Maria Alekhina : « je n’ai pas besoin de votre condescendance, basée sur l’ilotisme »

Maria Alekhina, membre du groupe Pussy Riot, a été hospitalisée après 6 jours de grève de la faim. Le 28 mai dernier, la militante a été transférée à l’hôpital de la colonie pénitentiaire IK-28 de Berezniki dans la région de Perm, où elle purge sa peine depuis novembre 2012. Le 23 mai la libération anticipée lui a été refusée.

Maria Alekhina lors de l'audition sur sa liberation anticipée

Maria Alekhina a été hospitalisée pour une courte durée, après six jours sans s’alimenter. Si les examens médicaux n’attestent pas que son pronostic vital est engagé, les nouvelles de la militante n’en sont pas moins inquiétantes. Son avocate Irina Khrounova a indiqué à l’AFP que les médecins suivaient de près l’état de santé de sa cliente. D’après la mère de Maria, la jeune femme serait en pleine dépression.

La militante a cessé de se nourrir la veille de son audience sur sa demande de libération anticipée. Le juge en charge de l’affaire lui a refusé d’assister en personne aux débats. En réaction, l’accusée a alors interdit à ses avocats de s’y rendre tant qu’elle ne serait pas présente et a demandé la révocation du magistrat. Ses requêtes refusées, l’audience s’est poursuivie après qu’un nouvel avocat désigné par le juge lui a été commis d’office. L’avocate de la défense a aussitôt dénoncé l’illégalité d’un tel acte et annoncé qu’elle ferait appel. Le tribunal a finalement suivi l’avis du parquet et de l’administration du camp en refusant la demande de libération. « Je n’ai pas besoin de votre condescendance, basée sur l’ilotisme », s’est alors exclamée Maria.

Outre le fait de se battre contre un système judiciaire hostile à son égard, Maria Alekhina lutte également contre l’administration pénitentiaire. La militante a déjà reçu quatre pénalités de la direction de la colonie où elle purge sa peine, pour « mauvais comportement ». Cependant, elle est parvenue à faire annuler trois des quatre avertissements. Les actions de l’administration étant considérées comme illégales, Maria Alekhina a donc réussi à briser le système pénitentiaire, ce qui paraissait presque impossible. Elle reste plus que jamais  déterminée à poursuivre ce véritable bras de fer pour défendre ses droits, ainsi que ceux des autres détenues. Comme elle le déplore, toutes les prisonnières qui étaient en contact avec elle sont isolées et privées de tout soin médical. Néanmoins, elle continuent à soutienir la militante dans son combat.

A travers cette lutte pour sa liberté et les libertés, c’est en porte-voix que Maria se place, la voix de toutes celles et ceux que, comme elle, on cherche à faire taire. Cependant, cette lutte serait impossible sans les soutiens actifs en Russie et ceux venus de l’international. Russie-Libertés appelle à continuer le combat pour exiger la liberté de Maria Alekhina et de tous les prisonniers politiques.

Un rassemblement « Liberez les prisonniers d’opinion en Russie !» est prévu à Paris le 12 juin 2013, à 19h, sur la place Igor Stravinsky.

Article écrit par Clémentine Blézeau

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *