Nemtsov

LE 26/2- UNE GRANDE JOURNEE POUR LA SOCIETE CIVILE RUSSE

L’activiste Ildar Dadine a été libéré le 26 février 2017, suite à l’annulation de sa condamnation par la cour suprême russe.

Il était le premier condamné à une peine d’emprisonnement en vertu de l’article 212.1, inclus dans le Code Pénal en Juillet 2014, qui mentionne « Les violations répétées de l’ordre établi des rassemblements, manifestations, défilés et piquets de grève ». Ildar Dadin a activement participé à de nombreuses manifestations protestataires, souvent sous forme de piquets ou de grève solitaire.

Le 31 octobre 2016, Ildar a dénoncé dans une lettre ouverte adressée à sa femme les nombreuses tortures qu’il a subies en prison. Le comité d’enquête n’a par ailleurs pas trouvé de preuves qui confirmeraient ces tortures.

Dadine affirme sa volonté de continuer son combat et promet de porter plainte contre tous les agresseurs qui torturent les détenus dans les prisons russes.

L’affaire Dadine marque un tournant et une petite victoire de la société civile sur le régime.

En effet, la cours Constitutionnelle a statué que l’article 212.1 ne pourrait s’appliquer que sur preuves que les intentions de l’accusé étaient criminelles et que ses agissements ont représenté une menace. Ainsi, sur recommandation de la Cours Constitutionnelle, la Douma (chambre basse du Parlement russe) se doit d’étudier au printemps des amendements à apporter à l’article 212.1

Par ailleurs, ce même 26 février 2017 a lieu à Moscou et vingt autres villes de Russie des marches en la mémoire de Boris Nemtsov, opposant politique russe assassiné sous les murs du Kremlin en 2015.

Deux ans après, toute la lumière n’a toujours pas été faite sur cet assassinat odieux dans le cœur même de Moscou et les commanditaires n’ont pas été identifiés.

Russie-Libertés réitère sa demande d’ouverture d’une enquête internationale et indépendante sur sa mort.

La manifestation a réuni plus de 15 000 personnes à Moscou. Les représentants de différents mouvements étaient présents, tels que Solidarnost, Parnas, Iabloko et autres.

Un contrôle très strict des slogans a empêché les manifestants de porter des bannières telles que « Poutine – c’est la guerre », ou toute autre mention du président russe et même le drapeau ukrainien.

Mikhail Kassianov (président du parti PARNAS) a été aspergé au visage d’un produit vert.

Konstantin Ershov (co-président du parti régional de Saint-Pétersbourg SOLIDARNOST) a été arrêté suite à des altercations avec des activistes du mouvement ultra-nationaliste NOD.

Russie-Libertés salue le courage de la société russe à se rassembler et à manifester ses désaccords malgré toute la pression et le danger qui pèsent sur elle.

Russie-Libertés soutient les réclamations de la société civile russe pour que des réformes politiques aient lieu en Russie et pour la libération de tous les prisonniers politiques !