By ruslibinfo

Anne Nerdrum

Anne Nerdrum s’en est allée à l’âge de 78 ans des suites d’une maladie grave.

Aujourd’hui  nous pleurons une amie très chère, une collègue irremplaçable: Anne Nerdrum s’en est allée à l’âge de 78 ans des suites d’une maladie grave.

Impossible d’y croire, difficile d’accepter, tout comme trouver des mots justes.

Elle paraissait si fragile au premier regard alors qu’elle était la plus forte de nous. Militante au sein d’Amnesty International, elle avait un lien très fort avec la Russie, russe dans l’âme.

La force de son esprit, son sourire bienveillant illuminaient chaque soirée de notre association, chaque action de rue, chaque tablée amicale. Elle était et restera pour nous  un exemple, un soutien et une lueur d’espoir.

Nous exprimons nos sincères condoléances aux amis et aux proches d’Anne Nerdrum . Nous partageons votre douleur.

Les membres de Russie Libertés

photo d'Ilya Yashin

La mobilisation populaire contre la corruption s’amplifie en Russie.

Ce lundi 12 juin, à l’occasion de la fête nationale russe, des milliers de citoyens russes, dans plus de 200 villes à travers tout le pays, se sont mobilisés pour protester, sur fond de crise économique et sociale, contre la corruption des autorités et les mesures portant atteinte aux libertés. A Moscou, Irkoutsk, Omsk, Ekaterinbourg, Vladivostok, Samara, Saint-Pétersbourg… la contestation a été de nouveau très importante. Cependant, les autorités ont encore une fois refusé tout dialogue et les manifestations ont été brutalement dispersées. Plus de 1200 personnes ont été arrêtées.

 

Voici le récit de l’intervention de la police anti-émeute contre les manifestants rassemblés aujourd’hui à Moscou (source : journal Novaya Gazeta) : « Nous étions avec mon mari à côté de la place Pouchkine. Vers 17h, un groupe d’OMON (forces anti-émeutes) en cortège s’est rué sur nous. Ils nous ont d’abord renversés par terre, je suis tombée et me suis cognée puis, j’ai reçu un coup de poing dans le visage. »

 

D’autres arrestations tout aussi violentes ont eu lieu dans toute la Russie, ramenant le chiffre global des interpellations à plus de 1200 personnes uniquement à Moscou et Saint-Pétersbourg (source : Novaya Gazeta). Un grand nombre de manifestants pacifiques ont subi des violences démesurées. Plusieurs journalistes ont été arrêtés malgré leur carte de presse. Des avocats n’ont pas pu rencontrer plusieurs personnes interpellées.

 

L’opposant Alexei Navalny a été arrêté dès le matin, près de son domicile, au moment où il s’apprêtait à se rendre à la manifestation. Il a été condamné à 30 jours de prison ferme. Ilya Yashin, un autre opposant, a été arrêté lors de la manifestation et risque jusqu’à 15 jours de prison.

 

La contestation citoyenne en Russie s’est amplifiée depuis le 26 mars 2017, date de la première grande manifestation anti-corruption depuis 2012. De nouveau, les manifestations se sont déroulées dans plusieurs villes du pays. Ces manifestations symbolisent un « ras-le-bol » populaire dans un contexte de crise économique et sociale : après le scandale de corruption autour du patrimoine du Premier ministre Dimitri Medvedev, l’entrée en vigueur d’une loi sur la rénovation des immeubles votée le 9 juin dernier a été la goutte d’eau de trop. Celle-ci prévoit la destruction de plus de 4500 immeubles anciens à Moscou et porte atteinte, selon certains manifestants, à la propriété privée. D’autres décisions tout aussi arbitraires, prises sans concertation avec la population, amènent la société vers cet état d’indignation populaire généralisée.

 

L’ONG spécialisée OVD-Info et le site d’info Meduza.io ont reconstitué une carte des manifestations et arrestations du 26 mars, que vous pouvez consulter ici : https://meduza.io/feature/2017/06/07/protestnaya-karta-rossii

 

Après la manifestation du 26 mars et celle du 12 juin, nous constatons encore une fois que la contestation en Russie est bien vivante mais que le pouvoir refuse tout dialogue.

