By ruslibinfo

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Contre la violence domestique en Russie

Russie-Libertés proteste contre la décriminalisation de la violence domestique et la discrimination à l’égard des femmes en Russie.

Le 7 février 2017 le président Vladimir Poutine a promulgué une loi qui décriminalise certaines formes de violence familiale. Plus précisément, cette loi a modifié la nature de l’infraction transformant ainsi le délit des coups et blessures régi précédemment par l’article 116 du code pénal russe en infraction administrative punie d’une amende de 30 000 roubles (485EUR) ou de 15 jours d’emprisonnement ou de 120 heures de travaux d’intérêt général.

 

Cette action soutenue par les députés et groupes d’intérêts ultraconservateurs y compris par l’Église orthodoxe russe marque un pas en arrière dans la modernisation de la société russe et confirme la violence physique comme l’une des « valeurs traditionnelles familiales ». Selon Elena Mizulina, une politicienne renommée russe et la marraine des initiatives anti-LGBT et anti-avortement, ce changement « sauvera les familles traditionnelles » et les « protégera [ainsi] de toute ingérence mal fondée ».

 

Ces affirmations tout comme d’autres nombreux commentaires au sujet de la violence domestique faisant partie de l’interaction parent-enfant et mari-femme soulignent l’ampleur de la discrimination à l’égard des femmes et des enfants en Russie ainsi que la gravité de ce problème. Compte tenu du cadre juridique déjà insuffisant pour protéger les victimes de la violence domestique ainsi que le manque des ressources et de la volonté de prévenir et poursuivre ces infractions, nous nous attendons à une forte augmentation du nombre de victimes. Selon différentes sources, environ 10 000 femmes meurent chaque année à la suite des violences domestiques. Ce qui sous-entend de facto un nombre beaucoup plus élevé de victimes car de nombreuses plaintes ne sont pas enregistrées par la police menant à la sous déclaration du nombre total des cas.

 

La dépénalisation de la violence domestique en Russie met en danger la vie et le bien-être de milliers de personnes et va à l’encontre des principes reconnus par le gouvernement russe dans la Constitution de la Fédération de Russie et des instruments juridiques internationaux tels que la Convention de l’ONU sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la Convention relative aux droits de l’enfant.

 

Nous aimerions exprimer notre vive inquiétude sur la normalisation de la violence domestique en Russie et vous inviter à nous rejoindre pour manifester contre cette décision ce dimanche 19 février 2017 devant le nouveau Centre Spirituel et Culturel russe, Place de la Résistance (sortie RER pont de l’Alma) de 15h00 à 17h00.

Nous demandons au parlement et gouvernement russes de reconsidérer la violence domestique tel un délit relevant du Code Pénal et de durcir les poursuites et condamnations pour ce délit.

Nous espérons que le gouvernement russe fera ce changement, et se portera garant des droits fondamentaux de ses citoyen.ne.s. en s’engageant immédiatement à éliminer toutes les formes de discrimination et de violence à l’égard des femmes et des enfants.

 

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre focus sur l’état des droits des femmes en Russie, cliquez ici.

 

Nous vous invitons aussi à lire plus d’information sur ce sujet et des histoires personnelles des victimes en cherchant #family116 sur facebook ou vkontakte.

 

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Russie-Libertés participe à: Winter Forum of European Lab.

Notre asso y sera représentée par le membre du CA, ex-president Alexis Prokopiev.

European Lab Winter forum – 2e édition
 est une nuit gratuite de conférences, projections, plateau radio et rencontres sur le thème « Des subcultures aux mouvements citoyens : alternatives et résistances ».

Plus de 50 intervenants, auteurs, artistes, activistes, penseurs et médias, seront présents pour parler d’initiatives citoyennes, de contre-culture et de reconquête démocratique.

 

le 26 janvier 2017 — Gratuit
La Machine du Moulin Rouge, Paris 18e
Dans le cadre de la Nuit des idées, en partenariat avec MakeSense et l’Institut Français.
Gratuit. Inscription coupe-file sur www.europeanlab.com/winterforum
http://europeanlab.com/winterforum/programmation/jeunesse-en-resistance/
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Résultats de l’Assemblée générale extraordinaire 2016 de Russie-Libertés

Samedi 26 Novembre 2016, l’Assemblée générale de Russie-Libertés a désigné un nouveau Conseil d’Administration.

