From 2012

« Ne pas manifester tout seul »

Après les manifestations classiques, Moscou interdit les manifestations « système D » : finis les manifestations individuelles et les défilés de voitures aux couleurs de l’opposition en ville.

La Douma de la ville de Moscou vient d’adopter une loi, qui interdit de facto, à partir du 1er janvier 2013, toute activité de protestation non-autorisée, y compris les séries de manifestations individuelles et les défilés de voitures aux couleurs de l’opposition. Seule concession, apparente, le Parc Gorky et la station de métro Sokolniki sont censés, selon cette même loi, devenir deux lieux de manifestations sans autorisation préalable; en pratique l’opposition ne pourrait pas y compter sur la liberté de rassemblement.

Manifestations individuelles devant la Douma contre l’adoption de la loi « Dima Yakovlev ». Source photo mn.ru

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La Douma russe adopte la « Loi des canailles » pour répondre à la « Loi Magnitski »

La Douma de la Fédération de Russie vient d’approuver une loi interdisant aux citoyens des États-Unis d’adopter des enfants orphelins russes. D’après les députés, cette loi doit répondre à la « Loi Magnitski » récemment adoptée au États-Unis. L’association Russie-Libertés dénonce une loi injuste et incompréhensible déjà surnommée la « Loi des canailles ».

Près de 400 des 450 députés que compte la Douma d’Etat (la chambre basse du parlement russe) ont voté en faveur d’une loi interdisant aux citoyens des États-Unis (et éventuellement de tout autre pays ayant « enfreint les droits des Russes ») d’adopter des enfants orphelins russes. Ces 400 députés sont maintenant surnommés « canailles » par de nombreux utilisateurs d’Internet en Russie.

Cette loi est sensée être la réponse à l’adoption de la « Loi Magnitski » par les États-Unis. Une loi qui interdit aux individus, notamment aux fonctionnaires de police, de justice et du trésor public russes, impliqués dans l’assassinat de Sergueï Magnitski, ainsi qu’à toute personne responsable de graves violations des droits humains en Russie, l’entrée aux États-Unis, où leurs avoirs immobiliers ainsi que leurs comptes bancaires pourraient être également gelés.

C’est une « réponse » honteuse et disproportionnée dont les premières victimes seront des orphelins. D’après des sources officielles, le nombre d’orphelins en Russie s’élevait en 2011 à 700.000 enfants, dont 140.000 en orphelinats. La Chambre civile de Russie estime quant à elle que les orphelinats abritent près de 400.000 enfants. De nombreux enfants n’avaient d’autre espoir que d’être adoptés par un couple américain, aujourd’hui 400 députés de la Douma viennent de briser cet espoir pour couvrir les assassins de Sergueï Magnitski.

L’association Russie-Libertés dénonce cette loi honteuse et injuste dont les seules victimes seront des orphelins. Cette « Loi des canailles » démontre qu’il est nécessaire de redoubler d’efforts pour que plus de pays, notamment les pays européens, adoptent au plus vite des « Lois Magnitski ».

Association Russie-Libertés

Les États-Unis promulguent la « loi Magnitski ». A quand la France ?

L’association Russie-Libertés salue la promulgation de la « loi Magnitski » par le Président des États-Unis Barack Obama. Cette loi prévoit des sanctions contre les fonctionnaires russes impliqués dans l’assassinat de Sergueï Magnitski le 16 novembre 2009 dans une prison à Moscou. Russie-Libertés appelle la France et tous les pays européens à adopter des « lois Magnitski ».

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« Partir du pays, ma fille, partir, c’est ça qu’il faut faire »

L’article de Maria Khachaturyan, association Russie-Libertés, publié sur le site z-e-f.org, le 19 novembre 2012.

Crédits photo : musée du goulag (http://gulagmuseum.org)

En décembre 2011, en miroir du printemps arabe, on attendait l’hiver russe. Selon l’habitude historique, le froid hivernal devient plutôt un catalyseur de l’activité citoyenne en Russie. Des centaines des milliers des personnes qui sont sortis dans les rues de Moscou et bien d’autres villes russes et même étrangères  (500 manifestants rien qu’à Paris).Voilà qui avait l’air sérieux. L’action spectaculaire dite du « Cercle blanc », une chaîne humaine ininterrompue  tout au long de la voie circulaire qui ceinture le centre de Moscou (16 km, ou à peu près la moitié du périphérique) s’est tenue le 27 février 2012. On sentait une véritable montée de l’activisme civique, avec par exemple: la croissance du nombre de volontaires engagés comme observateurs pendant les élections, ou encore les brigades de bénévoles en soutien des victimes de l’inondation cataclysmique dans le sud de la Russie, à Krymsk, en juillet dernier.

La glace semblait rompue. Mais si au début le pouvoir observait avec effarement l’éveil de la société civique, la réaction n’a pas tardé : l’adoption des lois liberticides, dont la loi limitant sévèrement le droit de manifester, la loi de censure sur Internet et loi « d’encadrement » des ONG. Les initiatives législatives sont accompagnées de procès politiques retentissants qui sont loin de se limiter à l’affaire des Pussy Riot. La comparaison avec les procès staliniens des années 30 semble de moins en moins exagérée. Read more

Justice pour Sergueï Magnitski !

RASSEMBLEMENT « JUSTICE POUR SERGUEÏ MAGNITSKI ! »

SAMEDI 17 NOVEMBRE 2012 A 14H00

Fontaine Stravinsky (côté Beaubourg) – Paris

L’avocat Sergueï Magnitski est mort le 16 novembre 2009 dans des circonstances suspectes dans une prison russe. Son « crime »? Avoir enquêté sur une immense affaire d’escroquerie ayant permis à des fonctionnaires du Trésor public et de la police de détourner 230 millions de dollars des caisses de l’Etat russe.

