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KEMEROVO, RUSSIA - MARCH 26, 2018: Flowers, candles and toys outside the Zimnyaya Vishnya shopping centre in Prospekt Lenina Street where over 50 people were killed in a fire on March 25, 2018. Danil Aikin/TASS

Ce 25 mars 2018, dans un centre commercial de la ville de Kemerovo (région de Sibérie), un incendie a fait plus de 64 victimes, dont de nombreux enfants.

Ce 25 mars 2018, dans un centre commercial de la ville de Kemerovo (région de Sibérie), un incendie a fait plus de 64 victimes, dont de nombreux enfants.
Nous souhaitons exprimer nos sincères condoléances aux familles des victimes.
Par ailleurs, nous exigeons une enquête juste des causes de cette catastrophe, ainsi que de la gestion de la situation par les autorités locales et fédérales.

Nous vous appelons à un rassemblement aujourd’hui, à partir de 18:30, devant l’ambassade de Russie pour exprimer nos condoléances et notre solidarité avec les familles des victimes.

L’équipe de Russie-Libertés.

Yury Kadobnov

Présidentielle en Russie : Russie-Libertés dénonce les nombreuses infractions et pressions sur les électeurs.

Vladimir Poutine vient d’être réélu pour son 4ème et, selon la Constitution russe, ultime mandat. L’élection présidentielle, qui s’est déroulée hier en Russie, a été, malheureusement, de nouveau entachée par de nombreuses irrégularités, infractions, manipulations et pressions sur les électeurs, que ce soit pendant la campagne électorale qu’au moment du vote. Ces faits mettent en doute les résultats présentés par la Commission électorale centrale.

En effet, selon le mouvement indépendant Golos, plus de 2900 cas d’infractions, plus ou moins majeures, ont été enregistrés. Plusieurs irrégularités visaient clairement à modifier le résultat du scrutin et notamment à augmenter la participation. Par ailleurs, plusieurs cas de pressions sur les électeurs ont été enregistrés. Dans certaines régions, la participation à cette élection a été imposée aux salariés par leurs supérieurs, ce qui est strictement contraire à la loi russe. Dans certains bureaux de vote, les droits des observateurs et des journalistes ont également été négligés. Des observateurs se sont vus refuser l’accès aux bureaux de vote notamment dans certaines parties de la région du Caucase. Dans ces mêmes bureaux de vote, la participation déclarée a été de plus de 90%. Des bourrages d’urnes ont également été reportés par les observateurs et les caméras installées dans les bureaux de vote.

Il est aussi important de rappeler que plusieurs candidats d’opposition, dont Alexei Navalny, se sont vus refuser leur droit de participer à ce scrutin pour des motifs douteux. Cela remet clairement en cause le principe de concurrence démocratique.

 

L’association Russie-Libertés appelle à une investigation approfondie pour que les auteurs de ces infractions graves et contraires à la loi russe soient sanctionnés. Il est également indispensable de garantir le droit des citoyens russes à des élections démocratiques, justes, transparentes et qui respectent les droits de l’opposition et de la société civile.

Nemtsov portrait on Nemtsov most

Un homme libre.

« Un homme libre, peut-être un peu trop ».  C’est le titre du film documentaire sur Boris Nemtsov où ses amis et ses collègues le décrivent comme une personne pleine de vie, d’humilité et de volonté dans la poursuite de ses objectifs.

Ses convictions lui ont coûté la vie. Dans la nuit du 28 Février 2015, il a été abattu près de la Place Rouge à Moscou. Une belle mort pour un bon vivant qu’il était. Probablement le plus vivant des hommes politiques russes, il le reste paradoxalement même après sa mort. Tous ceux qui l’ont croisé, gardent un souvenir lumineux de Boris Nemtsov : entouré des habitants de la ville de Nijni Novgorod, où il a été gouverneur ; au milieu d’une manifestation d’opposition en plein centre de Moscou ; retenu par les agents de police ; souriant à une conférence de presse. Il  était l’incarnation d’un homme politique que la Russie aurait pu avoir : grand, extrêmement intelligent (il était diplômé en sciences physiques, l’auteur de plus de 60 publications sur la physique quantique, thermodynamique et acoustique), simple, drôle et débordant de projets. Réformateur, tout au long de sa carrière, il a cherché à faire évoluer ce pays vers la liberté.

Réformes, évolution et liberté ne sont pas à l’honneur en Russie d’aujourd’hui. Sous promesse de stabilité et de prospérité, manipule le peuple russe, déforme son histoire et enferme ceux qui tentent d’ouvrir les yeux à la population.