 

Nous apportons tout notre soutien à la société civile russe dans sa quête du respect des droits humains en Russie. Nous exigeons que les arrestations arbitraires cessent et les droits et libertés des citoyens russes soient respectés. Russie-Libertés exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les manifestants pacifiques et notamment des opposants Alexei Navalny et Ilya Yashin.

Flags Russia France

M. le Président, instaurez un débat exigeant avec M. Poutine !

M. le Président, instaurez un débat exigeant avec M. Poutine !

Pressions sur la société civile, les opposants et les médias indépendants… violations des droits humains et des libertés, brutalités contre les personnes LGBT en Tchétchénie, violation du droit international et refus de la paix en Ukraine et en Syrie… Les sujets sont nombreux. Nous demandons au nouveau Président de la République d’instaurer un débat exigeant et sans connivence avec M. Poutine, n’omettant aucun de ces dossiers importants.

Dans son pays, M. Poutine refuse tout débat démocratique et contradictoire sur son projet international. M. le Président, utilisez l’occasion de cette rencontre pour instaurer ce débat sur les principes fondamentaux que vous avez portés pendant la campagne.

https://parnasparty.ru/news/359

Il y a 5 ans précisément…

Nous sommes aujourd’hui le 6 mai, un jour printanier et pluvieux comme les autres.
Il est pourtant différent pour les moscovites qui sont sortis il y a 5 ans précisément sur la place Bolotnaya à Moscou pour manifester contre les élections truquées. C’est ce jour-là que ces manifestants étaient agressés par la police, traînes dans les fourgons policiers pour les punir d’avoir exercé leurs droits protégés pourtant par la Constitution russe.
Depuis le 6 mai 2012 une machine judiciaire a démarré une affaire pénale sans précédent pour l’époque post-URSS, une affaire contre la société civile russe. 34 jeunes personnes ont été condamnées à des peines de prison variées, entre 2 et 4 ans, soit assignées à domicile, grâce aux faux témoignages, des jugements hâtifs en plein désaccord avec toute norme judiciaire.
L’affaire a duré plus de 4 ans, la dernière arrestation a eu lieu en 2016, le jeune étudiant Ivan Nepomnyachikh purge actuellement sa peine dans une colonie pénitentiaire de Yaroslavl, où il subit des agressions de la part du personnel de colonie et passe beaucoup de temps en cellule d’isolement. Les autres prisonniers de Bolontaya, c’est comme ça que l’on les nomme depuis, sont déjà libérés de prison.
Sont-ils libres pour autant?
La réponse de l’Etat russe à cette question est sans équivoques: non.
Une nouvelle affaire pénale contre les manifestants du 26 mars 2017 (manifestation contre la corruption au niveau national) a déjà démarré. 1043 arrestations, autant d’enquêtes judiciaires ouvertes, ça promet une nouvelle série de procès contre la société civile, peut être encore plus violente que celle de 2012.
Les activistes civiles agressés dans la rue.  Alexei Navalny aspergé de mercurochrome vert mélangé avec une autre substance inconnue  pour la deuxième fois, lors de sa rencontre avec les électeurs, il risque de perdre la vue sur un œil, mais on lui interdit de quitter le pays pour suivre le traitement à l’étranger.
Nous observons de nouveau cette ambiance de haine et d’intolérance qui règne dans la société russe post-Bolotnaya.
Le 6 mai 2012  a marqué le point de non retour pour l’Etat de droit et ouvert la voie à la dictature, sous quelle forme quasi-démocratique ne se cache t-elle.
Aujourd’hui certains moscovites iront à la manifestation pour marquer ce triste anniversaire, revendiquer leurs droits courant le risque d’être arrêtés de nouveau, d’autres participeront à la soirée caritative en commémoration du 6 mai au Centre de Sakharov, qui a pour but de rassembler les fonds en soutien des prisonniers politiques, d’autres vont rester chez eux en sécurité.
En France ce week-en électoral impose aux français d’autres choix, tout aussi difficiles.
Il est autant plus important pour nous de rappeler la chance que nous avons d’exercer notre droit de vote librement, et des conséquences de nos choix politiques et humains.
manif LGBT3

Rassemblement en soutien aux LGBT de Tchétchénie. Place de la République. Le 19/4/2017.

