Le mouvement Occupy Moscow

Dans les médias Cela fait plus d’une semaine que des centaines de jeunes opposants campent au centre de Moscou, une forme de contestation inédite en Russie. Occupy Moscow: Au début, ces militants étaient installés dans le parc de Tchistye Proudy (les Etangs Propres). Leur mouvement est né en réaction à la répression violente d’une manifestation de l’opposition près du Kremlin, la veille de l’autoinvestiture de Vladimir Poutine. L’action, nommée Occupy Abaï, fait référence à l’action Occupy Wall Street et à Abaï Kunanbaiev, poète Kazakh dont la statue est érigée au centre du parc. Alexei Navalny, opposant et célèbre blogueur, près de la statue du poète Kazakh Abaï Kunanbaiev.

L’atmosphère y était bon enfant, pas de pancartes politiques, pas de haut-parleur mais des petits groupes discutant avec animation sur des thèmes d’actualité: “comment résister à la dictature ou “à quoi sert la police” , tout en organisant la logistique de cette nouvelle forme de protestation bucolique. Entre les jeunes filles qui ramassent bouteilles vides et papiers sales et les volontaires qui apportent des marmites de soupe et du thé chaud, on reconnaît facilement les militants les plus expérimentés: ces derniers sont équipés d’une couverture, d’un sac de couchage ou d’un matelas de sol, et aussi d’une grande bâche pour s’abriter de la pluie.

“C’est un succès. Une chose pareille était impensable il y a six mois de cela. Les gens voient qu’ils peuvent s’organiser tout seuls. Ils n’ont pas besoin de chefs et d’ordres d’en haut. Cela les prépare à se lancer dans la vie politique au niveau local”, estime Maxime Katz, 27 ans, conseiller municipal d’opposition récemment élu dans un arrondissement de Moscou .

Le 16 mai la police a fermé ce camp d’opposants . La veille le tribunal s’était prononcé en ce sens en satisfaisant une requête de riverains téléguidés par les autorités qui se plaignaient du bruit et invoquaient des risques sanitaires. Cependant, d’autres habitants du quartier éstiment que cela faisait longtemps que le parc n’avait pas été aussi propre et l’atmosphère aussi agréable, vue que les soulards et les clochards abituels ont fait la place à de jeunes opposants soucieux de l’environnement et attentif à leur image.

Les manifestants se sont donc déplacés vers la place Koudrinskaïa et, après une nouvelle intervention de la police, se sont installés dans la célèbre rue piétonne Arbat et aussi près de la station de métro Kourskaïa. Cependant, après toutes ces périgrinations, l’intérêt pour ces camps est en baisse et le nombre de participants permanents ne dépasse guère la centaine. Reste toutefois le symbole fort d’un mouvement qui peut reprendre flamme à tout moment.