By ruslibinfo

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Affaire de Bolotnaïa : triste anniversaire

Le 6 mai est une journée spéciale pour la société civile russe. Il y a quatre ans, jour pour jour, une grande manifestation civile a tourné au cauchemar. Le 6 mai 2012, alors que de simples citoyens et activistes russes s’apprêtaient à rejoindre la place Bolotnaïa à Moscou, pour exprimer leur déception suite aux élections présidentielles considérées comme étant falsifiées, la police a bloqué les accès au lieu de rassemblement et a réprimé avec violence toute tentative de participer à cette manifestation, pourtant autorisée.

Ce jour a marqué le point de non-retour dans la vie de nombreux Russes et a indiqué la direction de la politique intérieure pour les années à venir. Cette politique a plongé la Russie dans une situation de crise économique, politique et sociale. Le territoire de la liberté dans notre pays se réduit de jour en jour, telle une peau de chagrin.

La marche pacifique contre la fraude électorale massive a été suivie par des arrestations, des accusations à tort et des affaires pénales (34 condamnations en tout) montées de toute pièce. Des faux témoignages, de l’intimidation – tous les moyens sont bons pour faire comprendre à la population russe que toute critique et toute action civile seront passibles de peines d’emprisonnement. En décembre 2015 un nouveau verdict a été prononcé : Ivan Nepomniaschikh, présent sur la place Bolotnaïa il y a 4 ans, a été condamné à 2 ans de prison ferme sous des accusations présumées comme fausses par sa défense.

Des enquêtes suite à l’affaire Bolotnaïa sont toujours en cours. Toute personne qui était sur la place Bolotnaïa le 6 mai 2012 peut toujours être interpellée à tout moment. Les dernières fouilles ont eu lieu au début de l’année 2016 à Saint-Pétersbourg à l’encontre de plusieurs militants politiques, tôt le matin, à leur domicile.

Des condamnations pour des piquets de grève solitaires (affaire d’Ildar Dadine), pour le partage de publications sur les réseaux sociaux (affaire Ekaterina Vologjeninova et Andrei Boubeev), mais aussi, des poursuites à l’encontre de personnes  accusées d’ »espionnage » (28 personnes condamnées en 2015) et finalement, le durcissement de la loi dites « des agents de l’étranger » et son extension aux associations et fondations à but non lucratif : un triste bilan de la transformation de la Russie en un État autoritaire où les droits et les libertés sont bafoués.

L’actualité, c’est aussi l’ambiance générale de l’intolérance et de la haine instaurée grâce à la propagande bien maîtrisée par la télévision et les médias pro-gouvernementaux. Ce « climat de haine » a déjà fait plusieurs victimes.

Ce n’est pas étonnant que les manifestations sont de moins en moins nombreuses, alors que les agressions de personnes faisant partie de l’opposition ou étant critiques envers les autorités (comme l’écrivaine Ludmila Oulitskaya ou l’homme politique Milhail Kassianov) se multiplient.

Mais ce n’est pas cette triste image de la société russe que nous voulons retenir aujourd’hui. Ce sont les visages des prisonniers de Bolotnaïa éclairés par l’espoir de voir un jour leur pays libre. Les visages des enfants écrivant leurs mémoires sur l’histoire russe en quête de la vérité. Les jeunes personnes conscientes et ouvertes vers le monde, ce sont elles qui sans doute feront l’avenir de ce beau pays. Il est primordial pour nous aujourd’hui de refaire la lumière sur l’affaire Bolotnaïa, la première affaire de la nouvelle ère Poutinienne qui a ouvert le bal des représailles et de l’étouffement de toute opinion différente en Russie. C’est pour le respect de cette liberté que nous luttons tous.

Pour en savoir plus :

http://6may.org/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Bolotna%C3%AFa

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Communiqué de presse: Un journaliste et bloggeur menacé d’extradition vers la Russie

Andrei Nekrassov, militant anti-corruption, bloggeur et journaliste russe, est emprisonné à Chypre dans l’attente de son extradition vers la Russie : il encourt 7 à 15 ans de prison dans deux affaires très probablement montées de toutes pièces. Depuis le 22 juillet, il a entamé une grève de la faim pour protester contre sa demande d’extradition, jugée à partir du 13 aout prochain. Nous vous invitons à signer une pétition pour sa libération : https://www.change.org/p/lib%C3%A9rez-imm%C3%A9diatement-le-journaliste-russe-andre%C3%AF-nekrassov?recruiter=2838457&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink.

