L'action devant l'Ambassade russe: stop à la loi homophobe !
Aujourd’hui le 11 juin, la Douma russe, la Chambre basse du parlement, vote la loi contre la propagande homosexuelle . En réponse aux critiques, les termes de « propagande » « et d’homosexualité » ont été explicités. Le terme d « l’homosexualité » a été remplacé par celui de « relations sexuelles non-traditionnelles ».
Il devient donc illégal et répréhensible de faire toute « [p]ropagande des relations sexuelles non-traditionnelles » auprès des mineurs. En d’autres termes, il est désormais interdit de diffuser de l’information qui pourrait pousser les jeunes à une orientation sexuelle non-traditionnelle, qui pourrait rendre attirantes ce genre de pratiques sexuelles, ou qui pourrait fausser le point de vue de la jeunesse et tendre à considérer ces comportements sexuels comme des normes sociétales traditionnelles, ou enfin à imposer une communication sur ces relations sexuelles non-traditionnelles dans le but de susciter de l’intérêt pour ces dernières. »
En cas de violation de la loi, les personnes physiques se verront imposer une amende allant jusqu’à 1250 euros, les personnes civiles, quant à elles écoperont d’une sanction allant jusqu’à 25 000 euros. Les amendes les plus graves concernent les cas de diffusion de l’information dans les médias, y compris sur Internet.
Depuis décembre 2012, les activistes LGBT organisent des manifestations pacifiques devant la Douma, appelés « le Jour des baisers », mais ils doivent faire face aux attaques violentes des activistes de l’extrême droite orthodoxe. Ce 11 juin 2013 est la dernière tentative avant l’entérinement définitif du texte de loi.
Prochaine étape– vers la charia à la russe : une nouvelle conception de la politique familiale a déjà été préparée. Elle prévoit de taxer les divorces, restreindre les avortements et impliquer plus fortement l’Église orthodoxe russe dans la vie quotidienne et politique.
La question du mariage pour tous est une cerise sur le gâteau au regard des problèmes que rencontrent la communauté LGBT dans un pays extrêmement homophobe, désormais explicitement et sur le plan législatif.
Ma propre vie sexuelle ne concerne que moi. L’atteinte à mes droits et aux droits de mes concitoyens nous concernent tous : c’est la question des conventions internationales et des droits humains universels. Et même si dès aujourd’hui je risquais 1250 mille euros d’amende, je proclame : « non à la loi homophobe, oui la liberté sexuelle pour tous et à l’amour dans tous les États. »
Maria Khachaturyan