From Général

FIFA President Gianni Infantino and President of Russian Federation Vladimir Putin stay on the stage with a Trophy during FIFA World Cup Trophy Tour at Luzhniki stadium on September 9, 2017 in Moscow, Russia. (Oleg Nikishin/FIFA/Getty Images)

Coupe du Monde de football : faisons entendre les autres voix de la Russie !

Coupe du Monde de football : faisons entendre les autres voix de la Russie !

La Coupe du Monde de football 2018 débute le 14 juin prochain en Russie. Cette grande fête du sport, qui sera suivie par des millions de personnes à travers le monde, ne doit pas faire oublier la situation désastreuse de l’Etat de droit en Russie. Cet événement peut être l’occasion de faire entendre les voix russes que certains essayent de faire taire.

32 équipes, 12 stades, des milliers de supporters venant du monde entier… La Coupe du Monde de football 2018 est aussi un événement important pour beaucoup de Russes, passionnés (ou pas) par le ballon rond.

L’actualité nous le rappelle tous les jours, ce moment festif et fraternel ne doit pas faire oublier la dégradation de l’Etat de droit en Russie et les violations des principes fondamentaux du respect des droits humains. Depuis les grandes manifestations pour des élections justes, en 2011-2012, de nombreuses lois sont venues réduire les droits et les libertés des Russes comme la loi limitant le droit de manifester, la loi des « agents de l’étranger » qui vise les ONG, la loi « contre la propagande de l’homosexualité auprès des mineurs » qui vise les personnes LGBT, etc… Ces lois ont été accompagnées de pressions sur la société civile, arrestations et jugements arbitraires, multiplication du nombre de prisonniers politiques… Certains militants ont été poussés à l’exil, d’autres réduits au silence. L’odieux assassinat de l’opposant Boris Nemtsov a résonné comme un choc. Les conflits en Ukraine et en Syrie ont eu un impact important à l’extérieur, comme à l’intérieur du pays.

Aujourd’hui, à l’occasion de la Coupe du Monde, nous appelons la communauté internationale qui sera présente en Russie à ne pas oublier cette situation et à se mobiliser pour faire entendre les autres voix de la Russie, comme les voix de la société civile et des minorités qui subissent des discriminations. Comme la voix du metteur en scène Kirill Serebrennikov, assigné à résidence, et celle d’Oleg Sentsov, cinéaste ukrainien en grève de la faim dans une prison russe, et également celle d’Oyoub Titiev, militant pour les droits humains emprisonné en Tchétchénie.

Le monde entier aura les yeux rivés sur les stades de la Russie, nous appelons les membres des délégations internationales, les journalistes mais aussi les sportifs et les supporters (dans le cadre du règlement de la FIFA) à exiger la libération de Serebrennikov, Sentsov et Titiev. Pendant la Coupe du Monde, faisons entendre les autres voix de la Russie !

Russie-Libertés

Koudryavtsev/AP

Après Saint-Pétersbourg, les messages et les attentes

La rencontre entre les présidents français et russe, qui s’est déroulée le 24 et 25 mai, a permis de soulever plusieurs sujets importants liés à la défense des droits humains. Désormais nous attendons encore plus d’avancées.

La rencontre entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg s’est déroulée dans un contexte particulier avec l’affaire d’Oleg Sentsov, cinéaste ukrainien condamné en 2015 à 20 ans de prison, qui est, depuis maintenant 13 jours, en grève de la faim avec pour exigence la libération des prisonniers politiques ukrainiens en Russie; l’affaire du « Studio 7 » et de Kirill Serebrennikov, le réalisateur russe assigné à la résidence pour une affaire de “corruption” sans preuves réelles; enfin l’arrestation depuis plusieurs mois d’Oyub Titiev, directeur de l’organisation russe de défense des droits humains Memorial à Grozny.

Pour nous, et pour la société civile russe, les attentes étaient donc nombreuses. Il était donc d’autant plus important pour nous tous d’entendre le Président de la République française, lors de la conférence de presse commune avec Vladimir Poutine, de prononcer les noms d’Oleg Sentsov, Kirill Serebrennikov, et de mentionner les défenseurs des droits humains en Russie.

