Une activiste d'opposition condamnée à 8 ans de camps

Le 28 août 2012 Taïssia Ossipova, une ancienne activiste du parti non enregistré l’Autre Russie dirigé par le célèbre écrivain et opposant Edouard Limonov , a été condamné à Smolensk à 8 ans de camps pour un trafic de drogue dont la réalité est douteuse. Le procureur, de son côté, demandait une peine de 4 ans, et il n’a pas été non plus tenu compte des maladies de Mme Ossipova (pancréatite et diabète) et de son enfant en bas âge. Une série de manifestations individuelles de soutien ont eu lieu à Moscou et Saint-Petersbourg le 2 septembre.
Taïssia Ossipova est connue par son action publique en 2003, juste après l’élection du nouveau gouverneur de la région de Smolensk M. Maslov, précédemment chef du département régional du FSB. Le 5 avril 2003, pendant une rencontre avec le gouverneur, Taïssia Ossipova agée alors de 18 ans, est monté sur la scène avec un bouquet d’œillets avec lequel elle a frappé M. Maslov au visage. Elle avait alors écopé d’un an de prison avec sursis. L’affaire présente est également politisée: bien que Taïssia Ossipova ne soit plus personnellement engagée en politique, son mari est par contre un des chefs du parti l’Autre Russie.
L’accusation se base sur des témoignages anonymes et confidentiels de personnes qui auraient acheté de la drogue chez Mme Ossipova, aussi bien que sur des témoignages de policiers qui auraient soi-disant trouvé de la drogue lors d’une perquisition. Les preuves matérielles des achats de drogues font défaut . La drogue aurait été trouvée par M. Smoline, un agent du Centre de lutte contre l’extrémisme (une nouvelle forme de police politique) connu pour ses provocations envers des activistes d’opposition. Le cynotechnicien présent pendant la perquisition n’a rien trouvé. Un ouvrier, qui était à l’époque hébergé par Mme Ossipova, a témoigné que la drogue a été amené par M. Smoline lui-même, une pratique courante dans la police russe.
Le cas de Taïssia Ossipova est un exemple de trop d’une jeune mère et activiste politique persecutée par ce régime policier et un système judiciaire totalement corrompu.
Russie-Libertés rappelle l’existence de centaines de prisonniers politiques en dehors des membres du groupe Pussy Riot et appelle à une mobilisation continue afin d’obtenir leur libération immédiate et inconditionelle. Russie-Libertés