Ses membres élu-e-s sont :

– Nicolai Kobliakov, président (membre du bureau)
– Michael Grossmann. secrétaire générale/ trésorier adjoint (membre du bureau)
– Pavel ZhitniKov, trésorier (membre du bureau)

– Michele Poussard
– Astrid Borg
– Anne Nerdrum
– Alexis Prokopiev

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Affaire de Bolotnaïa : triste anniversaire

Le 6 mai est une journée spéciale pour la société civile russe. Il y a quatre ans, jour pour jour, une grande manifestation civile a tourné au cauchemar. Le 6 mai 2012, alors que de simples citoyens et activistes russes s’apprêtaient à rejoindre la place Bolotnaïa à Moscou, pour exprimer leur déception suite aux élections présidentielles considérées comme étant falsifiées, la police a bloqué les accès au lieu de rassemblement et a réprimé avec violence toute tentative de participer à cette manifestation, pourtant autorisée.

Ce jour a marqué le point de non-retour dans la vie de nombreux Russes et a indiqué la direction de la politique intérieure pour les années à venir. Cette politique a plongé la Russie dans une situation de crise économique, politique et sociale. Le territoire de la liberté dans notre pays se réduit de jour en jour, telle une peau de chagrin.

La marche pacifique contre la fraude électorale massive a été suivie par des arrestations, des accusations à tort et des affaires pénales (34 condamnations en tout) montées de toute pièce. Des faux témoignages, de l’intimidation – tous les moyens sont bons pour faire comprendre à la population russe que toute critique et toute action civile seront passibles de peines d’emprisonnement. En décembre 2015 un nouveau verdict a été prononcé : Ivan Nepomniaschikh, présent sur la place Bolotnaïa il y a 4 ans, a été condamné à 2 ans de prison ferme sous des accusations présumées comme fausses par sa défense.

Des enquêtes suite à l’affaire Bolotnaïa sont toujours en cours. Toute personne qui était sur la place Bolotnaïa le 6 mai 2012 peut toujours être interpellée à tout moment. Les dernières fouilles ont eu lieu au début de l’année 2016 à Saint-Pétersbourg à l’encontre de plusieurs militants politiques, tôt le matin, à leur domicile.

Des condamnations pour des piquets de grève solitaires (affaire d’Ildar Dadine), pour le partage de publications sur les réseaux sociaux (affaire Ekaterina Vologjeninova et Andrei Boubeev), mais aussi, des poursuites à l’encontre de personnes  accusées d’ »espionnage » (28 personnes condamnées en 2015) et finalement, le durcissement de la loi dites « des agents de l’étranger » et son extension aux associations et fondations à but non lucratif : un triste bilan de la transformation de la Russie en un État autoritaire où les droits et les libertés sont bafoués.

L’actualité, c’est aussi l’ambiance générale de l’intolérance et de la haine instaurée grâce à la propagande bien maîtrisée par la télévision et les médias pro-gouvernementaux. Ce « climat de haine » a déjà fait plusieurs victimes.

Ce n’est pas étonnant que les manifestations sont de moins en moins nombreuses, alors que les agressions de personnes faisant partie de l’opposition ou étant critiques envers les autorités (comme l’écrivaine Ludmila Oulitskaya ou l’homme politique Milhail Kassianov) se multiplient.

Mais ce n’est pas cette triste image de la société russe que nous voulons retenir aujourd’hui. Ce sont les visages des prisonniers de Bolotnaïa éclairés par l’espoir de voir un jour leur pays libre. Les visages des enfants écrivant leurs mémoires sur l’histoire russe en quête de la vérité. Les jeunes personnes conscientes et ouvertes vers le monde, ce sont elles qui sans doute feront l’avenir de ce beau pays. Il est primordial pour nous aujourd’hui de refaire la lumière sur l’affaire Bolotnaïa, la première affaire de la nouvelle ère Poutinienne qui a ouvert le bal des représailles et de l’étouffement de toute opinion différente en Russie. C’est pour le respect de cette liberté que nous luttons tous.

Pour en savoir plus :

http://6may.org/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Bolotna%C3%AFa

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Communiqué de presse: Un journaliste et bloggeur menacé d’extradition vers la Russie

Andrei Nekrassov, militant anti-corruption, bloggeur et journaliste russe, est emprisonné à Chypre dans l’attente de son extradition vers la Russie : il encourt 7 à 15 ans de prison dans deux affaires très probablement montées de toutes pièces. Depuis le 22 juillet, il a entamé une grève de la faim pour protester contre sa demande d’extradition, jugée à partir du 13 aout prochain. Nous vous invitons à signer une pétition pour sa libération : https://www.change.org/p/lib%C3%A9rez-imm%C3%A9diatement-le-journaliste-russe-andre%C3%AF-nekrassov?recruiter=2838457&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink.