Les rencontres avec le directeur de l’ONG Memorial, Alexandre Tcherkassov, et Natalia Soljenitsyne, la veuve de l’écrivain Alexandre Soljenitsyne, ont donc constitué non seulement des moments symboliques mais aussi des messages importants adressés à la société civile russe. D’après l’ONG Memorial, lors de cette réunion, l’une des principales questions a été la libération d’Oyub Titiev et d’Oleg Sentsov. La journaliste Zoya Svetova a également évoqué ces questions avec Emmanuel Macron. https://memohrc.org/ru/news_old/pc-memorial-obsudil-delo-oyuba-titieva-s-prezidentom-francii

Après ces rencontres et les messages importants, nous espérons que la France continuera à jouer un rôle important, notamment à l’occasion de la Coupe du Monde de football en Russie, afin d’exiger la libération des prisonniers politiques et de défendre les droits humains en Russie. Nous demandons également aux autorités russes d’entendre ces messages, et ceux de la société civile, de libérer les prisonniers politiques injustement condamnés ou poursuivis.

Photo: Victoria Odissonova, Novaya gazeta

LA RUSSIE – C’EST NOUS!

« Il n’est pas notre Tsar ». C’est le nom de la manifestation qui s’est déroulée le 5 mai dernier à Moscou et dans plus de 90 villes de Russie. L’action a réuni les sympathisants d’Alexei Navalny, l’un des opposants du Kremlin le plus populaire. Elle a été organisée deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine au poste de président de Russie. Navalny a appelé les gens à venir manifester partout dans les rues pour le « droit de chacun d’être citoyen de son pays ».

La majorité des opposants s’est rassemblée autour du monument de Pouchkine. L’action s’est soldée une fois de plus par des arrestations : 712 personnes arrêtées à Moscou et plus de 1 600 à travers le pays. Comme le 26 mars 2017 lors de la manifestation contre la corruption, les participants sont jeunes, souvent adolescents, lycéens et collégiens. Leur leader Alexei Navalny a été également arrêté et relâché le lendemain.

Une différence notable a démarqué les événements de ce 5 mai : la jeunesse russe s’est retrouvée face à non seulement aux agents de forces de la police spéciale, mais aussi face aux activistes du NOD (mouvement nationaliste) et des Cosaques. Agressions physiques, insultes, coups de fouet, coups de matraque à l’intérieur même des fourgons de police : voici la réponse du régime aux opposants.

Le média The Bell nous révèle que l’ « Armée Centrale Cosaque » a été financée par la Mairie de Moscou. Le soutien aux cosaques est ouvertement confirmé sur le site officiel de la Mairie. Selon les données communiquées par The Bell, en 2016-2018 « l’Armée Centrale Cosaque » a signé trois contrats du Département de la Politique Nationale et des Relations Interrégionales du Gouvernement de Moscou pour 15,9 millions de roubles. Le but de ces contrats est « de former et de consolider les connaissances et compétences nécessaires pour mener des activités visant à protéger l’ordre public et à assurer la sécurité lors des manifestations publiques et de masse dans la ville de Moscou ».

Il y a 6 ans, le 6 mai 2012 à la place Bolotnaïa la manifestation a marqué un moment tournant dans l’histoire du régime actuel : l’Etat a dressé les forces de police et le système judiciaire contre des manifestants et opposants pacifiques. Ce 5 mai 2018, nous constatons que le régime a donné le feu vert aux militants nationalistes, Cosaques et autres partisans de mouvements ultras pour agresser ces manifestants.

Les mêmes méthodes agressives employées contre les manifestants ont été signalées à Saint-Pétersbourg, Iakutsk et d’autres villes russes. Les côtes cassées, des brulures provoquées par taser électrique, le refus des soins médicaux aux victimes – un bilan déplorable de cette journée de mobilisation citoyenne.

De plus, le gérant de l’association juridique de défense des droits de l’homme « Agora » Pavel Chikov a rapporté sur sa chaîne Telegram que « le service de police de Moscou avait annoncé le plan « Forteresse » – une convocation urgente du personnel pour empêcher l’accès aux installations particulièrement importantes. Ce qui implique un accès limité aux avocats ». Autrement dit, le droit à la protection juridique des personnes interpellées et détenues aux postes de police risque d’être limitée ou bafouée. Alors que l’affaire de Bolotnaïa vient d’être close après l’expiration du délai de prescription, des nouvelles affaires judiciaires s’ouvrent suite aux interpellations du 5 mai 2018. Ainsi l’habitant de Saint Petesrbourg Mikhail Tsakounov est accusé d’agression sur l’agent de police lors de la manifestation du 5 mai. Selon Mikhail, il a été arrêté par la police dans la rue, en dehors du lieu de manifestation, tabassé dans le fourgon de police et ce n’est que lendemain qu’il a appris qu’il est accusé d’agression d’un policier. Les enquêteurs n’ont aucune pièce à conviction ni enregistrement vidéo prouvant cette agression, l’accusation se base uniquement sur le témoignage du policier. Des affaires similaires montées de toutes pièces ont servi à condamner les manifestants de Bolotnaïa pour des peines de 2 à 3 ans de prison. Nous déplorons que le système judiciaire se serve des mêmes techniques dans cette nouvelle affaire.

Dans cette ambiance se déroulera l’investiture du président Poutine, le président qui proclame une « Russie forte, unie, ferme ».

Nous soutenons l’aspiration du peuple russe de vivre dans un pays ouvert, sous un régime démocratique, qui respecte sa volonté.

Nous exigeons la libération immédiate de tous les manifestants pacifiques et l’arrêt de toutes actions juridiques infondées contre de simples citoyens qui osent élever leurs voix.

Photo: Victoria Odissonova, Novaya gazeta

KEMEROVO, RUSSIA - MARCH 26, 2018: Flowers, candles and toys outside the Zimnyaya Vishnya shopping centre in Prospekt Lenina Street where over 50 people were killed in a fire on March 25, 2018. Danil Aikin/TASS

Ce 25 mars 2018, dans un centre commercial de la ville de Kemerovo (région de Sibérie), un incendie a fait plus de 64 victimes, dont de nombreux enfants.

Ce 25 mars 2018, dans un centre commercial de la ville de Kemerovo (région de Sibérie), un incendie a fait plus de 64 victimes, dont de nombreux enfants.
Nous souhaitons exprimer nos sincères condoléances aux familles des victimes.
Par ailleurs, nous exigeons une enquête juste des causes de cette catastrophe, ainsi que de la gestion de la situation par les autorités locales et fédérales.

Nous vous appelons à un rassemblement aujourd’hui, à partir de 18:30, devant l’ambassade de Russie pour exprimer nos condoléances et notre solidarité avec les familles des victimes.

L’équipe de Russie-Libertés.

Yury Kadobnov

Présidentielle en Russie : Russie-Libertés dénonce les nombreuses infractions et pressions sur les électeurs.

Vladimir Poutine vient d’être réélu pour son 4ème et, selon la Constitution russe, ultime mandat. L’élection présidentielle, qui s’est déroulée hier en Russie, a été, malheureusement, de nouveau entachée par de nombreuses irrégularités, infractions, manipulations et pressions sur les électeurs, que ce soit pendant la campagne électorale qu’au moment du vote. Ces faits mettent en doute les résultats présentés par la Commission électorale centrale.

En effet, selon le mouvement indépendant Golos, plus de 2900 cas d’infractions, plus ou moins majeures, ont été enregistrés. Plusieurs irrégularités visaient clairement à modifier le résultat du scrutin et notamment à augmenter la participation. Par ailleurs, plusieurs cas de pressions sur les électeurs ont été enregistrés. Dans certaines régions, la participation à cette élection a été imposée aux salariés par leurs supérieurs, ce qui est strictement contraire à la loi russe. Dans certains bureaux de vote, les droits des observateurs et des journalistes ont également été négligés. Des observateurs se sont vus refuser l’accès aux bureaux de vote notamment dans certaines parties de la région du Caucase. Dans ces mêmes bureaux de vote, la participation déclarée a été de plus de 90%. Des bourrages d’urnes ont également été reportés par les observateurs et les caméras installées dans les bureaux de vote.

Il est aussi important de rappeler que plusieurs candidats d’opposition, dont Alexei Navalny, se sont vus refuser leur droit de participer à ce scrutin pour des motifs douteux. Cela remet clairement en cause le principe de concurrence démocratique.

 

L’association Russie-Libertés appelle à une investigation approfondie pour que les auteurs de ces infractions graves et contraires à la loi russe soient sanctionnés. Il est également indispensable de garantir le droit des citoyens russes à des élections démocratiques, justes, transparentes et qui respectent les droits de l’opposition et de la société civile.

