Nouveau dossier de presse : l'Euromaïdan vu de la Russie
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“Bal populaire à Kiev” dans le métro de Moscou
Depuis le 29 novembre, jour où le président ukrainien Viktor Ianoukovitch s’est abstenu d’adhérer au Partenariat oriental de l’EU lors du sommet à Vilnius, l’Ukraine grogne. Une marée humaine pro-européenne a inondé Kiev. L’avis de la Russie dans cette affaire ne se limite pas à ce qu’ impose ou n’impose pas Poutine. Les Russes qui suivent les images de ce qui se passe à Kiev ne peuvent pas s’empêcher de comparer l’échec du mouvement protestataire massif de fin 2011 – début 2012 en Russie avec la réussite manifeste de l’Euromaïdan. Et cette réussite inquiète le pouvoir russe.
Dans la lutte acharnée contre la Russie qui « achète » l’Ukraine, la sympathie des Russes à l’égard de leurs voisins révolutionnaires ne va pas de soi. Pour rappeler que Poutine n’est pas toute la Russie et marquer formellement une rupture avec la politique de la force et de la manipulation, des écrivains russes rédigent une lettre de soutien à la protestation ukrainienne où ils disent faire partie de la même civilisation européenne, partager la même indignation et lutter pour la même cause. Russie-Libertés publie la traduction de cette lettre. Nous publions également la traduction d’un article du journaliste Oleg Kachine, « Comment manipuler Vladimir Poutine », qui montre comment les affrontements entre la police et les manifestants à Kiev peuvent contribuer au durcissement du régime poutinien et notamment affecter le projet d’amnistie prévu pour le 20 e anniversaire de la Constitution russe. Son pronostic sur l’amnistie s’est avéré faux, mais nous verrons si l’avenir proche lui donnera raison. Une première réaction à l’Euromaïdan ne s’est pas fait attendre longtemps : le 17 décembre la Douma a adopté en première lecture la loi qui prévoit de bloquer des sites web à la seule demande du Parquet, et notamment ceux qui appellent à rejoindre des rassemblements non-autorisés.
Comment le pouvoir russe souhaiterait-il que les événements à Kiev soient perçus par la population ? Les reportages du journal télévisé de la principale chaîne d’information, 1tv, donnent une réponse claire : les manifestants sont peu nombreux, sont tous des extrêmistes ultranationalistes et financés par les États-Unis.
Les revendications de l’Euromaïdan, l’éventualité d’une association avec l’UE et de la création d’une zone de libre-échange ont profondément divisé le pays. Pour mieux le comprendre, nous publions les résultats d’un sondage d’opinion effectué du 4 au 9 décembre 2013.
Nous publions enfin la traduction d’un article de fond du journaliste Vladimir Fédorine « Pourquoi Ianoukovitch a échoué » qui analyse les facteurs qui ont motivé les Ukrainiens à descendre dans la rue. Ce ne serait pas l’espoir d’une vie meilleure et une augmentation des salaires mais, selon le journaliste, l’espoir de voir la lumière au bout du tunnel. Une lumière que le régime de Ianoukovitch, de plus en plus populiste et de plus en plus corrompu, s’efforcerait à obstruer en douce. Lire le dossier de presse sur Penserlarussie.org