armée : « обнуление » — l’«annulation». Il désigne l’assassinat, la torture ou l’envoi délibéré à une mort certaine de soldats russes… par leurs propres camarades ou supérieurs. Ce n’est pas une exception, mais une pratique systématique, documentée par le média indépendant Verstka dans sa récente enquête « Обнулители » (« Les Annulateurs »). Plus de 100 militaires y sont identifiés comme bourreaux, transformant leurs unités en machines à broyer des vies.


L’enfer des « obnulitel » : tuer pour punir, pour l’exemple, ou par sadisme

Les méthodes sont d’une brutalité inouïe :

  • « On a cogné la tête d’un gars contre le sol jusqu’à ce qu’il meure. » Un soldat raconte comment un jeune conscrit a été battu à mort pour avoir bu de la vodka après des semaines de combat sans ravitaillement, dormant dans la boue et l’eau croupie. « Il agonisait, de la mousse lui sortait de la bouche, il avait des convulsions. On nous a ordonné de l’achever. »
  • Les « trous » : des fosses de deux mètres de profondeur, recouvertes d’une grille. Les victimes y sont jetées, puis noyées à l’eau glacée pendant des heures. « Tu finis par attraper une pneumonie, tes reins lâchent… et tu meurs. » Certains y sont laissés sans nourriture ni eau, battus quotidiennement. « Si tu veux sortir, bats-toi à mort contre les autres. »
  • Les « appâts » : des soldats envoyés en première ligne sans arme ni gilet pare-balles, servant d’appâts. « Tu cours vers une mort certaine. Derrière toi, un détachement t’empêche de reculer. Ton seul espoir : être blessé et fait prisonnier. » Ceux qui refusent sont exécutés sur place.

Un système de terreur institutionnalisé

Ces crimes ne sont pas l’œuvre de soldats isolés, mais d’une chaîne de commandement complice :

  • Les commandants vendent la vie de leurs hommes : ils exigent des pots-de-vin pour éviter les missions suicidaires, volent les salaires des contractuels, et éliminent ceux qui résistent.
  • Les corps des victimes sont cachés : enterrés en forêt, abandonnés sur le champ de bataille, ou même détruits à la grenade pour effacer les traces de torture. « On l’a habillé avec un vieux gilet pare-balles, on a posé deux grenades sous lui, et on a tout fait sauter. Ensuite, on a laissé son corps pourrir au soleil pendant des jours. »

Un piège légal : l’enrôlement forcé et l’impossibilité de fuir

Depuis septembre 2022, le décret sur la mobilisation, toujours en vigueur, a plongé des centaines de milliers de Russes dans un cauchemar sans issue :

  • Tous les contrats militaires ont été prolongés indéfiniment jusqu’à la fin de la « période de mobilisation » — une formule floue qui permet à l’État de maintenir les soldats sous les drapeaux jusqu’à 65 ans, sauf en cas d’invalidité totale ou d’emprisonnement.
  • Aucune démission n’est possible : même les contractuels, engagés pour une durée déterminée, se retrouvent piégés. Ceux qui refusent de combattre ou tentent de quitter leur unité risquent jusqu’à 10 ans de prison, selon la loi n° 365-ФЗ (2023), qui a durci le Code pénal, l’envoi dans les unités d’assaut les plus dangereuses et la torture.
  • La reddition est devenue un crime durement puni : depuis mai 2023, un soldat capturé doit prouver qu’il a résisté physiquement pour éviter d’être condamné à son retour. Sinon, il encourt 10 ans de prison pour « trahison ». 

Des chiffres qui accusent

  • Plus de 150 000 morts dans l’armée russe et 70 000 déserteurs — des chiffres des médias d’investigation et des défenseurs des droits humains qui révèlent l’ampleur de la répression interne.
  • 6 000 soldats aidés à déserter par des ONG comme « Идите Лесом » (« Fuir par la forêt »).
  • Plus de 100 000 demandes d’aide enregistrées par les défenseurs des droits humains depuis 2022 pour éviter l’enrôlement militaire, déserter ou se rendre.

Pourquoi en parler le 10 décembre ?

Parce que ces crimes sont une attaque frontale contre l’humanité elle-même. L’armée russe ne se contente pas de tuer en Ukraine : elle détruit ses propres soldats, les réduisant à l’état de chair à canon et la valeur de leurs vies à néant. Les « обнулители » sont le visage d’un régime qui a fait de la violence son seul langage.

Aujourd’hui, Journée des droits humains, nous refusons de détourner les yeux. Nous exigeons que ces crimes soient documentés, que leurs auteurs soient jugés, et que les victimes — celles qui ont survécu — trouvent refuge et justice.

Une collecte de dons est organisée en faveur des déserteurs et objecteurs de conscience, qui ont une position anti-guerre publique et ouverte, que nous soutenons. Vous pouvez lire leurs histoires sur notre site: https://russie-libertes.org/2024-04-24-il-faut-sauver-le-deserteur-ryan/ et aussi les aider par un don :  https://www.helloasso.com/associations/russie-libertes/collectes/il-faut-sauver-le-deserteur-ryan 

#StopTorture #Nonàlatorture #DroitsHumains #HumanRights

L’action des sociétés civiles russes et ukrainiennes face à la déportation des enfants d’Ukraine – Fabrique de la Diplomatie, 7 septembre 2025, Paris

Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, la déportation forcée d’enfants ukrainiens vers la Russie est devenue une réalité documentée et condamnée par la communauté internationale. Selon les dernières estimations, entre 19 546 enfants officiellement identifiés par Kiev et jusqu’à 300 000 selon certaines ONG, ont été déplacés, souvent dans le cadre d’un système organisé de russification et d’adoption. Face à cette crise humanitaire, les ONG russes et internationales ont développé trois approches principales : la recherche sur le terrain, l’enquête sur les réseaux de déportation, et le plaidoyer juridique auprès de la Cour pénale internationale (CPI).

