By ruslibinfo

Photo: Victoria Odissonova, Novaya gazeta

LA RUSSIE – C’EST NOUS!

« Il n’est pas notre Tsar ». C’est le nom de la manifestation qui s’est déroulée le 5 mai dernier à Moscou et dans plus de 90 villes de Russie. L’action a réuni les sympathisants d’Alexei Navalny, l’un des opposants du Kremlin le plus populaire. Elle a été organisée deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine au poste de président de Russie. Navalny a appelé les gens à venir manifester partout dans les rues pour le « droit de chacun d’être citoyen de son pays ».

La majorité des opposants s’est rassemblée autour du monument de Pouchkine. L’action s’est soldée une fois de plus par des arrestations : 712 personnes arrêtées à Moscou et plus de 1 600 à travers le pays. Comme le 26 mars 2017 lors de la manifestation contre la corruption, les participants sont jeunes, souvent adolescents, lycéens et collégiens. Leur leader Alexei Navalny a été également arrêté et relâché le lendemain.

Une différence notable a démarqué les événements de ce 5 mai : la jeunesse russe s’est retrouvée face à non seulement aux agents de forces de la police spéciale, mais aussi face aux activistes du NOD (mouvement nationaliste) et des Cosaques. Agressions physiques, insultes, coups de fouet, coups de matraque à l’intérieur même des fourgons de police : voici la réponse du régime aux opposants.

Le média The Bell nous révèle que l’ « Armée Centrale Cosaque » a été financée par la Mairie de Moscou. Le soutien aux cosaques est ouvertement confirmé sur le site officiel de la Mairie. Selon les données communiquées par The Bell, en 2016-2018 « l’Armée Centrale Cosaque » a signé trois contrats du Département de la Politique Nationale et des Relations Interrégionales du Gouvernement de Moscou pour 15,9 millions de roubles. Le but de ces contrats est « de former et de consolider les connaissances et compétences nécessaires pour mener des activités visant à protéger l’ordre public et à assurer la sécurité lors des manifestations publiques et de masse dans la ville de Moscou ».

Il y a 6 ans, le 6 mai 2012 à la place Bolotnaïa la manifestation a marqué un moment tournant dans l’histoire du régime actuel : l’Etat a dressé les forces de police et le système judiciaire contre des manifestants et opposants pacifiques. Ce 5 mai 2018, nous constatons que le régime a donné le feu vert aux militants nationalistes, Cosaques et autres partisans de mouvements ultras pour agresser ces manifestants.

Les mêmes méthodes agressives employées contre les manifestants ont été signalées à Saint-Pétersbourg, Iakutsk et d’autres villes russes. Les côtes cassées, des brulures provoquées par taser électrique, le refus des soins médicaux aux victimes – un bilan déplorable de cette journée de mobilisation citoyenne.

De plus, le gérant de l’association juridique de défense des droits de l’homme « Agora » Pavel Chikov a rapporté sur sa chaîne Telegram que « le service de police de Moscou avait annoncé le plan « Forteresse » – une convocation urgente du personnel pour empêcher l’accès aux installations particulièrement importantes. Ce qui implique un accès limité aux avocats ». Autrement dit, le droit à la protection juridique des personnes interpellées et détenues aux postes de police risque d’être limitée ou bafouée. Alors que l’affaire de Bolotnaïa vient d’être close après l’expiration du délai de prescription, des nouvelles affaires judiciaires s’ouvrent suite aux interpellations du 5 mai 2018. Ainsi l’habitant de Saint Petesrbourg Mikhail Tsakounov est accusé d’agression sur l’agent de police lors de la manifestation du 5 mai. Selon Mikhail, il a été arrêté par la police dans la rue, en dehors du lieu de manifestation, tabassé dans le fourgon de police et ce n’est que lendemain qu’il a appris qu’il est accusé d’agression d’un policier. Les enquêteurs n’ont aucune pièce à conviction ni enregistrement vidéo prouvant cette agression, l’accusation se base uniquement sur le témoignage du policier. Des affaires similaires montées de toutes pièces ont servi à condamner les manifestants de Bolotnaïa pour des peines de 2 à 3 ans de prison. Nous déplorons que le système judiciaire se serve des mêmes techniques dans cette nouvelle affaire.

