L’Alaska 2025 ne doit pas devenir Munich 1938, ni Yalta 1945 / Alaska 2025 must not become Munich 1938, nor Yalta 1945

We publish an open letter in Le Monde to urge the leaders of Europe and the world ahead of the upcoming meeting between Trump and Putin.

The appeal is signed by leading human rights defenders, civil society representatives, and intellectuals from Europe, Russia, Ukraine, and around the world.

FR

Aux dirigeant·es de l’Europe et du monde,

Nous, représentant·es de la société civile mondiale, réfugié·es politiques, militant·es démocratiques et défenseur·ses de la paix et des droits humains, vous adressons ce message avec une profonde inquiétude.

Nous observons avec une grande appréhension la rencontre prévue à la fin de cette semaine en Alaska entre le président américain Donald Trump et Vladimir Poutine. Nous craignons que cet entretien n’aboutisse à un accord tactique de court terme susceptible de causer des dommages irréparables à l’Ukraine, à l’Europe et à la sécurité internationale. L’Alaska 2025 ne doit pas devenir Munich 1938, ni Yalta 1945 !

Nos inquiétudes portent notamment sur la possibilité qu’un accord vienne légitimer l’occupation illégale par la Russie de territoires ukrainiens et la recomposition par la force des frontières établies en 1991. Nous redoutons également un assouplissement, voire une levée des sanctions contre le régime de Poutine, permettant son retour dans des enceintes internationales comme le G7, ainsi que sa participation à des événements sportifs et culturels — ce qui ne ferait que légitimer sa dictature. Nous redoutons également que l’Ukraine subisse des pressions sans précédent pour l’obliger à accepter un accord imposé et profondément injuste, accompagné d’une offensive diplomatique mondiale de Poutine visant à en justifier et à en promouvoir les conditions.

Nous exhortons les dirigeant·es des nations européennes et de la communauté internationale à veiller à ce qu’aucun accord ne soit conclu sans la participation et le consentement directs de l’Ukraine et de l’Europe. Il est crucial de ne reconnaître ni soutenir aucune décision qui aboutirait à légitimer une occupation illégale issue d’une agression brutale de la part du régime de Poutine. Les sanctions contre ce régime doivent être maintenues et renforcées jusqu’à la cessation complète de l’agression, la libération des territoires occupés, la libération de tous les prisonniers politiques ainsi que des civils et militaires ukrainiens captifs, et la traduction en justice des responsables. Il faut également empêcher le retour de la Russie dans les organisations et événements internationaux tant qu’elle n’aura pas respecté ses obligations en vertu du droit international.

Nous proposons la mise en place d’un Bouclier européen pour la démocratie , doté des moyens nécessaires pour protéger les valeurs et institutions démocratiques sur l’ensemble du continent. Il est également essentiel de renforcer la coopération européenne en matière de défense pour garantir la sécurité collective et dissuader tout agresseur potentiel. Un renforcement de la solidarité internationale au sein de la « Coalition des volontaires » est indispensable pour soutenir les pays qui résistent à l’autoritarisme et à l’agression. Nous appelons particulièrement le Brésil, l’Inde, la Chine, l’Australie et le Canada à s’abstenir de soutenir l’accord d’Alaska, à défendre le droit et la justice internationaux et à œuvrer à une paix juste.

Tout « accord » fondé sur des concessions injustes faites à un agresseur ne peut pas apporter une paix durable. Il ne fera que perpétuer l’impunité et instaurer un dangereux précédent pour le monde, menaçant nos intérêts et notre sécurité communs.

Nous vous appelons à faire preuve de fermeté et de principes. Seule une position unie et intransigeante de la communauté internationale en défense du droit et de la justice peut stopper l’escalade et poursuivre la lutte pour la paix et la justice.

ENG

To the leaders of Europe and the World,

We, representatives of global civil society, political refugees, democratic activists, and advocates for peace and human rights, address you with urgent concern.

With deep apprehension, we observe the upcoming meeting between U.S. President Donald Trump and Vladimir Putin, scheduled for the end of this week in Alaska. We fear that this meeting could result in a tactical short term agreement that may cause irreparable damage to Ukraine, Europe and international security. Alaska 2025 must not become Munich 1938, nor Yalta 1945 !

Our concerns include the possibility of concluding a deal that would legitimize Russia’s illegal occupation of Ukrainian territories and recomposition of 1991 borders by force. We are also worried about the potential easing or lifting of sanctions against Putin’s regime, allowing its return to international forums such as the G7, and participation in sports and cultural events, which would only serve to legitimize Putin’s dictatorship. Additionally, we fear unprecedented pressure on Ukraine to force it into acceptance of an imposed and unfair agreement, and Putin’s international campaign to support this disgraceful deal.

We urge you, the leaders of European nations and the global community, to ensure that no agreements are made without the direct participation and consent of Ukraine and Europe. It is crucial not to recognize or support any decisions that could bring to the legitimization of illegal occupation following a brutal aggression by Putin’s regime. We must maintain and strengthen sanctions against the Russian regime until there is a complete cessation of aggression, liberation of occupied territories, release of all political prisoners and Ukrainian civilian and military captives, and those responsible are brought to justice. Furthermore, we must prevent Russia’s return to international organizations and events until it fulfills its obligations under international law.

We propose establishing a strong European Democracy Shield with capacities to protect democratic values and institutions across Europe. Strengthening European defense cooperation is also essential to ensure collective security and deter potential aggressors. Increasing international solidarity with the Coalition of the Willing will support nations resisting authoritarianism and aggression. We particularly call upon Brazil, India, China, Australia and Canada to refrain from supporting the Alaska deal and to uphold international law and justice, and build a fair peace.

Any “deal” built on unfair concessions to the aggressor will not bring lasting peace. It will only perpetuate impunity and set a dangerous precedent for the world, threatening our common global interests and security.

We call on you to demonstrate firmness and principle. Only a united and uncompromising stance by the global community in defense of international law and justice can halt further escalation and continue the struggle for peace and justice.

Open letter signed by