From Général

Москва, 26 марта 2017
фото Максим Шипенков / EPA

Ce dimanche 26 mars, des dizaines de milliers de manifestants anticorruption sont descendus dans la rue en Russie.

Ce dimanche 26 mars en Russie a été marquée par le rassemblement des manifestants à travers tout le pays qui comptait pas moins de 60 000 personnes. Les gens ont répondu à l’appel d’Aléxei Navalny et sont venus exprimer leur indignation face au niveau exacerbé de la corruption en Russie. En effet, la dernière investigation de Navalny met en évidence des propriétés luxueuses à plusieurs millions d’euros détenues indirectement par le premier ministre Medvedev. Ce nouveau cas de corruption à très grande échelle a secoué le pays et a amené même les lycéens et les étudiants à sortir dans la rue. La particularité de ce mouvement du 26 mars 2017 est cet élan donné par la jeune génération à la protestation très affaiblie ces dernières années pour cause des lois anti-rassemblements, les arrestations d’activistes et de simples citoyens pour toute opinion politique divergente.

L’Etat a répondu par des violences policières, des arrestations de masse et des provocations. Les adolescents de 12, 13, 15 ans se sont retrouvés au poste de police après avoir été violemment projetés dans les fourgons blindés.

Le déroulement de cette journée ravive des tristes souvenirs de l’affaire de Bolotnaia mais aussi redonne de l’espoir au mouvement civil en Russie, avec cette nouvelle énergie de la jeunesse russe trahie par son gouvernement mais pas dupe.

Nous exprimons notre inquiétude pour l’avenir de ces jeunes personnes déjà menacées d’expulsion de leurs établissements scolaires et souvent incomprises au sein de leur propre famille.

Nous exigeons que Navalny et tous les autres manifestants arrêtés hier soient relâchés, que cesse la pression exercée sur l’opposition et que l’état de droit soit respecté en Russie.

Nemtsov

LE 26/2- UNE GRANDE JOURNEE POUR LA SOCIETE CIVILE RUSSE

L’activiste Ildar Dadine a été libéré le 26 février 2017, suite à l’annulation de sa condamnation par la cour suprême russe.

Il était le premier condamné à une peine d’emprisonnement en vertu de l’article 212.1, inclus dans le Code Pénal en Juillet 2014, qui mentionne « Les violations répétées de l’ordre établi des rassemblements, manifestations, défilés et piquets de grève ». Ildar Dadin a activement participé à de nombreuses manifestations protestataires, souvent sous forme de piquets ou de grève solitaire.

Le 31 octobre 2016, Ildar a dénoncé dans une lettre ouverte adressée à sa femme les nombreuses tortures qu’il a subies en prison. Le comité d’enquête n’a par ailleurs pas trouvé de preuves qui confirmeraient ces tortures.

Dadine affirme sa volonté de continuer son combat et promet de porter plainte contre tous les agresseurs qui torturent les détenus dans les prisons russes.

L’affaire Dadine marque un tournant et une petite victoire de la société civile sur le régime.

En effet, la cours Constitutionnelle a statué que l’article 212.1 ne pourrait s’appliquer que sur preuves que les intentions de l’accusé étaient criminelles et que ses agissements ont représenté une menace. Ainsi, sur recommandation de la Cours Constitutionnelle, la Douma (chambre basse du Parlement russe) se doit d’étudier au printemps des amendements à apporter à l’article 212.1

Par ailleurs, ce même 26 février 2017 a lieu à Moscou et vingt autres villes de Russie des marches en la mémoire de Boris Nemtsov, opposant politique russe assassiné sous les murs du Kremlin en 2015.

Deux ans après, toute la lumière n’a toujours pas été faite sur cet assassinat odieux dans le cœur même de Moscou et les commanditaires n’ont pas été identifiés.

Russie-Libertés réitère sa demande d’ouverture d’une enquête internationale et indépendante sur sa mort.

La manifestation a réuni plus de 15 000 personnes à Moscou. Les représentants de différents mouvements étaient présents, tels que Solidarnost, Parnas, Iabloko et autres.

Un contrôle très strict des slogans a empêché les manifestants de porter des bannières telles que « Poutine – c’est la guerre », ou toute autre mention du président russe et même le drapeau ukrainien.

