Alexey Navalny encoure 10 ans de prison pour une affaire clairement fabriquée

Alexe ï Navalny , le fameux blogueur anti-corruption et un des leaders de l’opposition au régime de Poutine, a été inculpé mardi pour «détournement à grande échelle» dans un dossier d’«abus de confiance». Une accusation passible de 10 ans de prison. L’opposant s’est aussi vu signifier une interdiction de quitter son lieu de résidence, Moscou et sa région, pendant la période de l’enquête. Navalny

L’affaire s’est déclenchée en décembre 2010 lorsque Navalny a été accusé d’«abus de confiance ayant entraîné un préjudice matériel» de 1,3 millions de roubles (environs 32000 euros), un délit passible de cinq ans de prison. L’affaire date de l’époque où Navalny était conseiller du gouverneur de la région de Kirov. En cette qualité il aurait forcé M. Opalev, le directeur général de Kirovles, le quasi-monopoliste dans le marché de matière ligneuse dans la région, à signer un contrat désavantageux avec une compagnie VLK qui s’occupait de la commercialisation de la production de Kirovles, ce qui aurait entraîné un préjudice pour cette dernière. L’affaire a été plusieurs fois suspendue en l’absence d’éléments du crime, puis ré-ouverte à un plus haut niveau.

Le chef du Comité d’investigation M. Bastrykine est intervenu personnellement en juillet 2012 et a demandé la ré-ouverture du dossier. Selon la nouvelle accusation, M. Opalev n’est plus la victime de persuasion et de pression de la part de M. Navalny, mais son complice et membre d’un groupe criminel. Le préjudice matériel dont Navalny est accusé est remonté cette fois de 1,3 à 16 millions de roubles. La peine encourue passe donc de 5 à 10 ans.

L’insistance avec laquelle la Comité d’investigation ré-ouvre l’affaire et le fait que le chef du Comité, M. Bastrykine, y est impliqué personnellement, doivent être liés avec le fait que ce dernier a été l’objet d’attaques de la part de M. Navalny sur son blog : la première fois, en juin 2012, lorsqu’il a accusé M. Bastrykine d’avoir menacé de mort un journaliste, et la deuxième fois, en juillet 2012, lorsque son investigation a démontré que M. Bastrykine a des actifs et une carte de résidence en République Tchèque, ce qui est interdit par la loi pour les hauts fonctionnaires d’État.

L’arbitraire de l’accusation, le fait que la persécution de Navalny soit liée à l’intérêt que ce dernier porte aux activités de Bastrykine, et l e rôle important que Navalny joue dans le mouvement d’opposition démontrent que l’affaire est très probablement fabriquée par le pouvoir et s’avère être un nouvel outil de pression sur l’opposition. Russie-Libertés dénonce un procès clairement politique dont le seul objet est d’essayer de mettre hors-jeu du Kremlin. Russie-Libertés exige des autorites qu’elles garantissent le droit pour tous à une justice indépendante, ouverte et transparente.

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