Andreï Nekrassov, 28 ans, est poursuivi pour « chantage et tentative d’extorsion » et a été condamné pour « diffamation » dans deux affaires séparées.

Les ennuis judiciaires débutent lorsqu’en 2013, Andrei Nekrassov soutient la création d’un syndicat indépendant des travailleurs à l’usine “Izhmash”, en république d’Oudmourtie (Oural). Ses revendications, notamment l’instauration d’un salaire minimum, étaient soutenues par les publications d’Andrei Nekrassov dans la presse indépendante et sur son blog.

Une plainte est alors déposée par Konstantin Bousygine, à l’époque PDG de “Izhmash”, et actuel directeur de la police des frontières.

D’après les informations dont dispose Russie-Libertés, l’enquête menée par le FSB a débuté il y a deux ans par la perquisition dans les locaux de la rédaction du journal indépendant “Den” avec lequel Andrei Nekrassov collaborait de longue date. Alors qu’il a un statut de témoin dans l’enquête, il est menotté par les agents du FSB, qui tentent de lui extorquer des aveux sous la contrainte.

En février 2015, dans une autre affaire, le tribunal de la ville d’Izhevsk a condamné Andrei Nekrassov pour diffamation à l’encontre d’un certain M Andrei Shutov. Le militant avait publié sur son blog des informations sur les biens immobiliers de cette personne à Brooklyn NY, USA, biens qu’il n’aurait pas déclaré à l’administration fiscale.

Selon le tribunal, Andrei Nekrassov n’a pas apporté la preuve formelle que M Shutov, originaire d’Izhevsk et propriétaire d’immobilier à New York, et M Shutov, originaire d’Izhevsk et vice-président de la fraction du parti au pouvoir “La Russie unie” étaient la même personne.

Russie Libertés dénonce le harcèlement judiciaire dont ce jeune militant fait l’objet depuis plusieurs années et appelle les autorités chypriotes à refuser son extradition : au regard du caractère politique des affaires montées contre lui, notre association considère que la Russie ne présente pas les garanties suffisantes requises en terme de procès équitable et de respect des droits humains.

Elle appelle aussi les autorités chypriotes à remettre en liberté immédiate Andreï Nekrassov et à lui accorder l’asile dans les meilleurs délais.

Plus largement, notre association alerte aussi les autorités européennes sur le recours de plus en plus fréquent de la Russie à des procédures d’extradition à des fins politiques qui visent des opposants, et des militants de la société civile.

Le 11 mars 2015 Andrei Nekrassov avait été contraint de fuir la Russie, par peur des poursuites à son encontre. Le 3 juin 2015, il obtint, avec le soutien d’organisations de droits de l’homme, un visa lithuanien et s’installa à Vilnius.  Le 15 juillet 2015, pour des raisons à ce jour inconnues, il partit pour Chypre. A son arrivée à Larnaca, il fut placé en garde à vue et deux jours après, formellement arrêté. Actuellement, Andrei Nekrassov est détenu dans la prison de Nicosie.

 

Contact presse :

Nikolaï Kobliakov, secrétaire de Russie-Libertés – 06 07 25 80 31

Signez la pétition https://www.change.org/p/socrates-hasikos-ministre-de-l-int%C3%A9rieur-de-chypre-ioannis-kasoulides-ministre-des-affaires-%C3%A9trang%C3%A8res-de-chypre-ionas-nicolaou-ministre-de-la-justice-de-chypre-lib%C3%A9rer-imm%C3%A9diatement-journaliste-russe-andre%C3%AF-nekrassov?recruiter=56431779&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink

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« Désobéir pour l’avenir » : Evgueni Vitichko mis à l’honneur à Bordeaux.

Russie-Libertés a participé le 10 juillet 2015 à l’évènement « Désobéir pour l’avenir », organisé par Greenpeace dans toute la France pour commémorer le 30ème anniversaire de l’attentat contre le Rainbow Warrior, qui a couté la vie au militant écologiste Fernando Perreira.

