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Un message de remerciement d’Andrei Nekrassov

Veuillez trouver ci-dessous un message d’Andrei Nekrassov.


Chers amis, chers collègues, et vous tous qui vous êtes intéressés à ma situation et m’avez apporté votre soutien quand j’en avais le plus besoin,

Il est difficile pour moi de décrire l’immense gratitude que je ressens. La grève de la faim de huit jours que j’ai commencée pour protester contre mon incarcération à la prison centrale de Nicosie à Chypre, au cours de laquelle je fus placé en isolement, est maintenant terminée. Comme les jours passaient, je ne savais absolument pas si cette protestation produirait un résultat.

Je n’ai eu aucun contact avec le monde extérieur. Dès mon arrestation j’étais pleinement conscient qu’en cas de mon extradition vers la Russie il n’y aurait aucune chance que les tribunaux examinent les fausses accusations contre moi d’une manière objective. Si j’étais extradé j’allais inévitablement passer les 15 prochaines années de ma vie dans une prison russe.

Obtenir un procès équitable est pratiquement impossible lorsque la personne qui tire les ficelles de la persécution judiciaire est nul autre que M. Konstantin Boussyguine, le chef des services frontaliers fédéraux et ancien PDG de l’usine Kalachnikov.

Le huitième jour de ma grève de la faim j’ai appris qu’une campagne pour ma libération était en cours. Honnêtement, ce fut une surprise pour moi, surtout la participation à cette campagne des ONG de défense des droits de l’homme sérieuses et de renom comme Reporters sans frontières, Russie-Libertés, KISA et l’Union des journalistes chypriotes (Christos Christofides, en particulier, s’est beaucoup intéressé à mon cas et a fait tout son possible pour m’aider et informer tout le monde). Une telle campagne ne pouvait évidemment être possible sans la participation des citoyens ordinaires engagés dans différents pays.

Je tiens personnellement à remercier chacun d’entre vous. Vous êtes nombreux et pourtant je voudrais serrer la main de chacun d’entre-vous en signe de reconnaissance de l’intérêt que vous avez montré à mon sort, même si je suis un journaliste provincial qui écrit principalement au sujet d’une région de Russie, la République d’Oudmourtie. Je considère votre soutien comme un véritable miracle, celui qui a sauvé ma vie et ma liberté. Chacun de vous a joué un rôle, un rôle énorme.

Je suis heureux et reconnaissant car vous avez sauvé ma vie et m’avez offert la possibilité de retourner au travail, même si je suis aujourd’hui loin de ma patrie bien-aimée, qui me manque vraiment. Je voudrais penser qu’un jour, lorsque la situation changera et la Russie deviendra un pays démocratique, je serai en mesure de rentrer chez moi.

Encore une fois, je remercie chacun d’entre vous! Et je voudrais adresser un remerciement tout spécial aux autorités lituaniennes qui ont convenu d’examiner ma demande d’asile politique.

Éternellement vôtre,

Andreï Nekrassov