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Russie-Libertés dénonce les condamnations politiques des opposants Oudaltsov et Razvozjaev

Communiqué de presse
Russie-Libertés dénonce les condamnations politiques des opposants Oudaltsov et Razvozjaev

Deux opposants russes Serguei Oudaltsov et Léonid Razvozjaev ont été condamnés le 24 juillet 2014 à 4 ans et 6 mois de prison ferme. Serguei Oudaltsov (un des leaders du Levyi Front, le Front Gauche russe) a entamé une grève de la faim pour protester contre cette condamnation qu’il juge comme étant injuste.

Russie-Libertés dénonces les condamnations politiques d’Oudaltsov et Razvozjaev. Leur procès a été inéquitable, les accusations contre eux ont été fabriquées et aucune preuve de leur culpabilité n’a été apportée.

Cette lourde condamnation de deux personnalités de l’opposition russe et le signe d’un régime qui craint ses opposants et qui utilise la justice pour les combattre.

Russie-Libertés exige la libération de Serguei Oudaltsov et Léonid Razvozjaev ainsi que de tous les prisonniers politiques en Russie !

Russie-Libertés

Un opposant kidnappé, torturé et poussé à l’aveu

Léonid Razvozjaev, activiste du Front de gauche russe et conseiller d’Ilya Ponomarev, député d’opposition à la Douma, a été kidnappé à Kiev en Ukraine le 19 octobre par des hommes en civil et emmené de force à Moscou.

L’opposant a comparu le 21 octobre devant le tribunal Basmanny de Moscou qui l’a placé en détention provisoire pour deux mois. Sortant sous escorte policière du tribunal M. Razvozjaev a déclaré en lançant devant les caméras des journalistes: « j’ai été torturé pendant deux jours, dites-le! ».

Le même jour le Conseil d’Investigation a indiqué qu’il aurait déposé une autodénonciation confirmant sa participation à l’«organisation de troubles de masse» en Russie, y compris à Moscou le 6 mai 2012. Troubles qui auraient été financés par Guivi Targamadzé,  l’ex-chef du Comité de Défense du Parlement de la Géorgie, et allié du président Mikhaïl Saakachvili.

[Леонид Развозжаев/Léonid Razvozjaev: Расскажите, что меня пытали! Dites qu’ils m’ont torturé !  //Обещали убить! Ils ont promis de me tuer !// #00:03-00:06#

Женский голос/Voix féminine: //Сколько дней? Pendant combien des jours ?// #00:05-00:06#

Леонид Развозжаев/Léonid Razvozjaev: Два, двое суток меня пытали, выкрали на Украине. Deux, pendant deux journées ils m’ont torturé, ils m’ont kidnappé en Ukraine. #00:07-00:09#]

Razvozhaev figure parmi les personnes accusées par le Comité d’Investigation pour avoir soi-disant participé ou organisé des «troubles de masse», y compris de la manifestation du 6 mai 2012 sur la place Bolotnaïa à Moscou qui s’est terminée par quelques heurts entre la police et des « manifestants », dénoncé par l’opposition comme étant des provocateurs liés au pouvoir.

L’affaire a connu une nouvelle ampleur après la sortie le 4 octobre 2012 dernier sur la chaîne officielle NTV d’un documentaire sulfureux intitulé «Anatomie de la contestation -2». Dans ce film des personnes ressemblant aux membres du Front de gauche russe, dont Léonid Razvozjaev, Sergueï Oudaltsov et d’autres, seraient allés à Minsk pour négocier avec Guivi Targamadzé le financement de l’opposition et le calendrier des actions, y compris une présumée «prise du pouvoir par la force» dans des régions de Russie. Ce film a servi de base d’accusation alors que l’expertise commanditée par le Comité d’Investigation aurait prouvé sa supposée authenticité. Cependant, deux scènes identiques du film ont des bandes sons et des sous-titres différents,  preuve d’un grotesque montage.

Le 17 octobre M. Razvozjaev est parti à Kiev pour demander l’asile politique hors de Russie. Le 19 octobre Il s’est adressé à l’ONG HIAS (Hebrew Immigrant Aid Society), partenaire du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés en Ukraine. Il est sorti de l’immeuble pour une pause, laissant ses affaires, et n’est pas revenu. D’après de nombreuses sources, dont l’avocate de M. Razvozjaev Violetta Volkova et Ilya Ponomarev, il aurait été kidnappé par les services secrets russes et emmené à Moscou.Le 21 octobre le tribunal à huis clos, auquel même l’avocate du prévenu n’a pu assister, l’a placé en détention provisoire pour deux mois. La vidéo publiée par un journaliste montre Razvozjaev  à la sortie du tribunal criant: «Pendant deux jours ils m’ont torturé, ils m’ont kidnappé en Ukraine». Le même jour le Comité d’Investigation a annoncé que Razvozjaev aurait déposé une autodénonciation et reconnu tous les faits. On comprend vite dans quelles conditions il aurait écrit ce document.

Le bilan des répressions s’alourdit tous les jours en Russie. Il ne s’agit plus seulement d’un assujettissement des médias et de la justice par le pouvoir. La propagande officielle cesse d’être le porte-voix d’autorités illégitimes et commence à créer son propre ordre de jour. Des autodénonciations précédées par la torture sont utilisées pour alimenter cet ordre du jour. Un article dans la «Pravda» suivi d’arrestations sommaires, de tortures et d’autodénonciations: ce cycle est malheureusement bien connu et  a déjà prouvé son efficacité au siècle dernier. Garder le silence s’apparente à de la complicité avec les crimes très sérieux du régime actuel en Russie.L’association Russie-Libertés dénonce cette nouvelle vague de répressions en Russie et demande une véritable mobilisation, y compris internationale, pour que cesse ce glissement rapide vers un passé totalitaire, sanglant et peu glorieux.