Dans cette ambiance se déroulera l’investiture du président Poutine, le président qui proclame une « Russie forte, unie, ferme ».

Nous soutenons l’aspiration du peuple russe de vivre dans un pays ouvert, sous un régime démocratique, qui respecte sa volonté.

Nous exigeons la libération immédiate de tous les manifestants pacifiques et l’arrêt de toutes actions juridiques infondées contre de simples citoyens qui osent élever leurs voix.

Photo: Victoria Odissonova, Novaya gazeta

KEMEROVO, RUSSIA - MARCH 26, 2018: Flowers, candles and toys outside the Zimnyaya Vishnya shopping centre in Prospekt Lenina Street where over 50 people were killed in a fire on March 25, 2018. Danil Aikin/TASS

Ce 25 mars 2018, dans un centre commercial de la ville de Kemerovo (région de Sibérie), un incendie a fait plus de 64 victimes, dont de nombreux enfants.

Ce 25 mars 2018, dans un centre commercial de la ville de Kemerovo (région de Sibérie), un incendie a fait plus de 64 victimes, dont de nombreux enfants.
Nous souhaitons exprimer nos sincères condoléances aux familles des victimes.
Par ailleurs, nous exigeons une enquête juste des causes de cette catastrophe, ainsi que de la gestion de la situation par les autorités locales et fédérales.

Nous vous appelons à un rassemblement aujourd’hui, à partir de 18:30, devant l’ambassade de Russie pour exprimer nos condoléances et notre solidarité avec les familles des victimes.

L’équipe de Russie-Libertés.

Yury Kadobnov

Présidentielle en Russie : Russie-Libertés dénonce les nombreuses infractions et pressions sur les électeurs.

Vladimir Poutine vient d’être réélu pour son 4ème et, selon la Constitution russe, ultime mandat. L’élection présidentielle, qui s’est déroulée hier en Russie, a été, malheureusement, de nouveau entachée par de nombreuses irrégularités, infractions, manipulations et pressions sur les électeurs, que ce soit pendant la campagne électorale qu’au moment du vote. Ces faits mettent en doute les résultats présentés par la Commission électorale centrale.

En effet, selon le mouvement indépendant Golos, plus de 2900 cas d’infractions, plus ou moins majeures, ont été enregistrés. Plusieurs irrégularités visaient clairement à modifier le résultat du scrutin et notamment à augmenter la participation. Par ailleurs, plusieurs cas de pressions sur les électeurs ont été enregistrés. Dans certaines régions, la participation à cette élection a été imposée aux salariés par leurs supérieurs, ce qui est strictement contraire à la loi russe. Dans certains bureaux de vote, les droits des observateurs et des journalistes ont également été négligés. Des observateurs se sont vus refuser l’accès aux bureaux de vote notamment dans certaines parties de la région du Caucase. Dans ces mêmes bureaux de vote, la participation déclarée a été de plus de 90%. Des bourrages d’urnes ont également été reportés par les observateurs et les caméras installées dans les bureaux de vote.

Il est aussi important de rappeler que plusieurs candidats d’opposition, dont Alexei Navalny, se sont vus refuser leur droit de participer à ce scrutin pour des motifs douteux. Cela remet clairement en cause le principe de concurrence démocratique.

 

L’association Russie-Libertés appelle à une investigation approfondie pour que les auteurs de ces infractions graves et contraires à la loi russe soient sanctionnés. Il est également indispensable de garantir le droit des citoyens russes à des élections démocratiques, justes, transparentes et qui respectent les droits de l’opposition et de la société civile.