Mikhail Kassianov (président du parti PARNAS) a été aspergé au visage d’un produit vert.

Konstantin Ershov (co-président du parti régional de Saint-Pétersbourg SOLIDARNOST) a été arrêté suite à des altercations avec des activistes du mouvement ultra-nationaliste NOD.

Russie-Libertés salue le courage de la société russe à se rassembler et à manifester ses désaccords malgré toute la pression et le danger qui pèsent sur elle.

Russie-Libertés soutient les réclamations de la société civile russe pour que des réformes politiques aient lieu en Russie et pour la libération de tous les prisonniers politiques !

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Les mouvements de manifestations contre la décriminalisation des violences domestiques en Russie se répandent en Europe.

Le 19 février 2017, un groupe de militants s’est rassemblé à Paris sur la Place de la Résistance afin de manifester contre la décriminalisation de la violence domestique en Russie.

L’événement a rassemblé des étudiants de Sciences Po et de la Sorbonne, des membres de l’association Russie-Libertés, d’autres militants et défenseurs des droits de l’homme Russes et Français tels que la responsable de la coordination Russie à Amnesty International France Anne Nerdrum et la militante et écologiste Russe Nadezhda Kutepova.

L’événement, organisé par l’association française Russies-Libertés et une militante russe Ekaterina Petrikevich, a prit place en face du Centre culturel et spirituel russe et Cathédrale de la Sainte-Trinité russe dans le but d’informer la population à l’égard des violences domestiques en Russie.

Le 7 février 2017, le président Vladimir Poutine a promulgué une loi décriminalisant les «coups et blessures » qui avait auparavant été régi par l’article 116 du Code pénal Russe. La loi est entrée en vigueur immédiatement après sa publication, transformant le délit en une infraction administrative punie par une amende de 30 000 roubles (soit 485€) ou 15 jours de détention provisoire ou encore 120 heures de travaux d’intérêts général.

Selon la déclaration d’Anna Kirey, directrice adjointe du travail de campagne pour la Russie et l’Eurasie à Amnesty International « le gouvernement russe affirme que cette réforme va « protéger les valeurs familiales », mais en réalité elle bafoue les droits des femmes. »

Les manifestants ont exprimé leur forte inquiétude envers ce recul en terme de modernisation de la société Russe et ont demandé au gouvernement Russe de reconsidérer toute forme de violence domestique en tant que délit et de durcir les poursuites et condamnations.

« Nous combattons pour soutenir les femmes russes, pour faire face à ce recul vers la violence, prouver que la violence n’est pas une tradition de la Russie et ne peut être

considérée comme valeur dans une société moderne! Il y a bien plus que l’autorité dans les relations humaines et surtout dans les relations familiales, où amour et respect doivent

prévaloir sur le rapport de forces! La loi doit protéger les faibles et non pas soutenir des prétendues valeurs imposées par la politique d’Etat à la société! » a prononcé Olga Prokopieva, membre de Russie-Libertés et co-organisatrice de l’évènement.

Des manifestations similaires ont eu lieu ce mois-ci à Moscou, Saint Pétersbourg, Chelyabinsk et dans d’autres villes Russes, afin de mettre en lumière la gravité de la situation et la forte détermination des citoyen-ne-s à prendre des initiatives. « Il y a tant de choses qui se produisent dans le monde, il semble que les gens se soient accoutumés à tous et soient prêt

à accepter n’importe quelle norme, les victoires des populistes, l’atteinte aux droits… c’est pourquoi je voulais rencontrer et parler à des gens qui s’en préoccupent… C’est plus facile de résister et d’avancer quand on voit que l’on est pas seul », a exprimé Zoya Bragina, une des participantes à la manifestation.

Environ 10 000 femmes par an meurent à la suite de violences domestiques en Russie, en d’autres termes, la violence domestique tue une femme toutes les 45 minutes. Pour comparer,

en 2015, la France, un pays de 66.9 million d’habitants, a vu 115 femmes mourir sous les coups de leurs maris ou ex-compagnons. Ce chiffre est dix fois moins élevé que les

statistiques russes, bien que la population en Russie soit seulement deux fois plus élevée qu’en France.