« Nous voudrions rappeler que la république de Tchétchénie est partie intégrante de la Fédération de Russie et que les mêmes lois doivent s’appliquer sur tout le territoire du pays. Par conséquent, les pouvoirs tchétchènes se doivent de respecter et de protéger les droits et la dignité de tout citoyen quel que soit sa religion, son sexe ou son orientation sexuelle.

Au lieu de cela, les autorités de Tchétchénie ont entamé un soi-disant « nettoyage » de la population, qu’ils nient et menacent tous ceux qui osent élever la voix. Ainsi, les proches du pouvoir ont fait des déclarations incitant ouvertement vers des représailles contre les journalistes qui ont dénoncé les tortures et les persécutions des personnes LGBT en Tchétchénie.

Nous appelons les autorités russes à faire tout leur possible pour que l’enquête qui est en cours par le Comité d’enquête de la république de Tchétchénie se réalise en transparence et que toute la lumière soit faite sur les crimes commis et les conditions de vie des personnes LGBT.

La vie de la communauté LGBT en Russie ne cesse de se dégrader ces dernières années. Depuis l’adoption d’une série de lois portant atteinte à leurs droits, une vague d’homophobie s’y propage. Humiliation, violence, discrimination au travail…

Nous souhaiterions rappeler au pouvoir russe qu’il est de son devoir de protéger ses citoyens contre toute forme de discrimination. Et nous demandons à la France de faire pression sur la Russie pour que la dignité de chaque citoyen y soit respectée !

Pour terminer, je voudrais vous lire un message qui vous est adressé de la part du réseau LGBT russe.

“Dear friends, fellow LGBTIQ+ activists, and allies! Russian LGBT Network represents the team that works directly with men who went through persecutions, humiliation, and tortures in Chechnya. These men were subjected to what amounts to a crime against humanity and who believed that they were wrong, and not their offenders. We provide help to those, who thought they would never get back to normal life and to those who are in fear of being identified by the evil-doers; to those who can’t sleep or still can’t fully believe in the fact that there are people who take care of them, their health and lives, who respect their dignity regardless of their sexual orientation. Some of the survivors had to flee without a penny in their pockets and just a bundle of personal belongings and basic necessities. For many of the survivors, it is still surprising that we provide support for them or namely guarantee covering costs for food, clothes, medication or medical care, psychological assistance, safe accommodation, and for all other needs. The evacuation that we conduct implies provision, relocation and requires consistent and rigorous work of our staff. We manage to save lives due to a huge support from all over the world, which now facilitates our efforts in guaranteeing decent living conditions and a high living standard for those in need. You could also support the survivors on your own or through the program that we are implementing in Russia, in order to bring human rights to the LGBT people who are being oppressed by the society and the authorities here. We are very grateful for your engagement and solidarity. It’s you who helped us to spread the word, to raise public awareness, and to make voices of the LGBT people of Chechnya heard loudly and proudly. Thank you, brothers and sisters of mankind! »

Intervention de Ektareina Petrikevich, militante de « Russie-Libertés », au rassemblement en soutien aux homosexuels de Tchétchénie, Place de la République à Paris, le 20 avril 2017.

Военные оказывают первую помощь освобожденной заложнице бесланской школы, 2004 год. Фото: EPA

13 ans après la tragédie, la Cour européennes des droits de l'homme reconnaît de graves défaillances dans le traitement par les autorités russes de la prise d’otages de Beslan

 

L’affaire  Tagayeva  et  autres  c.  Russie  concerne  l’attaque  terroriste  qui  a  eu  lieu  en  septembre  2004 dans  une  école  de  Beslan,  en  Ossétie  du  Nord  (Russie).  Pendant  plus  de  cinquante  heures,  des terroristes  lourdement  armés ont retenus captives plus de 1 000 personnes, dont la majorité  étaient des enfants. Au cours de cette prise d’otages, des explosions, un incendie et une intervention armée ont fait plus de 330 morts (dont plus de 180 enfants) et de 750 blessés. L’affaire a été portée devant la  Cour  européenne des droits de l’homme par  409  ressortissants  russes, membres de la famille des otages ou blessés au cours des événements,  qui  soutenaient  que  la  réaction  de  l’État  russe  à  l’attaque  avait été  entachée  de  plusieurs  défaillances.  