A quel moment Boris Nemtsov a attiré les foudres du Kremlin ? Etait-ce quand il a parcouru la Russie pour rassembler un million des signatures contre la guerre en Tchétchénie ? Probablement le jour où il a prononcé son discours au parlement des Etats-Unis avec la proposition d’adopter la liste de Magnitski visant personnellement les fonctionnaires haut placés, responsables de violations des droits de l’Homme en Russie ?  Etait-ce quand il a soutenu le mouvement libératoire en Ukraine et s’est opposé ouvertement à la guerre du Donbass ? Ou bien, quand il a publié son rapport « Poutine et la guerre » en ouvrant les yeux du monde entier sur la nouvelle guerre « glorieuse » dans le Donbass, avec l’implication des forces russes, et sur l’annexion de Crimée violant 3 traitées internationaux ? Cela pourrait être enfin son rapport sur les jeux olympiques de Sotchi qui étaient selon lui une des plus grandes sources de corruption dans l’histoire de la Russie ?

Nous ne le saurons vraisemblablement jamais, car l’enquête judiciaire ouverte après son assassinat piétine, les « coupables » ou plutôt les exécutants sont condamnés à 20 ans d’emprisonnement alors que les noms des commanditaires n’ont jamais été révélés.

Le tribunal militaire du district de Moscou et la Cour suprême, qui se sont prononcés sur cette affaire, ont refusé de donner à ce crime la qualification d’assassinat à motivation politique, ont également refusé d’entendre le supposé organisateur du meurtre Rouslan Géremeev, les frères Delimkhanov, le président de Tchétchénie Ramzan Kadyrov et le chef de la Garde russe, le général Zolotov ainsi que d’autres personnes impliquées.

Pardessus tout, le service fédéral de sécurité a refusé de fournir les enregistrements vidéo du moment du meurtre des nombreuses caméras présentes sur le pont. En effet, d’après la réponse officielle de ce service spécial, il n’y aurait pas de caméras vidéo autour de la Place Rouge, ce qui est difficile à croire.

Selon Sergei Sokolov, journaliste à Novaya Gazeta, l’enquête sur le meurtre de Boris Nemtsov entrera un jour dans les manuels de criminologie comme une triste illustration de l’impuissance professionnelle des forces de l’ordre dans un pays qui n’est pas régi par la loi, mais par l’«opportunisme politique».

Boris Nemtsov, quant à lui, est déjà entré dans l’histoire de son pays, un grand homme avec des grands espoirs et un sourire ravageur.

Pour savoir plus sur l’enquête du meurtre de Boris Nemtsov, nous vous invitons à lire le rapport de l’avocat Vadim Prokhorov ici :

http://nemtsovfund.org/2018/01/rassledovanie-ubijstva-borisa-nemtsova-kratkaya-spravka-ot-vadima-prohorova/

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« Renversement des morales » (D. Satter) – « Redéfinition de l’identité russe » (C. Vaissié) – « Le plus grand crime est la dégénérescence de la société » (K. Larina)

« Renversement des morales » (D. Satter) – « Redéfinition de l’identité russe » (C. Vaissié) – « Le plus grand crime est la dégénérescence de la société » (K. Larina)

Le constat qui a été fait à l’occasion de la conférence du 9 décembre sur les «(R)ÉVOLUTIONS ET DROITS HUMAINS EN RUSSIE : 1917 – 2017», organisée à la Sorbonne par l’association Russie-Libertés et l’association des Droits de l’Homme de la Sorbonne, révèle que ces révolutions de 1917 ont laissé des séquelles qui n’ont de cesse de trouver leurs échos dans une société russe en quête de son identité nouvelle. Comme l’a justement souligné Cécile Vaissié : « en Russie il y a une guerre froide autour de la mémoire et de la redéfinition de l’identité russe. » Selon David Satter, la Russie n’a pas encore dépassé l’héritage du bolchevisme. Ainsi, alors que la dépouille de Lénine repose toujours au mausolée, la commémoration de 1917 n’est plus ce qu’elle était et les événements de 1917 sont qualifiés comme événements les plus contradictoires de l’histoire du pays.

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De toute évidence, la notion de révolution n’est pas ce que l’État souhaite commémorer aujourd’hui. La crainte du Kremlin vis-à-vis de la notion révolutionnaire réside dans le danger des conséquences d’une contestation quelconque. « La seule chose que craint le pouvoir russe est que toute la lumière soit faite », constate Ksenia Larina. Et pour cela, l’action des ONGs, des militants, des artistes et toute autre voix de résistance est extrêmement importante. « Toute réaction, surtout non anonyme, et même si celle-ci provient de l’étranger, pourra aider considérablement », ajoutait Gregoriy Shvedov.cof

Le recul des droits se constate dans toutes les sphères de la vie des citoyens russes. Ainsi, les artistes se voient privés de leur liberté artistique. Les écologistes privés de leurs actions pour l’environnement. Et les citoyens poussés vers une indifférence généralisée.