La Russie est signataire de la Convention de l’ONU sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et de la Convention relative aux droits de l’enfant. Ces derniers reconnaissent la violence domestique en tant que discrimination. La Constitution de la Fédération Russe a également une clause de non discrimination qui garantit l’égalité des droits et des libertés de chaque citoyen et se porte garant de leurs droits fondamentaux.

Inês Soldado et Ekaterina Petrikevich

Si vous souhaitez signer la pétition contre les violences domestiques en Russie, cliquez ici https://www.change.org/p/state-duma-of-russian-federation-la-violence-domestique-en-russie-doit-%C3%AAtre-un-d%C3%A9lit-poursuivi-p%C3%A9nalement-2

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Протесты против декриминализации домашнего насилия России прошли во Франции

19 февраля 2017, на Площади сопротивления в Париже прошел протест против декриминализации домашнего насилия в России.

Этот протест собрал участников из ведущих университетов Франции Сьянс По и Сорбонна, членов французской организации Russie-Libertés, а также других русских и французских активистов, среди которых были координатор Amnesty International France по вопросам России Анна Нердрум и эколог и правозащитница из Челябинской области Надежда Кутепова.

Это мероприятие организованное французской ассоциацией Russie-Libertés и русской активисткой Екатериной Петрикевич прошло напротив русского культурно-духовного центра и Свято-Троицкого собора с целью повышения осведомленности людей о проблеме домашнего насилия в России.

7 февраля 2017 г. президент Владимир Путин подписал указ о декриминализации некоторых форм домашнего насилия. Этот указ вступил в действие сразу после его публикации, переведя побои из уголовного преступления по статье 116 УК РФ в разряд административных нарушений, наказуемых штрафом до 30 000 рублей, заключением сроком до 15 суток и от 60 до 120 часами исправительных работ.

Согласно официальному заявлению Анны Кирей, заместителя директора Amnesty International по России, “хотя власти России утверждают, что эта реформа направлена на «защиту семейных ценностей», в действительности она попирает права женщин.”

Протестующие выразили свою сильную обеспокоенность данным шагом назад на пути к модернизации России и требовали, чтобы российские правительство и парламент признали все формы домашнего насилия уголовно наказуемым преступлением и ужесточили наказание за данные виды злодеяний. В течение данного протеста участники распространяли петицию против домашнего насилия в России и обязались организовать дальнейшие мероприятия в поддержку данной инициативы.

« Мы боремся, чтобы поддержать русских женщин, чтобы встать на пути насилию, доказать что насилие не является традицией в России и не может быть ценностью в современном обществе! Человеческие отношения не строятся на авторитете и силе, и особенно внутри семьи, где сила должна уступать любви и уважению! Закон должен защищать слабых, а не поддерживать мнимые ценности навязанные обществу государственной политикой! » – утверждает Ольга Прокопьева, член ассоциации Russie-Libertés и ко-организатор данного мероприятия.

Аналогичные протесты прошли в этом месяце в Москве, Санкт-Петербурге, Челябинске и других городах России, подчеркивая важность данной проблемы и желание граждан взять инициативу в свои руки. “Последнее время столько всего происходит в мире, что кажется, что люди привыкли ничему не удивляться и воспринимать как норму победы популистов, ограничения прав… Поэтому мне хотелось познакомиться и поговорить с людьми, которым не всё равно… Противостоять и двигаться дальше легче, когда видишь, что ты не один!” – отмечает Зоя Брагина, одна из участниц протеста.

Ежегодно в результате домашнего насилия в России умирает более 10.000 женщин, что означает, что в результате домашнего насилия каждые 45 минут погибает одна женщина. Для сравнения, в 2015 году во Франции, стране с населением 66.9 мил в результате домашнего насилия погибло 115 женщин. Эта цифра меньше российской почти в десять раз, несмотря на то, что население России больше населения Франции всего в два раза.

Россия также является страной-участницей Конвенции ООН о ликвидации всех форм дискриминации в отношении женщин и Конвенции о правах ребенка, которые признают домашнее насилие одной из форм дискриминации. Конституция Российской Федерации также имеет положение о недискриминации, гарантирующее равенство прав и свобод граждан вне зависимости от их пола, а выступающее гарантом фундаментальных прав всех граждан Российской Федерации.