 

Premièrement, les requérants soutenaient que l’Etat russe avait manqué à son obligation de protéger les victimes d’un danger de mort connu. A l’unanimité, les juges ont estimé que les  autorités  disposaient  de  suffisamment  d’informations  précises  indiquant  qu’une attaque  terroriste  visant  un  établissement  d’enseignement  était  prévue  dans  la  région.  Pourtant, elles  n’ont  pas  pris  de  mesures  suffisantes  pour  empêcher  sa préparation;  la  sécurité  n’a  pas  été renforcée à l’école, et ni son personnel ni le public n’ont été avertis de la menace.

Ensuite, une partie des requérants a fait valoir une  préparation  et  un  contrôle  défaillant de  l’opération  de sécurité. Les juges se sont accordés à dire que l’équipe en  charge de l’opération ne disposait pas d’une structure de commandement officielle, ce qui a donné lieu à de graves défauts dans le processus décisionnel et la coordination avec les autres services compétents. En d’autres termes, un manque d’organisation  qui a aggravé l’issue de l’opération.

En particulier, ces mêmes requérants ont affirmé que les nombreuses victimes de la prise d’otage résultent d’un recours à la force aveugle et disproportionné de la part des autorités. La Cour a conclu que, même si la décision de recourir à la force létale était justifiée compte tenu des circonstances, un usage si massif d’explosifs et d’armes frappant sans discernement ne pouvait être considéré comme absolument nécessaire. En l’absence de règles juridiques adéquates en droit russe, les forces de  sécurité  ont  utilisé  sur  l’école  des  armes  puissantes  telles  qu’un  canon  d’assaut,  des lance-grenades  et  des  lance-flammes,  faisant  ainsi  des  victimes  supplémentaires  parmi  les  otages.

Enfin, les requérants ont mis en cause l’enquête menée sur les faits et son effectivité. A l’unanimité, la Cour en a conclu que les défaillances de l’enquête ont abouti à la déperdition de données sur les circonstances de la tragédie et n’ont pas  permis  de  déterminer  si  l’usage  de  la  force  fait  par  les  agents de l’État était justifié dans les circonstances de la prise d’otage.

Selon Novaïa Gazeta l’importance de la décision tient à l’affirmation du droit des otages à la vie, que personne ne peut annihiler en prétextant une mesure d’extrême nécessité sans avoir réellement prouvé l’existence de cette extrême nécessité

Le Kremlin a jugé “inacceptable” la décision de la CEDH par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, rapporte le journal en ligne Gazeta.ru. Le ministère de la Justice russe a déclaré qu’il ferait appel du jugement.

Pour aller plus loin:

– sur le site du conseil de l’europe: http://www.echr.coe.int/Pages/home.aspx?c=fre&p=home

– Novaya Gazeta: https://www.novayagazeta.ru/articles/2017/04/13/72136-pochemu-reshenie-espch-po-delu-beslana

Юрий Сафронов / «Новая газета»

Message d’alerte du journal Novaya Gazeta suite aux menaces contre les journalistes

Pour faire suite à l’affaire des persécution des homosexuels en Tchétchénie, le média Nvaya Gazeta, qui a dénoncé cela, vient de publier une déclaration.
Lors d’un rassemblement qui a eu lieu le 3 avril dernier à la mosquée de Grozny , le conseiller de Kadyrov en présence des imams et des  théologiens d’Islam a proféré des menaces envers les journalistes de Novaya Gazeta. La résolution de cette réunion a pointé les journalistes en les traitant des « ennemis de notre foie et de notre patrie, les menaçant de vengeance certaine. Cette réunion  a été largement diffusée à la télévision et sur les réseaux sociaux en provoquant des messages haineux et intolérants en nombre. Triste destin d’Anna Politkovskaya et de Natalia Estemirova ne permettent pas de prendre ces menaces à la légère.
Si-après vous trouverez le texte de la déclaration des journalistes:

Le 1 avril dernier « Novaya gazeta » a informé ses lecteurs des arrestations de masse et des cas de torture sur les habitants de Tchétchénie soupçonnés « d’orientation sexuelle non traditionnelle ». Nous connaissons les noms des trois victimes, nous savons qu’il y a beaucoup plus de meurtres. Des exécutions extrajudiciaires, les assassinats dites « meurtres d’honneur » souvent accomplis par les familles des victimes.
La rédaction de Novaya Gazeta exprime sa grave préoccupation face à la réaction qui a suivi nos publications sur les persécutions des homosexuels tchétchènes. Nous nous inquiétons pour la sécurité des journalistes à l’origine de ces publications mais aussi pour tous les employés de « Novaya gazeta »
Le 3 avril, trois jours après notre première publication, une réunion d’urgence s’est déroulée à la mosquée de Grozny. Elle a réuni des théologiens d’islam connus, des imams et des leaders de l’opinion publique tchétchène. Selon les informations officielles, plus de 15 000 personnes ont participé à ce rassemblement.
Lors de cette réunion, Adam Shakhidov, le conseiller de Ramzan Kadyrov, a accusé publiquement la rédaction de « Novaya gazeta » de calomnie et les a traités « d’ennemis de notre foi et de notre patrie ». Le discours de Shakhidov ainsi que d’autres théologiens tchétchènes a été largement diffusé à la télévision et sur les réseaux sociaux en provoquant des messages haineux et intolérants en nombre.
Une résolution prise à l’issue de cette réunion appelle ouvertement et directement à la violence : « Suite à l’atteinte aux fondations séculaires de la société tchétchène et à la dignité des hommes tchétchènes, l’insulte de notre foi, nous déclarons que la vengeance atteindra des instigateurs qui qu’ils soient et où qu’ils soient, sans délai de prescription ».
Il est évident pour la rédaction de « Novaya gazeta » que cette résolution incite les fanatiques religieux à la violence envers les journalistes.
La vague de répressions actuelle n’est pas quelque chose d’exceptionnel pour la Tchétchénie. Le niveau de violence a fortement augmenté depuis 3 ans, c’est directement lié à l’absence de vraie enquête du meurtre de Boris Nemtcov, dont les commanditaires et les exécutants sont restés impunis. L’impunité de ce crime les a rendus invulnérables à leurs yeux.
Silence et inaction dans cette situation rend tous ceux qui sont capables d’entreprendre quoi qui ce soit, complices de ce crime à venir. Ce pourquoi « Novaya gazeta » continue à travailler en Tchétchénie. Nous comprenons très bien que le prix peut êtrè fort à payer. Les assassinats non élucidés de nos collègues Anna Politkovskaya et Natalia Estemirova en sont des preuves.
Nous insistons sur le fait que la réaction au travail des journalistes exprimée lors de la réunion à la mosquée de Grozny est inacceptable pour une société civilisée et doit être évaluée du point de vue du droit russe. Nous appelons les autorités russes à faire tout leur possible pour prévenir les agissements visant à inciter à la haine et à l’hostilité contre les journalistes dans l’exercice de leurs fonctions professionnelles. »

Rédaction de « Novaya gazeta »

https://www.novayagazeta.ru/articles/2017/04/13/72146-zayavlenie-novoy-gazety-v-svyazi-s-otkrytymi-ugrozami-prozvuchavshimi-v-adres-redaktsii

1 апреля «Новая газета» сообщила о массовых задержаниях и пытках жителей Чечни, подозреваемых в нетрадиционной сексуальной ориентации. Нам известны имена троих погибших, и также мы знаем, что убитых людей гораздо больше. Внесудебные расправы, так называемые «убийства чести», вершат и родственники жертв…

