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Photo : Tomas Dworzhak, source : http://www.sciencespo.fr/ceri/evenements/#/?lang=fr&id=4907

Conférence « Vingt ans après la première guerre tchétchène. La politique de l’État russe dans le Nord-Caucase »

Russie-Libertés soutient la conférence « Vingt ans après la première guerre tchétchène. La politique de l’État russe dans le Nord-Caucase » organisée en partenariat avec la revue Caucasus Survey, Centre d’études caucasiennes, et avec le soutien de FMSH, Comité Tchétchénie, Fondation Un monde par tous, Habitat-Cité, réseau ELENA et l’association Caucase-DOSH, qui aura lieu le 27 mai 2016 à SciencesPo-CERI à Paris.

Programme et informations pratiques ici : http://www.sciencespo.fr/ceri/evenements/#/?lang=fr&id=4907

Source image : http://zona.media/online/95_online/

Série d’attaques contre des responsables d’ONGs et des journalistes dans le Caucase du nord

Hier, le 9 mars 2016, des hommes masqués ont attaqué un véhicule avec des responsables de l’ONG « Comité pour la prévention de la torture », des défenseurs du Joint Mobile Group et des journalistes russes et étrangers. L’attaque s’est produite sur la route entre l’Ingouchie et Grozny, la capitale de la Tchétchénie. Plusieurs personnes ont été gravement blessées et leur véhicule a été brûlé par les assaillants, indique le média Mediazona.

Peu de temps après cette agression, les bureaux du « Comité pour la prévention de la torture » à Karaboulak en Ingouchie (République du Caucase du nord au sein de la Fédération de Russie) ont été investis par des hommes armés et cagoulés.

Il ne s’agit malheureusement pas de la première attaque de ce genre. En décembre 2014 et en juin 2015, les bureaux de l’ONG à Grozny avaient déjà été attaqués.
Également, en juillet 2009, Natalia Estemirova, journaliste et défenseure des droits humains, a été enlevée en Tchétchénie et assassinée en Ingouchie. Les responsables et les commanditaires de ce crime n’ont toujours pas été retrouvés.

Russie-Libertés dénonce cette nouvelle série d’attaques odieuses contre des responsables d’ONGs et des journalistes dans le Caucase du nord. Nous rappelons que ces attaques se sont déroulées dans un contexte de haine alimenté par le Président de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, qui n’a cessé de viser dans ses déclarations les défenseurs des droits humains et les journalistes indépendants qu’il surnomme de « traitres à la patrie » et d' »ennemis du peuple ».

Russie-Libertés se joint aux demandes des militants et journalistes russes qui exigent une enquête indépendante et appellent les autorités russes à retrouver les commanditaires de ces attaques.

Russie-Libertés

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Synthèse du rapport d’Ilya Yashin sur le régime de Ramzan Kadyrov en Tchétchénie

« Menace pour la sécurité nationale ».

Enquête d’Ilya Yashin sur le régime de Ramzan Kadyrov en Tchétchénie.

Synthèse en français (traduction et rédaction par Elena Colombo et Michèle Poussard).

Russie-Libertés publie une synthèse de l’enquête « Menace pour la sécurité nationale » sur le régime de Ramzan Kadyrov en Tchétchénie, présentée par Ilya Yashin le 23 février 2016 à Moscou.[1]

L’enquête met l’accent sur le fait que sous Ramzan Kadyrov un « groupe criminel a remplacé l’État tchétchène » et vit aujourd’hui « selon ses propres lois». Il s’agit, d’après Ilya Yashin, d’un « régime dangereux » dont la loyauté repose uniquement sur « la satisfaction des appétits financiers et politiques de Ramzan Kadyrov ». L’objectif de ce document, présenté sous forme de rapport, est donc « d’ouvrir les yeux de la société russe sur la réalité de ce régime » ainsi que sur la « menace qu’il représente pour la sécurité nationale » du pays.

Points-clés du rapport :

Ramzan Kadyrov n’éprouve aucun regret d’avoir combattu contre les forces fédérales russes pendant la première guerre en Tchétchénie.

Le rapport rappelle que la journaliste Anna Politkovskaïa décrivait le rôle de Ramzan Kadyrov pendant la première guerre en Tchétchénie ainsi : « tirer, tuer, enlever ». En 2013, dans une interview sur la chaîne télévisée « Russie 1 », Ramzan Kadyrov a affirmé n’éprouver aucun regret d’avoir participé à la guerre qui pour lui a été une « grande école » et l’a aidé à « connaitre la vérité ».

Ramzan Kadyrov a crée un régime autoritaire en Tchétchénie.