Andreï Nekrassov, 28 ans, est poursuivi pour « chantage et tentative d’extorsion » et a été condamné pour « diffamation » dans deux affaires séparées.

Les ennuis judiciaires débutent lorsqu’en 2013, Andrei Nekrassov soutient la création d’un syndicat indépendant des travailleurs à l’usine “Izhmash”, en république d’Oudmourtie (Oural). Ses revendications, notamment l’instauration d’un salaire minimum, étaient soutenues par les publications d’Andrei Nekrassov dans la presse indépendante et sur son blog.

Une plainte est alors déposée par Konstantin Bousygine, à l’époque PDG de “Izhmash”, et actuel directeur de la police des frontières.

D’après les informations dont dispose Russie-Libertés, l’enquête menée par le FSB a débuté il y a deux ans par la perquisition dans les locaux de la rédaction du journal indépendant “Den” avec lequel Andrei Nekrassov collaborait de longue date. Alors qu’il a un statut de témoin dans l’enquête, il est menotté par les agents du FSB, qui tentent de lui extorquer des aveux sous la contrainte.

En février 2015, dans une autre affaire, le tribunal de la ville d’Izhevsk a condamné Andrei Nekrassov pour diffamation à l’encontre d’un certain M Andrei Shutov. Le militant avait publié sur son blog des informations sur les biens immobiliers de cette personne à Brooklyn NY, USA, biens qu’il n’aurait pas déclaré à l’administration fiscale.

Selon le tribunal, Andrei Nekrassov n’a pas apporté la preuve formelle que M Shutov, originaire d’Izhevsk et propriétaire d’immobilier à New York, et M Shutov, originaire d’Izhevsk et vice-président de la fraction du parti au pouvoir “La Russie unie” étaient la même personne.

Russie Libertés dénonce le harcèlement judiciaire dont ce jeune militant fait l’objet depuis plusieurs années et appelle les autorités chypriotes à refuser son extradition : au regard du caractère politique des affaires montées contre lui, notre association considère que la Russie ne présente pas les garanties suffisantes requises en terme de procès équitable et de respect des droits humains.

Elle appelle aussi les autorités chypriotes à remettre en liberté immédiate Andreï Nekrassov et à lui accorder l’asile dans les meilleurs délais.

Plus largement, notre association alerte aussi les autorités européennes sur le recours de plus en plus fréquent de la Russie à des procédures d’extradition à des fins politiques qui visent des opposants, et des militants de la société civile.

Le 11 mars 2015 Andrei Nekrassov avait été contraint de fuir la Russie, par peur des poursuites à son encontre. Le 3 juin 2015, il obtint, avec le soutien d’organisations de droits de l’homme, un visa lithuanien et s’installa à Vilnius.  Le 15 juillet 2015, pour des raisons à ce jour inconnues, il partit pour Chypre. A son arrivée à Larnaca, il fut placé en garde à vue et deux jours après, formellement arrêté. Actuellement, Andrei Nekrassov est détenu dans la prison de Nicosie.

 

Contact presse :

Nikolaï Kobliakov, secrétaire de Russie-Libertés – 06 07 25 80 31

Signez la pétition https://www.change.org/p/socrates-hasikos-ministre-de-l-int%C3%A9rieur-de-chypre-ioannis-kasoulides-ministre-des-affaires-%C3%A9trang%C3%A8res-de-chypre-ionas-nicolaou-ministre-de-la-justice-de-chypre-lib%C3%A9rer-imm%C3%A9diatement-journaliste-russe-andre%C3%AF-nekrassov?recruiter=56431779&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink

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« Désobéir pour l’avenir » : Evgueni Vitichko mis à l’honneur à Bordeaux.

Russie-Libertés a participé le 10 juillet 2015 à l’évènement « Désobéir pour l’avenir », organisé par Greenpeace dans toute la France pour commémorer le 30ème anniversaire de l’attentat contre le Rainbow Warrior, qui a couté la vie au militant écologiste Fernando Perreira.

Michèle Poussard, militante de Russie-Libertés et les militants de Greenpeace, Amnesty International, et la LDH ont organisé une soirée publique à ‘espace Darwin, en bord de Garonne, pour sensibiliser le public sur les militants et lanceurs d’alerte soucieux de désobéir afin de garantir le bien commun.

A cette occasion, Evgueni Vitichko a été mis à l’honneur.

