Pussy Riot : “le procès infernal” JOUR 3. (Citations en français)

Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samoussevitch en détention provisoire depuis presque 3 mois.

Les citations des jours 1 et 2 sont disponibles ici.

Rappel, article 14 de la Constitution russe :

1. La Fédération de Russie est un Etat laïc. Aucune religion ne peut s’instaurer en qualité de religion d’Etat ou obligatoire.

2. Les associations religieuses sont séparées de l’Etat et égales devant la loi.

L’association Russie-Libertés publie la traduction française de plusieurs citations lues ou entendues durant le procès du groupe Pussy Riot qui se déroule actuellement à Moscou. Recueillies par Olga Kokorina, comédienne et membre de Russie-Libertés, grâce à plusieurs comptes twitters qui tweetent en direct du tribunal, ces citations montrent toute la violence et le délire de l’accusation, ainsi que le déni de justice que subissent les accusées.

3ème jour, contexte :

Le troisième jour du procès des Pussy Riot a commencé par l’arrivée de l’ambulance pour Maria Alekhina. Les jeunes filles sont détenues dans un box transparent et hermétique, sans ventilation. Les deux premiers jours du procès les ont épuisées. Elles sont réveillées par les gardes à 5h du matin et ramenées à la maison d’arrêt à 3h. Pendant le procès elles n’ont pas le droit ni de manger, ni de boire. L’avocat des accusées Volkova dénonce les conditions de détention en les qualifiant de « torture ». Maria Alekhina souffre d’anémie. Toutefois, les médecins officiels indiquent que les accusées peuvent continuer le procès.

Citations et échanges lors du 3ème jour du procès :

Les avocats des accusées ont demandé la révocation de la juge.

La juge se délibère toute seule pour revoir sa propre révocation.

La révocation est donc rejetée.

Polozov, un avocat des accusées : « On a appelé l’ambulance. Alekhina ne peut pas participer au procès. »

La juge : « On peut toujours rappeler l’ambulance. »

Les jeunes femmes demandent aux gardiens d’appeler une ambulance encore une fois. Elles vont mal. La demande est refusée.

Le juge appelle le témoin suivant en ignorant la demande des jeunes femmes.

L’avocate des accusées Volkova quitte le tribunal en signe de protestation.

La juge accuse l’avocat Polozov de saboter le procès.

La juge retire le droit à la défense d’exprimer des demandes.

Le témoin de l’accusation suivant, Ougrik, n’était pas présent dans la Cathédrale, il a juste vu la vidéo sur Internet.

Ougrik : « Cette action est spirituelle et politique. Elle est faite pour déclarer la guerre à Dieu. »

Ougrik : « La Sainte Vierge en masque c’est un loup en peau de mouton. »

Ougrik : « Les Pussy Riot doivent être contentes. Ça fait longtemps qu’elles sont en prison. »

Ougrik : « Le danger public à cause de cette action augmentera comme une boule de neige. »

Ougrik : « Ce n’est pas une insulte, c’est une déclaration de guerre. Elles ont prié, à mon avis,  le serviteur du Diable. »

Ougrik : « J’ai regardé plusieurs fois cette vidéo et à chaque fois j’en ai été malade. »

Ougrik : « Je me considère comme une victime et je veux que ma voix soit entendue par le tribunal. »

Ougrik : « Ce n’est pas une protestation pacifique. C’est le chaos. »

Ougrik : « L’appel « Sainte Vierge délivre-nous de Poutine » est un appel aux forces obscures. »

Ougrik : « Le Patriarche a de l’influence, mais l’orthodoxie est une religion de la liberté. »

Ougrik : « Je ne nie pas que le juge d’instruction Rantchenkov, m’a proposé de passer à la télévision à l’émission de Mamontov. »

Pendant la pause on appelle encore une fois une ambulance. La juge lit le verdict des médecins officiels qui indique : « les jeunes femmes n’ont rien et peuvent continuer le procès. »

La juge insulte les avocats des accusées, rejette la demande et appelle un nouveau témoin.

Polozov : « La juge Syrova s’en fiche des lois et notez-le dans le dossier! »

Le témoin de l’accusation suivant Ivanichvili est une trésorière. Ivanichvili n’était pas non plus dans la Cathédrale le jour de la prière punk, elle a juste vu la vidéo aux informations à la télévision.

L’accusation pose ses premières questions : «  Êtes-vous croyante ? Respectez-vous les traditions de l’Eglise Orthodoxe Russe ? Respectez-vous le carême ? »

L’accusation : « Quels sentiments avez-vous éprouvé après avoir vu les informations ? Étiez-vous offensée, humiliée ? »

Feygin, un des avocats des accusées : « Où étiez-vous le 21 février pendant les évènements à la Cathédrale du Christ Sauveur ? »

La témoin : « Chez moi, devant la télé. J’ai regardé les informations. »

Féygin : « Quelles images avez-vous vu ? »

La témoin : « Les images qui m’ont offensées. »

Feygin : «  Êtes-vous déjà montée sur le ambon ? Est ce que les femmes ont droit d’être sur le ambon ? »

La témoin : « Avec la permission du prêtre, oui. Ou pendant la communion. »

Féygin : « Les gens peuvent, donc, monter sur l’ambon ? »

La témoin : « Oui, s’ils se comportent bien. »

La juge : « Expliquez dans quel cas la femme a droit de monter sur l’ambon ? »

La témoin : « Pendant l’onction ou si le prêtre le permet. »

Polozov, un des avocats des accusées : « Avez-vous déjà vu les accusées ?

La témoin : « On les voit partout, alors bien sûr, je les ai vue. »

Polozov : « Est-ce que dans le règlement de l’église il est interdît de tourner le dos à l’autel ? »

La témoin : « Non. »

Polozov : « Est-ce que la musique est interdite dans l’église ? »

La témoin : « Non, pourquoi ? Nous avons notre chœur. »

Polozov : « Vous suivez les opinons du Patriarche Kirill ? »

La témoin : « J’aime sa confiance en lui, son érudition, sa modernité, j’aime tout en lui. »

Le procès s’arrête brusquement. Jusqu’au 2 août  10h.

Liens twitter :

РадиоСвобода ‏@SvobodaRadio

ТатьянаРоманова ‏@TataRomanovaYa

Julia Ioffe ‏@ioffeinmoscow

https://twitter.com/gruppa_voina

Николай Полозов

@Moscow_advokat

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