Инес Солдадо и Екатерина Петрикевич

Вы можете подписать петицию против декриминализации домашнего насилия перейдя по данной ссылке
https://goo.gl/UExdGW

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Contre la violence domestique en Russie

Russie-Libertés proteste contre la décriminalisation de la violence domestique et la discrimination à l’égard des femmes en Russie.

Le 7 février 2017 le président Vladimir Poutine a promulgué une loi qui décriminalise certaines formes de violence familiale. Plus précisément, cette loi a modifié la nature de l’infraction transformant ainsi le délit des coups et blessures régi précédemment par l’article 116 du code pénal russe en infraction administrative punie d’une amende de 30 000 roubles (485EUR) ou de 15 jours d’emprisonnement ou de 120 heures de travaux d’intérêt général.

 

Cette action soutenue par les députés et groupes d’intérêts ultraconservateurs y compris par l’Église orthodoxe russe marque un pas en arrière dans la modernisation de la société russe et confirme la violence physique comme l’une des « valeurs traditionnelles familiales ». Selon Elena Mizulina, une politicienne renommée russe et la marraine des initiatives anti-LGBT et anti-avortement, ce changement « sauvera les familles traditionnelles » et les « protégera [ainsi] de toute ingérence mal fondée ».

 

Ces affirmations tout comme d’autres nombreux commentaires au sujet de la violence domestique faisant partie de l’interaction parent-enfant et mari-femme soulignent l’ampleur de la discrimination à l’égard des femmes et des enfants en Russie ainsi que la gravité de ce problème. Compte tenu du cadre juridique déjà insuffisant pour protéger les victimes de la violence domestique ainsi que le manque des ressources et de la volonté de prévenir et poursuivre ces infractions, nous nous attendons à une forte augmentation du nombre de victimes. Selon différentes sources, environ 10 000 femmes meurent chaque année à la suite des violences domestiques. Ce qui sous-entend de facto un nombre beaucoup plus élevé de victimes car de nombreuses plaintes ne sont pas enregistrées par la police menant à la sous déclaration du nombre total des cas.

 

La dépénalisation de la violence domestique en Russie met en danger la vie et le bien-être de milliers de personnes et va à l’encontre des principes reconnus par le gouvernement russe dans la Constitution de la Fédération de Russie et des instruments juridiques internationaux tels que la Convention de l’ONU sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la Convention relative aux droits de l’enfant.

 

Nous aimerions exprimer notre vive inquiétude sur la normalisation de la violence domestique en Russie et vous inviter à nous rejoindre pour manifester contre cette décision ce dimanche 19 février 2017 devant le nouveau Centre Spirituel et Culturel russe, Place de la Résistance (sortie RER pont de l’Alma) de 15h00 à 17h00.

Nous demandons au parlement et gouvernement russes de reconsidérer la violence domestique tel un délit relevant du Code Pénal et de durcir les poursuites et condamnations pour ce délit.

Nous espérons que le gouvernement russe fera ce changement, et se portera garant des droits fondamentaux de ses citoyen.ne.s. en s’engageant immédiatement à éliminer toutes les formes de discrimination et de violence à l’égard des femmes et des enfants.

 

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre focus sur l’état des droits des femmes en Russie, cliquez ici.

 

Nous vous invitons aussi à lire plus d’information sur ce sujet et des histoires personnelles des victimes en cherchant #family116 sur facebook ou vkontakte.

 

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Russie-Libertés participe à: Winter Forum of European Lab.

Notre asso y sera représentée par le membre du CA, ex-president Alexis Prokopiev.

European Lab Winter forum – 2e édition
 est une nuit gratuite de conférences, projections, plateau radio et rencontres sur le thème « Des subcultures aux mouvements citoyens : alternatives et résistances ».

Plus de 50 intervenants, auteurs, artistes, activistes, penseurs et médias, seront présents pour parler d’initiatives citoyennes, de contre-culture et de reconquête démocratique.

 

le 26 janvier 2017 — Gratuit
La Machine du Moulin Rouge, Paris 18e
Dans le cadre de la Nuit des idées, en partenariat avec MakeSense et l’Institut Français.
Gratuit. Inscription coupe-file sur www.europeanlab.com/winterforum
http://europeanlab.com/winterforum/programmation/jeunesse-en-resistance/
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Résultats de l’Assemblée générale extraordinaire 2016 de Russie-Libertés

Samedi 26 Novembre 2016, l’Assemblée générale de Russie-Libertés a désigné un nouveau Conseil d’Administration.