Le Parlement, les tribunaux et les médias de la République tchétchène se trouvent sous son contrôle absolu, et l’opposition y est, dans les faits, quasi-interdite. Aux dernières élections législatives et présidentielles le parti du pouvoir « Russie unie » et Vladimir Poutine ont obtenu plus de 99% de suffrages en Tchétchénie. De nombreuses fraudes électorales y ont été dénoncées. Kadyrov traite les défenseurs des droits de l’homme d’« ennemis du peuple » et appelle à l’emprisonnement des organisateurs des manifestations contestant le régime.

Ramzan Kadyrov mène une politique anti-laïcité en Tchétchénie.

Le rapport présente la République tchétchène comme «un État religieux, basé sur des traditions asiatiques moyenâgeuses». Le pouvoir de Ramzan Kadyrov y lutte contre la laïcité de l’Etat, pourtant inscrite dans la Constitution de la Fédération de Russie. Par exemple, en Tchétchénie, la polygamie et les mariages forcés sont pratiqués alors qu’ils sont interdits par les lois russes.

Ramzan Kadyrov touche des milliards de roubles en provenance de Moscou et oblige les citoyens tchétchènes à payer « un impôt féodal ».

Entre 2001 et 2014, le budget fédéral russe a subventionné le budget de la Tchétchénie à hauteur de 464 milliards de roubles. Le contrôle de l’utilisation de cet argent ne se fait que de façon partielle et une grande partie de cette somme aurait été détournée. Le « Fonds d’Akmat Kadyrov », créé par son fils Ramzan, touche des recettes de taxes payées par les habitants de la République tchétchène. Officiellement cet argent contribue aux bonnes œuvres, mais en réalité il servirait à financer « la vie luxueuse du leader de la République ».

Ramzan Kadyrov a créé sa propre armée. 

Des unités paramilitaires armées, formées uniquement de citoyens tchétchènes, comptent plus de trente mille hommes. Ces unités n’obéissent qu’au président de la République tchétchène. Le rapport les désigne comme étant « le groupe militaire le plus puissant dans la Russie d’aujourd’hui ». Au cœur des forces de l’ordre tchétchènes se trouvent les anciens combattants radicaux amnistiés par Kadyrov. Des membres de ces unités spéciales tchétchènes auraient notamment combattu dans le Donbass contre l’armée ukrainienne.

Ramzan Kadyrov a des mécènes influents à Moscou.

Le leader tchétchène bénéficie du soutien de Victor Zolotov qui a été à la tête de la garde rapprochée de Vladimir Poutine pendant 13 ans. Un autre protecteur de Kadyrov est Vladislav Sourkov, ancien haut fonctionnaire de l’administration du Kremlin et conseiller politique de Vladimir Poutine.  Le rapport affirme que « Kadyrov est en grande partie une création de Sourkov qui a convaincu Poutine de donner au leader actuel de Tchétchénie le maximum de pouvoir ».

Ramzan Kadyrov bénéficie de l’impunité absolue.

Le rapport mentionne un nombre important d’assassinats politiques qui pourraient avoir un lien avec le président tchétchène : ce sont notamment les meurtres de la journaliste Anna Politkovskaïa et de la défenseure des droits humains Natalia Estemirova, et, également, celui de l’opposant Boris Nemtsov. Kadyrov a également menacé ouvertement les agents des forces de l’ordre des autres régions russes en toute impunité. Après le raid de la police de Stavropol à Grozny, Kadyrov a donné l’ordre de tirer sur quiconque essaierait d’intervenir en Tchétchénie sans son accord, ce qui est, bien évidemment, contraire aux lois russes.

20 questions à Ramzan Kadyrov.

En conclusion de l’enquête, son auteur Illya Yashin pose vingt questions à Ramzan Kadyrov. Il pointe en particulier la violation des lois fédérales russes sur le territoire de la République tchétchène, les soupçons de détournements de fonds, l ‘implication éventuelle de Ramzan Kadyrov et des autorités tchétchènes dans des assassinats politiques et notamment dans le meurtre de l’opposant Boris Nemtsov.

 

[1]              Il s’agit d’une traduction. Russie-Libertés ne partage pas obligatoirement l’ensemble des points de vue et des conclusions de l’auteur du rapport.

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Attaque contre l’ONG « Comité contre la torture » à Grozny

Communiqué de presse

Attaque contre l’ONG « Comité contre la torture » à Grozny

Ce matin des individus ont violemment attaqué les bureaux de l’ONG « Comité contre la torture » à Grozny en Tchétchénie. Ce n’est pas la première fois que l’ONG est attaquée.

Des hommes armés et masqués sont entrés dans les locaux de l’ONG et ont procédé à la destruction systématique du matériel. Les permanents de l’ONG ont réussi à fuir.
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