1. La recherche sur le terrain : retrouver les enfants et documenter les crimes

Des journalistes et militants russes, souvent au péril de leur liberté, mènent un travail minutieux de documentation et d’identification des enfants déportés. Dès les premiers mois de la guerre d’invasion, le média indépendant russe Verstka a mené la première enquête sur le sujet dirigée par Anna Ryzhkova. Ses révélations ont joué un rôle pionnier en mettant en lumière l’existence de hubs de déportation dans les régions de Lougansk et Donetsk, ainsi que dans des villes russes comme Taganrog et Koursk. Grâce à des dizaines d’enquêtes, de recoupements de photos d’orphelinats, de bases de données ukrainiennes et russes (comme Усыновите.ру), et de témoignages, Verstka a pu identifier 285 enfants ukrainiens non adoptés mais placés dans des institutions russes, et partager ces informations avec les autorités ukrainiennes et la CPI. Une autre initiative de militants russes s’intitulant Kidmapping a permis d’identifier 260 centres où ont été placés près de 3000 enfants ukrainiens. Une carte interactive permet de visualiser la géographie de ce réseau : KIDMAPPING

Ces enquêtes ont aussi mis en lumière les méthodes de russification : changement de nom, de date de naissance, endoctrinement idéologique dès l’âge de 3 ans, et formation militaire (sources : 1, 2, 3).

Cependant, ce travail est extrêmement risqué : en Russie, transmettre des informations à des ONG ukrainiennes ou au gouvernement ukrainien est considéré comme de la « haute trahison », passible de 25 ans de prison. Des cas comme celui de Nadine Gueissler, condamnée à 22 ans de prison pour avoir aidé des Ukrainiens, illustrent la répression qui pèse sur les militants.

La tâche est d’autant plus complexe que les enfants grandissent et que leur situation évolue rapidement. Les autorités russes aggravent cette difficulté en modifiant systématiquement leur nom, leur date et leur lieu de naissance, effaçant ainsi toute trace de leur identité ukrainienne.

2. L’enquête sur les organisateurs : démanteler les réseaux de déportation

Les ONG et associations, comme « Pour l’Ukraine, leur liberté et la nôtre ! » en collaboration avec Russie-Libertés, ont étendu leurs investigations pour identifier les responsables des déportations. Leurs rapports ont permis d’établir que Maria Lvova-Belova, commissaire russe aux droits de l’enfant, est une figure centrale de ce système. Sous son égide, des milliers d’enfants ont été transférés vers des camps de « rééducation » ou adoptés par des familles russes, avec pour objectif avoué de les « russifier » et de les couper de leur identité ukrainienne. La CPI a d’ailleurs émis des mandats d’arrêt contre Lvova-Belova et Vladimir Poutine en mars 2023 pour « déportation illégale de population » et « transfert illégal d’enfants ».

En septembre 2024, une seconde communication a été adressée à la CPI pour étendre les poursuites aux organisateurs locaux et aux politiques russes du parti Russie Unie impliqués dans ces crimes. Les ONG demandent aussi l’ouverture d’une enquête pour « génocide », arguant que ces déportations visent à détruire l’identité nationale ukrainienne sur plusieurs générations.

3. Le plaidoyer juridique : saisir la justice internationale

La Coalition internationale pour le rapatriement des enfants ukrainiens, lancée en février 2024, coordonne les efforts pour partager des informations entre Kiev, les États partenaires et les mécanismes judiciaires internationaux. Les preuves recueillies (photos, témoignages, bases de données) sont transmises à la CPI, qui a déjà émis des mandats d’arrêt et continue d’enquêter sur ces crimes de guerre. Les ONG ukrainiennes, comme Save Ukraine ou Bring Kids Back UA, utilisent aussi des outils technologiques (reconnaissance faciale, intelligence artificielle) pour retrouver les enfants et faciliter leur rapatriement. Une campagne internationale initiée par Mémorial et le Centre des Libertés Civiles (deux ONGs russes et ukrainiennes) a également été lancé pour exiger la libération de tous les otages de la guerre (prisonniers de guerre, otages civiles, prisonniers politiques russes et enfants ukrainiens) : People First !

Malgré ces efforts, le retour des enfants reste exceptionnel : seulement 388 ont été rapatriés à ce jour, souvent grâce à des négociations discrètes. La Russie, quant à elle, continue de nier les déportations forcées et de présenter ces transferts comme des « sauvetages humanitaires ».

La déportation des enfants ukrainiens est un crime de guerre systématique, documenté par des ONG russes et internationales malgré les risques encourus. Leur travail de recherche, d’enquête et de plaidoyer est essentiel pour faire pression sur le Kremlin, soutenir les familles ukrainiennes et obtenir justice devant la CPI. Cependant, l’ampleur du phénomène et la résistance du régime poutinien rendent la tâche immense, et la communauté internationale est appelée à renforcer son soutien aux initiatives de rapatriement et de protection des victimes.

Résultats du Forum 2025 – Un Forum mobilisateur pour une Russie libre et une paix juste en Ukraine

Le Forum Russie-Libertés 2025, organisé par l’association française Russie-Libertés, s’est tenu le samedi 11 octobre 2025 à Paris, en présence de personnalités politiques, d’experts internationaux et de représentants de la société civile russe et ukrainienne. 

Sous le thème « Les sociétés face à la guerre », cet événement a réuni plus de 300 participants pour analyser les défis actuels de la société russe, les voies vers la paix en Ukraine et les moyens de contrer la désinformation.

Nicolaï Kobliakov, président de Russie-Libertés, a rappelé dans son discours d’ouverture la mission de l’association : « Porter la voix de la société civile russe en France, soutenir les mouvements anti-guerre et œuvrer pour une Russie démocratique et pacifique. » 

Depuis 2014, l’association se tient aux côtés du peuple ukrainien et soutient tous les peuples opprimés par le régime de Poutine.

Olga Prokopieva, directrice de Russie-Libertés, a souligné l’urgence de la situation : « Trois ans et sept mois après l’invasion massive de l’Ukraine, des milliers d’ukrainiens ont peri sous les bombes ou subissent la torture dans les prisons du Kremlin. Cette guerre extérieure s’accompagne d’une répression intérieure toujours plus brutale et institutionnalisée. Plus de 3 000 prisonniers politiques croupissent dans les geôles du Kremlin. »

REPLAY DE L’OUVERTURE DU FORUM : RU / FR

Points forts du Forum

Le Forum s’est ouvert avec une performance de Monetochka, icône de la pop russe engagée, qui a souligné le pouvoir de la musique comme dernier refuge de la résistance quand tous les autres moyens sont muselés.