Michèle Poussard, militante de Russie-Libertés et les militants de Greenpeace, Amnesty International, et la LDH ont organisé une soirée publique à ‘espace Darwin, en bord de Garonne, pour sensibiliser le public sur les militants et lanceurs d’alerte soucieux de désobéir afin de garantir le bien commun.

A cette occasion, Evgueni Vitichko a été mis à l’honneur.

Activiste russe de l’association « Veille Ecologique », il est l’auteur d’un rapport sur les dégâts environnementaux occasionnés par les JO de Sotchi ; il a dénoncé l’appropriation abusive d’une bonne  partie du domaine forestier par le gouverneur de la région et écrit sur la clôture : « la Nature est à tout le monde »… Pour cela il a été condamné à 3 ans de camps à régime sévère. Depuis, Evgueni Vitichko fait l’objet d’un véritable acharnement judiciaire, il est sans cesse harcelé par les autorités de la colonie pénitentiaire de Tambov où il purge actuellement sa peine.

Plusieurs messages de soutien lui ont été  personnellement adressés lors de cette soirée.

Son co-accusé Suren Gazaryan, qui a dénoncé lui aussi la corruption du pouvoir, la bétonisation et le désastre écologique du chantier de Sotchi, a fui et obtenu l’asile politique en Estonie.
Suren Gazaryan est l’un des « autres visages de la Russie », ces 14 portraits de citoyens d’horizons divers qui «désobéissent » et payent souvent leur engagement de leur liberté ou de leur sécurité.

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Retour sur la projection de STAND et débat avec Elena Kostiuchenko.

 

Le vendredi 10 juillet, au cinéma Les 3 Luxembourg, s`est tenue la projection du film STAND suivie d`une discussion sur la situation de la communauté LGBT en Russie. 

Jeune réalisateur, Jonathan Taieb s’est attaqué avec courage à un sujet difficile: l’homophobie en Russie. Le film nous montre la dure réalité à laquelle se heurte la communauté LGBT, mais qui ne désespère pas.

Elena Kostiuchenko, journaliste reconnue et militante LGBT en Russie, est l`incarnation de cet espoir et de l`optimisme, que la Russie sera un jour un pays tolérant et respectueux.

La discussion très pertinente avec un public réceptif et sensible à la problématique, nous a révélé l`ampleur du problème en Russie. Elena appelle la France et les français à soutenir les gays et lesbiennes russes dans leur lute. A faire pression sur leurs politiques qui pourront à leur tour influencer les politiques russes, d`arrêter les lois oppressives et affreuses envers la communauté LGBT. En effet, mis à part la loi de 2013 interdisant la « propagande des relations sexuelles non traditionnelles » déjà en rigueur et qui a provoqué une impunité totale des crimes homophobes, deux autres lois sont en projet au parlement russe. L`une d`entre elle prévoit de retirer leurs droits parentaux aux homosexuels. Ces discriminations croissantes obligent de nombreux LGBT russes à fuir leur pays. Le témoignage d`Elena nous a montré à quel point la situation était critique et que plus que jamais, la minorité homosexuelle russe avait besoin de notre soutien.

Nous remercions les associations Inter-LGBT et Amnesty International pour leur soutien de cet évènement.

Vous pouvez lire le portrait d`Elena Kostiouchenko dans le livre « Les autres visages de la Russie ». 

En savoir plus

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Le Kremlin s’obstine à vouloir extrader Nicolay Koblyakov.

La Russie a transmis à la France une demande d’extradition de Nicolay Koblyakov, militant et secrétaire de l’association Russie-Libertés.

Les motifs exposés dans la requête d’extradition de Nicolay Koblyakov  transmis par la Russie à la France sont apparemment les mêmes que ceux invoqués lorsque celui-ci a été arrêté à Sofia, en Bulgarie, fin juillet 2014. Pendant 3 mois, Nicolay avait été détenu puis interdit de quitter le territoire bulgare, avant que la justice bulgare ne rejette la demande. Les informations fournies par la Russie avaient été jugées insuffisantes par la justice bulgare.