Nemtsov portrait on Nemtsov most

Un homme libre.

« Un homme libre, peut-être un peu trop ».  C’est le titre du film documentaire sur Boris Nemtsov où ses amis et ses collègues le décrivent comme une personne pleine de vie, d’humilité et de volonté dans la poursuite de ses objectifs.

Ses convictions lui ont coûté la vie. Dans la nuit du 28 Février 2015, il a été abattu près de la Place Rouge à Moscou. Une belle mort pour un bon vivant qu’il était. Probablement le plus vivant des hommes politiques russes, il le reste paradoxalement même après sa mort. Tous ceux qui l’ont croisé, gardent un souvenir lumineux de Boris Nemtsov : entouré des habitants de la ville de Nijni Novgorod, où il a été gouverneur ; au milieu d’une manifestation d’opposition en plein centre de Moscou ; retenu par les agents de police ; souriant à une conférence de presse. Il  était l’incarnation d’un homme politique que la Russie aurait pu avoir : grand, extrêmement intelligent (il était diplômé en sciences physiques, l’auteur de plus de 60 publications sur la physique quantique, thermodynamique et acoustique), simple, drôle et débordant de projets. Réformateur, tout au long de sa carrière, il a cherché à faire évoluer ce pays vers la liberté.

Réformes, évolution et liberté ne sont pas à l’honneur en Russie d’aujourd’hui. Sous promesse de stabilité et de prospérité, manipule le peuple russe, déforme son histoire et enferme ceux qui tentent d’ouvrir les yeux à la population.

A quel moment Boris Nemtsov a attiré les foudres du Kremlin ? Etait-ce quand il a parcouru la Russie pour rassembler un million des signatures contre la guerre en Tchétchénie ? Probablement le jour où il a prononcé son discours au parlement des Etats-Unis avec la proposition d’adopter la liste de Magnitski visant personnellement les fonctionnaires haut placés, responsables de violations des droits de l’Homme en Russie ?  Etait-ce quand il a soutenu le mouvement libératoire en Ukraine et s’est opposé ouvertement à la guerre du Donbass ? Ou bien, quand il a publié son rapport « Poutine et la guerre » en ouvrant les yeux du monde entier sur la nouvelle guerre « glorieuse » dans le Donbass, avec l’implication des forces russes, et sur l’annexion de Crimée violant 3 traitées internationaux ? Cela pourrait être enfin son rapport sur les jeux olympiques de Sotchi qui étaient selon lui une des plus grandes sources de corruption dans l’histoire de la Russie ?

Nous ne le saurons vraisemblablement jamais, car l’enquête judiciaire ouverte après son assassinat piétine, les « coupables » ou plutôt les exécutants sont condamnés à 20 ans d’emprisonnement alors que les noms des commanditaires n’ont jamais été révélés.

Le tribunal militaire du district de Moscou et la Cour suprême, qui se sont prononcés sur cette affaire, ont refusé de donner à ce crime la qualification d’assassinat à motivation politique, ont également refusé d’entendre le supposé organisateur du meurtre Rouslan Géremeev, les frères Delimkhanov, le président de Tchétchénie Ramzan Kadyrov et le chef de la Garde russe, le général Zolotov ainsi que d’autres personnes impliquées.

Pardessus tout, le service fédéral de sécurité a refusé de fournir les enregistrements vidéo du moment du meurtre des nombreuses caméras présentes sur le pont. En effet, d’après la réponse officielle de ce service spécial, il n’y aurait pas de caméras vidéo autour de la Place Rouge, ce qui est difficile à croire.

Selon Sergei Sokolov, journaliste à Novaya Gazeta, l’enquête sur le meurtre de Boris Nemtsov entrera un jour dans les manuels de criminologie comme une triste illustration de l’impuissance professionnelle des forces de l’ordre dans un pays qui n’est pas régi par la loi, mais par l’«opportunisme politique».

Boris Nemtsov, quant à lui, est déjà entré dans l’histoire de son pays, un grand homme avec des grands espoirs et un sourire ravageur.