«La guerre, c’est le chagrin et la cruauté. La jeunesse russe grandit dans une normalisation de la guerre.»

REPLAY DE L’OUVERTURE MUSICALE : RU / FR

La première table ronde, « Militarisation et Société – Les Russes sous Poutine » (modérée par Elsa Vidal, journaliste et écrivain française, spécialiste de la Russie, éditorialiste chez BFMTV ), a mis en lumière l’impact de la militarisation sur la société russe. Les intervenants ont analysé la violence engendrée par le retour des soldats du front, la répression croissante et le soutien réel à Poutine. Les experts ont insisté sur la peur croissante au sein même des élites, les difficultés économiques et de mobilisation dans l’armée qui freinent les appétits du Kremlin.

  • Serguey Krivenko (directeur de Citoyen. Armée. Loi.) a expliqué qu’il n’y a aucun départ volontaire d’hommes russes pour la guerre en Ukraine. Il est soit motivé par l’argent soit par la pression physique et psychologique. « Le nombre de ceux qui refusent de participer à la guerre augmente. Entre l’emprisonnement et l’enrôlement, de plus en plus de gens choisissent le premier. »

« La deuxième grande vague de mobilisation peut être annoncée à tout moment. Cependant, le gouvernement russe a peur de le faire, car le début de mobilisation en 2022 a été très mal perçu par la société russe ». 

  • Ksenia Fadeeva (ancienne prisonnière politique) « En Russie, faire de la politique normalement est devenu totalement impossible depuis 2021. L’opposition est criminalisée, mais la majorité des opposants restent en Russie, malgré les risques. »
  • Arnold Khatchaturov (Novaya Gazeta Europe) a présenté plusieurs études qui ont notamment révélé que malgré la baisse des protestations politiques en Russie, 40 000 actes de contestation depuis le début de la guerre massive ont été répertoriés – c’est environ 30 actes de protestation par jour.

Il a également alerté sur la hausse de la criminalité dans la société russe engendrée par le retour des hommes du front – « Plus de 3 500 sentences ont été prononcées contre d’anciens combattants, responsables de crimes graves. »

  • Andreï Pertsev (Meduza) « La Russie manque d’argent. Les budgets régionaux sont en déficit, et la population est fatiguée de la guerre. Pourtant, les élites russes, déçues par les espoirs de négociations avec Trump, restent passives. »
  • Farida R. (Faridaily) « Les purges au sein des élites russes se multiplient. Les élites vivent dans la peur et l’attente. Les règles du jeu ont changé, les anciens accords avec le régime ne fonctionnent plus. »

REPLAY DE LA TABLE RONDE 1 : RU / FR

La deuxième table ronde, « Justice et voie vers la Paix – Les conditions de l’acceptable » (modérée par Ekaterina Oleinikova, avocate, membre du conseil consultatif de l’association Russie-Libertés), a réuni des juristes, diplomates et défenseurs des droits humains. Les intervenants ont souligné la nécessité de mécanismes juridiques pour traduire en justice les crimes de guerre russes.

  • Florence Hartmann (association “Pour l’Ukraine, pour votre liberté et la nôtre!”) « Si l’impunité devient la norme, ce sera la victoire totale de ceux qui tuent. Les citoyens doivent préserver le droit international. »
  • Oleksandra Romantsova (Centre pour les Libertés Civiles, Ukraine) « Les conditions d’une paix ne sont tout simplement pas compatibles avec le régime poutinien puisque cela signifie respecter les êtres humains et la vie humaine. La Russie doit changer. »
  • Jeanne Sulzer (avocate, responsable de la commission justice internationale Amnesty France) « La CPI a ouvert une enquête dès 2022, soutenue par plus de 50 pays. L’Ukraine a elle-même ouvert 140 000 dossiers pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. »
  • Sergei Golubok (juriste spécialisé en droit de l’homme) a rappelé un principe simple « Pas de paix sans justice » et a appelé à davantage d’audace et de créativité dans l’application du droit international ainsi que dans l’évolution des sanctions. « Les avoirs russes gelés en Europe pourraient financer les réparations pour l’Ukraine. »
  • Pitt Sietzen (Service européen pour l’action extérieure) « L’UE soutiendra l’Ukraine aussi longtemps que nécessaire. La paix ne peut advenir sans le respect de la souveraineté ukrainienne. »

REPLAY DE LA TABLE RONDE 2 : RU / FR

La troisième table ronde, « Propagande et guerre : Comment percer la bulle de la désinformation ? » (modérée par Sergey Parkhomenko, éditeur et journaliste russe, cofondateur du prix Redkollegia), a exploré les moyens de contourner la censure en Russie. Même si les stratégies pour atteindre les Russes s’amenuisent, les médias indépendants redoublent d’efforts pour contourner les blocages et atteindre le public russe.

La table ronde a été ouverte par Brice Roquefeuil (Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères). “Je veux souligner le rôle de Russie-Libertés, et de vous toutes et tous qui réfléchissez à l’avenir de la Russie libre. Nous soutenons les médias indépendants et la société civile russe. Nous accueillons 150 000 Russes par an — pour le tourisme, pour se former, et on assume. Il est important de garder un contact avec la société russe.”

  • Elena Kostuchenko (Novaya Gazeta) « Informer pendant la guerre est une bataille. Le gouvernement russe consacre 1,5 milliard de dollars par an à la propagande. Les journalistes indépendants sont criminalisés, mais nous continuons à documenter les crimes de guerre. »
  • Semyon Kotchkine (média “La Tchouvachie en colère”) « Nous parlons des problèmes locaux pour renforcer l’identité culturelle. Nos lecteurs se sentent soutenus, ce qui nous motive à continuer. »
  • Pavel Kanyguine (To Be Continued) « Les Russes s’intéressent à des sujets qui leur offrent un échappatoire. Nous misons sur des contenus contextuels et historiques pour parler de l’actualité. »
  • Sarkis Darbinyan (RosKomSvoboda) « Les VPN sont une arme de résistance. 30 à 40 millions de Russes les utilisent pour contourner la censure. »
  • Jim Philipoff (RSF) « Le satellite Svoboda permet de diffuser des chaînes indépendantes en Russie, un trou dans l’espace médiatique de Poutine. »

REPLAY DE LA TABLE RONDE 3: RU / FR

Enfin, deux projets médiatiques francophones ont été présentés par Arnold Khatchaturov (Novaya Gazeta Europe) et Petr Mironenko (The Bell Pro). Ces initiatives illustrent l’apport précieux des journalistes russes en exil, qui mettent leur expertise au service de la compréhension de la Russie en France. Leur objectif : éclairer les autorités et le public français sur les réalités russes, tout en démantelant les récits propagandistes du Kremlin diffusés sur le territoire. La session a été modérée par Olga Prokopieva, directrice de Russie-Libertés.