Реакция, последовавшая на публикации о преследовании чеченских гомосексуалов, вызывает у редакции серьезные опасения за безопасность уже не только конкретных журналистов, но и всех без исключения сотрудников «Новой газеты».
3 апреля, спустя три дня после первой нашей публикации, в центральной мечети Грозного состоялось экстренное собрание представителей 24 чеченских вирдов, исламских богословов и лидеров общественного мнения Чечни. По официальным данным, в собрании приняли участие 15 тысяч человек. На этом собрании Адам Шахидов, советник главы Чечни Рамзана Кадырова, публично обвинил коллектив «Новой газеты» в клевете и четко обозначил «врагов нашей веры и нашей родины». Выступление Шахидова, а также других чеченских богословов, транслировалось местным телевидением и широко разошлось в Интернете, спровоцировав волну нетерпимых высказываний в социальных сетях.
По результатам этого собрания была принята резолюция. Второй пункт этой резолюции открыто и прямо призывает к насилию: «Ввиду того, что нанесено оскорбление вековым устоям чеченского общества и достоинству мужчин-чеченцев, а также нашей вере, мы обещаем, что возмездие настигнет истинных подстрекателей, где бы и кем бы они ни были, без срока давности».
Нам очевидно: эта резолюция подталкивает религиозных фанатиков к расправе над журналистами.
Для «Новой газеты» совершенно очевидно, что нынешняя волна репрессий – не уникальное явление для сегодняшней Чечни. Уровень насилия в республике за последние три года резко возрос и это прямым образом связано с отсутствием полноценного расследования убийства Бориса Немцова, которое, по сути, сошло с рук заказчикам этого преступления. Безнаказанность именно за это преступление породила их полную уверенность в собственной неуязвимости.
Молчание и бездействие в такой ситуации делают всех, кто способен хоть что-то предпринять, соучастниками. Именно поэтому «Новая газета» продолжает работать в Чечне. Но мы очень хорошо понимаем, какую высокую цену можем заплатить. Нерасследованные убийства наших коллег – Анны Политковской и Натальи Эстемировой – очевидное доказательство.
Мы настаиваем: реакция на журналистскую работу, озвученная на встрече в центральной мечети, неприемлема в цивилизованном обществе и должна быть оценена с точки зрения российского права. Мы призываем российские власти сделать все возможное, чтобы пресечь действия, направленные на возбуждение ненависти и вражды к журналистам, выполняющим свои профессиональные обязанности.

Редакция «Новой газеты»

P.S. 8 апреля главный редактор «Новой газеты» Дмитрий Муратов официально обратился к Генеральному прокурору РФ Юрию Чайке с требованием обязать Следственный комитет России к неукоснительному выполнению российских законов, а именно – к проведению проверки в порядке 144-145 статей УПК РФ по фактам, свидетельствующим о совершении тяжких преступлений.
10 апреля истек десятидневный срок с момента публикации «Новой газетой» фактов массового преследования жителей Чечни по причине их гомосексуальной ориентации. Ровно столько дней дает закон Следственному комитету России, чтобы отреагировать на сообщение о преступлении. Мы не получили никаких сведений о реакции Следственного комитета России на нашу публикацию. Поэтому 11 апреля адвокат международной правозащитной организации «Агора» Андрей Сабинин подал жалобу в Басманный суд Москвы с требованием признать бездействие председателя Следственного Комитета Российской Федерации Александра Бастрыкина необоснованным и незаконным и обязать его устранить допущенное нарушение.

 

Москва, 26 марта 2017
фото Максим Шипенков / EPA

Ce dimanche 26 mars, des dizaines de milliers de manifestants anticorruption sont descendus dans la rue en Russie.

Ce dimanche 26 mars en Russie a été marquée par le rassemblement des manifestants à travers tout le pays qui comptait pas moins de 60 000 personnes. Les gens ont répondu à l’appel d’Aléxei Navalny et sont venus exprimer leur indignation face au niveau exacerbé de la corruption en Russie. En effet, la dernière investigation de Navalny met en évidence des propriétés luxueuses à plusieurs millions d’euros détenues indirectement par le premier ministre Medvedev. Ce nouveau cas de corruption à très grande échelle a secoué le pays et a amené même les lycéens et les étudiants à sortir dans la rue. La particularité de ce mouvement du 26 mars 2017 est cet élan donné par la jeune génération à la protestation très affaiblie ces dernières années pour cause des lois anti-rassemblements, les arrestations d’activistes et de simples citoyens pour toute opinion politique divergente.

