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Il y a 5 ans précisément…

Nous sommes aujourd’hui le 6 mai, un jour printanier et pluvieux comme les autres.
Il est pourtant différent pour les moscovites qui sont sortis il y a 5 ans précisément sur la place Bolotnaya à Moscou pour manifester contre les élections truquées. C’est ce jour-là que ces manifestants étaient agressés par la police, traînes dans les fourgons policiers pour les punir d’avoir exercé leurs droits protégés pourtant par la Constitution russe.
Depuis le 6 mai 2012 une machine judiciaire a démarré une affaire pénale sans précédent pour l’époque post-URSS, une affaire contre la société civile russe. 34 jeunes personnes ont été condamnées à des peines de prison variées, entre 2 et 4 ans, soit assignées à domicile, grâce aux faux témoignages, des jugements hâtifs en plein désaccord avec toute norme judiciaire.
L’affaire a duré plus de 4 ans, la dernière arrestation a eu lieu en 2016, le jeune étudiant Ivan Nepomnyachikh purge actuellement sa peine dans une colonie pénitentiaire de Yaroslavl, où il subit des agressions de la part du personnel de colonie et passe beaucoup de temps en cellule d’isolement. Les autres prisonniers de Bolontaya, c’est comme ça que l’on les nomme depuis, sont déjà libérés de prison.
Sont-ils libres pour autant?
La réponse de l’Etat russe à cette question est sans équivoques: non.
Une nouvelle affaire pénale contre les manifestants du 26 mars 2017 (manifestation contre la corruption au niveau national) a déjà démarré. 1043 arrestations, autant d’enquêtes judiciaires ouvertes, ça promet une nouvelle série de procès contre la société civile, peut être encore plus violente que celle de 2012.
Les activistes civiles agressés dans la rue.  Alexei Navalny aspergé de mercurochrome vert mélangé avec une autre substance inconnue  pour la deuxième fois, lors de sa rencontre avec les électeurs, il risque de perdre la vue sur un œil, mais on lui interdit de quitter le pays pour suivre le traitement à l’étranger.
Nous observons de nouveau cette ambiance de haine et d’intolérance qui règne dans la société russe post-Bolotnaya.
Le 6 mai 2012  a marqué le point de non retour pour l’Etat de droit et ouvert la voie à la dictature, sous quelle forme quasi-démocratique ne se cache t-elle.
Aujourd’hui certains moscovites iront à la manifestation pour marquer ce triste anniversaire, revendiquer leurs droits courant le risque d’être arrêtés de nouveau, d’autres participeront à la soirée caritative en commémoration du 6 mai au Centre de Sakharov, qui a pour but de rassembler les fonds en soutien des prisonniers politiques, d’autres vont rester chez eux en sécurité.
En France ce week-en électoral impose aux français d’autres choix, tout aussi difficiles.
Il est autant plus important pour nous de rappeler la chance que nous avons d’exercer notre droit de vote librement, et des conséquences de nos choix politiques et humains.