Newsletter française de Novaya Gazeta Europe : s’abonner.
Newsletter française de The Bell Pro : s’abonner.

REPLAY DE LA PRÉSENTATION : RU / FR

Le Forum s’est achevé sur deux temps forts :

  • l’intervention de François Vauglin, maire du 11ᵉ arrondissement, réaffirmant l’engagement de Paris aux côtés de la société civile russe,
  • et le discours vibrant de Yulia Navalnaya, figure de l’opposition russe et veuve d’Alexeï Navalny.

Devant les militants russes réunis à la Salle des Fêtes, son allocution, à la fois combative et porteuse d’espoir, a redonné force et conviction à tous ceux qui luttent pour le changement.

 Ne lâchez rien. Ne baissez pas les bras. Ne rendez pas ce service à Poutine ! Chaque activiste, chaque projet, chaque initiative qui frappe le régime sous un angle différent multiplie nos chances de trouver sa faille. Et quand nous l’aurons trouvée — ce jour viendra — nous ferons ce que nous attendons depuis trop longtemps : Nous reviendrons en Russie. Nous mettrons notre force et notre énergie à déblayer les ruines que Poutine et ses complices ont accumulées. Et ensemble, nous construirons un pays pacifique, européen et heureux.”

REPLAY DU DISCOURS DE YULIA NAVALNAYA : RU / FR

Le Forum a également été l’occasion de :

  • Collecter 1 400 euros pour la campagne « Energy for Life », soutenant les Ukrainiens privés d’électricité.
  • Accueillir 25 militants venus d’Europe et de Russie pour des sessions de travail en marge du Forum et une rencontre au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

« Ces échanges sont essentiels pour renforcer les liens entre les activistes en exil et ceux restés en Russie. Ensemble, nous construisons une alternative à la dictature. »Olga Kokorina, directrice de l’Espace Libertés | Reforum Space Paris.

Russie-Libertés tient à remercier ses partenaires : la Mairie de Paris, la Mairie du 11ᵉ arrondissement, l’Institut Français, Amnesty International France, le Gouvernement du Canada, Reporters Sans Frontières, l’association « Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre ! », la Plateforme des initiatives civiques et anti-guerre, ainsi que l’Espace Libertés | Reforum Space.

« Ce Forum confirme que la société civile russe, malgré la répression, reste un acteur clé pour la paix et la démocratie. Nous continuerons à amplifier ces voix en France et en Europe. »Olga Prokopieva.

L’ONU : En Russie, la répression est devenue un système de contrôle de la société

Le 22 septembre 2025, lors d’une réunion du Conseil des droits de l’homme à Genève, la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Russie, Mariana Katsarova, a présenté un nouveau rapport glaçant. Le rapport constate une dynamique inquiétante : si, dans les premières années de la guerre, on parlait de « serrage de vis», les répressions sont désormais devenues un système établi de violence politique, intégré au modèle même du pouvoir.

“Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, les autorités russes ont intensifié le recours à des poursuites pénales, à des peines de prison de longue durée, à l’intimidation, à la torture et aux mauvais traitements pour réduire au silence l’opposition à la guerre,” écrit Mariana Katsarova.

Nous publions ici quelques extraits de ce rapport essentiel pour comprendre l’ampleur des répressions en Russie. Le rapport est à télécharger dans son intégralité sur le site du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme : télécharger.

Agents étrangers

1 040 personnes et organisations désignées « agents étrangers ». Depuis janvier 2025, 133 nouveaux acteurs de la société civile ont reçu ce statut injuste.

Désormais, les « agents étrangers » sont obligés d’ouvrir des comptes bancaires spéciaux : tous les flux financiers y sont bloqués tant que la personne ou l’organisation n’a pas été retirée du registre. Le pouvoir obtient ainsi un contrôle total sur les ressources financières et la possibilité de paralyser l’activité.

Organisations indésirables

245 ONG classées « organisations indésirables » (dont Russie-Libertés). Le statut « indésirable » rend impossible toute activité sur le territoire russe, et toute collaboration avec ces organisations est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 6 ans d’emprisonnement.

Journalistes et médias

Depuis 2022, les autorités ont inscrit 247 journalistes et médias sur la liste des « agents étrangers »195 médias sont désignés comme « indésirables ». Des journalistes sont condamnés pour «fake news», pour le simple exercice de leur métier, avec des peines extrêmmement lourdes :

  • Sergey Mikhailov : 8 ans de prison
  • Antonina Favorskaya : 5,5 ans de prison
  • Olga Komleva : 12 ans de prison

Ces condamnations sont devenues un symbole de la pression exercée sur la presse indépendante en Russie.

Censure numérique

En 2025, plus de 1,2 million de ressources Internet ont été bloquées en Russie. Cette offensive massive contre la liberté numérique détruit pratiquement l’espace Internet indépendant à l’intérieur du pays.

Prisonniers politiques

Actuellement, 3 850 personnes sont poursuivies pénalement en Russie pour des raisons politiques. Plus de 3000 se trouvent en détention. 60 nouvelles affaires par mois en moyenne sont ouvertes contre des femmes, hommes et enfants ordinaires opposés à la guerre et au régime poutinien. Les prisonniers politiques représentent entre 20 à 30% de toutes les personnes détenues en détention provisoire, ce qui illustre l’ampleur de l’utilisation du système pénal pour réprimer la dissidence.

Torture

Entre 2024 et 2025, au moins 258 cas de torture ont été documentés. Mais seulement 10 auteurs de torture ont été condamnés avec sursis. Cela démontre l’impunité quasi totale des forces de l’ordre.

