Des lectures des derniers écrits de la militante russe, par la compagnie théâtrale W, ont animé la cérémonie d’hier, marquée par l’allumage de douze bougies en sa mémoire. Une vingtaine de personnes était présente
Des lectures des derniers écrits de la militante russe, par la compagnie théâtrale W, ont animé la cérémonie d’hier, marquée par l’allumage de douze bougies en sa mémoire. Une vingtaine de personnes était présente

Au Havre, vers d’autres formes d’hommages pour la journaliste Anna Politkovskaïa. par Arnaud ROUXEL

Depuis 2014, il fait campagne en citoyen pour honorer au Havre la mémoire d’Anna Politkovskaïa. Dominique Rougeventre a organisé hier, à 18 h, un nouveau rassemblement, quartier de l’Eure, rue des Chargeurs réunis, dans la plaine de jeux qui porte le nom de la journaliste russe abattue le 7 octobre 2006. Après avoir obtenu qu’y soit installée une plaque en son hommage, inaugurée en juin dernier, le militant souhaite donner d’autres formes à ses témoignages d’estime envers celle qui dénonçait les excès du pouvoir russe, des guerres en Tchétchénie, la corruption et surtout les privations de liberté.

Souhaitez-vous organiser un rassemblement chaque année, à la date anniversaire de sa mort ?

« En 2016, nous l’avions fait pour faire un peu pression afin qu’un espace public porte son nom. Maintenant, la plaque est là. C’est une première chose. Cet espace vit, mais il faut que les gens sachent pourquoi il s’appelle ainsi. J’ai d’autres projets, pour que l’hommage prenne des formes différentes. J’aimerais qu’un travail ait lieu avec les élèves du tout proche lycée Saint-Vincent-de-Paul. Que l’on trouve des partenaires. Pourquoi ne pas monter aussi une expo, une pièce de théâtre la concernant ? »

Pourquoi avez-vous tant d’admiration pour cette femme ?

« C’était une personnalité exceptionnelle. Au charisme indéniable. Elle osait risquer sa vie. Je ne suis plus engagé à Amnesty international mais je m’intéresse à toutes les violations des droits humains. Anna est l’incarnation de la défense de ces droits, qui nous concernent tous. Elle est une icône du combat pour la liberté d’expression. D’autres le poursuivent à leur manière. Nous avons la chance de recevoir ce soir (hier soir) l’un des fondateurs de l’association Russie-libertés, Nicolaï Kobliakov (qui devait s’exprimer durant la cérémonie d’hier, puis, plus tard dans la soirée, après la projection du film Lettre à Anna, au Studio, NDLR). »

Parlez-nous de ce film documentaire – « Lettre à Anna » – de 2008.

« Elle y témoigne. Il traite de son parcours, de son travail, de la situation de l’époque. Qui reste terrible aujourd’hui en Russie. »

https://www.paris-normandie.fr/region/au-havre-vers-d-autres-formes-d-hommages-pour-la-journaliste-anna-politkovskaia-IJ13929919

L’allumage de douze bougies en mémoire d'Anna.
L’allumage de douze bougies en mémoire d’Anna.