Anna est une jeune femme russe de 22 ans. Elle s’intéressait à la politique depuis l’adolescence : elle participait à l’observation des élections, soutenait Alexeï Navalny et suivait ses enquêtes anti-corruption. Après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, Anna s’est ouvertement opposée à la guerre. Elle publiait des stories anti-guerre sur Instagram et tentait de convaincre ses proches que la guerre en Ukraine est un crime.

En 2024, après la mort d’Alexeï Navalny, Anna a vécu ce deuil douloureusement et s’est rendue à Moscou pour ses obsèques. En déposant des fleurs à sa mémoire, elle a été interpellée par la police. Après vérification de ses réseaux sociaux et la découverte de ses positions anti-guerre, Anna a été emmenée au commissariat, où des procès-verbaux ont été dressés pour ses déclarations d’opposition. Elle a passé la nuit en garde à vue avant son procès, subissant une forte pression psychologique.

Après ces événements, Anna a compris qu’il n’était plus sûr de rester en Russie. Avec son mari, ils ont commencé à chercher un moyen de partir. Anna a contacté notre association Russie-Libertés, et nous l’avons aidée à déposer une demande de visa humanitaire pour la France. La réponse des autorités françaises est arrivée rapidement et, dès le mois d’octobre, le couple s’est envolé pour son nouveau pays.

À leur arrivée, ils ont décidé de déposer une demande d’asile. Ils ont d’abord été orientés vers un hébergement temporaire à Orléans. Anna et son mari ayant été logés dans des appartements séparés, ils marchaient énormément en ville pour passer du temps ensemble — parcourant parfois 30 à 35 000 pas par jour, explorant Orléans de fond en comble. Plus tard, ils ont été transférés sur la Côte d’Azur, dans un petit village à la frontière italienne.

Le 16 février 2026, Anna et son mari ont passé leur entretien à l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides). L’entretien s’est bien déroulé et, le 25 février, ils ont reçu une décision positive : ils sont désormais officiellement réfugiés en France.

Aujourd’hui, Anna et son mari étudient le français et se préparent à commencer à travailler. Depuis leur arrivée en France, ils ont rencontré de nombreuses personnes bienveillantes : médecins, travailleurs sociaux et membres de diverses organisations les ont soutenus à chaque étape. “Nous sommes sincèrement reconnaissants envers la France pour cette opportunité de commencer une nouvelle vie en sécurité, et envers l’association Russie-Libertés pour son soutien inestimable”.

Pourquoi est-il important de soutenir les Russes opposés au régime?

Anna et son mari représentent des milliers de Russes persécutés pour leurs opinions. Les arrestations arbitraires et les gardes à vues pour un dépôt de fleurs ou des messages anti-guerre sur les réseaux sociaux ne sont que le début d’une spirale de pression psychologique et de surveillance continue de la part du FSB.

Selon les données d’OVD-info* 4 580personnes sont poursuivies actuellement pour des motifs politiques. Ce sont de simples citoyens qui ont osé s’exprimer, agir, penser différemment. 

Russie-Libertés continue de se battre pour protéger ceux qui ont pris le risque de s’exprimer contre la guerre et contre le régime poutinien.

* Organisation qui recense les persécutions politiques et fournit une aide juridique aux personnes poursuivies.

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