Archive par auteur | mfilandrov

À quoi ressemble un camp de travail russe ?

Un article de Maryam Lévy sur le site Quoi.info


Plusieurs associations dénoncent des méthodes héritées des goulags. ©Vladimir Bazan

En Russie, les membres du groupe de musique punk Pussy Riot ont été condamnés à 2 ans d’enfermement dans une colonie pénitentiaire.

La condamnation des Pussy Riot à 2 ans d’emprisonnement dans un camp de travail (pour avoir récité une prière punk) rappelle l’époque où les dissidents russes étaient envoyés au goulag sous le régime soviétique.

En Russie,  il y a seulement 7 prisons pour près de 750 colonies pénitentiaires, dont 46 réservées aux femmes, comme celle où les membres des Pussy Riot pourraient être envoyés pour purger leur peine. Sur les 600 000 à 900 000 prisonniers, entre 47 000 et 60 000 sont des femmes, détenues dans des conditions souvent très difficiles.

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Etape suivante dans la répression: interdiction de critiquer les juges ?

Le député du parti "Russie Unie" Ilia Kostounov a déclaré le 20 août que la Douma (chambre basse du parlement élue en décembre 2011 lors d’un scrutin truqué), allait bientôt se pencher sur un projet de loi interdisant de critiquer les juges.

C’est le procès des Pussy Riot qui lui aurait donné « cette idée intéressante ». En effet, «critiquer les juges partout en les accusant d’injustice et de manque de professionnalisme est devenu un passe temps populaire et collectif ». Ilia Kostounov souligne : « Vous avez le droit de critiquer un juge à condition d’être vous-même un professionnel connaissant toutes les lois et procédures. Mais prononcer à haute voix ce que tout le monde désire entendre, ce n’est pas correct».

Si l’on suit la logique répressive du parti poutiniste Russie Unie, l’étape suivante devrait aboutir à l’interdiction de toute critique “non professionnelle ” du gouvernement et du président. La moitié du chemin étant déjà effectuée avec la récente réintroduction de la pénalisation de la diffamation et la loi prévoyant des amendes de plusieurs milliers d’euros pour avoir appelé ou participé à des manifestations.

Russie-Libertés condamne fermement l’adoption de nouvelles lois répressives par une Assemblée illégitime qui bafoue allègrement l’esprit et la lettre de la Constitution et les engagements de la Russie en matière de respect des droits humains auprès du Conseil de l’Europe et de l’OSCE.

Russie-Libertés

Maria Alekhina, Pussy Riot: “Je n’ai pas peur de vous”

http://www.lesinrocks.com 22/08/2012

Voici le texte écrit par Maria Alekhina une des Pussy Riot, lu à son procès par son avocate. Avec Nadejda Tolokonnikova et Ekaterina Samoutsevitch, elle a été condamnée à deux ans de prison. Les Inrockuptibles, solidaires des Pussy Riot.

Ce procès est exemplaire. Le pouvoir en rougira, et pas qu’une fois, et il en aura honte. Chacune de ses étapes est la quintessence de l’arbitraire. Comment notre démarche, à l’origine une action modeste et plutôt farfelue, s’est-elle muée en cet immense malheur ? Il est évident que, dans une société saine, ce serait impossible. La Russie, en tant qu’Etat, apparaît depuis longtemps comme un organisme rongé par la maladie. Et cet organisme réagit de manière maladive dès qu’on effleure l’un de ses abcès purulents. D’abord il passe longuement cette maladie sous silence. Ensuite, il trouve une solution en dialoguant. Et voici ce qu’il appelle un dialogue. Ce tribunal n’est pas simplement une mascarade grotesque et cruelle, il est le « visage » du dialogue tel qu’il se pratique dans notre pays. Au niveau social, pour aborder un problème par le dialogue, il faut une situation – une motivation. Ce qui est intéressant, c’est que notre situation a été, dès l’origine, dépersonnalisée. Lire la Suite…

Les Inrocks – L’édito d’Audrey Pulvar : #inaliénables

Les Inrocks – L’édito d’Audrey Pulvar : #inaliénables. 21/08/2012REUTERS/Kacper Pempel

REUTERS/Kacper Pempel

La justice russe est libre et indépendante. Da ! La preuve ? Alors que le grand démocrate Vladimir Poutine réclamait la clémence à l’égard de Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samousevitch, c’est bien à deux ans de “colonie pénitentiaire”, qu’ont été condamnées ces trois superbes, pour quelques secondes de provoc kitsch, ou, pardon “d’actes de blasphème, de sacrilège et d’offenses conscientes et délibérées contre ce qui est Saint, de manifestations brutales d’hostilité à l’égard des sentiments éprouvés par des millions de personnes”, comme s’en est émue l’Église orthodoxe de Russie, après l’énoncé du verdict, laquelle “sans remettre en question le bien-fondé de cette décision de justice [s’adresse] aux autorités les priant de manifester leur compassion à l’égard des personnes condamnées, ceci dans l’espoir qu’elles renonceront à réitérer ces comportements blasphématoires.”  Lire la Suite…

Pussy Riot : une musique méconnue et très politique

http://www.lefigaro.fr/musique/2012/08/20/03006-20120820ARTFIG00404-pussy-riot-une-musique-meconnue-et-tres-politique.php

Par Esther Degbe le 20/08/2012

Capture d'écran des Pussy Riot en plein concert sauvage.
Capture d’écran des Pussy Riot en plein concert sauvage.

