Triste empire poutinien
L’auteur du plus russe de tous les romans russes, Les Ames mortes , y compare ma patrie à une “ardente troïka” qui laisse littéralement derrière elle le reste du monde. “Où voles-tu ainsi ? - Pas de réponse.” Ce passage de Gogol, que connaît tout écolier russe, a donné espoir à des générations de lecteurs : et si c’était vers l’avenir radieux que nous emmenait cette troïka ?
Depuis, il s’est écoulé plus d’un siècle et demi. Le pays a accumulé une expérience historique, le peuple une expérience génétique. Les tentatives d’émancipation de la société ont abouti à une dictature plus cruelle encore. Il est probable que Gogol, s’il vivait aujourd’hui, comparerait la Russie à une rame de métro parcourant le tunnel dans les deux sens - de l’ordre dictatorial à l’anarchie démocratique, et vice versa - sans dévier de l’itinéraire qui lui est imposé. Un métro qui ne va nulle part. https://actualite.portail.free.fr/monde/03-03-2012/triste-empire-poutinien/ la suite sur le site Le Monde.fr