Activiste russe de l’association « Veille Ecologique », il est l’auteur d’un rapport sur les dégâts environnementaux occasionnés par les JO de Sotchi ; il a dénoncé l’appropriation abusive d’une bonne  partie du domaine forestier par le gouverneur de la région et écrit sur la clôture : « la Nature est à tout le monde »… Pour cela il a été condamné à 3 ans de camps à régime sévère. Depuis, Evgueni Vitichko fait l’objet d’un véritable acharnement judiciaire, il est sans cesse harcelé par les autorités de la colonie pénitentiaire de Tambov où il purge actuellement sa peine.

Plusieurs messages de soutien lui ont été  personnellement adressés lors de cette soirée.

Son co-accusé Suren Gazaryan, qui a dénoncé lui aussi la corruption du pouvoir, la bétonisation et le désastre écologique du chantier de Sotchi, a fui et obtenu l’asile politique en Estonie.
Suren Gazaryan est l’un des « autres visages de la Russie », ces 14 portraits de citoyens d’horizons divers qui «désobéissent » et payent souvent leur engagement de leur liberté ou de leur sécurité.

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Retour sur la projection de STAND et débat avec Elena Kostiuchenko.

 

Le vendredi 10 juillet, au cinéma Les 3 Luxembourg, s`est tenue la projection du film STAND suivie d`une discussion sur la situation de la communauté LGBT en Russie. 

Jeune réalisateur, Jonathan Taieb s’est attaqué avec courage à un sujet difficile: l’homophobie en Russie. Le film nous montre la dure réalité à laquelle se heurte la communauté LGBT, mais qui ne désespère pas.

Elena Kostiuchenko, journaliste reconnue et militante LGBT en Russie, est l`incarnation de cet espoir et de l`optimisme, que la Russie sera un jour un pays tolérant et respectueux.

La discussion très pertinente avec un public réceptif et sensible à la problématique, nous a révélé l`ampleur du problème en Russie. Elena appelle la France et les français à soutenir les gays et lesbiennes russes dans leur lute. A faire pression sur leurs politiques qui pourront à leur tour influencer les politiques russes, d`arrêter les lois oppressives et affreuses envers la communauté LGBT. En effet, mis à part la loi de 2013 interdisant la « propagande des relations sexuelles non traditionnelles » déjà en rigueur et qui a provoqué une impunité totale des crimes homophobes, deux autres lois sont en projet au parlement russe. L`une d`entre elle prévoit de retirer leurs droits parentaux aux homosexuels. Ces discriminations croissantes obligent de nombreux LGBT russes à fuir leur pays. Le témoignage d`Elena nous a montré à quel point la situation était critique et que plus que jamais, la minorité homosexuelle russe avait besoin de notre soutien.

Nous remercions les associations Inter-LGBT et Amnesty International pour leur soutien de cet évènement.

Vous pouvez lire le portrait d`Elena Kostiouchenko dans le livre « Les autres visages de la Russie ». 

En savoir plus

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Le Kremlin s’obstine à vouloir extrader Nicolay Koblyakov.

La Russie a transmis à la France une demande d’extradition de Nicolay Koblyakov, militant et secrétaire de l’association Russie-Libertés.

Les motifs exposés dans la requête d’extradition de Nicolay Koblyakov  transmis par la Russie à la France sont apparemment les mêmes que ceux invoqués lorsque celui-ci a été arrêté à Sofia, en Bulgarie, fin juillet 2014. Pendant 3 mois, Nicolay avait été détenu puis interdit de quitter le territoire bulgare, avant que la justice bulgare ne rejette la demande. Les informations fournies par la Russie avaient été jugées insuffisantes par la justice bulgare.

A un an d’intervalle, l’histoire, malheureusement, se répète. Maître Kamalia Mehtiyeva, avocat de Nicolay Koblyakov, après avoir examiné le dossier, ne doute pas du fait que la demande d’extradition des autorités russes est politiquement motivée.

Avec cette deuxième demande d’extradition l’acharnement des autorités russes contre le militant de Russie-Libertés se poursuit sous la forme d’un harcèlement judiciaire.

Notre association apporte tout son soutien à Nicolay Koblyakov, militant pour les droits humains et secrétaire de l’association. Russie-Libertés, confiante dans la justice française, ne doute pas que celle-ci rendra sa décision en toute indépendance et impartialité.

Ivan Terel, avocat de Russie-Libertés, souligne, comme l’avait fait le procureur auprès du tribunal bulgare, que la Russie ne présente pas les garanties suffisantes requises en terme de procès équitable et de respect des droits humains.

Pour Russie-Libertés toute extradition vers la Russie comporterait le risque d’exposer Nicolay Koblyakov à de sérieuses violations de ses droits fondamentaux.