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« Hier, à l’avant-première du ballet « Noureev » au théâtre Bolchoï, toute l’élite était présente : les fonctionnaires, les ministres, même le ministre de la Culture ! Quel niveau de cynisme faut-il atteindre pour d’une main applaudir et d’une autre enfermer le metteur en scène du ballet ? », s’exclamait Ksenia Larina sur la situation de Kirill Serebrennikov assigné à résidence depuis le 23 août 2017.   

Une dissidence artistique est née en Russie, comme à l’époque Stalinienne. Des artistes sont pourchassés, des théâtres fermés et des films interdits.

La situation avec les écologistes est la même. Comme en témoignent Nadezhda Kutepova et Evguenia Tchirikova. Mais de plus en plus de mouvements citoyens naissent en Russie et les revendications sont multiples. Ces mouvements sont faibles et ont besoin de soutien. Le soutien de l’Europe est important et sans une pression extérieure sur le Kremlin, les choses ne pourront avancer.

Evguenia Tchirikova met en garde sur les dangers du projet Nord Stream 2 : « C’est un nouveau pacte Molotov-Ribbentrop entre la Russie et l’Allemagne ! Il permettra à Poutine de sécuriser ses exportations de gaz, lui donnera des moyens de pression supplémentaires sur l’Europe et la possibilité d’enclencher de nouvelles campagnes militaires dans les pays limitrophes. […] En achetant le gaz à Poutine, l’Europe finance sa propagande, les répressions contre son peuple et l’influence du régime poutinien sur l’Europe même. J’appelle donc les européens à ne pas acheter le pétrole et le gaz à Poutine ! »

Nous l’aurons compris – la détresse de ceux qui résistent en Russie est grande, mais l’espoir et le courage de changer les choses l’est encore plus.

Les révolutions de 1917 n’ont peut-être pas libéré le peuple russe à l’instar de la révolution française, mais la volonté de vivre dans un pays plus juste est toujours là et les braises ardentes de la liberté peuvent encore donner des flammes !

 

Conférence du 9 décembre 2017, à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, organisée par Russie-Libertés en partenariat avec l’Association des Droits de l’Homme de la Sorbonne.

Intervenants :

  1. DROITS AUX ÉLECTIONS LIBRES ET À LA PLURALITÉ POLITIQUE :
    Dominique Bromberger (journaliste français et auteur de « C’est ça, la Russie »), Yves Cohen (Directeur d’études à l’EHESS), Philippe Comte (maître de conférences de langue et civilisation russes contemporaines à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), David Satter (journaliste américain, auteur de « The less you know, the better you sleep »), Cécile Vaissié (professeur en études russes et soviétiques à l’université Rennes 2, auteur de « Les réseaux du Kremlin en France ») ;
  2. LIBERTÉ D’EXPRESSION ET LIBERTÉ ARTISTIQUE : Yulia Berezovskaya (journaliste russe et fondatrice du média indépendant Graniru.org), Galia Ackerman (docteure en histoire et journaliste, spécialiste de la Russie), Jean-Pierre Thibaudat (journaliste, écrivain, conseiller artistique), Ksenia Larina (journaliste russe à la radio EKHO de Moscou et critique théâtrale, membre du comité de soutien à Kirill Serebrennikov), Grigoriy Shvedov (rédacteur en chef de l’agence de presse Caucasian Knot Kavkaz-uzel.eu) ;

3. LIBERTÉ DE RASSEMBLEMENT ET DE MANIFESTATION : Evguenia Tchirikova (militante écologiste russe, fondatrice du projet Activatica.org), Nadezhda Kutepova (sociologue, défenseur des droits de l’Homme et fondatrice de l’ONG russe « Planète des Espoirs »), Véronika Dorman (journaliste à Libération, spécialité Russie-espace post soviétique, auteur de « Amnésie russe, 1917-2017 »).

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(R)ÉVOLUTIONS ET DROITS HUMAINS EN RUSSIE : 1917 – 2017

RUSSIE-LIBERTÉS en partenariat avec l’ASSOCIATION DES DROITS DE L’HOMME DE LA SORBONNE, vous convie le samedi 9 décembre à une conférence sur le thème

« (R)ÉVOLUTIONS ET DROITS HUMAINS EN RUSSIE : 1917 – 2017 »,

de 11h à 18h, à l’amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne (17 Rue De La Sorbonne, Paris 5éme).