L’Etat a répondu par des violences policières, des arrestations de masse et des provocations. Les adolescents de 12, 13, 15 ans se sont retrouvés au poste de police après avoir été violemment projetés dans les fourgons blindés.

Le déroulement de cette journée ravive des tristes souvenirs de l’affaire de Bolotnaia mais aussi redonne de l’espoir au mouvement civil en Russie, avec cette nouvelle énergie de la jeunesse russe trahie par son gouvernement mais pas dupe.

Nous exprimons notre inquiétude pour l’avenir de ces jeunes personnes déjà menacées d’expulsion de leurs établissements scolaires et souvent incomprises au sein de leur propre famille.

Nous exigeons que Navalny et tous les autres manifestants arrêtés hier soient relâchés, que cesse la pression exercée sur l’opposition et que l’état de droit soit respecté en Russie.

Nemtsov

LE 26/2- UNE GRANDE JOURNEE POUR LA SOCIETE CIVILE RUSSE

L’activiste Ildar Dadine a été libéré le 26 février 2017, suite à l’annulation de sa condamnation par la cour suprême russe.

Il était le premier condamné à une peine d’emprisonnement en vertu de l’article 212.1, inclus dans le Code Pénal en Juillet 2014, qui mentionne « Les violations répétées de l’ordre établi des rassemblements, manifestations, défilés et piquets de grève ». Ildar Dadin a activement participé à de nombreuses manifestations protestataires, souvent sous forme de piquets ou de grève solitaire.

Le 31 octobre 2016, Ildar a dénoncé dans une lettre ouverte adressée à sa femme les nombreuses tortures qu’il a subies en prison. Le comité d’enquête n’a par ailleurs pas trouvé de preuves qui confirmeraient ces tortures.

Dadine affirme sa volonté de continuer son combat et promet de porter plainte contre tous les agresseurs qui torturent les détenus dans les prisons russes.

L’affaire Dadine marque un tournant et une petite victoire de la société civile sur le régime.

En effet, la cours Constitutionnelle a statué que l’article 212.1 ne pourrait s’appliquer que sur preuves que les intentions de l’accusé étaient criminelles et que ses agissements ont représenté une menace. Ainsi, sur recommandation de la Cours Constitutionnelle, la Douma (chambre basse du Parlement russe) se doit d’étudier au printemps des amendements à apporter à l’article 212.1

Par ailleurs, ce même 26 février 2017 a lieu à Moscou et vingt autres villes de Russie des marches en la mémoire de Boris Nemtsov, opposant politique russe assassiné sous les murs du Kremlin en 2015.

Deux ans après, toute la lumière n’a toujours pas été faite sur cet assassinat odieux dans le cœur même de Moscou et les commanditaires n’ont pas été identifiés.

Russie-Libertés réitère sa demande d’ouverture d’une enquête internationale et indépendante sur sa mort.

La manifestation a réuni plus de 15 000 personnes à Moscou. Les représentants de différents mouvements étaient présents, tels que Solidarnost, Parnas, Iabloko et autres.

Un contrôle très strict des slogans a empêché les manifestants de porter des bannières telles que « Poutine – c’est la guerre », ou toute autre mention du président russe et même le drapeau ukrainien.

Mikhail Kassianov (président du parti PARNAS) a été aspergé au visage d’un produit vert.

Konstantin Ershov (co-président du parti régional de Saint-Pétersbourg SOLIDARNOST) a été arrêté suite à des altercations avec des activistes du mouvement ultra-nationaliste NOD.

Russie-Libertés salue le courage de la société russe à se rassembler et à manifester ses désaccords malgré toute la pression et le danger qui pèsent sur elle.

Russie-Libertés soutient les réclamations de la société civile russe pour que des réformes politiques aient lieu en Russie et pour la libération de tous les prisonniers politiques !

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Les mouvements de manifestations contre la décriminalisation des violences domestiques en Russie se répandent en Europe.