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Un grand procès politique: Ils encourent jusqu’à vingt ans de prison pour la manifestation du 6 mai 2012.

La manifestation d’opposition du 6 mai 2012 s’est terminée par des heurts entre policiers et manifestants. Les poursuites pénales pour «troubles de masse» initiées par le Comité d’investigation comptent pour le moment 19 prévenus, dont 13 sont en détention provisoirement. Certains d’entre eux encourent jusqu’à vingt ans de prison.

L’un des protagonistes, Maxime Louzianine, vient d’écoper de quatre ans et demi de camp. L’affaire du 6 mai 2012 est devenu un procès politique pour l’exemple afin d’effrayer les activistes de l’opposition. 

Russie-Libertés exige la libération immédiate de tous les prévenus, ainsi qu’un nouvel examen approfondi et sans parti pris de l’affaire pour rétablir la vérité.

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Le châtiment: entretien avec Zara Mourtazaliéva sur la vie dans le camp de Mordovie où l’une des Pussy Riot va purger sa peine. Partie 3

Deux parties précédemment publiées sont :
1°. Sur les types de camp et leur structure sociale.
2°. Sur la détention dans un camp de 2 membres du groupe punk Pussy Riot.

3°. Sur les moyens de punition.

Zara : L’administration croit que la voie de fait ou l’isolation sont des types de punition les plus pénibles – quand un homme quelconque viens te tabasser dans la cellule isolée. Mais ce n’est pas vraiment la pire des choses. Voilà l’histoire qui m’est arrivée.

Il y avait 11 personnes de nationalité tchétchène dans ma colonie. Et parmi elles aucune ne pouvait espérer la libération conditionnelle, aucune recevait des mots d’encouragement de la part d’administration. Etre tchétchène et vivre en colonie – ce sont deux choses qui ne vont pas ensemble. Donc, j’ai écris une plainte sur le mépris par rapport aux tchétchènes et je l’ai envoyée à Moscou. Ensuite il y avait une commission d’investigation qui est arrivée de Moscou. Bien sûr je comprends très bien toutes les conséquences d’une telle démarche comme porter une plainte contre l’administration, et je la faisais avec la confirmation reçu préalablement de la part de toutes mes tchétchènes. Elles m’ont juré qu’elles allaient raconter aux membres de cette commission les problèmes qui existent en colonie par rapport à cette discrimination. J’ai dit à elles : « J’appelle la commission, je le fais pour nous toutes. Et donc, si l’une parmi vous osait de ne pas dire la vérité aux membres de la commission, cela serait la dernière chose que je fais pour vous ». Alors, elles toutes me pleurèrent : « Nous allons raconter tout ! »

Voilà la commission est arrivée. Ils appellent toutes ces 11 tchétchènes et parmi elles 11 sur 11 ont dit « ça se passe bien chez nous, tout est correct ». Parce qu’il y avait une conversation entre elles et l’administration juste avant la visite de la commission où l’administration a dit : « A quoi ça sert, provoquer des problèmes ? »

Russie-Libertés : Quand est-ce que cette histoire est-elle passé ? Par rapport à la durée de détention – de toi et de ces 11 tchétchènes ?
Zara : En milieu de la durée.

R-L : Comment est-ce que toi, tu l’as perçue ?

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La Madone Pussy Riot

Le célèbre peintre William Bruï a сréé cette Madone en hommage aux Pussy Riot suite aux persécutions politiques dont elles sont victimes depuis leur prière punk dans la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou. William Bruï a offert à Russie-Libertés le droit de reproduire ce tableau dans ses diverses publications.

Tchouvachie: vers une interdiction totale de manifester en ville.

Communiqué de presse

Le 19 octobre un comité du Conseil d’Etat de Tchouvachie, une république de la Fédération de Russie sur la rive gauche de la Volga, a approuvé un projet de loi interdisant toute manifestation à proximité (moins de 50 mètres) des habitations, des bâtiments municipaux, des trottoirs, des routes, des gares, des centres commerciaux, des marchés, des arrêts de transport public, des terrains de jeux ou de sport et des lieux de culte.

Par ailleurs, le 26 octobre l’administration de Novotcheboksarsk, la deuxième ville de Tchouvachie, a interdit une manifestation en se référant à ce projet de loi avant même qu’il n’entre en vigueur.

Selon des défenseurs locaux des droits humains, cette loi obligera à manifester hors de la ville en contradiction de la Constitution Russe dont l’article 31 garantit la liberté de manifester.

Le parti au pouvoir Russie unie promeut ouvertement ce projet de loi. La première tentative de le faire passer remonte à septembre quand le député Nicolaï Malov présenta ce projet au comité en charge de la construction et des collectivités locales, mais les protestations des citoyens empêchèrent le vote.

Le 19 octobre, ce comité a finalement adopté le projet par 11 voix sur 14. Dans le même temps, de député de Russie unie Valéri Filimonov s’est empressé de déclarer que «60% de la population de Tchouvachie approuvera la nouvelle loi sur les manifestations». Le projet doit maintenant être examiné par le Conseil d’Etat de Tchouvachie qui, s’il l’approuve, fera entrer la loi en vigueur avant la fin de l’année.

Ce vendredi 2 novembre des habitants de Tcheboksary sortiront dans les rues de la capitale de Tchouvachie pour organiser des piquets de grève individuels contre ce projet qui empêche déjà les manifestations.

L’association Russie-Libertés exprime son soutien aux personnes en lutte pour leur droit de manifester librement et demande l’abandon de ce projet de loi qui contredit l’esprit et la lettre de la Constitution russe.

La Tchouvachie sur la carte de la Russie