Des philosophes, journalistes, historiens et défenseurs des droits de l’Homme se pencheront sur la question passionnante de l’évolution des droits humains en Russie de 1917 à aujourd’hui, et sur les Révolutions – Évolutions qui ont perturbé le pays tout au long de ce siècle d’histoire.

Interviendront à cette occasion : David Satter, Cécile Vaissié, Dominique Bromberger, Sacha Koulaeva, Yulia Berezovskaya, Galia Ackerman, Grigoriy Shvedov et bien d’autres.

 

La conférence sera suivie d’un concert de la talentueuse chanteuse, musicienne et compositeur franco-russe : Veronika Bulycheva.

 

Le détail du programme et l’inscription se font par CE LIEN.

 

L’inscription est obligatoire.

 

Anne Nerdrum

Anne Nerdrum s’en est allée à l’âge de 78 ans des suites d’une maladie grave.

Aujourd’hui  nous pleurons une amie très chère, une collègue irremplaçable: Anne Nerdrum s’en est allée à l’âge de 78 ans des suites d’une maladie grave.

Impossible d’y croire, difficile d’accepter, tout comme trouver des mots justes.

Elle paraissait si fragile au premier regard alors qu’elle était la plus forte de nous. Militante au sein d’Amnesty International, elle avait un lien très fort avec la Russie, russe dans l’âme.

La force de son esprit, son sourire bienveillant illuminaient chaque soirée de notre association, chaque action de rue, chaque tablée amicale. Elle était et restera pour nous  un exemple, un soutien et une lueur d’espoir.

Nous exprimons nos sincères condoléances aux amis et aux proches d’Anne Nerdrum . Nous partageons votre douleur.

Les membres de Russie Libertés

photo d'Ilya Yashin

La mobilisation populaire contre la corruption s’amplifie en Russie.

Ce lundi 12 juin, à l’occasion de la fête nationale russe, des milliers de citoyens russes, dans plus de 200 villes à travers tout le pays, se sont mobilisés pour protester, sur fond de crise économique et sociale, contre la corruption des autorités et les mesures portant atteinte aux libertés. A Moscou, Irkoutsk, Omsk, Ekaterinbourg, Vladivostok, Samara, Saint-Pétersbourg… la contestation a été de nouveau très importante. Cependant, les autorités ont encore une fois refusé tout dialogue et les manifestations ont été brutalement dispersées. Plus de 1200 personnes ont été arrêtées.

 

Voici le récit de l’intervention de la police anti-émeute contre les manifestants rassemblés aujourd’hui à Moscou (source : journal Novaya Gazeta) : « Nous étions avec mon mari à côté de la place Pouchkine. Vers 17h, un groupe d’OMON (forces anti-émeutes) en cortège s’est rué sur nous. Ils nous ont d’abord renversés par terre, je suis tombée et me suis cognée puis, j’ai reçu un coup de poing dans le visage. »

 

D’autres arrestations tout aussi violentes ont eu lieu dans toute la Russie, ramenant le chiffre global des interpellations à plus de 1200 personnes uniquement à Moscou et Saint-Pétersbourg (source : Novaya Gazeta). Un grand nombre de manifestants pacifiques ont subi des violences démesurées. Plusieurs journalistes ont été arrêtés malgré leur carte de presse. Des avocats n’ont pas pu rencontrer plusieurs personnes interpellées.

 

L’opposant Alexei Navalny a été arrêté dès le matin, près de son domicile, au moment où il s’apprêtait à se rendre à la manifestation. Il a été condamné à 30 jours de prison ferme. Ilya Yashin, un autre opposant, a été arrêté lors de la manifestation et risque jusqu’à 15 jours de prison.

 

La contestation citoyenne en Russie s’est amplifiée depuis le 26 mars 2017, date de la première grande manifestation anti-corruption depuis 2012. De nouveau, les manifestations se sont déroulées dans plusieurs villes du pays. Ces manifestations symbolisent un « ras-le-bol » populaire dans un contexte de crise économique et sociale : après le scandale de corruption autour du patrimoine du Premier ministre Dimitri Medvedev, l’entrée en vigueur d’une loi sur la rénovation des immeubles votée le 9 juin dernier a été la goutte d’eau de trop. Celle-ci prévoit la destruction de plus de 4500 immeubles anciens à Moscou et porte atteinte, selon certains manifestants, à la propriété privée. D’autres décisions tout aussi arbitraires, prises sans concertation avec la population, amènent la société vers cet état d’indignation populaire généralisée.

