Journée internationale de solidarité avec Nadia Tolokonnikova

Le 7 octobre, journée internationale de solidarité avec Nadia Tolokonnikova, Russie-Libertés reproduit pour la première fois en français une récente interview de Nadia, publiée en russe le 2 octobre par le journal Novaïa Gazeta.

Le 23 septembre dernier, Nadia Tolokonnikova révèlait au public, dans une lettre ouverte annonçant sa grève de la faim, un véritable « esclavage moderne » sur son lieu de détention, la colonie pénitentiaire 14 de Mordovie. Ces révélations ont créé une véritable onde de choc dans le monde et n’en finissent pas de générer des polémiques en Russie: des membres du comité fédéral de l’exécution des peines, et de la délégation aux droits de l’homme auprès du président russe, ont alors effectué une mission de vérification dans la colonie et ont interrogé Nadia dans une cellule où elle avait été placée à l’isolement.

L’entretien a été réalisé quelques jours avant son placement à l’hôpital, au 7ème jour de sa grève de la faim. Cet entretien amplifie les révélations de la lettre ouverte : il jette une lumière glaçante sur la loi du silence imposée par la peur aux détenues souhaitant exiger des conditions de détention conformes à la législation russe. Il montre aussi les manipulations et pressions des autorités pénitentiaires pour empêcher les prisonnières de témoigner ouvertement dans le cadre de cette inspection, rendant d’ores et déjà les conclusions de celle-ci sujettes à caution.

Au 8ème jour de la grève de la faim, Nadia a été placée sous perfusion et contrainte de la suspendre. Selon les dernières informations, elle a déclaré vouloir reprendre la grève de la faim si les trois conditions suivantes n’étaient pas respectées :

l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les conditions de détention dans le camp de travail n°14 ;

la mise en place de mesures de sécurité adéquates pour toutes ses codétenues souhaitant témoigner ;

son transfert, pour sa sécurité, dans une autre colonie pénitentiaire, à moins qu’une enquête soit immédiatement ouverte contre le directeur-adjoint Youri Kouprianov, qui l’a menacée de mort.

Après avoir envoyé une lettre et interpelé le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants le 24 septembre dernier, Russie-Libertés exige aujourd’hui l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, objective et transparente sur les conditions de détention dans cette colonie.

L’entretien est disponible ici: https://russie-libertes.org/2013/10/07/entrevue-delena-masuk-avec-nadejda-tolokonnikova-publie-a-novaya-gazeta-le-1-octobre-2013/

Olga Kokorina (Porte-Parole de l’association Russie-Libertés) : 06 30 86 01 73