La torture est massivement infligée aux détenus ukrainiens. La prison SIZO-2 de Taganrog est l’un des centres de détention les plus violents : famine, passages à tabac, quasi-noyades, décharges électriques (y compris sur les parties génitales), humiliations sexualisées, viols.

“Terrorisme et extrémisme”

Les autorités russes détournent les accusations de « terrorisme » pour criminaliser tout soutien à l’Ukraine. En juin 2025, Nadin Gueisler, qui fournissait de l’aide humanitaire à des civils ukrainiens, a été condamnée à 22 ans de prison pour « trahison » et « terrorisme ».

Le ciblage des enfants pour « terrorisme » et « extrémisme » reste profondément alarmant. Plus de 150 mineurs âgés de 14 à 17 ans ont été inscrits sur la liste des « extrémistes » et « terroristes ». Des cas ont également été signalés où des enfants ont été accusés de « trahison » et soumis à la torture pour obtenir des aveux.

Armé et Mobilisation

Depuis le début de l’invasion à grande échelle, la Russie utilise activement les prisonniers comme « ressource » pour le front. Désormais la loi permet d’annuler les peines des condamnés s’ils s’engagent dans l’armée. Environ 200 000 détenus ont été enrôlés et la police est payée pour chaque engagement.

En juillet 2025, 80 prisons sur 900 ont été fermées — le système pénitentiaire est littéralement vidé en raison du recrutement massif.

Le ministère de la Défense recrute intensivement des étrangers, dont des victimes de trafic humain en provenance du Népal et du Sri Lanka, en les forçant sous la torture et les menaces à signer des contrats militaires. 80 000 nouveaux détenteurs de la nationalité russe, principalement originaires d’Asie centrale, ont également été obligés de s’enrôler. 

Des conscrits russes sont contraints, par la torture et la tromperie, à signer des contrats les envoyant au front. Dans au moins un cas, une personne a été abattue pour avoir refusé de signer.

La Croix-Rouge a enregistré 110 000 cas de soldats russes portés disparus, et plus de 50 000 cas de désertion ont été signalés depuis le début de la guerre à grande échelle. La désertion est devenue l’une des principales voies pour celles et ceux qui cherchent à éviter de participer à la guerre.

Groupes vulnérables

L’expansion de l’idéologie nationaliste soutenue par l’État a banalisé les discriminations et les violences fondées sur l’identité, notamment à l’encontre des femmes et des filles, des personnes LGBT+, des peuples autochtones, des minorités ethniques et des migrant·e·s.

Depuis 2022, le nombre de cas de violences domestiques impliquant des militaires a presque doublé. Des violeurs et meurtriers, revenus du front, tuent leurs épouses, violent des enfants. Selon des enquêtes journalistiques, des vétérans de guerre en Russie ont commis des crimes contre des civils, entraînant plus de 750 morts ou blessés.

En 2025, les autorités ont adopté une nouvelle loi contre la « propagande childfree », interdisant toute discussion en publique sur la contraception et l’avortement.

Depuis la qualification du « mouvement LGBT international » comme « extrémiste », la répression étatique s’est intensifiée : 

  • Fermeture d’organisations et initiatives LGBT
  • Descentes contre des lieux fréquentés par des personnes queer, entraînant des arrestations et des convocations pour la mobilisation militaire
  • 221 affaires ont été ouvertes pour « propagande LGBT », y compris pour l’affichage de symboles comme le drapeau arc-en-ciel

Les répressions en Russie ne sont pas de simples abus, mais constituent une politique d’État délibérée. Les autorités ignorent volontairement les obligations internationales en matière de droits humains. Le niveau de contrôle idéologique est désormais comparable à celui de la fin de l’ère soviétique, mais les méthodes sont beaucoup plus sévères.

Le rapport souligne que la répression traverse aujourd’hui toutes les sphères de la vie en Russie. Dans le domaine culturel, les réalisatrices Evgenia Berkovich et Svetlana Petriichuk ont été condamnées à de réelles peines de prison pour « terrorisme » en lien avec des productions théâtrales.

Dans le domaine éducatif, les livres de Svetlana Alexievitch ont été retirés du programme scolaire et le Musée de l’histoire du Goulag a été fermé, tandis que la pression s’intensifie sur les enseignants et étudiants : ainsi, l’enseignante Natalia Taranushenko a été condamnée à 7 ans de prison pour avoir évoqué devant ses élèves les massacres de Boutcha.

Un chapitre distinct du rapport décrit le climat psychologique où la peur, l’autocensure et l’épuisement deviennent une composante quotidienne. En Tchétchénie, on observe un climat de peur profondément enraciné, marqué par la torture et les exécutions extrajudiciaires.

Enfin, le rapport met en lumière le rôle essentiel de la société civile en exil : même hors de Russie, les activistes poursuivent leur travail, maintiennent le lien avec la population et résistent à l’isolement. En 2025, six organisations créées par des Russes à l’étranger ont été déclarées « indésirables », y compris l’Institut Andreï Sakharov et le mouvement « Paix. Progrès. Droits humains » en France. Des défenseurs des droits humains, tels que Sergey Lukashevsky (ancien directeur du Centre Sakharov) et Sergey Davidis, ont été condamnés par contumace pour avoir poursuivi leur activité depuis l’étranger.

Ce rapport constitue un outil de pression internationale essentiel : il documente les violations et offre aux victimes ainsi qu’à la société russe une reconnaissance — le monde voit ce qui se passe.

L’ONU a reconnu l’évidence : en Russie, une véritable machine d’État de répression a été mise en place. Pourtant, le rapport rappelle avec force que la société civile est vivante et qu’elle doit être soutenue.

Chaque publication, chaque action, chaque diffusion de la vérité devient alors un acte de résistance.

Source photo : AFP

Les Russes sous une chape de plombe. De nouvelles lois de censure sont entrées en vigueur en Russie.

À partir du 1er septembre – plus de 750 nouvelles lois et actes entrent en vigueur.

Dès la rentrée, la Russie connaîtra une vague sans précédent de changements législatifs. Plus de 750 nouvelles dispositions seront mises en place, touchant presque tous les domaines de la vie quotidienne : l’internet, les médias, l’éducation et même la communication personnelle.