VIDÉOS – Condamné à deux ans de prison, le groupe punk continue de susciter le débat sur Internet grâce à sa musique.

Activistes, féministes et musiciennes, Maria Alekhina, Ekaterina Samoutsevitch et Nadejda Tolokonnikova du groupe russe Pussy Riot ont été condamnées vendredi dernier à deux ans de prison pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse». Le groupe, qui se revendique comme féministe, s’est fait connaître du peuple russe en jouant dans des lieux insolites.

Méconnues jusqu’ici, les Pussy Riot ont puisé dans la musique punk la rage et la colère inspiré par le gouvernement en place et particulièrement Vladimir Poutine, président russe, qu’elles attaquent dans chacun de leurs titres présents sur leur album Kill The Sexist.

Proche de la démo, l’opus contient 6 morceaux qui abordent la menace que représentent le gouvernement russe et la pensée sexiste. Mais Kill The Sexistest avant tout un moyen d’attaquer Vladimir Poutine, introduit dans plusieurs titres comme «l’homme du KGB», le service de renseignement russe auquel il a appartenu. Toutes les chansons du groupe y font mention de manière plus ou moins directe. Lire la Suite…

Caricature: Poutine et Assad discutent de la condamnation des Pussy Riot

Les Pussy Riot condamnées à 2 ans de camp

PUSSY RIOT – Avec le procès des 3 jeunes chanteuses des Pussy Riot, la Russie est devenue la cible des médias internationaux. Compte-tenu de l’actualité, l’étroite relation entre Vladimir Poutine et Bachar el-Assad a rapidement refait surface.

http://www.huffingtonpost.fr/herve-fell/pussy-riot-russie-syrie-poutine-assad_b_1809322.html

Pussy Riot: "Merci pour ce Miracle". La lettre de Nadia la veille du verdict.

Lettre de Nadezhda Tolokonnikova.

Le 16 août 2012, depuis la maison d’arrêt.

Le fait que je sois en prison ne suscite en moi aucune colère. Je ne ressens pas de colère. Je n’ai pas de colère personnelle. La colère qui m’habite est politique. Notre emprisonnement est un signe clair et limpide que tout le pays est dépossédé de sa liberté. Et c’est cette menace d’anéantissement de toutes les forces de liberté et d’émancipation qui me met en colère.

Derrière l’arbre, il faut voir la forêt, derrière le signe, la tendance et derrière le cas particulier, l’état d’un pays.

Les féministes de la deuxième génération disaient : « Le personnel, c’est déjà politique ». C’est la vérité. L’affaire Pussy Riot a montré comment les problèmes privés de trois personnes accusées de “hooliganisme” peuvent donner vie à un mouvement politique. La pression et la répression qu’ont subies trois personnes ayant osé prendre la parole face à un régime autoritaire ont fait réagir le monde entier. Activistes, punks, pop stars, membres des gouvernements, humoristes, écologistes, féministes et masculanistes, théologiens musulmans et chrétiens – des personnes de tout horizon prient pour Pussy Riot.

L’affaire Pussy Riot a soulevé des forces si nombreuses et diverses que j’ai du mal à croire que je ne rêve pas.

Il se produit aujourd’hui quelque chose d’improbable dans le contexte de la vie politique russe : la société civile exerce sur le pouvoir une pression exigente, obstinée et sensée.

Je remercie tous ceux qui ont clamé : « Liberté pour les Pussy Riot ! ». Tous ensemble nous sommes en train d’organiser un évènement grand et important. Le système mis en place par Poutine a de plus en plus de mal à le maîtriser. Peu importe le verdict, nous avons déjà gagné. Car nous avons appris à nous mettre en colère et à parler de politique.

Les Pussy Riot sont heureuses d’avoir été à l’origine d’un vrai mouvement collectif, et que votre passion politique soit si forte qu’elle ait traversé les frontières des langues, des cultures, des mondes, des statuts économiques et politiques. Kant aurait pu dire qu’il ne voyait à ce Miracle d’autre raison que le fondement de la moralité qui réside dans l’homme.

Merci pour ce Miracle.

Nadezhda Tolokonnikova

Source: http://mark-feygin.livejournal.com/96072.html

Traduction: Olga Kokorina

Le blogueur russe anticorruption inculpé pour détournement de biens

Le Monde.fr | 31.07.2012 - Par Delphine Roucaute

Alexeï Navalny parle aux médias russes avant de quitter les bâtiments du comité d'enquête de Moscou, mardi 31 juillet.

Pourfendeur de la corruption depuis des années, le blogueur russe Alexeï Navalnya été inculpé, mardi 31 juillet, d’abus de confiance et de détournement de biens "à grande échelle". Convoqué la veille au bureau du comité d’enquête – la policefédérale russe –, l’opposant semblait pourtant serein, affirmant : "Il n’y aura aucune arrestation parce que je ne vois aucune raison pour laquelle je pourrais être arrêté. (…) Si cela arrive, on verra." Mais dans un contexte de crispation du gouvernement Poutine, après l’arrestation de trois membres du groupe punk Pussy Riot, les opposants au régime russe ont intérêt à faire profil bas.

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