A un an d’intervalle, l’histoire, malheureusement, se répète. Maître Kamalia Mehtiyeva, avocat de Nicolay Koblyakov, après avoir examiné le dossier, ne doute pas du fait que la demande d’extradition des autorités russes est politiquement motivée.

Avec cette deuxième demande d’extradition l’acharnement des autorités russes contre le militant de Russie-Libertés se poursuit sous la forme d’un harcèlement judiciaire.

Notre association apporte tout son soutien à Nicolay Koblyakov, militant pour les droits humains et secrétaire de l’association. Russie-Libertés, confiante dans la justice française, ne doute pas que celle-ci rendra sa décision en toute indépendance et impartialité.

Ivan Terel, avocat de Russie-Libertés, souligne, comme l’avait fait le procureur auprès du tribunal bulgare, que la Russie ne présente pas les garanties suffisantes requises en terme de procès équitable et de respect des droits humains.

Pour Russie-Libertés toute extradition vers la Russie comporterait le risque d’exposer Nicolay Koblyakov à de sérieuses violations de ses droits fondamentaux.

 

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Projection et débat autour du film STAND avec la participation exceptionnelle d’Elena Kostiuchenko

Association Russie-Libertés et Association Inter-LGBT vous invitent à la projection privée du film de Jonathan Taieb STAND suivie des débats sur la situation des personnes LGBT en Russie. Cette projection-débat aura lieu le 10 juillet 2015 à 21 heure au Cinéma Les 3 Luxembourg, 67 rue Monsieur Le Prince, 75006 Paris.
Avec la participation exceptionnelle d’Elena Kostiuchenko – journaliste et militante LGBT en Russie et Jonathan Taieb – réalisateur du film.
La loi de 2013 interdisant la « propagande des relations sexuelles non traditionnelles » en direction des mineurs a jeté l’effroi parmi les LGBTQI russes, rendus encore plus vulnérables. Ciblant les militants et leurs sympathisants, elle comdamne à l’isolement des adolescents privés de l’accès à une information neutre sur la question des genres et des sexualités. Elle accrédite en outre un discours homophobe d’une violence inouïe dans les médias et entérine l’impunité morale des agresseurs. Autrement dit, non seulement l’Etat officialise un état de fait – les LGBT sont marginalisés -, mais il légitime ce statut de proscrit.
Jeune réalisateur, Jonathan Taieb s’est attaqué avec courage à un sujet difficile: l’homophobie en Russie. Il retrace l’histoire d’Anton et Vlad, un jeune couple témoin de ce qu’ils croient être un crime homophobe. Jonathan vous présentera son film avant la projection.
Elena Kostiouchenko, journaliste reconnue, militante LGBT en Russie et héroïne du livre « Les autres visages de la Russie », nous fera part de ses propres expériences et déboires avec cet état de fait qu’elle subie dans son pays.
A la fin des débats, vous aurez la possibilité d’acheter le livre « Les autres visages de la Russie » lors de la séance de dédicace.
Information importante :
La salle de cinéma appliquera pour cette séance un tarif préférentiel: prix de groupe à partir de 10 personnes : 6 euros
La place de cinéma sera quant à elle gratuite pour les membres de Russie- Libertés à jour de leur cotisation (Russie-Libertés achètera sur place le nombre de tickets correspondants).
Merci infiniment pour votre compréhension.
Russie-Libertés.

L’entrée de la ville de Sloviansk, région de Donetsk. Photo : Lidia Shevchenko.

Les déplacés de l’Est de l’Ukraine en mode survie

Lidia Shevchenko est  une activiste de la société civile russe. En avril 2015, elle décide de partir en Ukraine à la rencontre des déplacés : elle veut voir la situation de ses propres yeux… Sur son blog, on suit le parcours d’Igor EGURNOV et de sa famille. Contraints de fuir à cause de la guerre, ils ont tout perdu et sont devenus des réfugiés à l’intérieur même de leur pays.  Simple témoignage ? Pas tout à fait ! Le récit d’Igor nous restitue les tragiques événements qu’il a vécus de l’intérieur; le « désastre » le conduit aussi à poser sans détour la responsabilité du gouvernement russe. Sans oublier les questions douloureuses que Lidia Shevchenko, à son retour, se pose à elle-même…

Lire l’article ici : Les déplacés de l’Est de l’Ukraine en mode survie.