Nemtsov portrait on Nemtsov most

Un homme libre.

« Un homme libre, peut-être un peu trop ».  C’est le titre du film documentaire sur Boris Nemtsov où ses amis et ses collègues le décrivent comme une personne pleine de vie, d’humilité et de volonté dans la poursuite de ses objectifs.

Ses convictions lui ont coûté la vie. Dans la nuit du 28 Février 2015, il a été abattu près de la Place Rouge à Moscou. Une belle mort pour un bon vivant qu’il était. Probablement le plus vivant des hommes politiques russes, il le reste paradoxalement même après sa mort. Tous ceux qui l’ont croisé, gardent un souvenir lumineux de Boris Nemtsov : entouré des habitants de la ville de Nijni Novgorod, où il a été gouverneur ; au milieu d’une manifestation d’opposition en plein centre de Moscou ; retenu par les agents de police ; souriant à une conférence de presse. Il  était l’incarnation d’un homme politique que la Russie aurait pu avoir : grand, extrêmement intelligent (il était diplômé en sciences physiques, l’auteur de plus de 60 publications sur la physique quantique, thermodynamique et acoustique), simple, drôle et débordant de projets. Réformateur, tout au long de sa carrière, il a cherché à faire évoluer ce pays vers la liberté.

Réformes, évolution et liberté ne sont pas à l’honneur en Russie d’aujourd’hui. Sous promesse de stabilité et de prospérité, manipule le peuple russe, déforme son histoire et enferme ceux qui tentent d’ouvrir les yeux à la population.

A quel moment Boris Nemtsov a attiré les foudres du Kremlin ? Etait-ce quand il a parcouru la Russie pour rassembler un million des signatures contre la guerre en Tchétchénie ? Probablement le jour où il a prononcé son discours au parlement des Etats-Unis avec la proposition d’adopter la liste de Magnitski visant personnellement les fonctionnaires haut placés, responsables de violations des droits de l’Homme en Russie ?  Etait-ce quand il a soutenu le mouvement libératoire en Ukraine et s’est opposé ouvertement à la guerre du Donbass ? Ou bien, quand il a publié son rapport « Poutine et la guerre » en ouvrant les yeux du monde entier sur la nouvelle guerre « glorieuse » dans le Donbass, avec l’implication des forces russes, et sur l’annexion de Crimée violant 3 traitées internationaux ? Cela pourrait être enfin son rapport sur les jeux olympiques de Sotchi qui étaient selon lui une des plus grandes sources de corruption dans l’histoire de la Russie ?

Nous ne le saurons vraisemblablement jamais, car l’enquête judiciaire ouverte après son assassinat piétine, les « coupables » ou plutôt les exécutants sont condamnés à 20 ans d’emprisonnement alors que les noms des commanditaires n’ont jamais été révélés.

Le tribunal militaire du district de Moscou et la Cour suprême, qui se sont prononcés sur cette affaire, ont refusé de donner à ce crime la qualification d’assassinat à motivation politique, ont également refusé d’entendre le supposé organisateur du meurtre Rouslan Géremeev, les frères Delimkhanov, le président de Tchétchénie Ramzan Kadyrov et le chef de la Garde russe, le général Zolotov ainsi que d’autres personnes impliquées.

Pardessus tout, le service fédéral de sécurité a refusé de fournir les enregistrements vidéo du moment du meurtre des nombreuses caméras présentes sur le pont. En effet, d’après la réponse officielle de ce service spécial, il n’y aurait pas de caméras vidéo autour de la Place Rouge, ce qui est difficile à croire.

Selon Sergei Sokolov, journaliste à Novaya Gazeta, l’enquête sur le meurtre de Boris Nemtsov entrera un jour dans les manuels de criminologie comme une triste illustration de l’impuissance professionnelle des forces de l’ordre dans un pays qui n’est pas régi par la loi, mais par l’«opportunisme politique».