Ses membres élu-e-s sont :

– Nicolai Kobliakov, président (membre du bureau)
– Michael Grossmann. secrétaire générale/ trésorier adjoint (membre du bureau)
– Pavel ZhitniKov, trésorier (membre du bureau)

– Michele Poussard
– Astrid Borg
– Anne Nerdrum
– Alexis Prokopiev

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Affaire de Bolotnaïa : triste anniversaire

Le 6 mai est une journée spéciale pour la société civile russe. Il y a quatre ans, jour pour jour, une grande manifestation civile a tourné au cauchemar. Le 6 mai 2012, alors que de simples citoyens et activistes russes s’apprêtaient à rejoindre la place Bolotnaïa à Moscou, pour exprimer leur déception suite aux élections présidentielles considérées comme étant falsifiées, la police a bloqué les accès au lieu de rassemblement et a réprimé avec violence toute tentative de participer à cette manifestation, pourtant autorisée.

Ce jour a marqué le point de non-retour dans la vie de nombreux Russes et a indiqué la direction de la politique intérieure pour les années à venir. Cette politique a plongé la Russie dans une situation de crise économique, politique et sociale. Le territoire de la liberté dans notre pays se réduit de jour en jour, telle une peau de chagrin.

La marche pacifique contre la fraude électorale massive a été suivie par des arrestations, des accusations à tort et des affaires pénales (34 condamnations en tout) montées de toute pièce. Des faux témoignages, de l’intimidation – tous les moyens sont bons pour faire comprendre à la population russe que toute critique et toute action civile seront passibles de peines d’emprisonnement. En décembre 2015 un nouveau verdict a été prononcé : Ivan Nepomniaschikh, présent sur la place Bolotnaïa il y a 4 ans, a été condamné à 2 ans de prison ferme sous des accusations présumées comme fausses par sa défense.

Des enquêtes suite à l’affaire Bolotnaïa sont toujours en cours. Toute personne qui était sur la place Bolotnaïa le 6 mai 2012 peut toujours être interpellée à tout moment. Les dernières fouilles ont eu lieu au début de l’année 2016 à Saint-Pétersbourg à l’encontre de plusieurs militants politiques, tôt le matin, à leur domicile.

Des condamnations pour des piquets de grève solitaires (affaire d’Ildar Dadine), pour le partage de publications sur les réseaux sociaux (affaire Ekaterina Vologjeninova et Andrei Boubeev), mais aussi, des poursuites à l’encontre de personnes  accusées d’ »espionnage » (28 personnes condamnées en 2015) et finalement, le durcissement de la loi dites « des agents de l’étranger » et son extension aux associations et fondations à but non lucratif : un triste bilan de la transformation de la Russie en un État autoritaire où les droits et les libertés sont bafoués.

L’actualité, c’est aussi l’ambiance générale de l’intolérance et de la haine instaurée grâce à la propagande bien maîtrisée par la télévision et les médias pro-gouvernementaux. Ce « climat de haine » a déjà fait plusieurs victimes.

Ce n’est pas étonnant que les manifestations sont de moins en moins nombreuses, alors que les agressions de personnes faisant partie de l’opposition ou étant critiques envers les autorités (comme l’écrivaine Ludmila Oulitskaya ou l’homme politique Milhail Kassianov) se multiplient.

Mais ce n’est pas cette triste image de la société russe que nous voulons retenir aujourd’hui. Ce sont les visages des prisonniers de Bolotnaïa éclairés par l’espoir de voir un jour leur pays libre. Les visages des enfants écrivant leurs mémoires sur l’histoire russe en quête de la vérité. Les jeunes personnes conscientes et ouvertes vers le monde, ce sont elles qui sans doute feront l’avenir de ce beau pays. Il est primordial pour nous aujourd’hui de refaire la lumière sur l’affaire Bolotnaïa, la première affaire de la nouvelle ère Poutinienne qui a ouvert le bal des représailles et de l’étouffement de toute opinion différente en Russie. C’est pour le respect de cette liberté que nous luttons tous.

Pour en savoir plus :

http://6may.org/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Bolotna%C3%AFa