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Vote de la résolution pro-Poutine à l’Assemblée nationale : mauvais signal pour les militants qui se battent pour les libertés en Russie.

Vote de la résolution pro-Poutine à l’Assemblée nationale : mauvais signal pour les militants qui se battent pour les libertés en Russie.

Jeudi 28 avril 2016, 55 députés français ont voté en faveur de la proposition de résolution « invitant le Gouvernement à ne pas renouveler les mesures restrictives et les sanctions économiques imposées par l’Union Européenne à la Fédération de Russie ». Cette résolution proposée par des députés du groupe Les Républicains a également été soutenue par des députés du Front national, de l’UDI et du Front de gauche. La majorité des députés du groupe Socialiste, républicain et citoyen ainsi que les députés du groupe Écologiste ont voté contre cette résolution mais leurs voix ont été insuffisantes pour empêcher son adoption.

Le vote de cette résolution n’a aucune conséquence contraignante, le Gouvernement français n’est donc pas obligé de suivre le choix de ces 55 députés. Les sanctions contre le Kremlin ne seront donc pas supprimées suite à ce vote. Toutefois, celui-ci a une portée symbolique désastreuse pour toutes celles et tous ceux qui se battent pour la liberté, les droits humains et la paix en Russie et dans les pays voisins. Ce 28 avril c’est donc bien une résolution « pro-Poutine », et non une résolution « anti-sanctions », qui a été votée par 55 députés français.

En effet, le texte adopté le 28 avril va à l’encontre des efforts faits pour une résolution pacifique du conflit en Ukraine et omet soigneusement d’indiquer les raisons de la mise en place des sanctions ciblées contre le Kremlin, à savoir : l’annexion illégale d’un territoire d’un pays étranger, le soutien à des groupes armés qui alimentent un conflit dans l’Est de l’Ukraine (qui a fait déjà plus de 9000 morts) ainsi que les violations systématiques des droits humains et du droit international perpétrées par le régime de Vladimir Poutine. Ces sanctions comprennent notamment « les gels d’avoirs et interdictions de visas ciblant 149 personnes, tandis que 37 entités sont soumises à un gel de leurs avoirs. Ces mesures concernent des personnes et entités responsables d’actions ayant porté atteinte à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, des personnes ayant apporté leur soutien aux décideurs russes et 13 entités, en Crimée et à Sébastopol, ayant été confisquées ou ayant bénéficié d’un transfert de propriété contraire à la loi ukrainienne. ». Parmi les 149 personnes concernées par les sanctions ciblées plusieurs sont accusées de corruption, de détournement de fonds publics ainsi que de violations de droits humains en Russie. Russie-Libertés s’est toujours prononcée contre des sanctions inefficaces et injustifiées qui concerneraient l’ensemble de la population russe. Toutefois, des sanctions ciblées et « intelligentes » peuvent avoir un rôle dans la résolution pacifique d’un conflit ou peuvent remplir la fonction d’une justice indépendante alors que celle-ci est quasi-inexistante en Russie aujourd’hui. Lever ces sanctions sans conditions et de manière unilatérale mènerait à une impunité injustifiée de ces personnes et décrédibiliserait toute future action de ce type.

Nous rappelons également qu’une partie des députés signataires de cette proposition de résolution a effectué plusieurs voyages en Crimée après l’annexion illégale de ce territoire. Malgré notre sollicitation par courrier ces députés n’ont jamais répondu aux questions sur les buts et les motivations de ces voyages.

Par ailleurs, les arguments avancés par plusieurs intervenants en faveur de cette résolution ont fait entrer à l’Assemblée nationale un discours qu’on croyait réservé aux télévisions contrôlées par le Kremlin en Russie. Ce discours néglige les droits humains et le droit international au profit d’un soutien inconditionnel à la politique menée par le Kremlin à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Ce discours fragilise toutes celles et tous ceux qui se battent pour que la Russie soit un pays plus libre, plus juste et plus pacifique. Enfin, ce discours, prononcé à l’Assemblée nationale, est insultant pour les militants russes des droits humains qui comptent sur la protection de leurs droits et de leurs libertés sur le territoire français.

Il s’agit donc d’un signal alarmant qui appelle à la mobilisation de l’ensemble des forces de la société civile qui souhaitent agir contre la haine et le repli et se battre en faveur d’un monde plus libre et plus juste.

Russie-Libertés

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Présentation du rapport « Poutine et la guerre » à l’Assemblée nationale

Mardi 23 juin à 19h s’est déroulée la conférence exceptionnelle de présentation du rapport « Poutine et la guerre » et de sa traduction en français à l’Assemblée nationale.

Le rapport « Poutine et la guerre » compile des informations et des témoignages sur la présence de militaires russes sur le territoire ukrainien. Il analyse également les raisons de l’implication russe, les outils de communication employés par le Kremlin et le coût de la guerre pour les citoyens russes.

Conférence avec la participation de Ilya Yashin – militant de l’opposition russe, membre du conseil politique de RPR-PARNAS, co-auteur du rapport « Poutine et la guerre », Krystyna Biletska – militante de l’association « Ukraine Action », coordinatrice de la traduction du rapport « Poutine et la guerre », Danielle Auroi – députée du Puy-de-Dôme, présidente de la commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale, Alexis Prokopiev – militant pour les droits humains et les libertés, président de l’association « Russie-Libertés ».

Photos :

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