Boris Nemtsov, quant à lui, est déjà entré dans l’histoire de son pays, un grand homme avec des grands espoirs et un sourire ravageur.

Pour savoir plus sur l’enquête du meurtre de Boris Nemtsov, nous vous invitons à lire le rapport de l’avocat Vadim Prokhorov ici :

http://nemtsovfund.org/2018/01/rassledovanie-ubijstva-borisa-nemtsova-kratkaya-spravka-ot-vadima-prohorova/

www.kasparov.ru

Dimanche 28 janvier 2018, en Russie, s’est tenue la « Manifestation des Électeurs ».

Suite à la décision de la commission électorale russe d’interdire à Alexei Navalny de se porter candidat aux élections présidentielles du 18 mars, il a lancé un appel à boycotter les élections et à manifester ce dimanche 28 janvier pour exiger des élections libres.

 

Même si le boycott n’est pas la meilleure solution pour faire avancer les choses, nous soutenons la volonté du peuple russe d’exiger des élections justes, un pluralisme politique et le respect de leurs Droits.

 

Ainsi, des milliers de manifestants sont sortis dans la rue, de Moscou à Yakutsk, par -45° degrés parfois : Ekaterinbourg 2000 personnes, Perm 1000 personnes, Samara (par -20°) 1000 personnes…

Les citoyens se sont mobilisés pour exiger des élections libres avec des slogans tels que « Le comité électorale nous prépare un cirque », « Viens débattre, envois pas la police »…

 

Les arrestations et intimidations ont commencé plusieurs jours avant la manifestation : près de 25 responsables des différents QGs du camp de Navalny ont été arrêtés ou interrogés par la police, les affiches et dépliants ont été confisqués. Il a même été reporté que des jeunes qui ont liké la page de l’événement sur Facebook ont été interrogés par la police directement à leur domicile. Navalny a été arrêté et amené au poste dès le début de la manifestation. Les portes de son QG de Moscou ont été sciées sous prétexte d’une alerte à la bombe. Les autorités voulaient à tout prix empêcher la retransmission des manifestations sur la chaîne Navalny Live.   

Au total, près de 250 personnes ont été arrêtées dans toute la Russie dont de nombreux journalistes.

 

A l’approche des élections la pression monte sur les personnes critiquant ouvertement le pouvoir, sur l’opposition politique et sur de simples citoyens militants indépendants.

L’année 2017 a été selon le dernier rapport de Human Wrights Watch la pire des trois mandats de Poutine en termes de Libertés. Les libertés de tout genre se dégradent : des libertés de rassemblements aux libertés des minorités… Le nombre de peines administratives pour rassemblements illégaux a doublé en 2017. Y compris parmi des lycéens et étudiants. Les recteurs d’universités répriment directement leurs étudiants s’ils participent à des manifestations.

Des personnalités qui défendent les Droits de l’Homme sont emprisonnées et accusées de faits fabriqués de toutes pièces, comme c’est le cas d’Oyub Titiev, responsable du Centre pour les Droits Humains Memorial en Tchétchénie et arrêté depuis plusieurs semaines sous-prétexte de détention de drogue.

 

Nous exigeons donc la libération immédiate de tous les défenseurs des Droits de l’Homme, manifestants pacifiques et journalistes arrêtés et détenus illégalement.

 

Pour aller plus loin, nous vous invitons à regarder nos interviews sur France 24 par ces liens :

 

https://www.youtube.com/watch?v=heleiRu8PZ0&feature=youtu.be&list=PLCnUnV3yCIYuuHRjVDwiBaRDeSbEbGyZU

 

https://www.youtube.com/watch?list=PLCUKIeZnrIUkh8TuvqH-uEdE5JHZWtk7x&time_continue=72&v=5HMwKzc4m5Y

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« Renversement des morales » (D. Satter) – « Redéfinition de l’identité russe » (C. Vaissié) – « Le plus grand crime est la dégénérescence de la société » (K. Larina)