 

L’ONG spécialisée OVD-Info et le site d’info Meduza.io ont reconstitué une carte des manifestations et arrestations du 26 mars, que vous pouvez consulter ici : https://meduza.io/feature/2017/06/07/protestnaya-karta-rossii

 

Après la manifestation du 26 mars et celle du 12 juin, nous constatons encore une fois que la contestation en Russie est bien vivante mais que le pouvoir refuse tout dialogue.

 

Nous apportons tout notre soutien à la société civile russe dans sa quête du respect des droits humains en Russie. Nous exigeons que les arrestations arbitraires cessent et les droits et libertés des citoyens russes soient respectés. Russie-Libertés exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les manifestants pacifiques et notamment des opposants Alexei Navalny et Ilya Yashin.

Flags Russia France

M. le Président, instaurez un débat exigeant avec M. Poutine !

M. le Président, instaurez un débat exigeant avec M. Poutine !

Pressions sur la société civile, les opposants et les médias indépendants… violations des droits humains et des libertés, brutalités contre les personnes LGBT en Tchétchénie, violation du droit international et refus de la paix en Ukraine et en Syrie… Les sujets sont nombreux. Nous demandons au nouveau Président de la République d’instaurer un débat exigeant et sans connivence avec M. Poutine, n’omettant aucun de ces dossiers importants.

Dans son pays, M. Poutine refuse tout débat démocratique et contradictoire sur son projet international. M. le Président, utilisez l’occasion de cette rencontre pour instaurer ce débat sur les principes fondamentaux que vous avez portés pendant la campagne.

https://parnasparty.ru/news/359

Il y a 5 ans précisément…

Nous sommes aujourd’hui le 6 mai, un jour printanier et pluvieux comme les autres.
Il est pourtant différent pour les moscovites qui sont sortis il y a 5 ans précisément sur la place Bolotnaya à Moscou pour manifester contre les élections truquées. C’est ce jour-là que ces manifestants étaient agressés par la police, traînes dans les fourgons policiers pour les punir d’avoir exercé leurs droits protégés pourtant par la Constitution russe.
Depuis le 6 mai 2012 une machine judiciaire a démarré une affaire pénale sans précédent pour l’époque post-URSS, une affaire contre la société civile russe. 34 jeunes personnes ont été condamnées à des peines de prison variées, entre 2 et 4 ans, soit assignées à domicile, grâce aux faux témoignages, des jugements hâtifs en plein désaccord avec toute norme judiciaire.
L’affaire a duré plus de 4 ans, la dernière arrestation a eu lieu en 2016, le jeune étudiant Ivan Nepomnyachikh purge actuellement sa peine dans une colonie pénitentiaire de Yaroslavl, où il subit des agressions de la part du personnel de colonie et passe beaucoup de temps en cellule d’isolement. Les autres prisonniers de Bolontaya, c’est comme ça que l’on les nomme depuis, sont déjà libérés de prison.
Sont-ils libres pour autant?
La réponse de l’Etat russe à cette question est sans équivoques: non.
Une nouvelle affaire pénale contre les manifestants du 26 mars 2017 (manifestation contre la corruption au niveau national) a déjà démarré. 1043 arrestations, autant d’enquêtes judiciaires ouvertes, ça promet une nouvelle série de procès contre la société civile, peut être encore plus violente que celle de 2012.
Les activistes civiles agressés dans la rue.  Alexei Navalny aspergé de mercurochrome vert mélangé avec une autre substance inconnue  pour la deuxième fois, lors de sa rencontre avec les électeurs, il risque de perdre la vue sur un œil, mais on lui interdit de quitter le pays pour suivre le traitement à l’étranger.
Nous observons de nouveau cette ambiance de haine et d’intolérance qui règne dans la société russe post-Bolotnaya.
Le 6 mai 2012  a marqué le point de non retour pour l’Etat de droit et ouvert la voie à la dictature, sous quelle forme quasi-démocratique ne se cache t-elle.
Aujourd’hui certains moscovites iront à la manifestation pour marquer ce triste anniversaire, revendiquer leurs droits courant le risque d’être arrêtés de nouveau, d’autres participeront à la soirée caritative en commémoration du 6 mai au Centre de Sakharov, qui a pour but de rassembler les fonds en soutien des prisonniers politiques, d’autres vont rester chez eux en sécurité.
En France ce week-en électoral impose aux français d’autres choix, tout aussi difficiles.
Il est autant plus important pour nous de rappeler la chance que nous avons d’exercer notre droit de vote librement, et des conséquences de nos choix politiques et humains.