Le 19 février 2017, un groupe de militants s’est rassemblé à Paris sur la Place de la Résistance afin de manifester contre la décriminalisation de la violence domestique en Russie.

L’événement a rassemblé des étudiants de Sciences Po et de la Sorbonne, des membres de l’association Russie-Libertés, d’autres militants et défenseurs des droits de l’homme Russes et Français tels que la responsable de la coordination Russie à Amnesty International France Anne Nerdrum et la militante et écologiste Russe Nadezhda Kutepova.

L’événement, organisé par l’association française Russies-Libertés et une militante russe Ekaterina Petrikevich, a prit place en face du Centre culturel et spirituel russe et Cathédrale de la Sainte-Trinité russe dans le but d’informer la population à l’égard des violences domestiques en Russie.

Le 7 février 2017, le président Vladimir Poutine a promulgué une loi décriminalisant les «coups et blessures » qui avait auparavant été régi par l’article 116 du Code pénal Russe. La loi est entrée en vigueur immédiatement après sa publication, transformant le délit en une infraction administrative punie par une amende de 30 000 roubles (soit 485€) ou 15 jours de détention provisoire ou encore 120 heures de travaux d’intérêts général.

Selon la déclaration d’Anna Kirey, directrice adjointe du travail de campagne pour la Russie et l’Eurasie à Amnesty International « le gouvernement russe affirme que cette réforme va « protéger les valeurs familiales », mais en réalité elle bafoue les droits des femmes. »

Les manifestants ont exprimé leur forte inquiétude envers ce recul en terme de modernisation de la société Russe et ont demandé au gouvernement Russe de reconsidérer toute forme de violence domestique en tant que délit et de durcir les poursuites et condamnations.

« Nous combattons pour soutenir les femmes russes, pour faire face à ce recul vers la violence, prouver que la violence n’est pas une tradition de la Russie et ne peut être

considérée comme valeur dans une société moderne! Il y a bien plus que l’autorité dans les relations humaines et surtout dans les relations familiales, où amour et respect doivent

prévaloir sur le rapport de forces! La loi doit protéger les faibles et non pas soutenir des prétendues valeurs imposées par la politique d’Etat à la société! » a prononcé Olga Prokopieva, membre de Russie-Libertés et co-organisatrice de l’évènement.

Des manifestations similaires ont eu lieu ce mois-ci à Moscou, Saint Pétersbourg, Chelyabinsk et dans d’autres villes Russes, afin de mettre en lumière la gravité de la situation et la forte détermination des citoyen-ne-s à prendre des initiatives. « Il y a tant de choses qui se produisent dans le monde, il semble que les gens se soient accoutumés à tous et soient prêt

à accepter n’importe quelle norme, les victoires des populistes, l’atteinte aux droits… c’est pourquoi je voulais rencontrer et parler à des gens qui s’en préoccupent… C’est plus facile de résister et d’avancer quand on voit que l’on est pas seul », a exprimé Zoya Bragina, une des participantes à la manifestation.

Environ 10 000 femmes par an meurent à la suite de violences domestiques en Russie, en d’autres termes, la violence domestique tue une femme toutes les 45 minutes. Pour comparer,

en 2015, la France, un pays de 66.9 million d’habitants, a vu 115 femmes mourir sous les coups de leurs maris ou ex-compagnons. Ce chiffre est dix fois moins élevé que les

statistiques russes, bien que la population en Russie soit seulement deux fois plus élevée qu’en France.

La Russie est signataire de la Convention de l’ONU sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et de la Convention relative aux droits de l’enfant. Ces derniers reconnaissent la violence domestique en tant que discrimination. La Constitution de la Fédération Russe a également une clause de non discrimination qui garantit l’égalité des droits et des libertés de chaque citoyen et se porte garant de leurs droits fondamentaux.

Inês Soldado et Ekaterina Petrikevich

Si vous souhaitez signer la pétition contre les violences domestiques en Russie, cliquez ici https://www.change.org/p/state-duma-of-russian-federation-la-violence-domestique-en-russie-doit-%C3%AAtre-un-d%C3%A9lit-poursuivi-p%C3%A9nalement-2

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