« Renversement des morales » (D. Satter) – « Redéfinition de l’identité russe » (C. Vaissié) – « Le plus grand crime est la dégénérescence de la société » (K. Larina)

Le constat qui a été fait à l’occasion de la conférence du 9 décembre sur les «(R)ÉVOLUTIONS ET DROITS HUMAINS EN RUSSIE : 1917 – 2017», organisée à la Sorbonne par l’association Russie-Libertés et l’association des Droits de l’Homme de la Sorbonne, révèle que ces révolutions de 1917 ont laissé des séquelles qui n’ont de cesse de trouver leurs échos dans une société russe en quête de son identité nouvelle. Comme l’a justement souligné Cécile Vaissié : « en Russie il y a une guerre froide autour de la mémoire et de la redéfinition de l’identité russe. » Selon David Satter, la Russie n’a pas encore dépassé l’héritage du bolchevisme. Ainsi, alors que la dépouille de Lénine repose toujours au mausolée, la commémoration de 1917 n’est plus ce qu’elle était et les événements de 1917 sont qualifiés comme événements les plus contradictoires de l’histoire du pays.

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De toute évidence, la notion de révolution n’est pas ce que l’État souhaite commémorer aujourd’hui. La crainte du Kremlin vis-à-vis de la notion révolutionnaire réside dans le danger des conséquences d’une contestation quelconque. « La seule chose que craint le pouvoir russe est que toute la lumière soit faite », constate Ksenia Larina. Et pour cela, l’action des ONGs, des militants, des artistes et toute autre voix de résistance est extrêmement importante. « Toute réaction, surtout non anonyme, et même si celle-ci provient de l’étranger, pourra aider considérablement », ajoutait Gregoriy Shvedov.cof

Le recul des droits se constate dans toutes les sphères de la vie des citoyens russes. Ainsi, les artistes se voient privés de leur liberté artistique. Les écologistes privés de leurs actions pour l’environnement. Et les citoyens poussés vers une indifférence généralisée.

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« Hier, à l’avant-première du ballet « Noureev » au théâtre Bolchoï, toute l’élite était présente : les fonctionnaires, les ministres, même le ministre de la Culture ! Quel niveau de cynisme faut-il atteindre pour d’une main applaudir et d’une autre enfermer le metteur en scène du ballet ? », s’exclamait Ksenia Larina sur la situation de Kirill Serebrennikov assigné à résidence depuis le 23 août 2017.   

Une dissidence artistique est née en Russie, comme à l’époque Stalinienne. Des artistes sont pourchassés, des théâtres fermés et des films interdits.

La situation avec les écologistes est la même. Comme en témoignent Nadezhda Kutepova et Evguenia Tchirikova. Mais de plus en plus de mouvements citoyens naissent en Russie et les revendications sont multiples. Ces mouvements sont faibles et ont besoin de soutien. Le soutien de l’Europe est important et sans une pression extérieure sur le Kremlin, les choses ne pourront avancer.

Evguenia Tchirikova met en garde sur les dangers du projet Nord Stream 2 : « C’est un nouveau pacte Molotov-Ribbentrop entre la Russie et l’Allemagne ! Il permettra à Poutine de sécuriser ses exportations de gaz, lui donnera des moyens de pression supplémentaires sur l’Europe et la possibilité d’enclencher de nouvelles campagnes militaires dans les pays limitrophes. […] En achetant le gaz à Poutine, l’Europe finance sa propagande, les répressions contre son peuple et l’influence du régime poutinien sur l’Europe même. J’appelle donc les européens à ne pas acheter le pétrole et le gaz à Poutine ! »

Nous l’aurons compris – la détresse de ceux qui résistent en Russie est grande, mais l’espoir et le courage de changer les choses l’est encore plus.