L’objectif principal : limiter encore davantage l’accès des citoyens aux sources d’information alternatives et renforcer le contrôle de l’État sur la société.

Amendes pour « extrémisme » – même pour une recherche

Désormais, la sanction ne s’applique pas seulement à la publication, mais aussi au simple fait de rechercher une « information extrémiste ». Les formulations sont floues : ce sont les autorités qui décideront s’il y avait « intention ». Cela rend toute recherche en ligne potentiellement dangereuse.

Loi fédérale n° 281-FZ du 31 juillet 2025 :

  • Amendes jusqu’à ≈50 € pour « recherche intentionnelle » sur Internet
  • Renforcement des sanctions pour la publicité de services VPN

Contrôle total des communications

  • Installation obligatoire de RuStore (équivalent de Google Play) et du messanger d’État Max sur tous les appareils
  • Amende de ≈ 2 000 € pour la transmission d’une carte SIM à une autre personne
  • Amende de ≈ 5 000 € pour l’organisation d’un VPN (qui permet d’accéder aux réseaux sociaux et sites censurés par le Kremlin)

Ces mesures suppriment l’anonymat en ligne et exposent les échanges privés, donnant aux autorités un accès illimité aux communications des citoyens.

Renforcement de la propagande

Parallèlement au durcissement de la censure et à la restriction de l’accès à l’information libre, le Kremlin renforce sa propagande — dans les médias, mais aussi dans la culture et l’éducation. Depuis le 1er septembre, les « conversations sur l’essentiel », qui inculquent aux enfants la propagande de la guerre et du régime de Poutine, sont devenues obligatoires même dans les jardins d’enfants — dès l’âge de trois ans.

Nouvelles interdictions pour les “agents étrangers”

Les ONG et les particuliers ayant le statut « d’agent étranger » ne peuvent plus mener d’activités éducatives ou de sensibilisation. Cela prive la société d’une source essentielle d´apprentissages indépendants et d’idées alternatives.

Loi fédérale n° 72-FZ du 7 avril 2025 :

  • Interdiction des activités éducatives des « agents étrangers »
  • Interdiction de la publicité sur les ressources « indésirables » et « extrémistes » (désignations largement utilisées par le Kremlin contre les organisations de la société civile).

Résultat : encore plus d’isolement. Toutes ces nouvelles lois visent à restreindre la liberté de choix et d’information, et à donner à l’État un contrôle total sur ce que les gens lisent, regardent et discutent.

Que peut-on faire ?

Il est possible de soutenir les médias indépendants travaillant depuis l’étranger, car leur rôle reste essentiel pour garantir aux citoyens russes un accès à une information libre et pluraliste. On peut également contribuer à la diffusion d’informations issues de sources indépendantes du Kremlin, afin de briser l’isolement informationnel et de permettre aux gens de comparer les faits par eux-mêmes.

Aujourd’hui, les médias indépendants demeurent l’un des rares canaux permettant aux Russes d’accéder à une information objective, et leur survie dépend directement de la solidarité et du soutien de ceux qui croient en la liberté d’expression.

Forum Russie-Libertés : Les sociétés face à la guerre

Samedi 11 octobre 2025, de 10h à 19h30. Mairie du 11ème arrondissement de Paris.

Comme chaque année, le Forum organisé par l’association française Russie-Libertés réunit et favorise les échanges entre les personnalités politiques et publiques françaises et européennes et les représentants des forces démocratiques et de la société civile de Russie.

Cette année, le Forum se concentrera sur trois aspects principaux. D’une part, nous analyserons l’état actuel de la société russe et l’impact de sa militarisation et de la propagande. D’autre part, le Forum servira de plateforme pour réfléchir aux voies possibles de fin de la guerre en Ukraine, de rétablissement de la paix sur le continent européen et de l’avenir d’une Russie libre. Enfin, les experts échangeront sur les moyens de percer la bulle de la désinformation dans la société russe.

PROGRAMME

10h00-12h00

Ouverture du Forum

· La résistance par la musique : Rencontre avec la chanteuse Monetochka
· Ouverture musicale

12h30-14h00

 Table ronde 1 : Militarisation et Société – Les Russes sous Poutine

Cette table ronde explorera l’état actuel de la société russe et l’impact de sa militarisation. Les discussions incluront la violence engendrée par le retour des hommes du front, les répressions, ainsi que les conséquences de la guerre sur les différentes régions de Russie. De plus, cette table ronde analysera le sentiment et le réel soutien à Poutine dans la société russe, en évaluant les difficultés de mobilisation dans l’armée et la capacité de Poutine à maintenir et augmenter son soutien militaire au sein de la population, ainsi que l’existence d’un potentiel de contestation. 

Intervenants confirmés : Sergey Krivenko (directeur de Citoyen. Armée. Loi. et Membre du conseil de Mémorial International), Ksenia Fadeeva (ancienne prisonnière politique et membre de l’équipe Navalny), Arnold Khatchaturov (journaliste et sociologue, rédacteur en chef adjoint – Novaya Gazeta Europe), Andreï Pertsev (journaliste, chroniqueur politique à Meduza, contributeur régulier de Carnegie et de Ridl), Farida R. (journaliste politique, fondatrice du média Faridaily).

Modération : Elsa Vidal, journaliste et écrivain française, spécialiste de la Russie, éditorialiste chez BFMTV

14h20-15h50

Table Ronde 2 : Justice et voie vers la Paix – Les conditions de l’acceptable

Cette table ronde vise à définir les contours d’une paix acceptable pour les Ukrainiens, fondée sur la justice, la sécurité et la reconnaissance des droits fondamentaux.
La discussion portera sur les conditions nécessaires à la fin de la guerre en Ukraine : les mécanismes juridiques et politiques permettant de traduire en justice les responsables du régime russe pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ; les efforts internationaux pour la libération de tous les otages civils et militaires détenus par le Kremlin ; l’efficacité des régimes de sanctions en place et les perspectives de leur renforcement ; et enfin, les conditions d’une paix juste et durable.

Intervenants confirmés : Sergey Golubok (docteur en droit international et consultant indépendant en affaires juridiques), Jeanne Sulzer (avocate au barreau de Paris, conseillère auprès de la CPI et responsable de la commission justice d’Amnesty), Oleksandra Romantsova (directrice exécutive du Centre des Libertés Civiles – Ukraine), Florence Hartmann (porte-parole et conseillère du procureur des Tribunaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, membre du conseil d’administration de l’association “Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre!”), Pitt Sietzen (policy officer au Service européen pour l’action extérieure de l’Union Européenne)

Modération : Ekaterina Oleinikova, avocate, membre du conseil consultatif de l’association Russie-Libertés

16h10-16h20

Intervention introductive

Brice Roquefeuil, Directeur de l’Europe continentale, Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères

16h20-17h50

Table ronde 3 : Propagande et guerre : Comment percer la bulle de la désinformation dans la société russe 


La quasi-totalité des médias russes sont sous contrôle du Kremlin et la propagande est partout. Les médias indépendants sont en exil et tentent d’atteindre leurs publics par les réseaux sociaux qui sont de plus en plus difficilement accessibles depuis la Russie. Dans ce contexte, quels sont les meilleurs moyens pour tenter d’arriver à l’oreille des Russes et comment y parvenir?

Intervenants confirmés : Elena Kostuchenko (journaliste indépendante – Novaya Gazeta, Meduza), Jim Philipoff (directeur du projet Svoboda satellite de RSF), Sarkis Darbinyan (cofondateur et directeur juridique de RosKomSvoboda), Semen Kotchkine (activiste et journaliste régional de la Tchouvachie), Pavel Kanyguine (rédacteur en chef du média Prodolzheniye Sleduyet – To Be Continued).

Modérateur : Sergey Parkhomenko, éditeur et journaliste russe, cofondateur du prix Redkollegia

17h50-18h20

Présentation : L’expertise des médias indépendants russes en France – l’exemple de Novaya Gazeta Europe et The Bell Pro

Intervenants confirmés : Arnold Khatchaturov (journaliste et sociologue, rédacteur en chef adjoint – Novaya Gazeta Europe) et Petr Mironenko (cofondateur et rédacteur en chef adjoint – The Bell)
Modération : Olga Prokopieva, directrice de Russie-Libertés

18h40-18h50

Mot d’accueil

François Vauglin, Maire du 11ème arrondissement de Paris

18h50-19h20

Keynote speaker

Yulia Navalnaya, femme politique russe et épouse du défunt Alexeï Navalny

19h20-19h30

Mot de clôture

Benjamin Haddad, ancien ministre chargé de l’Europe, Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères

Le Forum se tiendra en langues russe et française.

Nous remercions les partenaires et soutiens du Forum : Mairie de Paris, Institut Français, Amnesty International France, le Gouvernement du Canada, Reporters Sans Frontières, “Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre!, la Plateforme des initiatives civiques et anti-guerre et l’Espace Libertés | Reforum Space Paris.

Alaska 2025

 L’Alaska 2025 ne doit pas devenir Munich 1938, ni Yalta 1945 / Alaska 2025 must not become Munich 1938, nor Yalta 1945

We publish an open letter in Le Monde to urge the leaders of Europe and the world ahead of the upcoming meeting between Trump and Putin.

The appeal is signed by leading human rights defenders, civil society representatives, and intellectuals from Europe, Russia, Ukraine, and around the world. 

FR

Aux dirigeant·es de l’Europe et du monde,

Nous, représentant·es de la société civile mondiale, réfugié·es politiques, militant·es démocratiques et défenseur·ses de la paix et des droits humains, vous adressons ce message avec une profonde inquiétude.

Nous observons avec une grande appréhension la rencontre prévue à la fin de cette semaine en Alaska entre le président américain Donald Trump et Vladimir Poutine. Nous craignons que cet entretien n’aboutisse à un accord tactique de court terme susceptible de causer des dommages irréparables à l’Ukraine, à l’Europe et à la sécurité internationale. L’Alaska 2025 ne doit pas devenir Munich 1938, ni Yalta 1945 !

Nos inquiétudes portent notamment sur la possibilité qu’un accord vienne légitimer l’occupation illégale par la Russie de territoires ukrainiens et la recomposition par la force des frontières établies en 1991. Nous redoutons également un assouplissement, voire une levée des sanctions contre le régime de Poutine, permettant son retour dans des enceintes internationales comme le G7, ainsi que sa participation à des événements sportifs et culturels — ce qui ne ferait que légitimer sa dictature. Nous redoutons également que l’Ukraine subisse des pressions sans précédent pour l’obliger à accepter un accord imposé et profondément injuste, accompagné d’une offensive diplomatique mondiale de Poutine visant à en justifier et à en promouvoir les conditions.

Nous exhortons les dirigeant·es des nations européennes et de la communauté internationale à veiller à ce qu’aucun accord ne soit conclu sans la participation et le consentement directs de l’Ukraine et de l’Europe. Il est crucial de ne reconnaître ni soutenir aucune décision qui aboutirait à légitimer une occupation illégale issue d’une agression brutale de la part du régime de Poutine. Les sanctions contre ce régime doivent être maintenues et renforcées jusqu’à la cessation complète de l’agression, la libération des territoires occupés, la libération de tous les prisonniers politiques ainsi que des civils et militaires ukrainiens captifs, et la traduction en justice des responsables. Il faut également empêcher le retour de la Russie dans les organisations et événements internationaux tant qu’elle n’aura pas respecté ses obligations en vertu du droit international.

Nous proposons la mise en place d’un Bouclier européen pour la démocratie, doté des moyens nécessaires pour protéger les valeurs et institutions démocratiques sur l’ensemble du continent. Il est également essentiel de renforcer la coopération européenne en matière de défense pour garantir la sécurité collective et dissuader tout agresseur potentiel. Un renforcement de la solidarité internationale au sein de la « Coalition des volontaires » est indispensable pour soutenir les pays qui résistent à l’autoritarisme et à l’agression. Nous appelons particulièrement le Brésil, l’Inde, la Chine, l’Australie et le Canada à s’abstenir de soutenir l’accord d’Alaska, à défendre le droit et la justice internationaux et à œuvrer à une paix juste.

Tout « accord » fondé sur des concessions injustes faites à un agresseur ne peut pas apporter une paix durable. Il ne fera que perpétuer l’impunité et instaurer un dangereux précédent pour le monde, menaçant nos intérêts et notre sécurité communs.

Nous vous appelons à faire preuve de fermeté et de principes. Seule une position unie et intransigeante de la communauté internationale en défense du droit et de la justice peut stopper l’escalade et poursuivre la lutte pour la paix et la justice.

ENG

To the leaders of Europe and the World,

We, representatives of global civil society, political refugees, democratic activists, and advocates for peace and human rights, address you with urgent concern.

With deep apprehension, we observe the upcoming meeting between U.S. President Donald Trump and Vladimir Putin, scheduled for the end of this week in Alaska. We fear that this meeting could result in a tactical short term agreement that may cause irreparable damage to Ukraine, Europe and international security. Alaska 2025 must not become Munich 1938, nor Yalta 1945 !

Our concerns include the possibility of concluding a deal that would legitimize Russia’s illegal occupation of Ukrainian territories and recomposition of 1991 borders by force. We are also worried about the potential easing or lifting of sanctions against Putin’s regime, allowing its return to international forums such as the G7, and participation in sports and cultural events, which would only serve to legitimize Putin’s dictatorship. Additionally, we fear unprecedented pressure on Ukraine to force it into acceptance of an imposed and unfair agreement, and Putin’s international campaign to support this disgraceful deal.

We urge you, the leaders of European nations and the global community, to ensure that no agreements are made without the direct participation and consent of Ukraine and Europe. It is crucial not to recognize or support any decisions that could bring to the legitimization of illegal occupation following a brutal aggression by Putin’s regime. We must maintain and strengthen sanctions against the Russian regime until there is a complete cessation of aggression, liberation of occupied territories, release of all political prisoners and Ukrainian civilian and military captives, and those responsible are brought to justice. Furthermore, we must prevent Russia’s return to international organizations and events until it fulfills its obligations under international law.

We propose establishing a strong European Democracy Shield with capacities to protect democratic values and institutions across Europe. Strengthening European defense cooperation is also essential to ensure collective security and deter potential aggressors. Increasing international solidarity with the Coalition of the Willing will support nations resisting authoritarianism and aggression. We particularly call upon Brazil, India, China, Australia and Canada to refrain from supporting the Alaska deal and to uphold international law and justice, and build a fair peace. 

Any « deal » built on unfair concessions to the aggressor will not bring lasting peace. It will only perpetuate impunity and set a dangerous precedent for the world, threatening our common global interests and security. 

We call on you to demonstrate firmness and principle. Only a united and uncompromising stance by the global community in defense of international law and justice can halt further escalation and continue the struggle for peace and justice.

Open letter signed by

  • Olga Kokorina, Espace Libertés / Reforum Space Paris, Director, France
  • Olga Prokopieva, Russie-Libertés, Director, France
  • Oleg Orlov, Co-Chair of Human Rights Defense Center Memorial, former political prisoner
  • Sergei Davidis, Co-Chair of HRDC Memorial, Head of « Political Prisoners Support. Memorial » Human Rights Project
  • Natalia Morozova, Co-Chair of Human Rights Defense Center Memorial
  • Alexander Cherkasov, Member of the Council of the Human Rights Defense Center Memorial
  • Yevgeniy Zakharov, director of the Kharkiv Human Rights Protection Group, Ukraine
  • Oleh Tsvilyi, Protection for Prisoners of Ukraine, Director, Ukraine
  • Hugues de Suremain, défenseur des droits humains, directeur juridique du European Prison Litigation Network, France
  • Alexey Nesterenko, La Asociación de Rusos Libres, President, Spain
  • Oleg Mikhajlov, Future Russia, Executive Board Member, Switzerland
  • Vera Ammer, Memorial Deutschland, Germany
  • Natalia Arno, President, Free Russia Foundation, USA
  • Anne Le Huerou, Paris Nanterre University, France
  • Nata Lyubavskaya, Help for Political Prisoners, Founder 
  • Ksenia Maximova, Russian Democratic Society, Founder, UK
  • Yuri Dzhibladze, Freedom Files, Deputy Chair of the Board, Poland
  • Antiwar Serbia Community
  • Svetlana Lana KOSHKAREVA, Nuremberg Trials 2.0, Director, Canada
  • Olga Babina, Russian Canadian Democratic Alliance, Co-founder
  • Viktoriia Kokareva, Russi Contro La Guerra, Italia
  • Eleonora Mongelli, FIDU – Italian Federation for Human Rights, Vice-chairman
  • Antonio Stango, FIDU, President
  • Florian Irminger, President, Progress & Change Action Lab, Switzerland
  • Lev Ponomarev, Institut  Andrei Sakharov, Président, France
  • Sergey Krivenko, Director of the Human rights group « Citizen. Army. Low », Russia
  • Andrea Gullotta, Memorial Italy, Vice-president and Associate Professor at the University of Palermo
  • Irina Shcherbakova, Board member of the International « Memorial » Association
  • Ekaterina Margolis, Artist
  • Inna Berezkina, Head of programmes, School of Civic Education, Lithuania
  • Michel Eltchaninoff, Editor-in-Chief of Philosophie magazine, and specialist in the history of Russian thought
  • Victoria Ivleva, journalist, photographer
  • Mikhail Lotman, Professor emeritus Tallinn University and visiting professor University of Tartu
  • Mikhail Shishkin, writer
  • Jonathan Littell, writer
  • Andrey Kurkov, writer
  • Ludmila Ulitskaya, writer
  • Elena Kostioukovitch, writer
  • Jan Balbierz, Jagiellonian University
  • Maksim Reznik, European Petersbourg movement and Russian Antiwar committee 
  • Anastasia Shevchenko, Russian Antiwar committee
  • Yuriy Nikitine, Freies Russland NRW, President, Germany
  • Tatiana Yankelevich Bonner, Center Associate & Director of Andrei Sakharov Program on Human Rights (2004-2009) at Davis Center for Russian and Eurasian Studies, Harvard University
  • Rev. Valerian Dunin-Barkovskiy, Friede Allen e. V. (“Peace to all”), Head of Board
  • Vadim Prokhorov, lawyer, Centre de la Protection Internationale, Strasbourg
  • Irina Vesikko, Democratic community of Russian speakers in Finland, Founder and Chairperson
  • Arndt Freytag von Loringhoven, Diplomat, Germany

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