Pour savoir plus sur l’enquête du meurtre de Boris Nemtsov, nous vous invitons à lire le rapport de l’avocat Vadim Prokhorov ici :

http://nemtsovfund.org/2018/01/rassledovanie-ubijstva-borisa-nemtsova-kratkaya-spravka-ot-vadima-prohorova/

cof

« Renversement des morales » (D. Satter) – « Redéfinition de l’identité russe » (C. Vaissié) – « Le plus grand crime est la dégénérescence de la société » (K. Larina)

« Renversement des morales » (D. Satter) – « Redéfinition de l’identité russe » (C. Vaissié) – « Le plus grand crime est la dégénérescence de la société » (K. Larina)

Le constat qui a été fait à l’occasion de la conférence du 9 décembre sur les «(R)ÉVOLUTIONS ET DROITS HUMAINS EN RUSSIE : 1917 – 2017», organisée à la Sorbonne par l’association Russie-Libertés et l’association des Droits de l’Homme de la Sorbonne, révèle que ces révolutions de 1917 ont laissé des séquelles qui n’ont de cesse de trouver leurs échos dans une société russe en quête de son identité nouvelle. Comme l’a justement souligné Cécile Vaissié : « en Russie il y a une guerre froide autour de la mémoire et de la redéfinition de l’identité russe. » Selon David Satter, la Russie n’a pas encore dépassé l’héritage du bolchevisme. Ainsi, alors que la dépouille de Lénine repose toujours au mausolée, la commémoration de 1917 n’est plus ce qu’elle était et les événements de 1917 sont qualifiés comme événements les plus contradictoires de l’histoire du pays.

cof

De toute évidence, la notion de révolution n’est pas ce que l’État souhaite commémorer aujourd’hui. La crainte du Kremlin vis-à-vis de la notion révolutionnaire réside dans le danger des conséquences d’une contestation quelconque. « La seule chose que craint le pouvoir russe est que toute la lumière soit faite », constate Ksenia Larina. Et pour cela, l’action des ONGs, des militants, des artistes et toute autre voix de résistance est extrêmement importante. « Toute réaction, surtout non anonyme, et même si celle-ci provient de l’étranger, pourra aider considérablement », ajoutait Gregoriy Shvedov.cof

Le recul des droits se constate dans toutes les sphères de la vie des citoyens russes. Ainsi, les artistes se voient privés de leur liberté artistique. Les écologistes privés de leurs actions pour l’environnement. Et les citoyens poussés vers une indifférence généralisée.

ASSO 25299982_1765130693497964_5644482889941709157_o ASSO 25074855_1765132253497808_8728835553669312071_o ASSO 25073533_1765121990165501_4041415634086688039_o ASSO 24958717_1765128220164878_8485034048910447492_o

« Hier, à l’avant-première du ballet « Noureev » au théâtre Bolchoï, toute l’élite était présente : les fonctionnaires, les ministres, même le ministre de la Culture ! Quel niveau de cynisme faut-il atteindre pour d’une main applaudir et d’une autre enfermer le metteur en scène du ballet ? », s’exclamait Ksenia Larina sur la situation de Kirill Serebrennikov assigné à résidence depuis le 23 août 2017.   

Une dissidence artistique est née en Russie, comme à l’époque Stalinienne. Des artistes sont pourchassés, des théâtres fermés et des films interdits.

La situation avec les écologistes est la même. Comme en témoignent Nadezhda Kutepova et Evguenia Tchirikova. Mais de plus en plus de mouvements citoyens naissent en Russie et les revendications sont multiples. Ces mouvements sont faibles et ont besoin de soutien. Le soutien de l’Europe est important et sans une pression extérieure sur le Kremlin, les choses ne pourront avancer.

Evguenia Tchirikova met en garde sur les dangers du projet Nord Stream 2 : « C’est un nouveau pacte Molotov-Ribbentrop entre la Russie et l’Allemagne ! Il permettra à Poutine de sécuriser ses exportations de gaz, lui donnera des moyens de pression supplémentaires sur l’Europe et la possibilité d’enclencher de nouvelles campagnes militaires dans les pays limitrophes. […] En achetant le gaz à Poutine, l’Europe finance sa propagande, les répressions contre son peuple et l’influence du régime poutinien sur l’Europe même. J’appelle donc les européens à ne pas acheter le pétrole et le gaz à Poutine ! »

Nous l’aurons compris – la détresse de ceux qui résistent en Russie est grande, mais l’espoir et le courage de changer les choses l’est encore plus.