Les révolutions de 1917 n’ont peut-être pas libéré le peuple russe à l’instar de la révolution française, mais la volonté de vivre dans un pays plus juste est toujours là et les braises ardentes de la liberté peuvent encore donner des flammes !

 

Conférence du 9 décembre 2017, à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, organisée par Russie-Libertés en partenariat avec l’Association des Droits de l’Homme de la Sorbonne.

Intervenants :

  1. DROITS AUX ÉLECTIONS LIBRES ET À LA PLURALITÉ POLITIQUE :
    Dominique Bromberger (journaliste français et auteur de « C’est ça, la Russie »), Yves Cohen (Directeur d’études à l’EHESS), Philippe Comte (maître de conférences de langue et civilisation russes contemporaines à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), David Satter (journaliste américain, auteur de « The less you know, the better you sleep »), Cécile Vaissié (professeur en études russes et soviétiques à l’université Rennes 2, auteur de « Les réseaux du Kremlin en France ») ;
  2. LIBERTÉ D’EXPRESSION ET LIBERTÉ ARTISTIQUE : Yulia Berezovskaya (journaliste russe et fondatrice du média indépendant Graniru.org), Galia Ackerman (docteure en histoire et journaliste, spécialiste de la Russie), Jean-Pierre Thibaudat (journaliste, écrivain, conseiller artistique), Ksenia Larina (journaliste russe à la radio EKHO de Moscou et critique théâtrale, membre du comité de soutien à Kirill Serebrennikov), Grigoriy Shvedov (rédacteur en chef de l’agence de presse Caucasian Knot Kavkaz-uzel.eu) ;

3. LIBERTÉ DE RASSEMBLEMENT ET DE MANIFESTATION : Evguenia Tchirikova (militante écologiste russe, fondatrice du projet Activatica.org), Nadezhda Kutepova (sociologue, défenseur des droits de l’Homme et fondatrice de l’ONG russe « Planète des Espoirs »), Véronika Dorman (journaliste à Libération, spécialité Russie-espace post soviétique, auteur de « Amnésie russe, 1917-2017 »).

Affiche conf 912

(R)ÉVOLUTIONS ET DROITS HUMAINS EN RUSSIE : 1917 – 2017

RUSSIE-LIBERTÉS en partenariat avec l’ASSOCIATION DES DROITS DE L’HOMME DE LA SORBONNE, vous convie le samedi 9 décembre à une conférence sur le thème

« (R)ÉVOLUTIONS ET DROITS HUMAINS EN RUSSIE : 1917 – 2017 »,

de 11h à 18h, à l’amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne (17 Rue De La Sorbonne, Paris 5éme).

Des philosophes, journalistes, historiens et défenseurs des droits de l’Homme se pencheront sur la question passionnante de l’évolution des droits humains en Russie de 1917 à aujourd’hui, et sur les Révolutions – Évolutions qui ont perturbé le pays tout au long de ce siècle d’histoire.

Interviendront à cette occasion : David Satter, Cécile Vaissié, Dominique Bromberger, Sacha Koulaeva, Yulia Berezovskaya, Galia Ackerman, Grigoriy Shvedov et bien d’autres.

 

La conférence sera suivie d’un concert de la talentueuse chanteuse, musicienne et compositeur franco-russe : Veronika Bulycheva.

 

Le détail du programme et l’inscription se font par CE LIEN.

 

L’inscription est obligatoire.

 

Anne Nerdrum

Anne Nerdrum s’en est allée à l’âge de 78 ans des suites d’une maladie grave.

Aujourd’hui  nous pleurons une amie très chère, une collègue irremplaçable: Anne Nerdrum s’en est allée à l’âge de 78 ans des suites d’une maladie grave.

Impossible d’y croire, difficile d’accepter, tout comme trouver des mots justes.

Elle paraissait si fragile au premier regard alors qu’elle était la plus forte de nous. Militante au sein d’Amnesty International, elle avait un lien très fort avec la Russie, russe dans l’âme.

La force de son esprit, son sourire bienveillant illuminaient chaque soirée de notre association, chaque action de rue, chaque tablée amicale. Elle était et restera pour nous  un exemple, un soutien et une lueur d’espoir.

Nous exprimons nos sincères condoléances aux amis et aux proches d’Anne Nerdrum . Nous partageons votre douleur.

Les membres de Russie Libertés

photo d'Ilya Yashin

La mobilisation populaire contre la corruption s’amplifie en Russie.

Ce lundi 12 juin, à l’occasion de la fête nationale russe, des milliers de citoyens russes, dans plus de 200 villes à travers tout le pays, se sont mobilisés pour protester, sur fond de crise économique et sociale, contre la corruption des autorités et les mesures portant atteinte aux libertés. A Moscou, Irkoutsk, Omsk, Ekaterinbourg, Vladivostok, Samara, Saint-Pétersbourg… la contestation a été de nouveau très importante. Cependant, les autorités ont encore une fois refusé tout dialogue et les manifestations ont été brutalement dispersées. Plus de 1200 personnes ont été arrêtées.

 

Voici le récit de l’intervention de la police anti-émeute contre les manifestants rassemblés aujourd’hui à Moscou (source : journal Novaya Gazeta) : « Nous étions avec mon mari à côté de la place Pouchkine. Vers 17h, un groupe d’OMON (forces anti-émeutes) en cortège s’est rué sur nous. Ils nous ont d’abord renversés par terre, je suis tombée et me suis cognée puis, j’ai reçu un coup de poing dans le visage. »

 

D’autres arrestations tout aussi violentes ont eu lieu dans toute la Russie, ramenant le chiffre global des interpellations à plus de 1200 personnes uniquement à Moscou et Saint-Pétersbourg (source : Novaya Gazeta). Un grand nombre de manifestants pacifiques ont subi des violences démesurées. Plusieurs journalistes ont été arrêtés malgré leur carte de presse. Des avocats n’ont pas pu rencontrer plusieurs personnes interpellées.

 

L’opposant Alexei Navalny a été arrêté dès le matin, près de son domicile, au moment où il s’apprêtait à se rendre à la manifestation. Il a été condamné à 30 jours de prison ferme. Ilya Yashin, un autre opposant, a été arrêté lors de la manifestation et risque jusqu’à 15 jours de prison.

 

La contestation citoyenne en Russie s’est amplifiée depuis le 26 mars 2017, date de la première grande manifestation anti-corruption depuis 2012. De nouveau, les manifestations se sont déroulées dans plusieurs villes du pays. Ces manifestations symbolisent un « ras-le-bol » populaire dans un contexte de crise économique et sociale : après le scandale de corruption autour du patrimoine du Premier ministre Dimitri Medvedev, l’entrée en vigueur d’une loi sur la rénovation des immeubles votée le 9 juin dernier a été la goutte d’eau de trop. Celle-ci prévoit la destruction de plus de 4500 immeubles anciens à Moscou et porte atteinte, selon certains manifestants, à la propriété privée. D’autres décisions tout aussi arbitraires, prises sans concertation avec la population, amènent la société vers cet état d’indignation populaire généralisée.

 

L’ONG spécialisée OVD-Info et le site d’info Meduza.io ont reconstitué une carte des manifestations et arrestations du 26 mars, que vous pouvez consulter ici : https://meduza.io/feature/2017/06/07/protestnaya-karta-rossii

 

Après la manifestation du 26 mars et celle du 12 juin, nous constatons encore une fois que la contestation en Russie est bien vivante mais que le pouvoir refuse tout dialogue.

 

Nous apportons tout notre soutien à la société civile russe dans sa quête du respect des droits humains en Russie. Nous exigeons que les arrestations arbitraires cessent et les droits et libertés des citoyens russes soient respectés. Russie-Libertés exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les manifestants pacifiques et notamment des opposants Alexei Navalny et Ilya Yashin.