Les révolutions de 1917 n’ont peut-être pas libéré le peuple russe à l’instar de la révolution française, mais la volonté de vivre dans un pays plus juste est toujours là et les braises ardentes de la liberté peuvent encore donner des flammes !

 

Conférence du 9 décembre 2017, à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, organisée par Russie-Libertés en partenariat avec l’Association des Droits de l’Homme de la Sorbonne.

Intervenants :

  1. DROITS AUX ÉLECTIONS LIBRES ET À LA PLURALITÉ POLITIQUE :
    Dominique Bromberger (journaliste français et auteur de « C’est ça, la Russie »), Yves Cohen (Directeur d’études à l’EHESS), Philippe Comte (maître de conférences de langue et civilisation russes contemporaines à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), David Satter (journaliste américain, auteur de « The less you know, the better you sleep »), Cécile Vaissié (professeur en études russes et soviétiques à l’université Rennes 2, auteur de « Les réseaux du Kremlin en France ») ;
  2. LIBERTÉ D’EXPRESSION ET LIBERTÉ ARTISTIQUE : Yulia Berezovskaya (journaliste russe et fondatrice du média indépendant Graniru.org), Galia Ackerman (docteure en histoire et journaliste, spécialiste de la Russie), Jean-Pierre Thibaudat (journaliste, écrivain, conseiller artistique), Ksenia Larina (journaliste russe à la radio EKHO de Moscou et critique théâtrale, membre du comité de soutien à Kirill Serebrennikov), Grigoriy Shvedov (rédacteur en chef de l’agence de presse Caucasian Knot Kavkaz-uzel.eu) ;

3. LIBERTÉ DE RASSEMBLEMENT ET DE MANIFESTATION : Evguenia Tchirikova (militante écologiste russe, fondatrice du projet Activatica.org), Nadezhda Kutepova (sociologue, défenseur des droits de l’Homme et fondatrice de l’ONG russe « Planète des Espoirs »), Véronika Dorman (journaliste à Libération, spécialité Russie-espace post soviétique, auteur de « Amnésie russe, 1917-2017 »).

Affiche conf 912

(R)ÉVOLUTIONS ET DROITS HUMAINS EN RUSSIE : 1917 – 2017

RUSSIE-LIBERTÉS en partenariat avec l’ASSOCIATION DES DROITS DE L’HOMME DE LA SORBONNE, vous convie le samedi 9 décembre à une conférence sur le thème

« (R)ÉVOLUTIONS ET DROITS HUMAINS EN RUSSIE : 1917 – 2017 »,

de 11h à 18h, à l’amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne (17 Rue De La Sorbonne, Paris 5éme).

Des philosophes, journalistes, historiens et défenseurs des droits de l’Homme se pencheront sur la question passionnante de l’évolution des droits humains en Russie de 1917 à aujourd’hui, et sur les Révolutions – Évolutions qui ont perturbé le pays tout au long de ce siècle d’histoire.

Interviendront à cette occasion : David Satter, Cécile Vaissié, Dominique Bromberger, Sacha Koulaeva, Yulia Berezovskaya, Galia Ackerman, Grigoriy Shvedov et bien d’autres.

 

La conférence sera suivie d’un concert de la talentueuse chanteuse, musicienne et compositeur franco-russe : Veronika Bulycheva.

 

Le détail du programme et l’inscription se font par CE LIEN.

 

L’inscription est obligatoire.

 

Anne Nerdrum

Anne Nerdrum s’en est allée à l’âge de 78 ans des suites d’une maladie grave.

Aujourd’hui  nous pleurons une amie très chère, une collègue irremplaçable: Anne Nerdrum s’en est allée à l’âge de 78 ans des suites d’une maladie grave.

Impossible d’y croire, difficile d’accepter, tout comme trouver des mots justes.

Elle paraissait si fragile au premier regard alors qu’elle était la plus forte de nous. Militante au sein d’Amnesty International, elle avait un lien très fort avec la Russie, russe dans l’âme.

La force de son esprit, son sourire bienveillant illuminaient chaque soirée de notre association, chaque action de rue, chaque tablée amicale. Elle était et restera pour nous  un exemple, un soutien et une lueur d’espoir.

Nous exprimons nos sincères condoléances aux amis et aux proches d’Anne Nerdrum . Nous partageons votre douleur.

Les membres de Russie Libertés